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dimanche 26 mars 2017

Accouplement de faucon pèlerin à l'église Saint-Jean-Baptiste!

J'ai observé un accouplement de faucon pèlerin après le coucher du soleil jeudi 23 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste. Bien que cette église est connue pour être fréquentée par un couple de faucon pèlerin, cette observation est une surprise pour des raisons que j'évoquerai plus bas. Parallèlement le nombre d'accouplements à l'Université de Montréal semble avoir diminué (aucun accouplement observé en 4 heures samedi après-midi).  Je décris les différentes observations que j'ai faites depuis le 23 mars et je termine avec une discussion de ce qu'elles pourraient signifier.

Rappelons d'abord que cette église est fréquentée en hiver par la femelle Eve, et qu'elle reçoit à l'occasion des visites de son mâle, Éole. Éole est un faucon pèlerin bigame puisqu'il a également une femelle à l'Université de Montréal, Spirit (qui est aussi sa mère...). Plusieurs accouplements entre Éole et Spirit ont été observés la semaine dernière à l'Université de Montréal.

Accouplement du 23 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste

Lors de mon observation du 18 mars, j'avais observé qu'Éole avait quitté l'Université de Montréal peu après 18h, soit bien avant le coucher du soleil. Était-ce pour visiter Eve ? Bien que quelques courtes visites récentes  à l'église Saint-Jean-Baptiste en fin de journée m'avaient laissé sur l'impression qu'Éole avait cessé ses visites à l'église Saint-Jean-Baptiste, j'ai décidé de retenter ma chance.

Quand je suis arrivé à l'église Saint-Jean-Baptiste à 18h46, aucun faucon ne semblait présent. À 19h06 j'ai pris le bus 29 qui passe devant l'hôpital Hôtel-Dieu pour examiner l'antenne où j'avais vu récemment un faucon: aucun faucon n'y était visible. Ce bus a le grand avantage d'effectuer une boucle qui l'amène à repasser devant l'église Saint-Jean-Baptiste quelques minutes plus tard. J'étais de retour à l'église Saint-Jean-Baptiste à 19h18, mon absence n'avait donc duré que 13 minutes. J'ai tout de suite remarqué un faucon (Eve) qui vocalisait fortement sur le flanc droit de l'église. Je n'ai aperçu l'autre faucon que lorsqu'il s'est envolé de l'église. Il est revenu vers l'église, s'est accouplé avec Eve et a quitté le secteur. L'accouplement est survenu 6 minutes après le coucher du soleil. À 19h23 Eve est allée se placer à son endroit favori pour dormir.

Observation matinale à l'église Saint-Jean-Baptiste le 24 mars

Comme Éole semblait visiter aussi Eve à l'aube il y a quelques semaines, j'étais curieux de voir ce qui se passerait tôt le matin. J'étais sur place à 5h50 ce vendredi 24 mars. Eve était à l'endroit où je l'avais laissé la veille. À 6h35 elle a brusquement décollé et s'est éloignée dans l'axe de la rue Drolet. Je m'attendais à ce qu'elle revienne se poser à un autre endroit sur l'église mais elle n'est pas revenue. Cette direction est celle que les faucons prennent pour aller vers l’Hôtel-Dieu: Eve est-elle allée rejoindre Éole chez lui?

À 6h46 j'ai profité du bus 29 pour jeter un coup d’œil à l'Hôtel-Dieu mais je n'ai rien vu sur l'antenne ni sur les toits que je pouvais voir depuis le bus (l'antenne de l'Hôtel-Dieu n'est vraisemblablement qu'une étape entre l'endroit utilisé par Éole pour dormir et l'église Saint-Jean-Baptiste mais je n'avais rien à perdre). À mon retour à l'église Saint-Jean-Baptiste à 6h58, aucun faucon n'y était visible. J'ai quitté à 7h27.

Un autre passage à l'église Saint-Jean-Baptiste à 9h  après être allé jeter un coup d’œil du côté de l'incinérateur des Carrières n'a rien donné non plus.

En fin d'après-midi il neigeait fortement,je n'y suis donc pas retourné.

2 faucons présents en fin d'après-midi le 25 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste

Lorsque je suis arrivé à l'église Saint-Jean-Baptiste à 18h48, Eve somnolait sur la croix d'un clocher, bien en évidence. À 18h59 elle semble se réveiller brusquement, vocalise et se précipite vers le flanc droit de l'église. Quelques secondes plus tard un autre faucon la rejoint. Je n'étais pas en mesure de voir le flanc droit à ce moment-là mais je n'ai pas entendu de cris d'accouplement. J'ai plutôt retrouvé les 2 faucons sur une corniche, voir la vidéo ci-dessous.


Il est possible qu'Éole ait offert une proie à Eve mais si c'est le cas elle n'avait pas faim. Sauf erreur, l'endroit où est allée Eve ensuite était l'endroit où a eu lieu l'accouplement le 23 mars. Le mâle - que l'on voit quitter dans la vidéo - n'est plus revenu. Eve a rejoint son perchoir de nuit à 19h18.

Observations à l'Université de Montréal le 25 mars

J'ignore si le mâle observé à l'église Saint-Jean-Baptiste les 23 et 25 mars était Éole mais c'est une hypothèse vraisemblable. Il était donc intéressant de voir ce qui se passait à l'Université de Montréal. De 14h à 18h le 25 mars je n'ai observé aucun accouplement. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas eu puisque je ne peux évidemment pas surveiller les 4 faces de la tour simultanément, mais ce chiffre contraste avec le chiffre de 3 accouplements (+ un 4ième probable) observés le samedi précédent.

À 14h, Spirit était perchée sur le bâtiment pyramidal. Je n'ai pas réussi à localiser le mâle et je n'ai entendu aucun cri qui pouvait suggérer qu'il était présent. Spirit s'est envolée à 14h38 en direction des hôpitaux Sainte-Justine et juif.

J'ai du attendre jusqu'à 15h55 pour revoir un faucon en vol qui a semblé se rendre au nichoir. Un coup d’œil sur la caméra du nichoir via mon iPhone montre en effet que les 2 faucons sont au nichoir. C'est le premier signe de la présence d'Éole. Éole reste au nichoir (il ira ensuite se percher sur le bras de la caméra) pendant que Spirit s'installe sur le bâtiment pyramidal pour manger la proie probablement offerte par Éole. Spirit s'envole avec le restant de la proie à 16h21  en direction des résidences. Je l'ai perdu presque immédiatement de vue donc je ne peux pas exclure un demi-tour vers l'université. Cependant je la revois passer dans l'autre sens à 16h24. Elle traverse l'université au-dessus de l'ancienne chapelle et rejoint le nichoir d'après la caméra. Éole est toujours sur le bras de la caméra.

Spirit reste dans le nichoir pendant plus de 1h, Éole toujours perché sur le bras de la caméra. Elle s'envole à 17h28 et va se percher sur la tour au coin des façades "André-Eisenstadt" et "Avant".  Les 2 faucons sont toujours à la même place lorsque j'arrête l'observation à 18h. Cependant, au moment de repasser à l'avant de l'Université pour prendre le métro je constate que les faucons ont bougé. À 18h06 d'après la caméra, les 2 faucons se rencontrent brièvement au nichoir. Toujours d'après la caméra Spirit reste seule au nichoir, c'est donc Éole que je vois perché sur la tour au coin des façades "Avant" et "Polytechnique" à 18h07.


Discussions

L'observation d'un accouplement à l'église Saint-Jean-Baptiste a été une surprise pour moi pour 2 raisons:
  • Les accouplements se font généralement à proximité du lieu choisi pour nicher. Or cette église est considérée comme un endroit d'hivernage. Les 2 dernières années, Eve a niché à l'église Saint-Marc (en 2015) et à l'Incinérateur des Carrières (en 2016). Ces 2 endroits sont situés respectivement à 3.5kms et à 1.9kms. 
  • Eve est une femelle qui niche tardivement. L'an passé par exemple ses premiers accouplements ont été observés début mai. Un accouplement en mars est donc une surprise.
Une  autre fonction des accouplements - outre la reproduction - serait de consolider le couple. De tels accouplements peuvent être occasionnellement observés pendant toute l'année. Il s'agira donc de voir dans les prochains jours si l'accouplement du 23 mars était isolé ou si au contraire d'autres accouplements se produiront en fin de soirée à l'église Saint-Jean-Baptiste. On peut aussi se demander si des accouplements ont aussi lieu dans la journée; pour cela évidemment il faudrait découvrir où Eve passe ses journées.

