Le 6 juin je rapportais la présence d'au moins 2 fauconneaux dans un des nichoirs du Pont Champlain. J'y suis retourné le 11 juillet avec l'intention de faire un décompte plus précis. Mais à ma grande consternation le nichoir était vide! Je n'ai pas tardé à découvrir que j'avais juste mal estimé la date des premiers vols...
Observations du 11 juillet
La vidéo suivante a été filmée depuis la piste cyclable "La Riveraine" sur la Rive Sud. Les 3 faucons pèlerins étaient perchés sur le pont approximativement à la verticale du pilier de la piste cyclable de la Voie Maritime, à 600 mètres de là (un autre bon coup de mon Canon Powershot SX50 HS!). À cette distance, difficile de distinguer un adulte d'un juvénile. Cependant, basé sur le comportement, les 2 faucons sur la poutre sont presque à coup sur des juvéniles, tandis que le faucon perché sur la pointe est probablement un adulte. Un 4ième faucon, non visible sur la vidéo (probablement un adulte lui aussi) était perché plus loin, dans la direction de la Rive Sud.
Pour rejoindre cet endroit il fallait faire un détour par l'écluse Saint-Lambert, une marche de plus de 1 heure. Quand je suis arrivé sur place je n'ai réussi à voir qu'un seul faucon: c'était peut-être l'heure de la sieste... J'ai quitté vers 11h en me promettant de revenir.
Observations du 13 juillet
J'étais de retour le 13 juillet dès 7h du matin. J'ai tout de suite repéré un juvénile sur un perchoir habituellement utilisé par un adulte, approximativement à la verticale du pilier de la piste cyclable de la Voie Maritime.
Deux autres faucons, probablement les adultes, étaient perchés au-dessus du pilier suivant en direction de la Rive Sud (le pilier du nid).
À 7h33 il y a eu livraison d'un repas sur l'intersection de 2 poutres, au centre du pont, à la hauteur du pilier de la Voie Maritime. Au moins 2 juvéniles ont pris part au repas pendant qu'un adulte surveillait depuis un perchoir voisin.
La difficulté du premier vol
Ce n'était pas gagné d'avance pour les jeunes faucons pèlerins. D'abord il fallait éviter de faire une chute prématurée, toujours possible suite à une bousculade: en effet le fauconneau serait tombé à l'eau (quoique son cas n'aurait pas nécessairement été désespéré comme le montre cette histoire). Ensuite le pilier juste en face faisait l'objet de travaux sur toute sa hauteur (en tout cas lors de mes visites): ce n'était donc pas un terrain d'atterrissage d'urgence très indiqué. Le pilier suivant semblait plus accueillant, à condition toutefois de garder suffisamment de hauteur: ce pilier a en effet lui aussi les pieds dans le fleuve. La photo ci-dessous - prise depuis le côté Est du pont - donne une idée de la configuration des lieux (sur le pilier du nid, le nichoir est situé du côté de l'eau).
L'endroit où j'ai trouvé les fauconneaux (à droite du pilier du nid) suggère qu'ils ont fait un virage à 180 degrés. En faisant cela, ils pouvaient même - si nécessaire - atterrir sur une des 2 bandes de terre qui borde la Voie Maritime. Je ne serais pas étonné cependant que des renards fréquentent ces endroits.
Il est très probable que la nichée comptait plus que 2 fauconneaux (en particulier, le chiffre de 3 a circulé). Le fait que je n'ai vu que 2 fauconneaux soulève donc la question du sort du ou des autres. Mon impression est qu'il pourrait y avoir plus que 2 juvéniles actuellement sur le Pont Champlain. Cela restera éventuellement à confirmer par d'autres observations.
Cet article aborde les sujets suivants: l'imminence des premiers vols des fauconneaux; leur nombre (4 plutôt que 3) et la publication d'une photo prouvant que le couple de faucons était présent dès le 23 avril.
Compte tenu de la configuration des lieux, la marge de manœuvre pour les fauconneaux qui s'élanceront sera pas mal réduite. Il n'est donc pas impossible que un ou plusieurs fauconneaux se retrouvent à proximité des humains, de leurs animaux et de leurs voitures à l'issue de leur premier vol. Si une telle chose arrivait, voici quelques consignes.
