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dimanche 12 mars 2017

Un (parfois 2) faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal

En janvier et en février j'ai pu observer à plusieurs reprises un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'hôpital Hôtel-Dieu de Montréal en fin de journée. Ce faucon est probablement Éole, dont la présence régulière a été documentée à l'église Saint-Jean-Baptiste pendant cette période. À une reprise, le 22 février, j'ai même pu observer 2 faucons pèlerins sur cette antenne. Malgré plusieurs tentatives d'observation les jours suivants, je n'ai plus réussi à revoir de faucon pèlerin  depuis cette date.

Tel qu'indiqué plus haut, ces observations sont clairement reliées à celles de faucons pèlerins à l'église Saint-Jean-Baptiste. Je commencerai donc à évoquer ces observations et à expliquer comment elles m'ont amené à l’Hôtel-Dieu. Par la suite je rendrai compte des observations à l’Hôtel-Dieu.


Éole et Eve à l'église Saint-Jean-Baptiste

Pour une deuxième année de suite, les faucons pèlerins Eve et Éole fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, voir cet article.

Éole est né à l'Université de Montréal en 2011 et s'est manifestement donné comme objectif d'avoir des bébés simultanément avec 2 femelles à 2 nids différents! Ces 2 nids sont ceux de l'Université de Montréal et de l'incinérateur des Carrières/église Saint-Marc. Jusqu'à présent il a seulement réussi à avoir des petits sur le deuxième site (4 en 2015, 2 en 2016); cependant il aurait probablement réussi à en avoir aussi à l'Université de Montréal l'an dernier si les attaques répétées d'un autre couple de faucon pèlerin n'avaient pas fait échouer la nidification. Ses 2 femelles sont Spirit à l'Université de Montréal (Spirit est aussi sa mère...) et Eve à l'Incinérateur des Carrières. Cette dernière est selon toute vraisemblance la femelle faucon pèlerin qui fréquente l'église Saint-Jean-Baptiste (contrairement à Éole, ce faucon n'est pas bagué).

Identification d'Éole à l'église Saint-Jean-Baptiste, 4 février 2017
Éole visitait Eve à plusieurs moments dans la journée, mais plus particulièrement en fin d'après-midi. Lorsqu'il quittait au coucher du soleil, il partait souvent dans l'axe de la rue Drolet en direction sud mais en observant plus attentivement j'ai remarqué qu'après quelques centaines de mètres il virait, vers le Mont-Royal. 

Le 20 janvier à 15h50, j'étais à l'église Saint-Jean-Baptiste. Aucun faucon n'était présent. À 16h20, un faucon pèlerin passe au-dessus de l'église en volant en ligne droite, en diagonale par rapport au réseau des rues. Comme il n'était pas de retour après quelques minutes, je décide de marcher dans la direction où il avait disparu. C'est comme cela que j'ai découvert un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'Hôtel-Dieu.

Avant de décrire mes observations à l’Hôtel-Dieu, un mot sur mes observations les plus récentes à l'église Saint-Jean-Baptiste. Eve fréquente toujours l'église Saint-Jean-Baptiste (dernière observation le 10 mars), en revanche ma dernière observation d'une visite d'Éole en fin de journée remonte au 17 février.

Un faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal 

Le 20 janvier donc, après avoir observé un faucon pèlerin survoler l'église Saint-Jean-Baptiste et s'éloigner approximativement vers l’Hôtel-Dieu, je remarque un faucon pèlerin sur l'antenne principale de cet hôpital. Il était alors 16h30.

Faucon pèlerin sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 20 janvier 2017

Le faucon s'est envolé à 17h (soit environ 15 minutes après le coucher du soleil). Je l'ai perdu immédiatement de vue derrière un bâtiment. Compte tenu de l'heure, il était alors envisageable que le faucon avait rejoint son perchoir de nuit quelque part à l’Hôtel-Dieu.

Le lendemain, le faucon est de nouveau sur l'antenne. Je me place de façon à pouvoir voir dans la direction où le faucon avait quitté la veille. À ma grande surprise, le faucon a traversé l'avenue des Pins et ne semblait pas prêt de s'arrêter!

Compte tenu de mon emploi de temps, ce n'est que le 29 janvier que je peux à nouveau tenter ma chance. Le faucon est arrivé vers 16h32, venant d'une direction compatible avec celle de l'église Saint-Jean-Baptiste. Je décide de me rendre de l'autre côté de l'avenue des Pins, sur la rue Basset. Le faucon a quitté l'antenne environ 25 minutes après le coucher du soleil et s'est éloigné quasi-perpendiculairement à l'avenue des Pins, très légèrement en direction de l'avenue du Parc.

Le 4 février, dans ce qui allait devenir ma dernière occasion de tenter de découvrir où le faucon s'en allait, j'ai remarqué à nouveau le léger biais dans sa direction de départ vers la rue Sainte-Famille. Il a dépassé la petite rue qui se trouve immédiatement au sud-est de l'avenue des Pins (la rue Basset, d'après Google Map).  

J'ai en revanche échoué à voir le faucon sur l'antenne le 3 février entre 16h45 et 17h30, ainsi que les 12, 14, 15, 17, 20 et 28 février.  En particulier le 17 février j'ai vu Éole quitter l'église Saint-Jean-Baptiste à 17h20 approximativement en direction de l’Hôtel-Dieu mais quand je suis arrivé à un endroit d'où je pouvais voir l'antenne de l'Hôtel-Dieu 10 minutes plus tard, le faucon n'y était pas. 3 rapides passages devant l'Hôtel-Dieu  les 3, 7 et 10 mars ne m'ont pas non plus permis de voir le faucon. En revanche le 22 février, j'ai pu observer 2 faucons sur l'antenne!


2 faucons pèlerins à l’Hôtel-Dieu le 22 février

Cette observation est de nouveau étroitement liée à une observation faite à l'église Saint-Jean-Baptiste. À 16h40 je remarque un faucon perché sur la croix d'un clocher de cette église. J'ignore si c'était Éole ou Eve, mais dans l'éventualité où c'était Éole, je m'empresse d'aller à l'Hôtel-Dieu.

À 17h10, un premier faucon pèlerin se pose tout en haut de l'antenne de l'Hôtel-Dieu. Mais surprise: il ne venait pas de la direction de l'église Saint-Jean-Baptiste mais plutôt du Parc Jeanne-Mance! Moins de 2 minutes plus tard, un 2ième faucon pèlerin arrive, cette fois-ci d'une direction compatible avec l'église Saint-Jean-Baptiste, et se perche lui aussi sur l'antenne mais un peu plus bas.

2 faucons pèlerins sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 22 février 2017
Le dernier arrivé a quitté le premier à 17h23. Malheureusement, à supposer que celui qui restait était Éole, je n'ai pas réussi à obtenir davantage d'information sur sa destination: j'ai constaté sa disparition à 17h26.

À 17h40, un faucon se trouvait à la base du toit de l'église Saint-Jean-Baptiste.

L'hypothèse que je privilégie est que c'était Eve qui était perchée sur la croix du clocher de l'église Saint-Jean-Baptiste à 16h40 et que le premier faucon à venir se percher sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu était Éole. Eve l'aurait alors rejoint.

 

Conclusion et appel à témoignage

Si c'est bien Éole qui fréquentait l'antenne de l'Hôtel-Dieu - ce dont je suis persuadé - l’Hôtel-Dieu devient à ma connaissance l'endroit le plus au sud-est où sa présence aura été notée. Cet endroit sera certainement un jour battu étant donné que le faucon franchissait l'avenue des Pins. D'après Google Map, l'Hôtel-Dieu est situé à un peu plus de 3km de l'Université de Montréal, à environ 800 mètres de l'église Saint-Jean-Baptiste, à 2,60km de l'Incinérateur des Carrières et à un peu plus de 4kms de l'église Saint-Marc.On peut aussi noter que l’Hôtel-Dieu est situé à 1,25km du campus McGill où des observations d'un faucon pèlerin ont été rapportés le 10 et le 11 janvier; cette distance de 1,25km sera diminuée lorsqu'on découvrira où le faucon se rendait lorsqu'il quittait l’Hôtel-Dieu.

Compte tenu de l'heure à laquelle le faucon quittait l’Hôtel-Dieu, sa destination est probablement l'endroit où il passe la nuit. Découvrir cet endroit est intéressant à plusieurs titres: pour mieux connaitre les endroits utilisés par les faucons pèlerins pour dormir en ville, pour tenter de vérifier que le faucon est toujours vivant après qu'il ait disparu des endroits où on l'observe habituellement de jour, et finalement parce qu'Éole est un de mes suspects pour le fameux 'faucon pervers' de l'Université de Montréal. À noter que si ce perchoir de nuit est identifié et que sa divulgation pourrait occasionner un dérangement humain, l'endroit ne sera pas divulgué publiquement sur ce site tant qu'il sera utilisé. Ce genre de situation s'était déjà présenté avec un jeune faucon pèlerin qui utilisait pour dormir un perchoir sous la fenêtre d'une pièce utilisée par des humains, voir cet article.