Une autre question est si des accouplements avaient déjà eu lieu l'an passé à l'église Saint-Jean-Baptiste à cette même période ou si c'est une nouveauté de cette année. Cet emplacement avait été dévoilé le 1er avril par Richard Dupuis.  D'après eBird, sa dernière observation de 2 faucons pèlerins remontait au 3 mars et il s'agissait d'une observation de jour (13h à 15h30). À ce moment-là  les accouplements liés à la reproduction n'avaient peut-être pas encore commencé. De mon côté, j'ai observé à cette église à partir du 2 avril, principalement en fin de journée, et j'ai pu constater qu'un faucon y dormait.  Le 5 avril, cependant j'ai pu y voir 2 faucons mais pas d'accouplement (à noter que le 5 avril, Spirit avait déjà pondu plusieurs œufs). Voir cet article pour plus de détails sur les observations à cette église jusqu'au 5 avril 2016.

Il est difficile de tirer une conclusion de l'absence d'observation d'accouplement à l'Université de Montréal samedi après-midi: j'ai pu manquer des accouplements ou bien je suis peut-être tombé sur une période creuse. D'autres observations devront être faites pour avoir une idée plus claire de ce qui se passe.

Pour mémoire les 2 dernières saisons à l'Université de Montréal ont été complètement différentes.








mercredi 22 mars 2017

Accouplements et nuits au nichoir pour Spirit à l'Université de Montréal

Après l'Échangeur Turcot, c'est à l'Université de Montréal que des accouplements de faucon pèlerin ont été observés. 

Le 17 mars, 2 accouplements différents ont en effet été observés sur ce site, l'un par Richard Dupuis via la caméra du nichoir, l'autre par moi-même depuis le sol. Le lendemain j'ai compté 3 accouplements entre 13h45 et le coucher du soleil, avec une forte possibilité pour un 4ième. Parallèlement Spirit (la femelle) a commencé à dormir de façon intermittente au nichoir.

Les accouplements du 17 mars

Le 17 mars à 11h13, Richard Dupuis a publié sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM une vidéo d'un accouplement capté par la caméra du nichoir. L'accouplement a été filmé de près par la caméra et les images sont spectaculaires (pour ceux qui ne veulent pas voir la vidéo au complet, l'accouplement - très bref - est à la toute fin de la vidéo). D'après les images d'archive de la caméra, cet accouplement a eu lieu entre 9h43 et 10h13.

Quand je suis arrivé à 11h24 à l'Université de Montréal (sans avoir vu la publication de Richard Dupuis), la première chose que j'ai remarquée, c'est qu'un faucon pèlerin était perché sur ce que j'appelle le "bâtiment pyramidal". Or ce perchoir est principalement utilisé pour les accouplements. Je suis passé à l'arrière de l'université et j'ai scruté la tour pour tenter de repérer l'autre faucon. En vain. Puis tout d'un coup une flèche est partie de la tour, j'ai eu juste le temps de démarrer ma caméra. Cet accouplement est survenu à 11h29.



Il est important de noter que les accouplements avaient sans doute déjà commencé plusieurs jours avant. Ma précédente tentative d'observer des accouplements à cet endroit remontait au 11 mars mais le froid intense combiné à l'apparente absence du mâle m'avait fait abandonner après 1 heure, une durée bien trop courte pour conclure qu'il n'y avait pas encore d'accouplement.

Mes observations du 18 mars

Contrairement aux 2 accouplements mentionnés précédemment qui avaient eu lieu le matin, tous les accouplements de cet après-midi du 18 mars se sont passés à l'avant de l'université, donc hors de portée de la caméra du nichoir.

Quand je suis arrivé à 13h45 à l'Université de Montréal, Spirit était de nouveau perchée sur le bâtiment pyramidal, alors que le mâle était perché sur une "corniche-prison" de la tour (c'est un endroit où aboutissent les fauconneaux pas sages ou maladroits et dont il est difficile de s'échapper lorsqu'on ne sait pas encore voler...). Le mâle a décollé à 14h08. J'ai démarré la caméra, pensant voir un accouplement, mais il a disparu. À 14h18 Spirit s'envole à son tour et rejoint le nichoir d'après la caméra du nichoir.

Je décide de passer à l'arrière de l'université. D'après la caméra, Spirit est au nichoir de 14h20 à 14h25. À 14h25 je vois un faucon qui vole autour de la tour et on entend des appels. Une minute plus tard un 2ième faucon arrive du cimetière et se pose au nichoir. D'après la caméra ce serait Éole. Le faucon qui était en vol - présumément Spirit - finit par ne pas réapparaitre, ce qui suggère qu'elle s'est posée sur la façade qui donne vers le pavillon André-Eisenstadt ou  sur la façade avant.

Accouplement à 14h32?

À 14h32, Éole quitte le nichoir et semble se poser sur la façade André-Eisenstadt de la tour. Je bouge le plus rapidement possible pour voir cette façade. Je vois un faucon la quitter puis je m’aperçois qu'un faucon est perché au coin de cette façade avec la façade avant, présumément Spirit. Si ce 2ième faucon était bien Spirit, Éole est resté sur cette façade juste le temps d'un accouplement, accouplement que malheureusement je ne pouvais pas voir d'où j'étais. Les 2 faucons restent à l'avant de l'université jusqu'à 15h26 puis quittent à 1 minute d'intervalle. De 15h28 à 15h37 un faucon est au nichoir d'après la caméra, apparemment il s'agit d'Éole.

Accouplement de 15h38

Spirit était revenue sur la façade avant sans que je m'en rende compte puisqu'à 15h38 il y a eu accouplement sur un nouveau projecteur de cette façade.
Spirit après l'accouplement de 15h38

Accouplement à 16h16

À 16h12 le mâle quitte la façade avant de la tour où il s'était perché après l'accouplement et se rend au nichoir. Au retour, il s'accouple à nouveau sur le projecteur.

Le mâle quitte peu après et revient se percher sur la tour au-dessus de la femelle à 16h36.  À 16h54, c'est la femelle qui part en direction du boulevard Edouard-Montpetit. Le mâle disparait à son tour.

Accouplement à 18h08

Après avoir fait le tour de la tour, je retrouve un faucon sur le coin des façades André-Eisenstadt et avant à 17h31. Celui-ci s'envole à 17h43. La caméra du nichoir montre que les 2 faucons se sont rencontrés au nichoir à 17h44. Éole revient se percher presque aussitôt sur un projecteur de la façade avant, voisin de celui où ont eu lieu les 2 accouplements précédents. À 17h58, Spirit quitte le nichoir et vient se percher sur la tour au-dessus d'Éole. Comme j'avais alors confondu Éole et Spirit, c'est à un autre accouplement sur un projecteur que je m'attendais. J'ai compris mon erreur quand celui que j'avais pris pour la femelle s'est envolé. Heureusement que son vol d'approche était suffisamment long pour me permettre de filmer malgré tout cet accouplement, qui s'est produit à 18h08.


Je n'ai plus revu le mâle après cet accouplement. Spirit de son côté n'a quitté son perchoir qu'au coucher du soleil.


Des nuits au nichoir

Outre les accouplements, un signe que la ponte approche est lorsque Spirit commence à dormir au nichoir. Spirit a commencé à passer quelques nuits au nichoir mais elle ne dort pas encore au nichoir de façon régulière.

Spirit a commencé à dormir au nichoir dès le 15 mars, dans des conditions hivernales comme le montre la photo suivante prise par la caméra du nichoir. Sa silhouette reste (parfois difficilement) visible durant toute la nuit.

Spirit au nichoir, 15 mars à 21h (crédit: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/)

Elle a également passé la nuit suivante au nichoir, mais apparemment pas celle du 17 mars.

Le 18 mars j'étais présent au coucher du soleil à l'Université de Montréal. À ma grande surprise elle est partie vers l'Oratoire Saint-Joseph. Pensant qu'elle allait manger puis qu'elle reviendrait sur la tour, je suis resté un moment sur place à guetter son retour. Finalement je suis allé à l'Oratoire où je l'ai trouvé sur un de ses perchoirs favoris.

Spirit à l'Oratoire Saint-Joseph, 18 mars 2017 à 20h
J'ai interprété ce choix de Spirit comme un sérieux retour en arrière. En effet dans le passé il semblait que Spirit procédait par étapes: en hiver elle dort souvent à l'Oratoire; puis à l'approche de la nidification elle commence à dormir sur la tour de l'université mais à l'extérieur du nichoir; et finalement elle dort dans le nichoir.

Heureusement cela n'a pas été long avant que Spirit recommence à dormir au nichoir puisqu'elle y a passé la nuit du 20 au 21 mars. Cependant Spirit n'a de nouveau pas dormi au nichoir cette nuit.


Conclusion

L'an dernier, la première mention de Spirit passant la nuit au nichoir avait été faite le 20 mars. Spirit avait alors pondu son premier œuf dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Malheureusement aucun des 4 œufs n'avait éclos du à une guerre avec un autre couple de faucons pèlerins.