4 fauconneaux
Le 24 juin j'avais pu compter 3 fauconneaux. Récemment Paul Fortin a remarqué qu'ils étaient 4. Voyez l'annonce sur la page Facebook des Faucons de l'UdeM.
On peut remarquer que le cadet a encore beaucoup de duvet, contrairement à ses ainés. Cette différence de développement est intrigante puisque chez les faucons pèlerins, les naissances tendent à être regroupées sur une relative courte période de temps. L'hypothèse d'une seconde ponte est exclue. Sur la page Facebook, Richard Dupuis a avancé 2 explications possibles: il y a pu avoir 5 œufs et le 4ième œuf n'a pas éclos, ce qui accentuerait la différence entre le dernier né et l'avant-dernier né; ou tout simplement un retard de développement chez le plus jeune. J'ajouterais qu'à San Francisco en 2010, il y aurait eu un écart inhabituel de 4 jours entre la ponte des 3ième et 4ième œufs et Charles Gregory, qui surveille les faucons pèlerins nichant à l'hôtel Sheraton de Hamilton, mentionne qu'il y a déjà eu des naissances là-bas qui se sont étendues sur une semaine entière: "Though they have surprised us in the past with a week-long gap between hatchings....". Il serait d'ailleurs intéressant de compiler ce genre de records.
Le couple de faucons pèlerins photographié à l'église Saint-Marc le 23 avril
Le 26 juin, Alexandra Belzile publiait sur Facebook une photo montrant les 2 faucons pèlerins sur le clocher Est de l'église Saint-Marc (voir aussi ici). Cette photo a été prise le 23 avril à 19h02 (je rappelle que le nid avait été découvert seulement le 13 mai). La photo d'Alexandra Belzile a le mérite de confirmer de façon très précise ce que certains résidents avaient déclaré, à savoir que la présence des faucons remontaient à 3 semaines environ avant la découverte du nid.
Il se trouve que j'avais fait des observations autour de cette date du 23 avril à l'Incinérateur des Carrières. Le 22 avril, soit la veille de la prise de la photo, un des adultes était occupé à tenter de déloger un faucon pèlerin intrus. La scène était très similaire à l'intrusion du 4 mai, au cours de laquelle j'avais pu identifier l'intrus comme étant un faucon pèlerin immature, apparemment femelle. S'il s'agissait bien du même intrus, on peut penser qu'il y a eu bien plus que 2 dérangements; après tout, je n'étais sur place qu'une faible partie du temps. Se pourrait-il que ces intrusions aient contribué à la décision des faucons de déménager de l'Incinérateur des Carrières à l'église Saint-Marc? Par ailleurs le 24 avril peu après 18h j'observais un accouplement à l'Incinérateur des Carrières et j'entendais les cris caractéristiques d'un deuxième accouplement. C'était la dernière fois que je voyais les 2 faucons ensemble à l'Incinérateur; cependant ma visite suivante n'a eu lieu que le 30 avril.
Le premier oeuf pondu entre le 25 et le 28 avril ?
Le 23 mai j'avais publié une prévision de la date d'éclosion à partir de ce qu'on pouvait dire de la ponte du premier oeuf et du début de la couvaison. Je vais maintenant utiliser la même approche avec les mêmes hypothèses pour tenter d'estimer la date de début de la couvaison ainsi que la date de la ponte du premier œuf à partir de la date d'éclosion présumée. Supposons donc que les éclosions ont commencé le 4 juin. En remontant 32 à 35 jours en arrière, on arrive à une estimation du début de la couvaison entre le 30 avril et le 3 mai. En supposant que la couvaison commence avec la ponte de l'avant-dernier œuf et qu'il s'écoule 55 heures entre la ponte de chaque œuf, on en déduit que le premier œuf aurait été pondu entre le 25 et le 28 avril. Rappelons que le 24 avril au soir, les 2 faucons pèlerins ont été vus à l'incinérateur des Carrières (accouplement): à moins de supposer qu'ils ont laissé un précieux œuf sans surveillance, il n'y avait donc pas encore d’œuf à l'église Saint-Marc.
Une jeune faucon pèlerin femelle, trouvée au sol à Trois-Rivières et dont les parents n'ont pas pu être retracés, a été relâchée le 8 juillet à l'Université de Montréal par l'UQROP en vue d'être adoptée par les faucons pèlerins de l'endroit, Arthurin et Spirit.