Le fait que le faucon ne semble plus fréquenter l’antenne de l'Hôtel-Dieu aux heures habituelles pourrait suggérer que ce perchoir était utilisé en connexion avec ses visites à l'église Saint-Jean-Baptiste. Il serait logique que ces visites aient diminué ou aient cessé ces dernières semaines puisque Éole devrait en principe se concentrer sur sa nidification à l'Université de Montréal. L'an dernier, des accouplements avaient été observés là-bas à partir du 12 mars et le premier œuf avait été pondu le 29 mars. Il est possible aussi que des visites continuent à l'Hôtel-Dieu mais à d'autres moments. Dans tous les cas, il est très probable que le faucon utilisera à nouveau cette antenne un jour. Je lance donc un appel à témoignage:

Appel à témoignage: si vous apercevez le faucon pèlerin sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu ou sur un autre perchoir à proximité, merci de m'en faire part. Vous pouvez m'envoyer un courriel, laisser un mot sur ma page Facebook, commenter cet article de blogue ou signaler votre observation sur eBird




 






















vendredi 3 mars 2017

Début des accouplements à l'Échangeur Turcot dans un contexte de grande incertitude

Les faucons pèlerins Algo et Polly ont commencé à s'accoupler à l'Échangeur Turcot alors que les différents endroits où ils pourraient nicher sur la structure de l'Échangeur ont été obstrués en raison des travaux de reconstruction/démolition de cet ouvrage.

Cet article est organisé de la façon suivante. Je commence par rappeler brièvement qui sont Algo et Polly, ainsi que le contexte des travaux majeurs de l'Échangeur Turcot qui les prive de leur endroit habituel où nicher. Je fais aussi état, dans cette première section, de solutions de remplacement qui ont été mis en œuvre par le consortium KPH Turcot en collaboration avec le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour faciliter la transition aux faucons pèlerins (installation de nichoirs à proximité). Une deuxième section est consacrée aux accouplements qui ont été observés ces derniers jours.  Finalement la dernière section est consacrée aux efforts des faucons pour trouver où nicher.


Algo, Polly et la reconstruction de l'Échangeur Turcot

Algo et Polly sont les 2 premiers faucons pèlerins à être nés dans le nichoir de l'Université de Montréal en 2009. Au printemps 2011, le frère et la sœur causaient la surprise en formant un couple à l'Échangeur Turcot. Un premier fauconneau est né l'année suivante, malheureusement décédé avant d'effectuer son premier vol. Le premier fauconneau à quitter le nid situé sur un des piliers qui bordent le canal Lachine est une jeune femelle nommée Samantha, en 2014. En 2015, 2 autres fauconneaux l'ont imité, puis 2 autres en 2016.

Parallèlement, début 2015, débutaient les travaux d'un ambitieux projet - confié au consortium KPH Turcot - visant à démolir l'échangeur Turcot et à simultanément le remplacer par un nouvel échangeur (pour plus d'informations, consultez le site officiel du projet ou encore cette description du projet). Comme plusieurs familles Montréalaises, les faucons pèlerins devaient déménager.

On pourrait penser qu'il suffirait de capturer les faucons et de les relâcher ailleurs. Mais c'aurait été courir le risque de les voir revenir; après tout certains faucons pèlerins parcourent des milliers de kms lors de leur migration! En outre, le faucon pèlerin étant une espèce protégée, il fallait trouver une solution la moins dérangeante possible.

La solution qui a manifestement été retenue - et que j'appuie sans réserve - consiste à obstruer les cavités où les faucons pèlerins pourraient nicher tout en installant à proximité des nichoirs susceptibles d'être utilisés par le couple. Les obstructions ont commencé dès l'automne 2015 du côté de la rue Saint-Patrick, avec comme effet un retour des faucons à leur nid du côté du canal en 2016. D'autres cavités et corniches ont été obstruées durant l'automne 2016. Cependant mon article de décembre où j’annonçais que les faucons avaient été expropriés était prématuré: de nombreux endroits leur étaient encore accessibles sur la structure jusqu'au moins au 13 janvier. À ma visite suivante le 24 février ces endroits avaient été obstrués.

Parallèlement, au moins 2 nichoirs ont été installés dans le secteur:
  • À l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul, situé au 1734 rue de l'Église.
    La première mention de ce nichoir remonte au 8 août 2016 via une vidéo de Richard Dupuis qui montre les 2 faucons pèlerins perchés sur le clocher de l'église Saint-Paul, à quelques dizaines de mètres du nichoir. Cette publication Facebook d'octobre 2016 de l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul mentionne clairement que le nichoir a été installé dans le cadre d'un partenariat avec  KPH Turcot. 

  • Sur la cheminée du Centre Gadbois.
    J'ai remarqué ce nichoir pour la première fois le 25 décembre 2016.

Il s'agit des 2 nichoirs dont j'ai connaissance au moment d'écrire cet article: il est tout à fait possible qu'il y en ait d'autres.


Début des accouplements

3 accouplements ont été observés entre le 24 et le 28 février par Robert Lussier et moi-même. À titre de comparaison, en 2013, un accouplement avait été observé le 22 février.

Vendredi 24 février 

Un accouplement a eu lieu sur l'ancien transformateur situé à l'arrière de Muzo peu avant midi. C'était la première fois que j'observais un accouplement à cet endroit.

Samedi 25 février

Un autre accouplement a été observé le lendemain à peu près à la même heure par Robert Lussier, voir la photo ci-dessous (merci à lui pour l'autorisation de la publier ici). Cette photo est également visible dans son album Facebook.

Accouplement du 25 février (crédit: Robert Lussier)

De ce que je comprends, le matériau noir sur lequel la femelle est juchée a pour but de décourager les faucons de se poser là ;-)

Mardi 28 février

Après avoir échoué à en observer un la veille, j'ai été un peu plus chanceux ce mardi 28 février. L'accouplement a eu lieu sur le toit de l'ancien usine vers 13h45.
 


À la recherche d'un nid

À l'Échangeur

Mes observations suggèrent que les faucons n'ont pas encore renoncé à nicher à l'Échangeur.

Régulièrement, l'un ou l'autre faucon vole en direction du nid de l'année dernière, et constatant que l'accès est toujours barré, fait demi-tour.

Avec l'obstruction intervenue entre mes visites du 13 janvier et du 24 février des cavités servant de garde-manger (et qui auraient pu servir de nid de remplacement), les faucons tentent davantage de se rendre à ces endroits, peut-être parce qu'ils ont été obstrués plus récemment. Ils n'hésitent pas à s'agripper au matériau utilisé pour boucher l'entrée, comme le montre la photo suivante:

Faucon tentant d'accéder à un des anciens garde-manger

Parallèlement à ces tentatives d'accéder à d'anciens endroits, les faucons semblent explorer de nouveaux endroits. La vidéo ci-dessous illustre en partie ce comportement.


Obstruer toutes les endroits susceptibles d'être utilisés comme nid n'est pas une mince affaire. Il suffirait que l'un d'eux ait été oublié pour que les faucons nichent à nouveau sous l'Échangeur. Que se passerait-il alors? Impossible à dire. Cela dépendra certainement de l'endroit que les faucons auront choisi et des travaux planifiés à proximité.

Ailleurs

Il est probable que les faucons explorent également d'autres endroits. Les 27 et 28 février, j'avais en effet de la difficulté à observer les 2 faucons ensemble à l'Échangeur. Algo venait régulièrement faire des tentatives d'accès aux anciens endroits qu'ils utilisaient dans le passé, alors que Polly était davantage absente. Et lors d'une de mes marches, alors que j'étais à l'écluse située en aval de l'Échangeur, j'ai été survolé par un des faucons qui s'en retournait à l'Échangeur.

Ce couple de faucon pèlerin a été observé à plusieurs reprises au Parc des Rapides, situé à plus de 3kms de l'Échangeur. Si Algo et Polly décidaient de déménager,  leur nouvelle demeure pourrait donc a priori être n'importe où dans un rayon de 3kms autour de l'Échangeur! En 2015, les faucons pèlerins Éole et Eve avaient ainsi déménagé à 1.6km de l'incinérateur des Carrières où s'étaient déroulés la plupart des accouplements.


Plus que quelques semaines

Le temps est compté pour les faucons. Ces deux dernières années, les premiers relais au nid annonciateur de la présence d’œufs ont en effet été observés le 26 mars. Cela faisait alors vraisemblablement plusieurs jours que la ponte avait commencé. Certes Polly pourrait pondre plus tard cette année si le couple rencontrait des difficultés à trouver un nid, mais les prochaines semaines seront certainement cruciales. 

mardi 24 janvier 2017

Retour des faucons pèlerins à l'église St-Jean-Baptiste

Comme l'an dernier à pareille date, 2 faucons pèlerins fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, située à l'intersection des rues Drolet et Rachel, à Montréal. Il s'agit probablement d'Eve et d'Éole, qui avaient été identifiés à cet endroit à l'hiver 2016 par Richard Dupuis.

Faucons pèlerins mâle et femelle à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017


Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 23/01/2017

 

Observations passées

D'après un message publié sur la liste d'envoi ornithologique ornitho-qc le 1er avril 2016, la présence de 2 faucons pèlerins à cette église avait été signalée à l'UQROP à l'hiver 2016. L'UQROP avait transmis l'information à Richard Dupuis qui a identifié les faucons comme étant le couple qui avait niché à l'église St-Marc en 2015, c'est-à-dire Eve (la femelle) et Éole (le mâle, né à l'Université de Montréal en 2011). D'après eBird, Richard Dupuis y a observé les faucons les 16, 17, 23 et 29 février, ainsi que le 3 mars, en matinée ou en début d'après-midi.

Après l'annonce par Richard Dupuis de ce nouveau site, j'ai observé à mon tour la présence d'un faucon pèlerin en fin de journée, qui suggérait que l'église était utilisée comme dortoir. Le 5 avril en fin de journée j'ai pu y voir 2 faucons pèlerins mais je n'ai pas réussi à voir si l'un d'eux était bagué (si c'était Éole, sa visite aurait suivi d'environ 1 heure la ponte du 3ième œuf par Spirit, sa femelle de l'Université de Montréal).
La fin de l'utilisation de l'église St-Jean-Baptiste comme dortoir semble avoir coïncidé avec le début de la nidification à l'Incinérateur des Carrières (faucon présent le 4 mai mais pas les 5 et 6 mai), ce qui appuie l'hypothèse que le faucon était Eve.