Spirit avait pondu son premier œuf un 23 mars en 2011 et il avait fallu attendre jusqu'au 10 avril en 2015.  Quand Spirit pondra-t-elle son premier œuf cette année? À suivre...



dimanche 12 mars 2017

Un (parfois 2) faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal

En janvier et en février j'ai pu observer à plusieurs reprises un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'hôpital Hôtel-Dieu de Montréal en fin de journée. Ce faucon est probablement Éole, dont la présence régulière a été documentée à l'église Saint-Jean-Baptiste pendant cette période. À une reprise, le 22 février, j'ai même pu observer 2 faucons pèlerins sur cette antenne. Malgré plusieurs tentatives d'observation les jours suivants, je n'ai plus réussi à revoir de faucon pèlerin  depuis cette date.

Tel qu'indiqué plus haut, ces observations sont clairement reliées à celles de faucons pèlerins à l'église Saint-Jean-Baptiste. Je commencerai donc à évoquer ces observations et à expliquer comment elles m'ont amené à l’Hôtel-Dieu. Par la suite je rendrai compte des observations à l’Hôtel-Dieu.


Éole et Eve à l'église Saint-Jean-Baptiste

Pour une deuxième année de suite, les faucons pèlerins Eve et Éole fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, voir cet article.

Éole est né à l'Université de Montréal en 2011 et s'est manifestement donné comme objectif d'avoir des bébés simultanément avec 2 femelles à 2 nids différents! Ces 2 nids sont ceux de l'Université de Montréal et de l'incinérateur des Carrières/église Saint-Marc. Jusqu'à présent il a seulement réussi à avoir des petits sur le deuxième site (4 en 2015, 2 en 2016); cependant il aurait probablement réussi à en avoir aussi à l'Université de Montréal l'an dernier si les attaques répétées d'un autre couple de faucon pèlerin n'avaient pas fait échouer la nidification. Ses 2 femelles sont Spirit à l'Université de Montréal (Spirit est aussi sa mère...) et Eve à l'Incinérateur des Carrières. Cette dernière est selon toute vraisemblance la femelle faucon pèlerin qui fréquente l'église Saint-Jean-Baptiste (contrairement à Éole, ce faucon n'est pas bagué).

Identification d'Éole à l'église Saint-Jean-Baptiste, 4 février 2017
Éole visitait Eve à plusieurs moments dans la journée, mais plus particulièrement en fin d'après-midi. Lorsqu'il quittait au coucher du soleil, il partait souvent dans l'axe de la rue Drolet en direction sud mais en observant plus attentivement j'ai remarqué qu'après quelques centaines de mètres il virait, vers le Mont-Royal. 

Le 20 janvier à 15h50, j'étais à l'église Saint-Jean-Baptiste. Aucun faucon n'était présent. À 16h20, un faucon pèlerin passe au-dessus de l'église en volant en ligne droite, en diagonale par rapport au réseau des rues. Comme il n'était pas de retour après quelques minutes, je décide de marcher dans la direction où il avait disparu. C'est comme cela que j'ai découvert un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'Hôtel-Dieu.

Avant de décrire mes observations à l’Hôtel-Dieu, un mot sur mes observations les plus récentes à l'église Saint-Jean-Baptiste. Eve fréquente toujours l'église Saint-Jean-Baptiste (dernière observation le 10 mars), en revanche ma dernière observation d'une visite d'Éole en fin de journée remonte au 17 février.

Un faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal 

Le 20 janvier donc, après avoir observé un faucon pèlerin survoler l'église Saint-Jean-Baptiste et s'éloigner approximativement vers l’Hôtel-Dieu, je remarque un faucon pèlerin sur l'antenne principale de cet hôpital. Il était alors 16h30.

Faucon pèlerin sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 20 janvier 2017

Le faucon s'est envolé à 17h (soit environ 15 minutes après le coucher du soleil). Je l'ai perdu immédiatement de vue derrière un bâtiment. Compte tenu de l'heure, il était alors envisageable que le faucon avait rejoint son perchoir de nuit quelque part à l’Hôtel-Dieu.

Le lendemain, le faucon est de nouveau sur l'antenne. Je me place de façon à pouvoir voir dans la direction où le faucon avait quitté la veille. À ma grande surprise, le faucon a traversé l'avenue des Pins et ne semblait pas prêt de s'arrêter!

Compte tenu de mon emploi de temps, ce n'est que le 29 janvier que je peux à nouveau tenter ma chance. Le faucon est arrivé vers 16h32, venant d'une direction compatible avec celle de l'église Saint-Jean-Baptiste. Je décide de me rendre de l'autre côté de l'avenue des Pins, sur la rue Basset. Le faucon a quitté l'antenne environ 25 minutes après le coucher du soleil et s'est éloigné quasi-perpendiculairement à l'avenue des Pins, très légèrement en direction de l'avenue du Parc.

Le 4 février, dans ce qui allait devenir ma dernière occasion de tenter de découvrir où le faucon s'en allait, j'ai remarqué à nouveau le léger biais dans sa direction de départ vers la rue Sainte-Famille. Il a dépassé la petite rue qui se trouve immédiatement au sud-est de l'avenue des Pins (la rue Basset, d'après Google Map).  

J'ai en revanche échoué à voir le faucon sur l'antenne le 3 février entre 16h45 et 17h30, ainsi que les 12, 14, 15, 17, 20 et 28 février.  En particulier le 17 février j'ai vu Éole quitter l'église Saint-Jean-Baptiste à 17h20 approximativement en direction de l’Hôtel-Dieu mais quand je suis arrivé à un endroit d'où je pouvais voir l'antenne de l'Hôtel-Dieu 10 minutes plus tard, le faucon n'y était pas. 3 rapides passages devant l'Hôtel-Dieu  les 3, 7 et 10 mars ne m'ont pas non plus permis de voir le faucon. En revanche le 22 février, j'ai pu observer 2 faucons sur l'antenne!


2 faucons pèlerins à l’Hôtel-Dieu le 22 février

Cette observation est de nouveau étroitement liée à une observation faite à l'église Saint-Jean-Baptiste. À 16h40 je remarque un faucon perché sur la croix d'un clocher de cette église. J'ignore si c'était Éole ou Eve, mais dans l'éventualité où c'était Éole, je m'empresse d'aller à l'Hôtel-Dieu.

À 17h10, un premier faucon pèlerin se pose tout en haut de l'antenne de l'Hôtel-Dieu. Mais surprise: il ne venait pas de la direction de l'église Saint-Jean-Baptiste mais plutôt du Parc Jeanne-Mance! Moins de 2 minutes plus tard, un 2ième faucon pèlerin arrive, cette fois-ci d'une direction compatible avec l'église Saint-Jean-Baptiste, et se perche lui aussi sur l'antenne mais un peu plus bas.

2 faucons pèlerins sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 22 février 2017
Le dernier arrivé a quitté le premier à 17h23. Malheureusement, à supposer que celui qui restait était Éole, je n'ai pas réussi à obtenir davantage d'information sur sa destination: j'ai constaté sa disparition à 17h26.

À 17h40, un faucon se trouvait à la base du toit de l'église Saint-Jean-Baptiste.

L'hypothèse que je privilégie est que c'était Eve qui était perchée sur la croix du clocher de l'église Saint-Jean-Baptiste à 16h40 et que le premier faucon à venir se percher sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu était Éole. Eve l'aurait alors rejoint.

 

Conclusion et appel à témoignage

Si c'est bien Éole qui fréquentait l'antenne de l'Hôtel-Dieu - ce dont je suis persuadé - l’Hôtel-Dieu devient à ma connaissance l'endroit le plus au sud-est où sa présence aura été notée. Cet endroit sera certainement un jour battu étant donné que le faucon franchissait l'avenue des Pins. D'après Google Map, l'Hôtel-Dieu est situé à un peu plus de 3km de l'Université de Montréal, à environ 800 mètres de l'église Saint-Jean-Baptiste, à 2,60km de l'Incinérateur des Carrières et à un peu plus de 4kms de l'église Saint-Marc.On peut aussi noter que l’Hôtel-Dieu est situé à 1,25km du campus McGill où des observations d'un faucon pèlerin ont été rapportés le 10 et le 11 janvier; cette distance de 1,25km sera diminuée lorsqu'on découvrira où le faucon se rendait lorsqu'il quittait l’Hôtel-Dieu.