L'histoire de Marie
D'après Guy Fitzgerald, directeur de l'Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie (UQROP), la jeune femelle a été trouvée au sol le 23 juin près de la rue Lavoie à Trois-Rivières. Elle a été acheminée à l'UQROP le 26 juin, où il a été constaté que ses blessures étaient bénignes (quelques plumes de la queue brisées, qui ont été extraites pour faciliter la repousse des nouvelles).
Quand est venu le moment de la relâcher, un problème se posait: elle était bien trop jeune pour être autonome, en particulier pour la recherche de nourriture. Elle avait encore besoin de ses parents pour la nourrir et lui apprendre toute les facettes de la vie de faucon. Mais voilà: une recherche à Trois-Rivières via le club ornithologique local n'a pas permis de localiser sa famille.
Le docteur Guy Fitzgerald a alors décidé de recourir à une technique déjà utilisée avec succès dans le passé: relâcher l'oiseau dans le territoire d'une famille de faucons pèlerins en vue de son adoption par cette famille. Le choix s'est porté sur les faucons de l'Université de Montréal pour différentes raisons, la principale étant la proximité d'âge entre les juvéniles (à l'Université de Montréal Céleste avait été retrouvée en bas du nid 5 jours seulement après la juvénile de Trois-Rivières).
Le lâcher a été effectué le 8 juillet. La nouvelle a été rendue publique presque aussitôt, d'abord par un courriel de Guy Fitzgerald puis via le blogue d'Eve Belisle et la page Facebook des faucons de l'UdeM. Dans son courriel, Guy Fitzgerald incluait une photo d'une radiographie de la juvénile. Avec son autorisation, je reproduis partiellement cette photo (j'ai supprimé les données numériques de part et d'autres de l'image) puisqu'elle donne une vue inhabituelle de ce faucon, à l'allure presque humaine!
Radiographie de Marie (crédit photo: Guy Fitzgerald, CHUV-COP)
Le nom de la juvénile, Marie, a été choisi par les personnes qui l'ont secouru à Trois-Rivières.
Les premiers moments de Marie à l'Université de Montréal
Il se trouve que j'étais à l'Université de Montréal l'après-midi du 8 juillet pour suivre les progrès des juvéniles de l'UdM après leurs premiers vols.
La première chose qui sortait de l'ordinaire, c'est l'utilisation d'un nouveau perchoir par rapport aux jours précédents. En examinant plus attentivement la photo on peut par ailleurs remarquer la bague claire à la patte gauche (les 3 juvéniles nées à l'Université de Montréal ont toutes une bague noire à cette patte, avec inscrit dessus un code à 3 caractères). Autres différences par rapport aux jours précédents: les tentatives d'une juvénile de se poser sur la paroi verticale de la tour, une chose qui avait été observée les années précédentes mais pas cette année.
Ce que je n'ai pas observé est tout aussi intéressant: je n'ai remarqué ni comportement agressif des adultes, ni harcèlement de la part des autres juvéniles: Marie était donc tolérée sur le territoire dès les premières heures.
Il restait une étape importante à franchir: l'accès à la nourriture. Durant les jours suivants j'ai tenté sans succès de documenter un repas de Marie. Lorsqu'un adulte arrivait avec un repas, elle ne faisait pas partie du comité d'accueil en vol. Elle ne semblait pas non plus se joindre à un repas en cours. De façon générale, Marie semblait très réservée au début puis s'est peu à peu rapprochée.
Le 9 juillet vers 7h10, alors que le trio de l'UdM était réuni sur le toit de l'ancienne chapelle,
5 minutes plus tard, l'une des 3 s'est envolée, a survolé Marie et s'est posé sur le pavillon Jean-Coutu.
À 7h22, un adulte arrive avec un repas. Les 2 juvéniles restées sur l'ancienne chapelle partent à sa rencontre. Le repas est livré sur l'ancienne chapelle. Une des juvéniles mange pendant que l'autre surveille d'un perchoir plus haut.
À 7h39, Marie s'envole en direction de l'ancienne chapelle. Elle est prise en chasse par la juvénile qui veillait sur le repas de sa sœur. Marie se pose sur la petite tour.
À 7h58, Marie déloge cette même juvénile du toit de l'ancienne chapelle puis je perds les 2 oiseaux de vue.
À 9h Marie est de retour sur le toit de l'ancienne chapelle. Une juvénile se pose à ses côtés. Comme le montre la vidéo suivante, cela ne se passe pas trop mal entre les deux!