J'ai ensuite revu un faucon à cet endroit le 17 septembre par une fin d'après-midi pluvieuse, puis le 30 septembre, ainsi que les 1, 2, 5 et 9 octobre. En revanche aucun faucon n'était visible les 13, 19 et 23 octobre: ce qui suggérait que le faucon est allé dormir ailleurs. Ma dernière visite le 8 décembre ne m'a pas permis non plus de voir de faucon.

Le faucon pèlerin mâle de cet hiver est-il Éole?

Pour répondre à cette question hors de tout doute, il faut être capable de lire l'inscription sur sa bague de la patte gauche. En effet, en 2015 Eve a fréquenté pendant quelques jours un autre faucon pèlerin né à l'Université de Montréal, David. Or les inscriptions sur les bagues de ces 2 faucons sont pratiquement identiques: E89 et E83. Le défi est donc de distinguer à distance un 3 d'un 9 sur la patte d'un faucon qui le plus souvent n'est pas coopératif!

L'identification formelle du faucon pèlerin mâle reste donc à faire. Avis à ceux/celles qui possèdent un bon appareil photo et une dose de patience!

Mâle bagué à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Depuis l'automne dernier, Éole est régulièrement vu à l'Université de Montréal. Voici une photo d'une de ses dernières visites là-bas le 20 janvier à midi 33.
Éole à l'Université de Montréal, 20 janvier 2017 (crédit: Eve Belisle, http://www.ornithologie.ca/faucons/)


Détails des observations

La plupart de mes observations des 2 faucons ont été faites proche du coucher du soleil, mais lors de mon unique visite matinale le mâle est venu visiter la femelle à l'aube, avant le lever du soleil. En journée il m'est arrivé à quelques reprises de voir la femelle seule mais à une reprise j'ai vu arriver les 2 faucons ensemble un peu avant 15h.

Concernant les directions de déplacement, la femelle est partie plusieurs fois dans la direction du Parc Lafontaine lorsque je la voyais de jour. Le mâle se déplaçait le plus souvent vers le sud.


Observations du 15 janvier

Tout a commencé par une visite de routine en matinée, lors de laquelle j'ai eu la surprise de voir un faucon pèlerin non bagué sur l'église.


Elle a quitté peu avant midi en direction du parc Lafontaine. Après son départ,  j'ai compté pas moins de 5 restants de proie au sol (comme il y avait eu un important redoux quelques jours avant, certains restants de proie pouvaient dater de plusieurs semaines et avoir été conservé par la neige avant que celle-ci fonde).

Restant de proie, 15/01/2017

Un autre restant de proie, 15/01/2017

À mon retour à 16h20 la femelle était de nouveau présente. Le mâle est arrivé 3 minutes plus tard. La femelle a semblé le snober en rejoignant son perchoir de nuit bien avant le coucher du soleil.

Observations du 16 janvier

Le mâle est arrivé le premier à 16h30 et a appelé la femelle par de puissants tsioups. Celle-ci est arrivée à 16h39 de la direction du Parc Lafontaine et a immédiatement rejoint son perchoir de nuit. Le mâle était toujours à la base du toit à 17h10, soit plus de 30 minutes après le coucher du soleil.

Observations du 17 janvier

À mon arrivée à 16h14 un faucon mangeait à la base du toit. À 16h22 il rejoint un 2ième faucon dans la partie gauche de l'église. Le mâle a quitté au coucher du soleil alors que la femelle se plaçait pour la nuit.

Observations du 18 janvier

Ressemble beaucoup à la veille mais le mâle est resté un peu plus longtemps, jusqu'à 16h55.

Observations du 20 janvier

Mon unique observation matinale. À 7h05 la femelle est perchée sur la façade de l'église, du côté droit. À 7h15 le mâle arrive en criant. Les 2 faucons quittent à 7h36 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières. Une visite à cet endroit à 8h20 ne donne rien, mais un peu plus loin, depuis le métro Rosemont, j'observe pendant 1 heure, de 8h45 à  9h45, un faucon pèlerin perché sur le toit d'un immeuble de la rue de Gaspé.

Observations du 21 janvier

Une courte visite à partir de 11h me permet de constater que la femelle est présente à l'église St-Jean-Baptiste.

À 16h08 les 2 faucons sont présents, un sur la façade, l'autre sur une des croix. Le mâle a quitté vers 16h15.

Observations du 22 janvier

Aucun faucon n'est présent lors de mon passage à 10h45.

À 16h15 les 2 faucons sont perchés côte-à-côte du coté gauche de l'église (voir photo en début d'article). Le mâle a quitté à 16h54.

Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Observations du 23 janvier

J'ai précédé de quelques minutes l'arrivée des 2 faucons à 14h51. Un seul des 2 faucons s'est posé sur l'église dans un premier temps. Un faucon a mangé sous le toit entre 14h51 et 15h, puis le mâle a plumé une proie sur une corniche de l'église entre 15h et 15h20 sous les yeux de la femelle mais celle-ci n'a pas cherché à manger. Peu avant 16h un faucon - possiblement le mâle - a attrapé un pigeon à la hauteur de la rue St-Denis. Il a promené le pigeon pendant plusieurs minutes dans toutes les directions, poursuivi en partie par l'autre faucon. Finalement un des faucons a ramené la proie à la base du toit et s'est mis à manger. L'autre faucon a disparu. Je n'exclus pas la possibilité que c'est le mâle qui a attrapé la proie et qu'il y a eu transfert de la proie à la femelle en vol pendant une des nombreuses occasions où je les ai perdus de vue derrière des immeubles. Voir la vidéo au début de l'article pour quelques séquences filmées durant cette observation.




dimanche 1 janvier 2017

Faucons pèlerins de Montréal: retour sur l'année 2016

Comme pour 2014 et 2015 voici un retour sur les faits marquants de l'année 2016 pour les faucons pèlerins de Montréal que j'ai la chance de pouvoir observer.

L'année 2015 avait mis la barre très haute pour 2016, en termes de réussite reproductive des faucons pèlerins. Le tableau ci-dessous suggère que 2016, si elle n'a pas réussi à dépasser 2015, n'était pas si mauvaise. En réalité plusieurs bémols sont à apporter à ce tableau, qui font de 2016 une mauvaise année pour les faucons pèlerins.

Comparaison du nombre de fauconneaux à l'envol entre 2015 et 2016
Nid 2015 2016
Université de Montréal 3 (+1) 0
Échangeur Turcot 2 2
Incinérateur des Carrières/église Saint-Marc 4 2 (+1)
Tour de la Bourse ≥ 1 ≥ 4
Pont Champlain ≥ 2 ≥ 2
Total ≥ 12 (+1) ≥ 10

Le tableau ci-dessus donne une vision trop rose de ce qui s'est passé en 2016 pour plusieurs raisons.  D'abord une attention particulière a été apportée à la Tour de la Bourse en 2016 dans le contexte de l'inventaire quinquennal des faucons pèlerins, ce qui explique l'augmentation de 3 fauconneaux sur ce site. Ensuite comme en 2015, une opération d'adoption a été effectuée par l'UQROP, cette fois-ci à l'Incinérateur des Carrières. Mais contrairement à 2015, ce fauconneau relâché a été trouvé blessé à Montréal et a donc possiblement déjà été comptabilisé (en particulier s'il est né sur la Tour de la Bourse).   Et finalement sur les 2 fauconneaux qui se sont envolés de l'Échangeur Turcot, l'un a été trouvé mort quelques semaines après l'envol et le 2ième est également présumé mort (disparition le lendemain de l'envol).


De 2016, on retiendra tout particulièrement
  • les batailles territoriales à l'Université de Montréal qui ont conduit à l'échec de la nidification sur ce site;
  • une première nidification réussie à l'Incinérateur des Carrières, qui plus est à quelques mètres d'une famille de corbeaux qui a également réussi sa nidification;
  • Les progrès d'Éole dans sa tentative d'avoir des bébés avec 2 femelles différentes durant la même saison;
  • la découverte d'un nouveau couple de faucons pèlerins sous le pont Viau;
et plusieurs autres choses.

Voyons cela plus en détails.


Crédits:  cet article est basé sur mes observations mais aussi sur les observations d'autres personnes, des observations qui ont été partagées le plus souvent via la page Facebook Faucons de l'UdeM d'Eve Belisle et de Richard Dupuis ou via eBird. Ces personnes incluent en particulier M. et Mme Robert, Julie Olivier-Vaillancourt, Christian Fritschi, Robert Lussier et Daniel Toro. Je remercie également les gens de l'Incinérateur des Carrières - en particulier M. Brunetta pour leur aide.


Université de Montréal: échec de la nidification suite à des batailles territoriales

À l'automne 2015, comme les automnes précédents, Éole était revenu à l'Université de Montréal. Mais cette fois-ci pour la première fois, sa femelle de l'Incinérateur des Carrières (Eve) était également observée à l'Université de Montréal, ce qui laissait craindre le pire pour Spirit, vieillissante et qui avait perdu en 2014 son compagnon de longue date Roger.