Compte tenu de l'heure à laquelle le faucon quittait l’Hôtel-Dieu, sa destination est probablement l'endroit où il passe la nuit. Découvrir cet endroit est intéressant à plusieurs titres: pour mieux connaitre les endroits utilisés par les faucons pèlerins pour dormir en ville, pour tenter de vérifier que le faucon est toujours vivant après qu'il ait disparu des endroits où on l'observe habituellement de jour, et finalement parce qu'Éole est un de mes suspects pour le fameux 'faucon pervers' de l'Université de Montréal. À noter que si ce perchoir de nuit est identifié et que sa divulgation pourrait occasionner un dérangement humain, l'endroit ne sera pas divulgué publiquement sur ce site tant qu'il sera utilisé. Ce genre de situation s'était déjà présenté avec un jeune faucon pèlerin qui utilisait pour dormir un perchoir sous la fenêtre d'une pièce utilisée par des humains, voir cet article.

Le fait que le faucon ne semble plus fréquenter l’antenne de l'Hôtel-Dieu aux heures habituelles pourrait suggérer que ce perchoir était utilisé en connexion avec ses visites à l'église Saint-Jean-Baptiste. Il serait logique que ces visites aient diminué ou aient cessé ces dernières semaines puisque Éole devrait en principe se concentrer sur sa nidification à l'Université de Montréal. L'an dernier, des accouplements avaient été observés là-bas à partir du 12 mars et le premier œuf avait été pondu le 29 mars. Il est possible aussi que des visites continuent à l'Hôtel-Dieu mais à d'autres moments. Dans tous les cas, il est très probable que le faucon utilisera à nouveau cette antenne un jour. Je lance donc un appel à témoignage:

Appel à témoignage: si vous apercevez le faucon pèlerin sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu ou sur un autre perchoir à proximité, merci de m'en faire part. Vous pouvez m'envoyer un courriel, laisser un mot sur ma page Facebook, commenter cet article de blogue ou signaler votre observation sur eBird




 






















vendredi 3 mars 2017

Début des accouplements à l'Échangeur Turcot dans un contexte de grande incertitude

Les faucons pèlerins Algo et Polly ont commencé à s'accoupler à l'Échangeur Turcot alors que les différents endroits où ils pourraient nicher sur la structure de l'Échangeur ont été obstrués en raison des travaux de reconstruction/démolition de cet ouvrage.

Cet article est organisé de la façon suivante. Je commence par rappeler brièvement qui sont Algo et Polly, ainsi que le contexte des travaux majeurs de l'Échangeur Turcot qui les prive de leur endroit habituel où nicher. Je fais aussi état, dans cette première section, de solutions de remplacement qui ont été mis en œuvre par le consortium KPH Turcot en collaboration avec le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour faciliter la transition aux faucons pèlerins (installation de nichoirs à proximité). Une deuxième section est consacrée aux accouplements qui ont été observés ces derniers jours.  Finalement la dernière section est consacrée aux efforts des faucons pour trouver où nicher.


Algo, Polly et la reconstruction de l'Échangeur Turcot

Algo et Polly sont les 2 premiers faucons pèlerins à être nés dans le nichoir de l'Université de Montréal en 2009. Au printemps 2011, le frère et la sœur causaient la surprise en formant un couple à l'Échangeur Turcot. Un premier fauconneau est né l'année suivante, malheureusement décédé avant d'effectuer son premier vol. Le premier fauconneau à quitter le nid situé sur un des piliers qui bordent le canal Lachine est une jeune femelle nommée Samantha, en 2014. En 2015, 2 autres fauconneaux l'ont imité, puis 2 autres en 2016.

Parallèlement, début 2015, débutaient les travaux d'un ambitieux projet - confié au consortium KPH Turcot - visant à démolir l'échangeur Turcot et à simultanément le remplacer par un nouvel échangeur (pour plus d'informations, consultez le site officiel du projet ou encore cette description du projet). Comme plusieurs familles Montréalaises, les faucons pèlerins devaient déménager.

On pourrait penser qu'il suffirait de capturer les faucons et de les relâcher ailleurs. Mais c'aurait été courir le risque de les voir revenir; après tout certains faucons pèlerins parcourent des milliers de kms lors de leur migration! En outre, le faucon pèlerin étant une espèce protégée, il fallait trouver une solution la moins dérangeante possible.

La solution qui a manifestement été retenue - et que j'appuie sans réserve - consiste à obstruer les cavités où les faucons pèlerins pourraient nicher tout en installant à proximité des nichoirs susceptibles d'être utilisés par le couple. Les obstructions ont commencé dès l'automne 2015 du côté de la rue Saint-Patrick, avec comme effet un retour des faucons à leur nid du côté du canal en 2016. D'autres cavités et corniches ont été obstruées durant l'automne 2016. Cependant mon article de décembre où j’annonçais que les faucons avaient été expropriés était prématuré: de nombreux endroits leur étaient encore accessibles sur la structure jusqu'au moins au 13 janvier. À ma visite suivante le 24 février ces endroits avaient été obstrués.

Parallèlement, au moins 2 nichoirs ont été installés dans le secteur:
  • À l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul, situé au 1734 rue de l'Église.
    La première mention de ce nichoir remonte au 8 août 2016 via une vidéo de Richard Dupuis qui montre les 2 faucons pèlerins perchés sur le clocher de l'église Saint-Paul, à quelques dizaines de mètres du nichoir. Cette publication Facebook d'octobre 2016 de l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul mentionne clairement que le nichoir a été installé dans le cadre d'un partenariat avec  KPH Turcot. 

  • Sur la cheminée du Centre Gadbois.
    J'ai remarqué ce nichoir pour la première fois le 25 décembre 2016.

Il s'agit des 2 nichoirs dont j'ai connaissance au moment d'écrire cet article: il est tout à fait possible qu'il y en ait d'autres.


Début des accouplements

3 accouplements ont été observés entre le 24 et le 28 février par Robert Lussier et moi-même. À titre de comparaison, en 2013, un accouplement avait été observé le 22 février.

Vendredi 24 février 

Un accouplement a eu lieu sur l'ancien transformateur situé à l'arrière de Muzo peu avant midi. C'était la première fois que j'observais un accouplement à cet endroit.

Samedi 25 février

Un autre accouplement a été observé le lendemain à peu près à la même heure par Robert Lussier, voir la photo ci-dessous (merci à lui pour l'autorisation de la publier ici). Cette photo est également visible dans son album Facebook.

Accouplement du 25 février (crédit: Robert Lussier)

De ce que je comprends, le matériau noir sur lequel la femelle est juchée a pour but de décourager les faucons de se poser là ;-)

Mardi 28 février

Après avoir échoué à en observer un la veille, j'ai été un peu plus chanceux ce mardi 28 février. L'accouplement a eu lieu sur le toit de l'ancien usine vers 13h45.
 


À la recherche d'un nid

À l'Échangeur

Mes observations suggèrent que les faucons n'ont pas encore renoncé à nicher à l'Échangeur.

Régulièrement, l'un ou l'autre faucon vole en direction du nid de l'année dernière, et constatant que l'accès est toujours barré, fait demi-tour.

Avec l'obstruction intervenue entre mes visites du 13 janvier et du 24 février des cavités servant de garde-manger (et qui auraient pu servir de nid de remplacement), les faucons tentent davantage de se rendre à ces endroits, peut-être parce qu'ils ont été obstrués plus récemment. Ils n'hésitent pas à s'agripper au matériau utilisé pour boucher l'entrée, comme le montre la photo suivante:

Faucon tentant d'accéder à un des anciens garde-manger

Parallèlement à ces tentatives d'accéder à d'anciens endroits, les faucons semblent explorer de nouveaux endroits. La vidéo ci-dessous illustre en partie ce comportement.


Obstruer toutes les endroits susceptibles d'être utilisés comme nid n'est pas une mince affaire. Il suffirait que l'un d'eux ait été oublié pour que les faucons nichent à nouveau sous l'Échangeur. Que se passerait-il alors? Impossible à dire. Cela dépendra certainement de l'endroit que les faucons auront choisi et des travaux planifiés à proximité.

Ailleurs

Il est probable que les faucons explorent également d'autres endroits. Les 27 et 28 février, j'avais en effet de la difficulté à observer les 2 faucons ensemble à l'Échangeur. Algo venait régulièrement faire des tentatives d'accès aux anciens endroits qu'ils utilisaient dans le passé, alors que Polly était davantage absente. Et lors d'une de mes marches, alors que j'étais à l'écluse située en aval de l'Échangeur, j'ai été survolé par un des faucons qui s'en retournait à l'Échangeur.

Ce couple de faucon pèlerin a été observé à plusieurs reprises au Parc des Rapides, situé à plus de 3kms de l'Échangeur. Si Algo et Polly décidaient de déménager,  leur nouvelle demeure pourrait donc a priori être n'importe où dans un rayon de 3kms autour de l'Échangeur! En 2015, les faucons pèlerins Éole et Eve avaient ainsi déménagé à 1.6km de l'incinérateur des Carrières où s'étaient déroulés la plupart des accouplements.