Vers 16h, Marie est surprise par la caméra d'Eve Belisle en compagnie cette fois-ci de 2 juvéniles: Luna et Céleste:
Marie et ses sœurs - 9/07/2015, 16h (vidéo d'Eve Belisle)
Bien qu'un repas semble s'être déroulé récemment à cet endroit (on voit
d'ailleurs Éclipse un peu plus loin qui continue de manger), rien
ne prouve que Marie a mangé. D'après les archives photo,
il semble qu'elle ait rejoint le groupe à 14h44mn17, groupe qui était
déjà présent à 13h52mn24 (entre ces 2 dates, un faucon se tenait au pied
de la croix sur le toit de l'ancienne chapelle, une place
que semble affectionner Marie). Cependant Eve Belisle m'a fait remarquer que le
jabot de Marie était plein, ce qui indiquait qu'elle avait mangé
récemment. Ceci réglait donc la question de l'accès à la nourriture et
confirmait que Marie avait bel et bien été adoptée.
À 20h, Marie s'est positionnée au pied de la croix sur le toit de l'ancienne chapelle, probablement pour la nuit. Elle avait déjà utilisée cette place la veille au soir.
En vrac
On peut se demander quel est l'incitatif pour les parents de prendre à leur charge un juvénile qui ne porte pas leurs gènes, au risque de possiblement nuire à leurs propres progénitures (moins de nourriture, moins de temps d'apprentissage, ...). Peut-être qu'il n'existe pas de mécanisme permettant à un adulte de reconnaitre ses propres enfants tout simplement puisqu'il est très invraisemblable qu'un enfant d'ailleurs apparaisse subitement au sein de la famille, en dehors de toute intervention humaine ? Et bien, contre toute attente, cette apparition d'un juvénile venu d'ailleurs a été documentée dans la nature! Cela s'est passé dans le Grand Nord Canadien, où la densité des nids est très grande: un juvénile âgé de 36 jours a franchi la distance séparant son nid de celui des voisins (536m) et y a été adopté pendant plusieurs jours, avant de finalement revenir chez lui.
Déjà l'an dernier un jeune faucon pèlerin avait été secouru à Trois-Rivières. Selon cet article, un jeune mâle avait été trouvée sous le pont Laviolette, apparemment abandonné par ses parents. Une autre approche avait alors été utilisée pour le réhabiliter: l'apprentissage par un fauconnier.
Le faucon pèlerin mâle juvénile de l'Échangeur Turcot, Achille, a été très discrètement relâché le vendredi 26 juin par Richard Dupuis après avoir été soigné par l'UQROP. Cet article se contente d'exposer les faits. Il ne faudra cependant pas être grand devin, à la lecture de cet article, pour deviner que je n'approuve pas l'ampleur du secret. Ce qui ne veut pas dire pour autant que je défends la transparence totale: en particulier il est compréhensible que la date et le lieu précis de la relâche n'aient pas été communiqués à l'avance, pour des raisons évidentes de tranquillité de l'oiseau.
Achille est le faucon pèlerin mâle né ce printemps à l'Échangeur Turcot. Le dimanche 14 juin au matin, lors de son 2ième jour hors du nid, il entrait en collision avec une vitre du Centre Gadbois. Bien qu'il semblait s'être relativement bien remis de son choc, le faucon a été transféré en après-midi à la Clinique des oiseaux de proie par précaution. Comme l'examen de l'oiseau a soulevé des inquiétudes quant à sa capacité à utiliser pleinement son aile gauche, le docteur Guy Fitzgerald a décidé de le garder en observation pendant quelques temps. Dans son courriel envoyé à Richard Dupuis et publié par Faucons de l'UdeM, il mentionnait 3 causes possibles pour le problème à l'aile gauche: une atteinte du système nerveux central, une atteinte des nerfs périphériques ou une entorse. De ces 3 causes, les 2 premières pouvaient impliquer que l'oiseau ne serait plus jamais en mesure de voler.
Sauf erreur, une réévaluation de l'état de santé d'Achille était prévue pour le début de la semaine suivante. À ma connaissance, aucune information n'a été publiée sur le résultat de cette évaluation sur la page Facebook des faucons de l'UdeM. Cependant, le soir du mardi 23 juin, Richard Dupuis écrivait ceci sur le forum Cybercol du Club Ornithologique de Longueuil:
un des juvénile (mâle) de Turcot à son 2ème vol
est rentré en collision avec une fenêtre du
centre Gadbois.