Ponte de 4 œufs

Cependant à la fin mars, ces craintes semblaient non fondées alors que Spirit était toujours en contrôle de l'Université de Montréal. Elle a pondu 4 œufs du 31 mars au 8 avril. Cette fois-ci la paternité d'Éole ne faisait aucun doute, et autre différence avec 2015, Éole semblait prendre au sérieux son rôle de futur père, en relayant régulièrement Spirit sur les œufs (rappelons qu'en 2015 il avait quitté l'Université de Montréal avant même la ponte du premier œuf).  Est-ce que cela signifie qu'Éole n'a jamais rencontré Eve durant cette période? Pas nécessairement: des soupçons pèsent sur lui en particulier pour le soir du 5 avril à l'église St-Jean-Baptiste ainsi que 2 semaines avant la ponte, le 13 mars à l'Incinérateur des Carrières.

Les attaques

Tout bascule le 17 avril lorsqu'un couple de faucons pèlerins attaque l'Université de Montréal. Ce soir-là j'ai notamment vu 2 femelles chuter vers le sol après s'être accroché par les pattes... Le lendemain matin Spirit est revenu au nichoir avec une blessure au bec. À en juger par les absences des adultes au nid, des incidents ont continué à se produire les jours suivants. Ces incidents connaissent une hausse à partir du 27 avril: Éole est blessé à son tour et Spirit boite fortement. Le 1er mai, Éole disparait de l'Université de Montréal, remplacé par un nouveau mâle non bagué, surnommé Bret. Le 3 mai, Éole est retrouvé à l'Incinérateur des Carrières, où en compagnie d'Eve il attaque un couple de corbeaux nicheurs qui s'est établi à quelques mètres de l'endroit convoité par les faucons (plus précisément Éole n'a été formellement identifié que le 6 mai par une photo de Julie Olivier-Vaillancourt mais rien n'indique qu'il y ait eu un changement de mâle entre ces 3 jours). C'est également le 3 mai que Spirit recommence à s'accoupler avec Bret, le nouveau mâle. Les 4 œufs - qui n'avaient plus aucune chance d'éclore ayant été laissé seuls trop longtemps - ont été retirés le 9 mai en prévision d'une possible nouvelle ponte de Spirit, qui ne s'est finalement pas produite. C'était la première fois depuis 2009 qu'il n'y avait pas de naissance à l'université de Montréal alors que le nichoir était en place (en 2012, le nichoir avait du être retiré pour cause de travaux sur la tour). J'aborde plus en détails la période du 16 avril au 3 mai dans cet article et j'examine dans cet autre article l'hypothèse qu'Eve ait fait partie des attaquants.

L'après

Spirit et le nouveau mâle se sont accouplés jusqu'à au moins le 26 mai.  Cependant rien dans le comportement de Spirit les jours et les semaines qui ont suivi ne laisse penser qu'il y a pu avoir une nouvelle ponte.

Eole a eu 2 bébés à l'Incinérateur des Carrières (voir plus bas). Il n'a pas attendu que ceux-ci s'émancipent pour retourner à l'Université de Montréal auprès de Spirit. Dès la mi-juillet on pouvait le voir à nouveau dans le nichoir de l'Université de Montréal, comme le montre cette vidéo de Faucons de l'UdeM. Ce jour-là, Brett (le nouveau mâle) a également été vu; à ma connaissance c'était la dernière fois. Les visites d'Éole sont très vite redevenues quotidiennes.

Le 5 novembre, Spirit  et Éole ont offert tout un spectacle en attrapant une colombe et en commençant à la manger à une hauteur inhabituellement basse, plus de détails ici.

Pour en savoir plus:



Incinérateur des Carrières: une première nidification réussie!

Après un échec en 2014 (en 2015 ils avaient niché ailleurs), les faucons pèlerins Eve et Éole ont réussi à produire 2 fauconneaux à l'Incinérateur des Carrières. Une première réussite qui est remarquable pour au moins 2 autres raisons: la nidification a été exceptionnellement tardive et elle a eu lieu à quelques mètres d'un nid de corbeaux qui ont aussi réussi leur nidification.

Prélude: janvier à avril 2016

C'est le 21 février que j'ai observé pour la première fois de l'année 2 faucons pèlerins à l'Incinérateur des Carrières. La femelle était probablement Eve, mais qui était le mâle ? Son comportement suggérait que ce n'était pas Éole mais c'est tout ce qu'on peut dire. En revanche le 13 mars, il est très probable que le faucon bagué aux 2 pattes qui a eu une courte mais intense discussion avec un autre faucon pèlerin était Éole.

Le 26 mars, grosse surprise alors que j'observe un couple de grand corbeau occupé à terminer un nid à relative faible hauteur sur la cheminée Est!.

Les faucons pèlerins n'ont pas quitté le site pour autant: le 27 mars en après-midi, j'observe un faucon pèlerin qui semble essayer d'attirer un autre faucon pèlerin sur les cheminées. Le 16 avril, un mâle (non bagué aux 2 pattes) ose cette fois-ci se poser sur une des cheminées. La femelle (Eve) se rend alors au nid de 2014 et par ses cris, semble encourager le mâle à l'y rejoindre. Celui-ci regarde tour à tour la femelle qui l'appelle et, tout près,  les corbeaux (qui ont maintenant des petits) qui grondent. Le mâle n'a jamais rejoint la femelle au nid; la femelle a fini par quitter en direction du Parc Laurier, immédiatement suivie par le mâle.

Une autre rencontre le lendemain entre 2 faucons pèlerins à l'Incinérateur des Carrières a été rapportée sur eBird par Paul Fortin, juste quelques heures avant que 2 faucons pèlerins attaquent l'Université de Montréal.
La guerre qui commence à l'Université de Montréal a pour effet de réduire le temps d'observation à l'incinérateur des Carrières. De courtes visites les 20, 21, 25, 27 et 28 avril ne me permettent pas de voir de faucon pèlerin à l'Incinérateur. Cependant les 23 et 29 avril, un faucon pèlerin solitaire est observé à l'Incinérateur des Carrières par Sandy.

En plus de l'Incinérateur des Carrières, Eve fréquente plusieurs autres endroits. Un de ces endroits a été découvert en ce début d'années 2016 et signalé à l'UQROP qui a transmis l'information à Richard Dupuis: il s'agit de l'église Saint-Jean-Baptiste. Cet endroit sert de dortoir à Eve ainsi que de lieu de rencontre entre elle et Éole.  À partir d'avril, j'ai pu moi-même y observer Eve et, à une reprise, une rencontre entre elle et un autre faucon malheureusement non identifié (plus de détails ici). Deux autres endroits fréquentés par Eve, qui sont connus depuis l'an dernier, sont l'église Saint-Michel-Archange et l'église Sainte-Madeleine d'Outremont. Le 21 avril en début de soirée, j'observe 2 faucons pèlerins à l'église Saint-Michel-Archange. Les observations de faucon pèlerins à ces endroits pendant la deuxième moitié d'avril sont énumérées dans cet article.

Accouplements d'Eve et d'Éole et attaques contre les corbeaux

Le 1er mai, suite aux batailles de l'Université de Montréal, Éole (qui est blessé au dos) est remplacé par un nouveau mâle. Très sceptique par rapport à l'idée qu'Éole soit retourné à l'Incinérateur des Carrières, je décide d'y faire néanmoins une courte visite le 3 mai. À ma grande surprise, j'y trouve 2 faucons pèlerins en train d'attaquer sans répit le couple de grand corbeau! Le faucon pèlerin mâle est bagué, et en prime j'assiste à un accouplement entre les 2 faucons. La confirmation que le mâle est bien Éole viendra le 7 mai via une photo prise Julie-Olivier Vaillancourt qui montre clairement l'inscription sur la bague.

De la ponte à la première apparition des fauconneaux

Au fil des jours, les attaques sur les corbeaux deviennent moins intenses alors que dans le même temps les accouplements augmententLe 26 mai je conclus à une présence très probable d’œufs et je fixe au 21 juin le début de la période où des naissances pourraient avoir lieu.

Commençait alors une longue période d'attente. Ces faucons avaient échoué en 2014 après plusieurs semaines de couvaison: connaitraient-ils le même sort cette année? Est-ce que le dérangement humain ou une éventuelle prédation par les corbeaux pourraient-ils faire échouer la nidification? Compte tenu du caractère hors de l'ordinaire de cette nidification (qui était exceptionnellement tardive et très proche d'un nid de corbeaux), j'ai suivi de près ce site, aidé par M. et Mme Robert qui se promenaient régulièrement sur la piste cyclable et qui m'informaient de leurs observations.

C'est finalement le dimanche 26 juin que j'ai observé les premiers signes suggérant que des naissances avaient eu lieu. En 2015, les naissances pour ce même couple avait été estimée au 3 ou 4 juin, et il s'agissait déjà alors d'une nidification tardive. Le couple a donc repoussé de plus de 3 semaines son précédent record!

Dans les jours qui ont suivi, la nourriture a continué d'entrer régulièrement au nid. Cet article relate certaines observations faites durant cette période, incluant une possible visite d'un 3ième adulte et un petit accident (chute) d'un adulte... À peine cet article était-il publié que je réussissais à observer pour la première fois 2 fauconneaux!
Premier regard sur les fauconneaux - 14 juillet 2016

 

28 juillet: un fauconneau chute du nid

La 3ième semaine des fauconneaux se passe sans incident majeur. Cet article relate certaines observations faites durant cette période.