Plus que quelques semaines

Le temps est compté pour les faucons. Ces deux dernières années, les premiers relais au nid annonciateur de la présence d’œufs ont en effet été observés le 26 mars. Cela faisait alors vraisemblablement plusieurs jours que la ponte avait commencé. Certes Polly pourrait pondre plus tard cette année si le couple rencontrait des difficultés à trouver un nid, mais les prochaines semaines seront certainement cruciales. 

mardi 24 janvier 2017

Retour des faucons pèlerins à l'église St-Jean-Baptiste

Comme l'an dernier à pareille date, 2 faucons pèlerins fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, située à l'intersection des rues Drolet et Rachel, à Montréal. Il s'agit probablement d'Eve et d'Éole, qui avaient été identifiés à cet endroit à l'hiver 2016 par Richard Dupuis.

Faucons pèlerins mâle et femelle à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017


Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 23/01/2017

 

Observations passées

D'après un message publié sur la liste d'envoi ornithologique ornitho-qc le 1er avril 2016, la présence de 2 faucons pèlerins à cette église avait été signalée à l'UQROP à l'hiver 2016. L'UQROP avait transmis l'information à Richard Dupuis qui a identifié les faucons comme étant le couple qui avait niché à l'église St-Marc en 2015, c'est-à-dire Eve (la femelle) et Éole (le mâle, né à l'Université de Montréal en 2011). D'après eBird, Richard Dupuis y a observé les faucons les 16, 17, 23 et 29 février, ainsi que le 3 mars, en matinée ou en début d'après-midi.

Après l'annonce par Richard Dupuis de ce nouveau site, j'ai observé à mon tour la présence d'un faucon pèlerin en fin de journée, qui suggérait que l'église était utilisée comme dortoir. Le 5 avril en fin de journée j'ai pu y voir 2 faucons pèlerins mais je n'ai pas réussi à voir si l'un d'eux était bagué (si c'était Éole, sa visite aurait suivi d'environ 1 heure la ponte du 3ième œuf par Spirit, sa femelle de l'Université de Montréal).
La fin de l'utilisation de l'église St-Jean-Baptiste comme dortoir semble avoir coïncidé avec le début de la nidification à l'Incinérateur des Carrières (faucon présent le 4 mai mais pas les 5 et 6 mai), ce qui appuie l'hypothèse que le faucon était Eve.

J'ai ensuite revu un faucon à cet endroit le 17 septembre par une fin d'après-midi pluvieuse, puis le 30 septembre, ainsi que les 1, 2, 5 et 9 octobre. En revanche aucun faucon n'était visible les 13, 19 et 23 octobre: ce qui suggérait que le faucon est allé dormir ailleurs. Ma dernière visite le 8 décembre ne m'a pas permis non plus de voir de faucon.

Le faucon pèlerin mâle de cet hiver est-il Éole?

Pour répondre à cette question hors de tout doute, il faut être capable de lire l'inscription sur sa bague de la patte gauche. En effet, en 2015 Eve a fréquenté pendant quelques jours un autre faucon pèlerin né à l'Université de Montréal, David. Or les inscriptions sur les bagues de ces 2 faucons sont pratiquement identiques: E89 et E83. Le défi est donc de distinguer à distance un 3 d'un 9 sur la patte d'un faucon qui le plus souvent n'est pas coopératif!

L'identification formelle du faucon pèlerin mâle reste donc à faire. Avis à ceux/celles qui possèdent un bon appareil photo et une dose de patience!

Mâle bagué à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Depuis l'automne dernier, Éole est régulièrement vu à l'Université de Montréal. Voici une photo d'une de ses dernières visites là-bas le 20 janvier à midi 33.
Éole à l'Université de Montréal, 20 janvier 2017 (crédit: Eve Belisle, http://www.ornithologie.ca/faucons/)


Détails des observations

La plupart de mes observations des 2 faucons ont été faites proche du coucher du soleil, mais lors de mon unique visite matinale le mâle est venu visiter la femelle à l'aube, avant le lever du soleil. En journée il m'est arrivé à quelques reprises de voir la femelle seule mais à une reprise j'ai vu arriver les 2 faucons ensemble un peu avant 15h.

Concernant les directions de déplacement, la femelle est partie plusieurs fois dans la direction du Parc Lafontaine lorsque je la voyais de jour. Le mâle se déplaçait le plus souvent vers le sud.


Observations du 15 janvier

Tout a commencé par une visite de routine en matinée, lors de laquelle j'ai eu la surprise de voir un faucon pèlerin non bagué sur l'église.


Elle a quitté peu avant midi en direction du parc Lafontaine. Après son départ,  j'ai compté pas moins de 5 restants de proie au sol (comme il y avait eu un important redoux quelques jours avant, certains restants de proie pouvaient dater de plusieurs semaines et avoir été conservé par la neige avant que celle-ci fonde).

Restant de proie, 15/01/2017

Un autre restant de proie, 15/01/2017

À mon retour à 16h20 la femelle était de nouveau présente. Le mâle est arrivé 3 minutes plus tard. La femelle a semblé le snober en rejoignant son perchoir de nuit bien avant le coucher du soleil.

Observations du 16 janvier

Le mâle est arrivé le premier à 16h30 et a appelé la femelle par de puissants tsioups. Celle-ci est arrivée à 16h39 de la direction du Parc Lafontaine et a immédiatement rejoint son perchoir de nuit. Le mâle était toujours à la base du toit à 17h10, soit plus de 30 minutes après le coucher du soleil.

Observations du 17 janvier

À mon arrivée à 16h14 un faucon mangeait à la base du toit. À 16h22 il rejoint un 2ième faucon dans la partie gauche de l'église. Le mâle a quitté au coucher du soleil alors que la femelle se plaçait pour la nuit.

Observations du 18 janvier

Ressemble beaucoup à la veille mais le mâle est resté un peu plus longtemps, jusqu'à 16h55.

Observations du 20 janvier

Mon unique observation matinale. À 7h05 la femelle est perchée sur la façade de l'église, du côté droit. À 7h15 le mâle arrive en criant. Les 2 faucons quittent à 7h36 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières. Une visite à cet endroit à 8h20 ne donne rien, mais un peu plus loin, depuis le métro Rosemont, j'observe pendant 1 heure, de 8h45 à  9h45, un faucon pèlerin perché sur le toit d'un immeuble de la rue de Gaspé.

Observations du 21 janvier

Une courte visite à partir de 11h me permet de constater que la femelle est présente à l'église St-Jean-Baptiste.

À 16h08 les 2 faucons sont présents, un sur la façade, l'autre sur une des croix. Le mâle a quitté vers 16h15.

Observations du 22 janvier

Aucun faucon n'est présent lors de mon passage à 10h45.

À 16h15 les 2 faucons sont perchés côte-à-côte du coté gauche de l'église (voir photo en début d'article). Le mâle a quitté à 16h54.

Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Observations du 23 janvier

J'ai précédé de quelques minutes l'arrivée des 2 faucons à 14h51. Un seul des 2 faucons s'est posé sur l'église dans un premier temps. Un faucon a mangé sous le toit entre 14h51 et 15h, puis le mâle a plumé une proie sur une corniche de l'église entre 15h et 15h20 sous les yeux de la femelle mais celle-ci n'a pas cherché à manger. Peu avant 16h un faucon - possiblement le mâle - a attrapé un pigeon à la hauteur de la rue St-Denis. Il a promené le pigeon pendant plusieurs minutes dans toutes les directions, poursuivi en partie par l'autre faucon. Finalement un des faucons a ramené la proie à la base du toit et s'est mis à manger. L'autre faucon a disparu. Je n'exclus pas la possibilité que c'est le mâle qui a attrapé la proie et qu'il y a eu transfert de la proie à la femelle en vol pendant une des nombreuses occasions où je les ai perdus de vue derrière des immeubles. Voir la vidéo au début de l'article pour quelques séquences filmées durant cette observation.




dimanche 1 janvier 2017

Faucons pèlerins de Montréal: retour sur l'année 2016

Comme pour 2014 et 2015 voici un retour sur les faits marquants de l'année 2016 pour les faucons pèlerins de Montréal que j'ai la chance de pouvoir observer.

L'année 2015 avait mis la barre très haute pour 2016, en termes de réussite reproductive des faucons pèlerins. Le tableau ci-dessous suggère que 2016, si elle n'a pas réussi à dépasser 2015, n'était pas si mauvaise. En réalité plusieurs bémols sont à apporter à ce tableau, qui font de 2016 une mauvaise année pour les faucons pèlerins.