Résultats: visite et convalescence à la clinique
des oiseau de proie, il ne reviendra pas
à l,échangeur, il finira son éducation avec
un couple adoptif.
3 jours plus tard, le vendredi 26 juin, Achille était relâché dans le secteur de l'Échangeur Turcot. Une information que je n'ai apprise que bien plus tard (merci à mes sources pour la date de la relâche).
Le 2 juillet à ma grande surprise j'observais 4 faucons pèlerins dans le secteur du CUSM. À cause de la proximité avec l'Échangeur Turcot il était naturel de penser que 3 de ces faucons pèlerins étaient ceux de l'Échangeur Turcot, à savoir Algo (le père), Polly (la mère) et Amazone (la fille). Mais qui était le 4ième? Achille semblait exclu, compte tenu de ce que Richard Dupuis avait écrit sur Cybercol le 23 juin. Rentré chez moi, je lui envoyais cependant un courriel en lui demandant si par hasard Achille n'avait pas été secrètement relâché. C'est ainsi que le chat est sorti du sac.
Eve Belisle, actuellement en Australie et qui manifestement n'avait pas été informée, a immédiatement publié une mise à jour sur Facebook annonçant la relâche d'Achille et promettant plus de détails de la part de Richard Dupuis. Le compte rendu de Richard Dupuis a été publié le 4 juillet. Plusieurs informations importantes sont absentes, notamment la date de la relâche, la date de la réévaluation de l'état de santé d'Achille qui a conduit à la décision de le relâcher et le fait que son séjour à la clinique a été mis à profit pour le baguer.
En date de cet après-midi 6 juillet 2015, chacun des 3 faucons pèlerins juvéniles de l'Université de Montréal avait effectué un vrai vol au moins une fois (par "vrai vol", j'exclus un vol plané depuis le sommet de la Tour). La capacité de voler de Céleste était connue depuis le 2 juillet; cet après-midi j'ai pu voir Éclipse voler; et Luna avait fait un court vol hier.
Observations du 6 juillet
Peu avant 15h j'ai localisé 2 juvéniles sur une des façades de l'ancienne chapelle. J'ai pu identifier l'une d'elles comme étant Luna.
À 15h25, un adulte a apporté un repas. Après quelques minutes, la 3ième juvénile, qui se trouvait alors sur la Tour, est venu rejoindre les autres. La vidéo ci-dessous montre une partie de ce repas.
On remarque les cris d'alarme de l'adulte, qui pourraient être un avertissement à tout oiseau ou animal qui serait tenté de perturber le repas. Si vous ne souhaitez pas visionner toute la vidéo, voici quelques moments à ne pas manquer: à 1'21 l'adulte se fait chasser par une juvénile; à 2'29 arrivée de la 3ième juvénile; à 4'36 grosse bousculade ou cours de laquelle une juvénile se fait marcher dessus; à 4'55 une juvénile marche en direction de l'adulte qui préfère quitter.
Le repas suivant a lieu à 17h36, mais cette fois-ci en haut de la tour. Les juvéniles qui veulent manger doivent donc remonter sur la tour. C'est ce que feront Eclipse et Céleste.
Le 2 juillet, pour la première fois depuis sa découverte le 28 juin Céleste est retrouvée à un endroit qu'elle n'a pu atteindre qu'en volant. Et cet après-midi, les 3 fauconneaux étaient visibles sur la tour, ce qui prouve que Céleste a réussi à remonter.
2 juillet: évidence que Céleste a volé
Le 2 juillet, je cherche en vain Céleste à son endroit habituel où elle était encore la veille à 17h. Ce n'est qu'à 9h que je repère un fauconneau à un nouvel endroit, plus haut d'un étage et plus proche de la tour.
Se posait alors la question de savoir si un 2ième fauconneau avait quitté la tour ou si c'était Céleste qui avait volé. C'est finalement Jean-Sébastien Mayer et Paul Brunelle, qui ont tranché quasiment simultanément la question vers 11h en parvenant à distinguer le ruban de couleur noir qui caractérise Céleste, le premier en observant depuis un point de l'université où seul un employé a accès et le second en utilisant la caméra (voir les archives).