Mais le 28 juillet, à mon arrivée sur la piste cyclable, je remarque des employés au pied d'une des cheminées qui montrent tantôt le nid, tantôt quelque chose au sol. Je devine ce qui se passe: un fauconneau est au sol, vraisemblablement suite à une chute (le temps du premier vol n'était pas encore arrivé). Il était environ 7h30. Les gens de l'incinérateur ont averti les agents de la faune de la situation; de mon côté j'ai laissé un message à Eve Belisle et Richard Dupuis de Faucons de l'UdeM. Après avoir obtenu les permissions nécessaires, ceux-ci sont venus chercher le fauconneau - qui semblait blesser à une patte - vers 11h, pour l'acheminer à la Clinique des Oiseaux de Proie. J'ai ainsi eu le privilège de rester avec le fauconneau pendant près de 3h30, les gens de l'incinérateur m'ayant aimablement permis de rester sur leur terrain.

Un des fauconneaux de l'Incinérateur après sa chute du nid, 28 juillet

D'autres photos sont visibles dans cet album Facebook. Voir aussi  mon article de blogue.
Le fauconneau sera finalement relâché dans les environs de l'incinérateur des Carrières le 25 août, après qu'il ait été soigné et ait suivi des leçons de vol données par un couple de faucons pèlerins adoptifs, voir plus bas.

Premiers jours hors du nid pour le 2ième fauconneau

Le 2ième fauconneau, surnommé 'Gus',  a quitté le nid quelque part entre le matin du 31 juillet et le matin du 1er août. Après qu'il eut été retrouvé en début d'après-midi du 1er août sur les terrains de l'Incinérateur, il a été surveillé par différentes personnes (Sandy, Richard Dupuis, Christian Fritschi, les gens de l'incinérateur et moi-même) jusqu'en début d'après-midi le lendemain. Le matin du 2 août, à notre grand désarroi,  il observait de très près les manœuvres des véhicules sur le terrain de l'incinérateur (le terrain de l'incinérateur est utilisé par la ville de Montréal pour, entre autres, stocker différents matériaux tels que du sable, du gravier, etc qui doivent être périodiquement chargés sur des camions).  Notre anxiété a atteint un sommet lorsque nous avons vu le fauconneau perché sur la benne arrière d'un camion qui quittait l'Incinérateur... Heureusement il avait eu le réflexe de sauter, sans cela dieu sait où il aurait abouti! Il s'était par la suite assagi. Pensant qu'il resterait tranquille pendant la période la plus chaude de la journée, la surveillance a été suspendue pendant quelques heures durant l'après-midi. Le fauconneau en a évidemment profité pour disparaitre! 

Il a été repéré le lendemain matin sur la rue Saint-Grégoire (de l'autre côté des voies ferrées) par un résidant du quartier, Adam Jones, qui a signalé sa découverte sur Facebook. La nouvelle est remontée jusqu'à moi par l'intermédiaire des Roberts. Le 4 août vers midi, alors qu'il était surveillé par Richard Dupuis et Christian Fritischi, le fauconneau est retourné de lui-même à l'Incinérateur où il a été chaleureusement accueilli par ses parents.

Cet article contient un récit plus complet de ces 4 jours.


Relâche du fauconneau soigné à l'UQROP

Le contenu de cette section est développé plus en détails dans cet article.

Le fauconneau mâle qui avait chuté du nid le 28 juillet puis été soigné et réhabilité à l'UQROP a été relâché le 25 août au parc Laurier, en compagnie d'une jeune femelle recueillie au sol également le 28 juillet à Westmount. Puisque tout oiseau qui a été soigné à l'UQROP est systématiquement bagué, il était maintenant possible de distinguer les fauconneaux, par conséquent ils ont reçu un nom: Zigor pour le mâle et Anna pour la femelle. Après leur relâche, Zigor et Anna ont tous les deux foncé vers l'incinérateur, où se trouvait un adulte, vraisemblablement Éole. Zigor a été aperçu par M. Robert - qui se trouvait avec moi sur la piste cyclable derrière l'incinérateur -  alors qu'il s'éloignait vers l'avenue Papineau.

Malgré plusieurs efforts, il n'a pas été possible de revoir hors de tout doute Zigor et Anna, et ainsi confirmer que les 2 jeunes avaient été adoptés par Éole et Eve. Ceci pourrait s'expliquer en partie par le fait que Zigor et Anna semblaient maitriser parfaitement le vol (un faucon pèlerin adulte captif s'était chargé de le leur apprendre dans une volière de  l'UQROP) et par conséquent ils ont pu se disperser rapidement sur une plus grande surface. Cependant le 28 août il est très probable que Zigor a été observé à l'Incinérateur en compagnie d'Eve et d'Éole par les Roberts et moi-même. Un doute subsiste sur l'identité du fauconneau (Gus ou Zigor ?) puisque aucune de nos photos ne montre clairement une bague à la patte droite, mais le fauconneau a eu un comportement qui n'avait pas jamais été observé chez Gus depuis son envol: le fauconneau - qui criait beaucoup - est retourné au nid...  Plus de détails dans cet article.

Un juvénile à l'église Sainte-Madeleine d'Outremont

Cette église est située à côté du métro Outremont. Elle est connue pour servir de dortoir occassionnel à un faucon pèlerin depuis 2015. À mon arrivée à 18h40 le 27 août un faucon pèlerin est perché sur la croix du clocher. À 19h46, un juvénile arrive. Il alterne vol et perchage sur le clocher. À 19h49 il se saisit d'une proie à côté de lui (voir la vidéo, j'ignore si c'est lui qui a amené cette proie ou si elle était là avant son arrivée) et s'envole  en direction de l'église Saint-Michel-Archange à 19h51. À 20h05 alors que je discutais avec une résidente du quartier, des cris de juvénile se font entendre. 2 faucons sont de nouveau présents. L'un d'eux quitte alors que les cris du juvénile continuent à se faire entendre depuis le clocher. Le juvénile était toujours présent à 20h12 quand j'ai quitté. Se pourrait-il que le juvénile ait été amené à dormir à cet endroit par le 1er faucon ?



Le 29 août, le 3 septembre et le 21 septembre, un faucon pèlerin était présent sur le clocher en fin de journée. En revanche les 25, 29 et 30 septembre, aucun faucon n'y était visible après le coucher du soleil. Le 1er octobre toutefois, une silhouette était discernable à 20h15. Impossible de dire si c'était le juvénile ou si c'était un adulte. Ma dernière observation certaine d'un faucon pèlerin juvénile date du 5 septembre à l'incinérateur:
Faucon pèlerin juvénile à l'Incinérateur des Carrières, 5 septembre 2016, 8h14



Une année difficile à l'Échangeur Turcot

3 fauconneaux sont nés à l'Échangeur Turcot en 2016. Malheureusement 2 d'entre eux sont morts et le 3ième a disparu bien trop tôt pour être autonome et est donc probablement décédé lui aussi.

En raison de l'avancée des travaux de reconstruction de l'Échangeur Turcot, la corniche où les faucons ont niché en 2015 a été obstruée durant l'automne 2015. La corniche qui avait à plusieurs reprises abrité le nid, notamment en 2014, restait cependant accessible. Les faucons ont créé une certaine surprise en considérant nicher dans le nichoir installé à leur intention sur un pilier de Côte-Saint-Paul. Les premiers accouplements sont observés à partir du 6 mars, dont certains au nichoir.  Mais possiblement incommodés par la présence de neige dans le nichoir à la suite d'une dernière offensive de l'hiver, les faucons se sont repliés sur leur ancien nid.

3 naissances

Les premiers signes indirect de présence d’œuf sont observés le 29 mars. Le 5 mai un apport de nourriture au nid est observé, signe qu'il y a vraisemblablement eu une naissance.  La confirmation visuelle de 3 fauconneaux intervient une semaine plus tard.

Un premier décès

Le 4 juin, une vidéo de Robert Lussier montre Polly en train de déplacer le cadavre d'un des  fauconneaux. On ignore la cause de sa mort. C'est la 3ième année qu'un fauconneau meurt au nid.
(voir aussi cet article).

Premiers vols et disparition du mâle

Les 2 fauconneaux survivant sont un mâle (dénommé Monroe) et une femelle (dénommée Acacia).
Monroe effectue son premier vol le 17 juin et est vu pour la dernière fois le 18 juin à 12h30. Acacia s'envole à son tour le 19 juin.  Les premiers vols des 2 fauconneaux sont relatés dans cet article.

Décès de la jeune femelle

Le 7 juillet le cadavre d'un faucon pèlerin juvénile femelle est trouvé au sol à proximité du nid. Comme Acacia n'a plus été revue depuis cette date, il s'agissait presque certainement elle. Pour plus de détails, voir cet article.

Une visite le 17 juillet m'a permis de faire des observations intéressantes mais sans surprise je n'ai trouvé aucune trace de fauconneau.

Aménagements automnals en vue de la prochaine saison de nidification

Le nichoir de la rue Côte-Saint-Paul où les faucons avaient failli nicher en 2016 a été retiré le 8 septembre d'après la caméra du chantier. Quelques semaines plus tard la corniche où les faucons ont niché en 2016 a été obstruée, de même que d'autres endroits sur la structure de l'Échangeur susceptibles d'être utilisés par les faucons, voir cet article. Parallèlement 2 nouveaux nichoirs ont été installés à proximité.






Pont Champlain, une répétition de l'année précédente

Les faucons pèlerins du Pont Champlain ont utilisé le même nichoir qu'en 2015 et ont à nouveau eu 3 fauconneaux. Lors de ma visite du 10 juin j'ai pu apercevoir  les 3 fauconneaux au nichoir depuis la Rive Sud. Puis le 30 juin j'ai eu la chance d'assister à l'envol du dernier des 3 fauconneaux, toujours depuis la Rive Sud. Ce même jour, depuis cette fois-ci la piste cyclable de la Voie Maritime j'ai pu observer les interactions entre 2 fauconneaux. Pour plus de détails, incluant photos et vidéos, voir cet article.