Comparaison du nombre de fauconneaux à l'envol entre 2015 et 2016
Nid 2015 2016
Université de Montréal 3 (+1) 0
Échangeur Turcot 2 2
Incinérateur des Carrières/église Saint-Marc 4 2 (+1)
Tour de la Bourse ≥ 1 ≥ 4
Pont Champlain ≥ 2 ≥ 2
Total ≥ 12 (+1) ≥ 10

Le tableau ci-dessus donne une vision trop rose de ce qui s'est passé en 2016 pour plusieurs raisons.  D'abord une attention particulière a été apportée à la Tour de la Bourse en 2016 dans le contexte de l'inventaire quinquennal des faucons pèlerins, ce qui explique l'augmentation de 3 fauconneaux sur ce site. Ensuite comme en 2015, une opération d'adoption a été effectuée par l'UQROP, cette fois-ci à l'Incinérateur des Carrières. Mais contrairement à 2015, ce fauconneau relâché a été trouvé blessé à Montréal et a donc possiblement déjà été comptabilisé (en particulier s'il est né sur la Tour de la Bourse).   Et finalement sur les 2 fauconneaux qui se sont envolés de l'Échangeur Turcot, l'un a été trouvé mort quelques semaines après l'envol et le 2ième est également présumé mort (disparition le lendemain de l'envol).


De 2016, on retiendra tout particulièrement
  • les batailles territoriales à l'Université de Montréal qui ont conduit à l'échec de la nidification sur ce site;
  • une première nidification réussie à l'Incinérateur des Carrières, qui plus est à quelques mètres d'une famille de corbeaux qui a également réussi sa nidification;
  • Les progrès d'Éole dans sa tentative d'avoir des bébés avec 2 femelles différentes durant la même saison;
  • la découverte d'un nouveau couple de faucons pèlerins sous le pont Viau;
et plusieurs autres choses.

Voyons cela plus en détails.


Crédits:  cet article est basé sur mes observations mais aussi sur les observations d'autres personnes, des observations qui ont été partagées le plus souvent via la page Facebook Faucons de l'UdeM d'Eve Belisle et de Richard Dupuis ou via eBird. Ces personnes incluent en particulier M. et Mme Robert, Julie Olivier-Vaillancourt, Christian Fritschi, Robert Lussier et Daniel Toro. Je remercie également les gens de l'Incinérateur des Carrières - en particulier M. Brunetta pour leur aide.


Université de Montréal: échec de la nidification suite à des batailles territoriales

À l'automne 2015, comme les automnes précédents, Éole était revenu à l'Université de Montréal. Mais cette fois-ci pour la première fois, sa femelle de l'Incinérateur des Carrières (Eve) était également observée à l'Université de Montréal, ce qui laissait craindre le pire pour Spirit, vieillissante et qui avait perdu en 2014 son compagnon de longue date Roger.

Ponte de 4 œufs

Cependant à la fin mars, ces craintes semblaient non fondées alors que Spirit était toujours en contrôle de l'Université de Montréal. Elle a pondu 4 œufs du 31 mars au 8 avril. Cette fois-ci la paternité d'Éole ne faisait aucun doute, et autre différence avec 2015, Éole semblait prendre au sérieux son rôle de futur père, en relayant régulièrement Spirit sur les œufs (rappelons qu'en 2015 il avait quitté l'Université de Montréal avant même la ponte du premier œuf).  Est-ce que cela signifie qu'Éole n'a jamais rencontré Eve durant cette période? Pas nécessairement: des soupçons pèsent sur lui en particulier pour le soir du 5 avril à l'église St-Jean-Baptiste ainsi que 2 semaines avant la ponte, le 13 mars à l'Incinérateur des Carrières.

Les attaques

Tout bascule le 17 avril lorsqu'un couple de faucons pèlerins attaque l'Université de Montréal. Ce soir-là j'ai notamment vu 2 femelles chuter vers le sol après s'être accroché par les pattes... Le lendemain matin Spirit est revenu au nichoir avec une blessure au bec. À en juger par les absences des adultes au nid, des incidents ont continué à se produire les jours suivants. Ces incidents connaissent une hausse à partir du 27 avril: Éole est blessé à son tour et Spirit boite fortement. Le 1er mai, Éole disparait de l'Université de Montréal, remplacé par un nouveau mâle non bagué, surnommé Bret. Le 3 mai, Éole est retrouvé à l'Incinérateur des Carrières, où en compagnie d'Eve il attaque un couple de corbeaux nicheurs qui s'est établi à quelques mètres de l'endroit convoité par les faucons (plus précisément Éole n'a été formellement identifié que le 6 mai par une photo de Julie Olivier-Vaillancourt mais rien n'indique qu'il y ait eu un changement de mâle entre ces 3 jours). C'est également le 3 mai que Spirit recommence à s'accoupler avec Bret, le nouveau mâle. Les 4 œufs - qui n'avaient plus aucune chance d'éclore ayant été laissé seuls trop longtemps - ont été retirés le 9 mai en prévision d'une possible nouvelle ponte de Spirit, qui ne s'est finalement pas produite. C'était la première fois depuis 2009 qu'il n'y avait pas de naissance à l'université de Montréal alors que le nichoir était en place (en 2012, le nichoir avait du être retiré pour cause de travaux sur la tour). J'aborde plus en détails la période du 16 avril au 3 mai dans cet article et j'examine dans cet autre article l'hypothèse qu'Eve ait fait partie des attaquants.

L'après

Spirit et le nouveau mâle se sont accouplés jusqu'à au moins le 26 mai.  Cependant rien dans le comportement de Spirit les jours et les semaines qui ont suivi ne laisse penser qu'il y a pu avoir une nouvelle ponte.

Eole a eu 2 bébés à l'Incinérateur des Carrières (voir plus bas). Il n'a pas attendu que ceux-ci s'émancipent pour retourner à l'Université de Montréal auprès de Spirit. Dès la mi-juillet on pouvait le voir à nouveau dans le nichoir de l'Université de Montréal, comme le montre cette vidéo de Faucons de l'UdeM. Ce jour-là, Brett (le nouveau mâle) a également été vu; à ma connaissance c'était la dernière fois. Les visites d'Éole sont très vite redevenues quotidiennes.

Le 5 novembre, Spirit  et Éole ont offert tout un spectacle en attrapant une colombe et en commençant à la manger à une hauteur inhabituellement basse, plus de détails ici.

Pour en savoir plus:



Incinérateur des Carrières: une première nidification réussie!

Après un échec en 2014 (en 2015 ils avaient niché ailleurs), les faucons pèlerins Eve et Éole ont réussi à produire 2 fauconneaux à l'Incinérateur des Carrières. Une première réussite qui est remarquable pour au moins 2 autres raisons: la nidification a été exceptionnellement tardive et elle a eu lieu à quelques mètres d'un nid de corbeaux qui ont aussi réussi leur nidification.

Prélude: janvier à avril 2016

C'est le 21 février que j'ai observé pour la première fois de l'année 2 faucons pèlerins à l'Incinérateur des Carrières. La femelle était probablement Eve, mais qui était le mâle ? Son comportement suggérait que ce n'était pas Éole mais c'est tout ce qu'on peut dire. En revanche le 13 mars, il est très probable que le faucon bagué aux 2 pattes qui a eu une courte mais intense discussion avec un autre faucon pèlerin était Éole.

Le 26 mars, grosse surprise alors que j'observe un couple de grand corbeau occupé à terminer un nid à relative faible hauteur sur la cheminée Est!.

Les faucons pèlerins n'ont pas quitté le site pour autant: le 27 mars en après-midi, j'observe un faucon pèlerin qui semble essayer d'attirer un autre faucon pèlerin sur les cheminées. Le 16 avril, un mâle (non bagué aux 2 pattes) ose cette fois-ci se poser sur une des cheminées. La femelle (Eve) se rend alors au nid de 2014 et par ses cris, semble encourager le mâle à l'y rejoindre. Celui-ci regarde tour à tour la femelle qui l'appelle et, tout près,  les corbeaux (qui ont maintenant des petits) qui grondent. Le mâle n'a jamais rejoint la femelle au nid; la femelle a fini par quitter en direction du Parc Laurier, immédiatement suivie par le mâle.

Une autre rencontre le lendemain entre 2 faucons pèlerins à l'Incinérateur des Carrières a été rapportée sur eBird par Paul Fortin, juste quelques heures avant que 2 faucons pèlerins attaquent l'Université de Montréal.
La guerre qui commence à l'Université de Montréal a pour effet de réduire le temps d'observation à l'incinérateur des Carrières. De courtes visites les 20, 21, 25, 27 et 28 avril ne me permettent pas de voir de faucon pèlerin à l'Incinérateur. Cependant les 23 et 29 avril, un faucon pèlerin solitaire est observé à l'Incinérateur des Carrières par Sandy.