Une double-attaque
J'ouvre ici une parenthèse pour rapporter une observation que je n'avais jamais eu l'occasion de faire à l'Université de Montréal, à savoir une attaque conjointe des 2 adultes sur des pigeons. Ca s'est passé vers 10h35 le 2 juillet. J'observais depuis la pelouse située à côté de la centrale thermique. Un premier faucon pèlerin venant apparemment du cimetière a rabattu 3 pigeons vers la tour, pratiquement au-dessus de moi. J'ai pris conscience de ce qui se passait quand j'ai vu le 2ième faucon, qui était perché sur la tour, plonger approximativement dans ma direction... Tout s'est passé très vite. J'ai pu voir ensuite (et même filmer mais la qualité est trop mauvaise) un des faucons poursuivre un pigeon isolé au-dessus de l'ancienne chapelle. Quand je les ai perdu de vue, le pigeon avait une confortable avance et s'en est probablement sorti. J'ignore si le 2ième faucon a été plus chanceux. Un des faucons est revenu peu après sur son perchoir sur la tour, bredouille. Céleste était au première loge pour observer la scène.
3 juillet: les 3 fauconneaux réunis sur la tour
Vers 15h lors d'une courte visite j'ai pu constater que les 3 fauconneaux étaient réunis sur la façade "Polytechnique" de la tour, ce qui prouve que Céleste a réussi à remonter au niveau du nichoir, au 23ième étage de la tour.
À partir du moment où un fauconneau vole (dans le cas de Céleste, elle avait volé la veille, voir plus haut), c'est une question de temps jusqu'à ce qu'il remonte sur la tour rejoindre les siens. Le premier réflexe du fauconneau est d'y aller par le plus court chemin, c'est-à-dire en ligne droite, mais cette approche ne fonctionne pas puisque la pente est trop forte. Il doit plutôt apprendre à monter en décrivant des cercles. Dans la pratique c'est un adulte qui le guide. Céleste vient de franchir une nouvelle étape importante: félicitations, Céleste!
À ma grande surprise, c'est non pas 3 mais 4 faucons pèlerins que j'ai pu observer dans le secteur du métro Vendôme / CUSM en fin d'après-midi hier. Cette observation allait provoquer la fin du secret sur le relâché d'Achille.
Contexte
Comme indiqué dans un précédent billet, Amazone, l'un des 2 faucons pèlerins nés à l'Échangeur Turcot, avait été retrouvée au parc Georges-Saint-Pierre, pas très loin du métro Vendôme. Lors de ma dernière observation le 28 juin je l'avais perdu de vue alors qu'elle était en vol dans approximativement la direction du métro Vendôme. Par la suite je me suis concentré sur les faucons de l'Université de Montréal. Je n'avais fait que quelques rapides aller-retour au parc Georges-Saint-Pierre sans la revoir; cependant, compte tenu qu'elle était capable de voler, la durée de ces observations était nettement insuffisante pour conclure qu'elle ne fréquentait plus ce parc. Une discussion avec un autre observateur m'avait cependant amené à penser qu'elle avait peut-être effectivement changé de place. Le 2 juillet, je venais de refaire une autre rapide visite au parc Georges-Saint-Pierre et je me dirigeais vers l'Échangeur Turcot dans l'espoir que les déplacements des parents donneraient un indice sur la nouvelle localisation de leur fille. J'attendais donc le bus 37 à la station de métro Vendôme.
Observations depuis la station de métro Vendôme
J'attendais le bus 37 à la station de métro Vendôme quand j'ai remarqué un faucon pèlerin en vol dans la direction Nord-Est. Il était alors 16h06. En m'approchant je l'ai perdu de vue mais j'ai fait une découverte encore plus intéressante: un faucon pèlerin perché sur le 4999 Sainte-Catherine Ouest! Et quelques instants plus tard je remarquais à nouveau un faucon pèlerin en vol autour de ce même immeuble. En photographiant celui qui était perché j'ai pu déterminer qu'il s'agissait d'un adulte:
Pour celui en vol, j'ai du attendre qu'il se perche à son tour sur le même immeuble. C'était un juvénile (j'étais alors persuadé qu'il s'agissait d'Amazone mais pour des raisons qui apparaitront à la fin de cet article il existe une autre possibilité: c'est pourquoi j'utilise par défaut le masculin).