Je n'ai vu aucun faucon (pas même des adultes) lors de ma visite suivante le 16 juillet. En revanche le 30 septembre les 2 adultes étaient très actifs et il m'a semblé entendre le cri d'un juvénile. J'y suis retourné les jours suivants afin de tenter de confirmer la présence d'un juvénile mais en vain. Mes observations durant ces visites automnales sont relatées dans cet article.

Lors de ma dernière visite de l'année  à  cet endroit le 17 novembre j'ai pu voir un faucon pèlerin: si ce faucon migrait il n'était donc pas encore parti. Concernant une éventuelle migration, mentionnons cette observation rapportée sur eBird d'un individu se toilettant sur le pont le 31 janvier 2016.


Tour de la Bourse: au moins 4 jeunes

<À venir>


Pont Viau

<À venir>


Cet article incomplet a été publié le 31 décembre 2017. Il sera complété lorsque le temps le permettra. 

Annexe: brèves (2016)

25 août: relâche dans le secteur de l'incinérateur des Carrières de 2 jeunes faucons pèlerins soignés à l'UQROP.
1er août: le fauconneau #2 de l'Incinérateur des Carrières quitte à son tour le nid. 3 jours plus tard il utilise les mêmes perchoirs sur les cheminées que ses parents.
28 juillet: un jeune faucon pélerin est trouvé au sol sur Sherbrooke ouest près de Claremont et est acheminé à l'UQROP.
28 juillet: chute d'un fauconneau à l'Incinérateur des Carrières. Le fauconneau, qui semblait blessé à une patte, a été amené à la Clinique des Oiseaux de Proie.
14 juillet: confirmation visuelle de 2 fauconneaux à l'Incinérateur des Carrières.
7 juillet: la jeune faucon pèlerin femelle de l'Échangeur Turcot est retrouvée morte.
26 juin: signes de naissance chez les faucons pélerins de l'Incinérateur des Carrières.
19 juin: premier vol pour le jeune faucon pèlerin femelle de l'Échangeur Turcot.
18 juin: premier vol pour 2 jeunes faucons pèlerins de la Tour de la Bourse.
17 juin: premier vol pour le jeune faucon pèlerin mâle de l'Échangeur Turcot.
4 juin: décès d'un fauconneau de l'Échangeur Turcot.
25 mai: confirmation indirecte de la présence d'oeuf(s) pour les faucons pélerins de l'Incinérateur des Carrières.
17 mai: confirmation indirecte de la présence de bébé(s) chez les faucons pèlerins de la Tour de la Bourse.
6 mai: identification du mâle de l'Incinérateur des Carriéres: c'est Éole!
5 mai: début des naissances chez les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot: au moins 3 fauconneaux.
3 mai: accouplement de faucons pèlerins à l'incinérateur des Carrières + multiples attaques sur un couple de grand corbeau.
3 mai: échec de la couvée de Spirit et Éole à l'Université de Montréal; reprise des accouplements avec le nouveau mâle.
1er mai: Éole est remplacé à l'Université de Montréal par un nouveau mâle non bagué.
17 avril: combat territorial à l'Université de Montréal contre un autre couple de faucon pèlerin.
1er avril: premier œuf pour les faucons pèlerins de l'Université de Montréal. Oeuf #2: 3 avril; œuf #3: 5 avril; œuf #4: 8 avril.
29 mars: annonce du début de la ponte chez les faucons pèlerins de l'échangeur Turcot par Faucons de l'UdeM.
29 mars: faucon pèlerin immature observé à l'Université de Montréal .
27 mars: première observation d'un faucon pèlerin intrus à l'échangeur Turcot.
26 mars: 2 grands corbeaux achèvent la construction d'un nid à l'incinérateur des Carrières. Observations d'un couple de faucons pèlerins le lendemain.
12 mars 2016: premières observations d'accouplements des faucons pèlerins Spirit et Éole à l'Université de Montréal.
6 mars 2016: début des accouplements des faucons pèlerins de l'échangeur Turcot.
3 février 2016: bref accouplement (ou tentative de) de 2 faucons pèlerins à l'Oratoire Saint-Joseph.






vendredi 9 décembre 2016

Les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot expropriés

C'était attendu. C'était dans le cours normal des choses compte tenu de l'avancée du chantier du nouvel Échangeur Turcot. Mais cela m'a fait un coup quand même: la demeure des faucons pèlerins a été barricadée, en attendant sa démolition pure et simple dans les prochains mois/années (une petite pensée en passant pour les hommes et les femmes qui ont été expropriés dans ce projet).

Cela s'est passé entre ma dernière visite le 9 octobre et ce 6 décembre. La corniche que les faucons pèlerins Algo et Polly utilisaient depuis 2012 pour nicher (avec l'exception de 2015) a été obstruée - de même que tous les autres endroits similaires qu'ils pourraient utiliser - de façon à inciter les faucons à se trouver un endroit plus tranquille pour élever leur progéniture.

Corniche du nid obstruée avec un matériau noir - 6 décembre 2016

À l'automne 2015 déjà, plusieurs corniches avaient été obstruées - incluant celle que les faucons avaient utilisée au printemps 2015 pour nicher (c'était la seule année où les faucons avaient niché du côté de la rue Saint-Patrick).  Les faucons avaient néanmoins été autorisés à revenir nicher à leur endroit habituel en 2016, ce dont ils ne s'étaient pas privés. Malheureusement cette dernière nidification semble avoir été un échec, avec 2 des 3 fauconneaux décédés et peu d'espoir pour le 3ième qui a disparu trop tôt pour survivre seul.

Algo et Polly disposent maintenant d'un peu plus de 3 mois pour trouver un nouvel endroit pour nicher, et je n'ai aucun doute qu'ils réussiront. Il est même possible que les faucons ont identifié des sites alternatifs depuis des mois, voire des années. Les faucons pèlerins disposent en effet de beaucoup de temps pour parfaire leur connaissance de leur territoire et repérer des endroits intéressants. Cette aptitude des faucons à se trouver un site de remplacement a été illustrée récemment par 2 couples de faucons pèlerins:
  • En 2012, les faucons pèlerins de l'Université de Montréal (qui se trouvent être les parents d'Algo et Polly) ont niché à l'Oratoire Saint-Joseph alors que la tour de l'Université de Montréal où est situé leur nichoir était en chantier. Cette tentative de nidification n'a malheureusement pas abouti, possiblement parce que l'endroit choisi était exposé aux intempéries (absence de toit).
  • En 2015 les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières se sont installés in extremis à l'église Saint-Marc située à 1.6km de l'incinérateur, après avoir donné toutes les indications qu'ils tenteraient pour une 2ième année de suite de nicher à l'Incinérateur. Cette nidification avait été une réussite remarquable avec 4 fauconneaux à l'envol, surtout si l'on considère que c'était la première fois que ce couple menait une nidification à terme. On ignore quand et comment ils ont trouvé cette corniche de cette église mais on peut penser qu'un des faucons avait identifié cet endroit depuis un moment.

Nostalgie

Une page se tourne donc pour Algo et Polly, mais c'est probablement pour l'observateur (moi) que c'est le plus difficile...

Berceau de ma passion pour les faucons pèlerins

Le site de l'Échangeur Turcot a en effet joué un rôle déterminant dans le développement de ma passion pour les faucons pèlerins, après la déception causée par l'échec de la tentative de nidification de Roger et Spirit à l'Oratoire Saint-Joseph. Comparé à l'Université de Montréal et à l'Oratoire Saint-Joseph, les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot évoluaient à une altitude particulièrement basse, ce qui permettait de les voir de près. C'est aussi cette année-là et à cet endroit que j'ai pu voir en vrai (et non sur l'écran de mon ordinateur via une webcam) mon premier fauconneau, malheureusement décédé quelques jours plus tard.

Des rencontres avec des biologistes spécialistes des faucons pèlerins

Rien n'était simple avec des faucons pèlerins qui nichaient sur une structure vieillissante comme l'Échangeur Turcot. D'une part, comme le faucon pèlerin est une espèce protégée, la loi interdit de les déranger pendant la période de nidification (quelques exceptions existent). D'autre part l'Échangeur Turcot devait faire régulièrement l'objet de travaux d'entretien et de réparation - parfois de façon urgente. Pour concilier ces 2 impératifs souvent contradictoires, des biologistes ont été engagés par le ministère des Transports avec comme mission de s'assurer que les travaux ne dérangeaient pas les faucons, ou quand ce n'était pas possible, de minimiser le dérangement occasionné aux faucons. Les biologistes devaient aussi veiller à la sécurité des travailleurs puisque les faucons pèlerins peuvent attaquer quiconque s'approche trop près de leur nid.

Des biologistes étaient donc régulièrement présentes sur le site (c'était presque exclusivement des jeunes femmes), ce qui a donné lieu à des discussions à la fois très agréables et très intéressantes pour un amateur comme moi. Je salue donc ici les biologistes de Services Environnementaux Faucon et je les remercie pour le temps qu'elles ont consacré à répondre à mes questions et à échanger les dernières nouvelles sur notre famille ailée. Ces moments vont assurément me manquer en 2017.  