En plus de l'Incinérateur des Carrières, Eve fréquente plusieurs autres endroits. Un de ces endroits a été découvert en ce début d'années 2016 et signalé à l'UQROP qui a transmis l'information à Richard Dupuis: il s'agit de l'église Saint-Jean-Baptiste. Cet endroit sert de dortoir à Eve ainsi que de lieu de rencontre entre elle et Éole.  À partir d'avril, j'ai pu moi-même y observer Eve et, à une reprise, une rencontre entre elle et un autre faucon malheureusement non identifié (plus de détails ici). Deux autres endroits fréquentés par Eve, qui sont connus depuis l'an dernier, sont l'église Saint-Michel-Archange et l'église Sainte-Madeleine d'Outremont. Le 21 avril en début de soirée, j'observe 2 faucons pèlerins à l'église Saint-Michel-Archange. Les observations de faucon pèlerins à ces endroits pendant la deuxième moitié d'avril sont énumérées dans cet article.

Accouplements d'Eve et d'Éole et attaques contre les corbeaux

Le 1er mai, suite aux batailles de l'Université de Montréal, Éole (qui est blessé au dos) est remplacé par un nouveau mâle. Très sceptique par rapport à l'idée qu'Éole soit retourné à l'Incinérateur des Carrières, je décide d'y faire néanmoins une courte visite le 3 mai. À ma grande surprise, j'y trouve 2 faucons pèlerins en train d'attaquer sans répit le couple de grand corbeau! Le faucon pèlerin mâle est bagué, et en prime j'assiste à un accouplement entre les 2 faucons. La confirmation que le mâle est bien Éole viendra le 7 mai via une photo prise Julie-Olivier Vaillancourt qui montre clairement l'inscription sur la bague.

De la ponte à la première apparition des fauconneaux

Au fil des jours, les attaques sur les corbeaux deviennent moins intenses alors que dans le même temps les accouplements augmententLe 26 mai je conclus à une présence très probable d’œufs et je fixe au 21 juin le début de la période où des naissances pourraient avoir lieu.

Commençait alors une longue période d'attente. Ces faucons avaient échoué en 2014 après plusieurs semaines de couvaison: connaitraient-ils le même sort cette année? Est-ce que le dérangement humain ou une éventuelle prédation par les corbeaux pourraient-ils faire échouer la nidification? Compte tenu du caractère hors de l'ordinaire de cette nidification (qui était exceptionnellement tardive et très proche d'un nid de corbeaux), j'ai suivi de près ce site, aidé par M. et Mme Robert qui se promenaient régulièrement sur la piste cyclable et qui m'informaient de leurs observations.

C'est finalement le dimanche 26 juin que j'ai observé les premiers signes suggérant que des naissances avaient eu lieu. En 2015, les naissances pour ce même couple avait été estimée au 3 ou 4 juin, et il s'agissait déjà alors d'une nidification tardive. Le couple a donc repoussé de plus de 3 semaines son précédent record!

Dans les jours qui ont suivi, la nourriture a continué d'entrer régulièrement au nid. Cet article relate certaines observations faites durant cette période, incluant une possible visite d'un 3ième adulte et un petit accident (chute) d'un adulte... À peine cet article était-il publié que je réussissais à observer pour la première fois 2 fauconneaux!
Premier regard sur les fauconneaux - 14 juillet 2016

 

28 juillet: un fauconneau chute du nid

La 3ième semaine des fauconneaux se passe sans incident majeur. Cet article relate certaines observations faites durant cette période.

Mais le 28 juillet, à mon arrivée sur la piste cyclable, je remarque des employés au pied d'une des cheminées qui montrent tantôt le nid, tantôt quelque chose au sol. Je devine ce qui se passe: un fauconneau est au sol, vraisemblablement suite à une chute (le temps du premier vol n'était pas encore arrivé). Il était environ 7h30. Les gens de l'incinérateur ont averti les agents de la faune de la situation; de mon côté j'ai laissé un message à Eve Belisle et Richard Dupuis de Faucons de l'UdeM. Après avoir obtenu les permissions nécessaires, ceux-ci sont venus chercher le fauconneau - qui semblait blesser à une patte - vers 11h, pour l'acheminer à la Clinique des Oiseaux de Proie. J'ai ainsi eu le privilège de rester avec le fauconneau pendant près de 3h30, les gens de l'incinérateur m'ayant aimablement permis de rester sur leur terrain.

Un des fauconneaux de l'Incinérateur après sa chute du nid, 28 juillet

D'autres photos sont visibles dans cet album Facebook. Voir aussi  mon article de blogue.
Le fauconneau sera finalement relâché dans les environs de l'incinérateur des Carrières le 25 août, après qu'il ait été soigné et ait suivi des leçons de vol données par un couple de faucons pèlerins adoptifs, voir plus bas.

Premiers jours hors du nid pour le 2ième fauconneau

Le 2ième fauconneau, surnommé 'Gus',  a quitté le nid quelque part entre le matin du 31 juillet et le matin du 1er août. Après qu'il eut été retrouvé en début d'après-midi du 1er août sur les terrains de l'Incinérateur, il a été surveillé par différentes personnes (Sandy, Richard Dupuis, Christian Fritschi, les gens de l'incinérateur et moi-même) jusqu'en début d'après-midi le lendemain. Le matin du 2 août, à notre grand désarroi,  il observait de très près les manœuvres des véhicules sur le terrain de l'incinérateur (le terrain de l'incinérateur est utilisé par la ville de Montréal pour, entre autres, stocker différents matériaux tels que du sable, du gravier, etc qui doivent être périodiquement chargés sur des camions).  Notre anxiété a atteint un sommet lorsque nous avons vu le fauconneau perché sur la benne arrière d'un camion qui quittait l'Incinérateur... Heureusement il avait eu le réflexe de sauter, sans cela dieu sait où il aurait abouti! Il s'était par la suite assagi. Pensant qu'il resterait tranquille pendant la période la plus chaude de la journée, la surveillance a été suspendue pendant quelques heures durant l'après-midi. Le fauconneau en a évidemment profité pour disparaitre! 

Il a été repéré le lendemain matin sur la rue Saint-Grégoire (de l'autre côté des voies ferrées) par un résidant du quartier, Adam Jones, qui a signalé sa découverte sur Facebook. La nouvelle est remontée jusqu'à moi par l'intermédiaire des Roberts. Le 4 août vers midi, alors qu'il était surveillé par Richard Dupuis et Christian Fritischi, le fauconneau est retourné de lui-même à l'Incinérateur où il a été chaleureusement accueilli par ses parents.

Cet article contient un récit plus complet de ces 4 jours.


Relâche du fauconneau soigné à l'UQROP

Le contenu de cette section est développé plus en détails dans cet article.

Le fauconneau mâle qui avait chuté du nid le 28 juillet puis été soigné et réhabilité à l'UQROP a été relâché le 25 août au parc Laurier, en compagnie d'une jeune femelle recueillie au sol également le 28 juillet à Westmount. Puisque tout oiseau qui a été soigné à l'UQROP est systématiquement bagué, il était maintenant possible de distinguer les fauconneaux, par conséquent ils ont reçu un nom: Zigor pour le mâle et Anna pour la femelle. Après leur relâche, Zigor et Anna ont tous les deux foncé vers l'incinérateur, où se trouvait un adulte, vraisemblablement Éole. Zigor a été aperçu par M. Robert - qui se trouvait avec moi sur la piste cyclable derrière l'incinérateur -  alors qu'il s'éloignait vers l'avenue Papineau.

Malgré plusieurs efforts, il n'a pas été possible de revoir hors de tout doute Zigor et Anna, et ainsi confirmer que les 2 jeunes avaient été adoptés par Éole et Eve. Ceci pourrait s'expliquer en partie par le fait que Zigor et Anna semblaient maitriser parfaitement le vol (un faucon pèlerin adulte captif s'était chargé de le leur apprendre dans une volière de  l'UQROP) et par conséquent ils ont pu se disperser rapidement sur une plus grande surface. Cependant le 28 août il est très probable que Zigor a été observé à l'Incinérateur en compagnie d'Eve et d'Éole par les Roberts et moi-même. Un doute subsiste sur l'identité du fauconneau (Gus ou Zigor ?) puisque aucune de nos photos ne montre clairement une bague à la patte droite, mais le fauconneau a eu un comportement qui n'avait pas jamais été observé chez Gus depuis son envol: le fauconneau - qui criait beaucoup - est retourné au nid...  Plus de détails dans cet article.