Un site très intéressant

Le site de l'Échangeur Turcot était idéal pour observer les faucons pèlerins. Ils ne nichaient pas haut, comme par exemple à la Tour de la Bourse ou à l'Université de Montréal, ce qui permettait de facilement les observer. Et puisque les faucons étaient habitués à voir de près des humains, ils étaient relativement peu farouches et se tenaient souvent sur les poteaux d'électricité qui longent le canal. Parfois on pouvait même assister au bain d'un des faucons dans le canal. Le site lui-même était très agréable au printemps et à l'été, avec le bleu du canal et le vert des berges. Et finalement on avait une vue dégagée dans plusieurs directions.


Quelques souvenirs

De mes nombreux souvenirs, je n'en évoquerai que 2 ici.

8 juillet 2012: un faucon attaque une proie volant au ras du sol à 2 mètres de moi

Le 8 juillet 2012 je filmais un faucon pèlerin perché sur  un panneau publicitaire géant, en espérant qu'il décollerait.  Ce qu'il fit. J'avais un œil collé au viseur pour garder le faucon dans le champ de la caméra et l'autre œil probablement fermé. Le faucon ne cessait de grandir dans le viseur, à tel point que je me suis demandé si par hasard ce n'était pas moi qu'il attaquait! Le faucon visait en fait un merle à 2 mètres de moi. J'ai probablement distrait le faucon en décollant brusquement mon œil du viseur pour voir directement ce qui se passait, ce qui fait qu'il n'a pas osé passer entre les 2 barres horizontales du garde-fou et a donc raté sa proie. Je n'ai plus jamais assisté à une attaque sur une cible aussi proche de moi depuis.



Juin 2014: les aventures de Samantha sur le bord de la piste cyclable

Le 17 juin 2014 je suis arrivé tôt à l'Échangeur Turcot. On était dans la période où Samantha, une jeune fauconneau femelle, pouvait faire son premier vol. Je marchais sur la rue Côte-Saint-Paul en regardant vers le nid lorsqu'une signaleuse de chantier m'a demandé de passer sur le trottoir opposé. Je pensais que sa demande était liée aux travaux jusqu'à ce que je la vois: Samantha avait fait son premier vol et se trouvait sur le trottoir!  C'était la première fois qu'Algo et Polly arrivaient à amener un fauconneau jusqu'au stade de l'envol, et surtout c'était ma première rencontre rapprochée avec un fauconneau. Cette journée mémorable est racontée dans cet article.

Samantha avait été placée en sécurité en hauteur par les biologistes pour la nuit. Le lendemain matin j'y suis retourné. Samantha n'était plus sur le pilier, elle était au sol, au pied de celui-ci... Le problème c'est qu'il y avait des joggeurs qui passaient sur la piste cyclable, certains avec leur chien non tenu en laisse... Je me suis donc transformé en gardien de fauconneau. Stressant sur le moment, délicieux souvenirs par après.
Voici une vidéo montrant quelques uns de ces moments:

L'article au complet se trouve ici.

samedi 3 décembre 2016

Un couple de faucon pèlerin s'installe sous le Pont Viau

Depuis le 19 novembre je soupçonnais qu'il se passait quelque chose en lien avec des faucons pèlerins au Pont Viau mais ce n'est que le 1er décembre que j'ai enfin eu confirmation qu'un couple de faucon pèlerin s'y était installé.


Le faucon pèlerin est une espèce protégée (statut d'espèce vulnérable au Québec et d'espèce préoccupante au Canada). Encore relativement rare à Montréal (une quinzaine de nids connus sur l'ile de Montréal), sa population est en croissance constante depuis quelques années. Plusieurs des ponts de la région de Montréal ont abrité un nid en 2016, incluant le Pont Champlain et l'Échangeur Turcot.

Cette article relate avant tout cette découverte mais fait aussi état d'un certain nombre d'observations récentes d'un individu isolé dans ce secteur et discute le lien possible avec les faucons pèlerins de l'Ile de la Visitation. L'article se termine avec une courte discussion  de plusieurs questions posées par cette présence, en particulier sur son caractère temporaire (hivernage) ou permanent.


Découverte de la présence des faucons pèlerins

19 novembre: un faucon pèlerin sur un lampadaire du pont

Le 19 novembre il me restait un peu de temps libre avant le coucher du soleil et il faisait beau: j'ai donc décider d'aller sur la rive Lavalloise de la Rivière des Prairies vérifier si les canards branchus étaient toujours présents dans un bras mort de la rivière. Je n'y suis jamais allé: sur le pont Viau, sur un lampadaire, trônait un faucon pèlerin adulte!


Comme c'était sans doute le faucon pèlerin que j'avais activement cherché à revoir cet été (voir dans la  section "Observations récentes"), j'ai décidé de rester avec lui, curieux de voir dans quelle direction se trouvait son dortoir.

Quelques minutes avant le coucher du soleil, j'ai remarqué un groupe de bernaches qui s'en venait vers le pont, en volant à basse altitude, avec une trajectoire qui les amènerait à passer approximativement à la verticale du faucon pèlerin. J'ai évidemment filmé la scène: ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir des bernaches et un faucon pèlerin sur la même vidéo au même moment!


Le faucon n'était pas pressé de partir:

C'est finalement à 16h27 qu'il s'est envolé, vers l'Ouest comme je l'avais anticipé. Mais à ma grande surprise il est descendu au ras de l'eau (alors qu'il n'y avait pas de proie en vue), a fait demi-tour et a disparu sous le pont. Comme j'étais du côté Ouest du pont, je n'ai pas pu voir s'il était ressorti de l'autre côté mais j'en avais assez vu pour décider de revenir les prochains jours tenter de confirmer qu'il dormait sous le pont.

22 novembre: cris et silhouettes, 2 faucons pèlerins?!

Ce n'est que le 22 novembre que j'ai pu retourner sur les lieux pour tenter de confirmer qu'un faucon pèlerin utilisait bien le pont Viau comme dortoir. Quand je suis arrivé, aucun faucon n'était visible sur les lampadaires et le soleil s'est couché sans qu'il ne se passe rien. Évidemment le faucon pouvait rejoindre un perchoir sous le pont sans passer par la case "lampadaire" mais dans ce cas les chances que je l’aperçoive étaient presque nulles. Je m’apprêtais donc à rentrer chez moi sur un échec lorsque j'ai entendu des cris qui ressemblaient étrangement à ceux du faucon pèlerin! Quelques instants après, 2 silhouettes sont passées devant moi au ras de l'eau avant de s'évanouir dans les ombres du pont. La poursuite de leur discussion pendant quelques instants suggérait qu'ils étaient quelque part sous le pont. Quelques minutes plus tard j'ai eu l'occasion de revoir les 2 silhouettes en vol et même de les filmer. Attention, ils ne sont pas faciles à distinguer!


23, 24, 27, 29 et 30(matin) novembre: aucun signe de faucon pèlerin

Les 23 et 24 novembre je suis revenu bredouille de mes surveillances de fin d'après-midi. Le 22 c'était les cris des faucons qui m'avaient permis de les repérer. Comme je l'ai déjà indiqué plus haut, si les faucons restaient discrets, les chances étaient minimes de les voir: pour apercevoir un oiseau qui vole au ras de l'eau alors qu'il y a des vagues, qu'il fait gris et que la nuit tombe, il faut vraiment regarder attentivement au bon endroit et au bon moment!  Ma stratégie était donc de multiplier mes moments de présence sur place de façon à augmenter les chances que les faucons finissent par trahir à nouveau leur présence.

Dans cet esprit, j'ai commencé à faire également des visites de jour, près du pont mais aussi dans les environs, comme par exemple au Parc Nicolas-Riel où un faucon pèlerin avait été vu perché cet été (voir plus bas). Le 29 novembre, j'ai également tenté une observation à l'aube mais sans succès.

Parallèlement, le 28 novembre un faucon pèlerin aurait été vu à midi près du pont selon ce rapport eBird, malheureusement sans plus de détail. D'après la durée de l'observation (10mn) et le nom du site (le parc à côté du pont, et non le pont lui-même), on pouvait s'aventurer à penser que l'oiseau était perché et qu'il était perché dans un arbre. Or le 30 novembre vers 9h10, j'observais un oiseau de proie perché dans un arbre, exactement à l'endroit indiqué (la partie de ce parc du côté Ouest du pont est très petite), mais il s'agissait d'un épervier:
    
Épervier au parc Jeanne-Sauvé, à l'ouest du pont Viau - 30 novembre 2016

Erreur d'identification? Pas nécessairement puisque le lendemain 1er décembre j'observais moi-même un faucon pèlerin en train de chasser dans ce parc. Ce qui est certain, c'est qu'avec 2 faucons pèlerins et un épervier (au minimum), les pigeons du secteur ne sont vraiment pas gâtés!

Pigeons sur le pont Viau - 30 novembre 2016


30 novembre (après-midi): cris au coucher du soleil

Le 30 novembre vers 16h15 j'ai enfin ré-entendu des cris de faucon pèlerin mais je n'ai pas réussi à les apercevoir. N'empêche que cette observation était importante puisqu'elle montrait qu'il y avait toujours au moins un faucon pèlerin qui fréquentait les lieux (après plus d'une semaine sans signe de présence) et suggérait fortement (dans la mesure où ce genre de cris implique généralement la présence d'un 2ième individu) que la visite du 2ième faucon le 22 novembre n'était pas un évènement isolé.

1er décembre: les 2 faucons observés pendant presque une journée entière

Lorsque je suis arrivé à 9h45 les pigeons volaient en formation très serrée et rapide. Il m'a semblé en outre apercevoir un oiseau qui n'était pas un pigeon. Effectivement, quelques instants plus tard, un faucon pèlerin passait à basse altitude près de moi, possiblement dans l'espoir de capturer un pigeon qui aurait tenté de s'abriter dans l'entrée du pont, côté Montréal.

Mieux encore, quelques minutes plus tard des cris de faucon pèlerin se sont faits entendre, venant du pont. Cette fois il faisait jour et j'étais bien décidé à découvrir où ils se perchaient! Mais j'ai du attendre que l'un d'eux s'envole puis revienne vers le pont pour voir pour la première fois un faucon pèlerin perché sous le pont. Le faucon était perché du côté Est, plus proche de Laval que de Montréal. J'ai donc traversé le pont et je me suis installé au belvédère de la berge Délia-Tétreault, dont le toit était très pratique pour me protéger de la pluie/bruine qui tombait par intermittence ce jour-là.

Un 2ième faucon s'est posé à côté du premier vers 10h06 (il s'agit de la première séquence de la vidéo qui se trouve au début de cet article). Le fait qu'ils soient restés ensemble ainsi côte-à-côte pendant de longues minutes sans s’agresser (verbalement ou physiquement) plaide pour un couple. Le faucon arrivant était beaucoup plus actif que l'autre, qui a passé la plus grande partie de son temps perché sous le pont.

J'ai pu observer plusieurs déplacements en direction de l'Ile de la Visitation du faucon actif. Le faucon inactif s'est aussi une fois envolé dans cette direction, après une série de vocalisations (cette séquence est également montrée dans la vidéo mais j'ai réduit le temps entre les vocalisations et le départ du faucon en coupant une partie de la séquence). Il est cependant revenu très vite. Le faucon actif a aussi volé perpendiculairement à la rivière vers l'intérieur des terres de Laval. Finalement, lorsque je suis revenu en début d'après-midi, j'ai pu voir les 2 faucons chasser ensemble près de l'entrée du pont, côté Montréal.


Observations récentes

Je continue cet article en rapportant quelques observations récentes de faucon pèlerin dans ce secteur, qui pourraient possiblement jeter de la lumière sur l'origine de ce couple. Je vais commencer par des observations faites à l'Ile de la Visitation puisqu'elles sont à la fois les plus récentes et les seules à impliquer un couple de faucon pèlerin. Je relaterai ensuite une série d'observations faites à l'Ouest du pont d'un individu isolé. Je terminerai en mentionnant brièvement quelques observations moins récentes.

Les observations de l'Ile-de-la-Visitation

L'Ile de la Visitation est située à l'Est du pont Viau, à environ 2km. La centrale hydro-électrique où se font la plupart des observations de faucon pèlerin est à 3km du pont Viau.

Le 1er novembre 2016, Evelyne Samson a observé un couple de faucons pèlerins perchés dans le même arbre et qui chassaient par moments les canards et les goélands (source: rapport eBird). Environ 1 mois plus tôt, le 5 octobre 2016, Joël Coutu observait 2 faucons  pèlerins perchés sur le belvédère de la centrale hydro-électrique (source: rapport eBird). Plusieurs photos montrent d'ailleurs 2 faucons pèlerins perchés sur cette centrale, comme par exemple celles prises par Pierre André il y a approximativement 1 an et celles prises par Joël Coutu le 3 janvier 2016. À noter aussi les photos prises le 20 septembre 2016 par Joanne Masson d'un faucon pèlerin sur les rochers en face de la centrale.

Je me limiterai à ces observations afin de ne pas trop alourdir cet article mais il faut savoir qu'elles ne représentent qu'une faible fraction des observations faites à cet endroit en 2016.


Les observations à l'Ouest du pont (individu isolé)

 

18 mai 2016, immeuble en construction "Condominium O'Cartier"

Mon premier contact avec possiblement un des 2 faucons pèlerins du pont Viau remonte à la fin de la journée du 18 mai 2016. Alors que je me dirigeais vers un des endroits qui m'avait été assigné pour l'inventaire des bâtiments religieux utilisés par le martinet ramoneur, j'ai remarqué un faucon pèlerin voler autour du condominium en construction O'Cartier puis s'y poser. Cet édifice est situé près de l'entrée du pont Viau, à Laval. Le faucon pèlerin n'était pas bagué. Après une dizaine de minutes il s'est envolé vers Montréal, approximativement dans la direction de la prison de Bordeaux. Voici mon rapport eBird.




18 août 2016, parc Nicolas-Viel

Le parc Nicolas-Viel est situé à environ 700 mètres du pont Viau. Dans l'après-midi du 18 août 2016 Catherine Douesnard remarque un faucon pèlerin perché dans un gros peuplier. Elle envoie alors un courriel sur la liste ornitho-qc pour signaler la présence de ce faucon. Comme je n'habite pas très loin, je m'empresse d'y aller. J'y retrouve Catherine Douesnard qui m'indique l'arbre mais le faucon, lui, avait déjà filé... Elle a cependant eu le temps de prendre de superbes photos, incluant la photo ci-dessous (un gros merci à elle pour la permission de reproduire cette photo ici). Ses photos ainsi qu'une courte vidéo sont visibles dans son album Google.

Crédit photo: Catherine Douesnard

13 et 15 septembre: pylône électrique près de la gare de Bois de Boulogne

Dans le cadre de tentatives pour retrouver celui que j'appelais désormais "le faucon pèlerin d'Ahuntsic" (je considérais que ceux de l'Ile de la Visitation venaient de Laval), j'ai fini par en localiser un le 13 septembre sur un pylône électrique en face de la gare Bois de Boulogne (rapport eBird). Cet endroit est situé à 1.86km à  vol d'oiseau du pont Viau. Lorsque le faucon est finalement parti, il a longé la voie ferrée en direction de la rivière des Prairies.

Or, dans cette direction mais cette fois-ci du côté de Laval, un faucon a été observé 2 jours plus tard le 15 septembre, approximativement à la même heure.  Voici le rapport eBird.


Quelques observations moins récentes

La seule mention que j'ai trouvée sur eBird d'un faucon sur le pont Viau est celle de Georges Lachaine en février 2009. Plus récemment, le 13 janvier 2013, lui et une autre personne ont également observé et photographié un faucon pèlerin sur le clocher d'une église, possiblement l'église Saint-Christophe située à un peu plus de 500 mètres du pont (rapport eBird). De décembre 2013 à février 2014 j'ai pu moi-même observé un faucon pèlerin sur différents clochers du quartier Ahuntsic, dont la cathédrale Saint-Maron située à 660 mètres du pont.


Conclusion

Cette observation de 2 faucons pèlerins sous le pont Viau soulève de nombreuses questions:
  • Que font-ils là ?   À ma connaissance, 2 faucons pèlerins adultes ne se mettent ensemble que pour une seule chose: faire des bébés! Mais cela ne veut pas dire qu'il y aura automatiquement une nidification sous le pont Viau au printemps. Ces faucons pourraient en effet nicher ailleurs (par exemple à la Carrière Lagacé qui est située à 5km du Pont Viau et où l'on sait qu'il y a un nid) et passer l'hiver dans un environnement plus confortable (incidemment le dessous du pont Viau est éclairé la nuit, ce qui suppose une source de chaleur...) ou mieux pourvu en proies. C'est ce qu'on appelle de l'hivernage. Un exemple d'hivernage a été observé récemment à l'hôpital Louis-H. Lafontaine. À mon avis cependant, si la présence des faucons sous le pont Viau persiste dans les prochaines semaines, ces faucons ne sont pas ceux de la Carrière Lagacé: cette carrière est en effet située derrière le palais de justice de Laval et à proximité de centres commerciaux, et doit donc certainement posséder une bonne population de pigeons. S'éloigner de 5kms ferait courir aux faucons le risque de voir s'installer un autre couple sur leur territoire à une époque où la compétition pour les sites de nidification n'a jamais été aussi forte. D'après ce raisonnement, si les faucons du pont Viau ne nichent pas sous le pont au printemps prochain, ils ne devraient donc pas nicher très loin.
  • Viennent-ils de s'installer sous ce pont ou sont-ils là depuis plusieurs années? J'ai du mal à croire qu'une nidification sous ce pont soit passée inaperçue ou n'ait pas été rapportée mais ce n'est pas totalement à exclure. Un hivernage en revanche pourrait plus facilement passer inaperçu. Il est possible que cet article ou d'autres mentions de cette présence provoquent des témoignages, qui pourraient jeter de la lumière sur cette question.
  • Qui sont ces faucons? Jusqu'à il y a 2 semaines, j'étais convaincu que l'individu observé à l'ouest du pont Viau n'était pas le même que ceux observés au parc de l'Ile de la Visitation, tout simplement parce qu'il était toujours observé seul. Évidemment cet argument ne tient plus... Les déplacements que j'ai observé vers l'Ile de la Visitation d'un faucon du pont Viau pourraient être un argument en faveur d'un seul et même couple. D'un autre côté, s'il y avait 2 couples, il devrait y avoir entre eux des tensions au sujet du territoire et dans ce cas on pourrait imaginer que des rencontres (ou des escarmouches) entre des  individus des 2 couples aient lieu quelque part entre les 2 sites. Dans ce scénario on devrait donc observer également des déplacements des faucons du pont Viau vers l'Ile de la Visitation. De futures observations pourraient permettre de trancher cette question.
  • Qui sont ces faucons? (bis). Mes photos du faucon perché sur le lampadaire ne montrent pas de bague mais qu'en est-il de l'autre? 

Cette histoire est indéniablement à suivre. Mentionnons pour terminer que la période des amours chez les faucons pèlerins commence fin février- début mars et que les accouplements se font généralement près du site choisi pour nidifier. Alors si vous voyez des accouplements sur le pont ou près du pont, faites-le moi vite savoir!