Un juvénile à l'église Sainte-Madeleine d'Outremont

Cette église est située à côté du métro Outremont. Elle est connue pour servir de dortoir occassionnel à un faucon pèlerin depuis 2015. À mon arrivée à 18h40 le 27 août un faucon pèlerin est perché sur la croix du clocher. À 19h46, un juvénile arrive. Il alterne vol et perchage sur le clocher. À 19h49 il se saisit d'une proie à côté de lui (voir la vidéo, j'ignore si c'est lui qui a amené cette proie ou si elle était là avant son arrivée) et s'envole  en direction de l'église Saint-Michel-Archange à 19h51. À 20h05 alors que je discutais avec une résidente du quartier, des cris de juvénile se font entendre. 2 faucons sont de nouveau présents. L'un d'eux quitte alors que les cris du juvénile continuent à se faire entendre depuis le clocher. Le juvénile était toujours présent à 20h12 quand j'ai quitté. Se pourrait-il que le juvénile ait été amené à dormir à cet endroit par le 1er faucon ?



Le 29 août, le 3 septembre et le 21 septembre, un faucon pèlerin était présent sur le clocher en fin de journée. En revanche les 25, 29 et 30 septembre, aucun faucon n'y était visible après le coucher du soleil. Le 1er octobre toutefois, une silhouette était discernable à 20h15. Impossible de dire si c'était le juvénile ou si c'était un adulte. Ma dernière observation certaine d'un faucon pèlerin juvénile date du 5 septembre à l'incinérateur:
Faucon pèlerin juvénile à l'Incinérateur des Carrières, 5 septembre 2016, 8h14



Une année difficile à l'Échangeur Turcot

3 fauconneaux sont nés à l'Échangeur Turcot en 2016. Malheureusement 2 d'entre eux sont morts et le 3ième a disparu bien trop tôt pour être autonome et est donc probablement décédé lui aussi.

En raison de l'avancée des travaux de reconstruction de l'Échangeur Turcot, la corniche où les faucons ont niché en 2015 a été obstruée durant l'automne 2015. La corniche qui avait à plusieurs reprises abrité le nid, notamment en 2014, restait cependant accessible. Les faucons ont créé une certaine surprise en considérant nicher dans le nichoir installé à leur intention sur un pilier de Côte-Saint-Paul. Les premiers accouplements sont observés à partir du 6 mars, dont certains au nichoir.  Mais possiblement incommodés par la présence de neige dans le nichoir à la suite d'une dernière offensive de l'hiver, les faucons se sont repliés sur leur ancien nid.

3 naissances

Les premiers signes indirect de présence d’œuf sont observés le 29 mars. Le 5 mai un apport de nourriture au nid est observé, signe qu'il y a vraisemblablement eu une naissance.  La confirmation visuelle de 3 fauconneaux intervient une semaine plus tard.

Un premier décès

Le 4 juin, une vidéo de Robert Lussier montre Polly en train de déplacer le cadavre d'un des  fauconneaux. On ignore la cause de sa mort. C'est la 3ième année qu'un fauconneau meurt au nid.
(voir aussi cet article).

Premiers vols et disparition du mâle

Les 2 fauconneaux survivant sont un mâle (dénommé Monroe) et une femelle (dénommée Acacia).
Monroe effectue son premier vol le 17 juin et est vu pour la dernière fois le 18 juin à 12h30. Acacia s'envole à son tour le 19 juin.  Les premiers vols des 2 fauconneaux sont relatés dans cet article.

Décès de la jeune femelle

Le 7 juillet le cadavre d'un faucon pèlerin juvénile femelle est trouvé au sol à proximité du nid. Comme Acacia n'a plus été revue depuis cette date, il s'agissait presque certainement elle. Pour plus de détails, voir cet article.

Une visite le 17 juillet m'a permis de faire des observations intéressantes mais sans surprise je n'ai trouvé aucune trace de fauconneau.

Aménagements automnals en vue de la prochaine saison de nidification

Le nichoir de la rue Côte-Saint-Paul où les faucons avaient failli nicher en 2016 a été retiré le 8 septembre d'après la caméra du chantier. Quelques semaines plus tard la corniche où les faucons ont niché en 2016 a été obstruée, de même que d'autres endroits sur la structure de l'Échangeur susceptibles d'être utilisés par les faucons, voir cet article. Parallèlement 2 nouveaux nichoirs ont été installés à proximité.






Pont Champlain, une répétition de l'année précédente

Les faucons pèlerins du Pont Champlain ont utilisé le même nichoir qu'en 2015 et ont à nouveau eu 3 fauconneaux. Lors de ma visite du 10 juin j'ai pu apercevoir  les 3 fauconneaux au nichoir depuis la Rive Sud. Puis le 30 juin j'ai eu la chance d'assister à l'envol du dernier des 3 fauconneaux, toujours depuis la Rive Sud. Ce même jour, depuis cette fois-ci la piste cyclable de la Voie Maritime j'ai pu observer les interactions entre 2 fauconneaux. Pour plus de détails, incluant photos et vidéos, voir cet article.

Je n'ai vu aucun faucon (pas même des adultes) lors de ma visite suivante le 16 juillet. En revanche le 30 septembre les 2 adultes étaient très actifs et il m'a semblé entendre le cri d'un juvénile. J'y suis retourné les jours suivants afin de tenter de confirmer la présence d'un juvénile mais en vain. Mes observations durant ces visites automnales sont relatées dans cet article.

Lors de ma dernière visite de l'année  à  cet endroit le 17 novembre j'ai pu voir un faucon pèlerin: si ce faucon migrait il n'était donc pas encore parti. Concernant une éventuelle migration, mentionnons cette observation rapportée sur eBird d'un individu se toilettant sur le pont le 31 janvier 2016.


Tour de la Bourse: au moins 4 jeunes

<À venir>


Pont Viau

<À venir>


Cet article incomplet a été publié le 31 décembre 2017. Il sera complété lorsque le temps le permettra. 

Annexe: brèves (2016)

25 août: relâche dans le secteur de l'incinérateur des Carrières de 2 jeunes faucons pèlerins soignés à l'UQROP.
1er août: le fauconneau #2 de l'Incinérateur des Carrières quitte à son tour le nid. 3 jours plus tard il utilise les mêmes perchoirs sur les cheminées que ses parents.
28 juillet: un jeune faucon pélerin est trouvé au sol sur Sherbrooke ouest près de Claremont et est acheminé à l'UQROP.
28 juillet: chute d'un fauconneau à l'Incinérateur des Carrières. Le fauconneau, qui semblait blessé à une patte, a été amené à la Clinique des Oiseaux de Proie.
14 juillet: confirmation visuelle de 2 fauconneaux à l'Incinérateur des Carrières.
7 juillet: la jeune faucon pèlerin femelle de l'Échangeur Turcot est retrouvée morte.
26 juin: signes de naissance chez les faucons pélerins de l'Incinérateur des Carrières.
19 juin: premier vol pour le jeune faucon pèlerin femelle de l'Échangeur Turcot.
18 juin: premier vol pour 2 jeunes faucons pèlerins de la Tour de la Bourse.
17 juin: premier vol pour le jeune faucon pèlerin mâle de l'Échangeur Turcot.
4 juin: décès d'un fauconneau de l'Échangeur Turcot.
25 mai: confirmation indirecte de la présence d'oeuf(s) pour les faucons pélerins de l'Incinérateur des Carrières.
17 mai: confirmation indirecte de la présence de bébé(s) chez les faucons pèlerins de la Tour de la Bourse.
6 mai: identification du mâle de l'Incinérateur des Carriéres: c'est Éole!
5 mai: début des naissances chez les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot: au moins 3 fauconneaux.
3 mai: accouplement de faucons pèlerins à l'incinérateur des Carrières + multiples attaques sur un couple de grand corbeau.
3 mai: échec de la couvée de Spirit et Éole à l'Université de Montréal; reprise des accouplements avec le nouveau mâle.
1er mai: Éole est remplacé à l'Université de Montréal par un nouveau mâle non bagué.
17 avril: combat territorial à l'Université de Montréal contre un autre couple de faucon pèlerin.
1er avril: premier œuf pour les faucons pèlerins de l'Université de Montréal. Oeuf #2: 3 avril; œuf #3: 5 avril; œuf #4: 8 avril.
29 mars: annonce du début de la ponte chez les faucons pèlerins de l'échangeur Turcot par Faucons de l'UdeM.
29 mars: faucon pèlerin immature observé à l'Université de Montréal .
27 mars: première observation d'un faucon pèlerin intrus à l'échangeur Turcot.
26 mars: 2 grands corbeaux achèvent la construction d'un nid à l'incinérateur des Carrières. Observations d'un couple de faucons pèlerins le lendemain.
12 mars 2016: premières observations d'accouplements des faucons pèlerins Spirit et Éole à l'Université de Montréal.
6 mars 2016: début des accouplements des faucons pèlerins de l'échangeur Turcot.
3 février 2016: bref accouplement (ou tentative de) de 2 faucons pèlerins à l'Oratoire Saint-Joseph.