Pages

Affichage des articles dont le libellé est église Saint-Marc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est église Saint-Marc. Afficher tous les articles

vendredi 25 septembre 2020

Un rejeton d'Éole et Eve trouvé mort dans le fleuve (avril 2020)

Le 1er avril Sylvain Cusson a découvert le cadavre d'un faucon pèlerin bagué au bord du fleuve à l'ouest de l'estacade du Pont Champlain. Ce faucon s'est révélé être un des fauconneaux nés 5 ans plus tôt à l'église Saint-Marc. Merci à Sylvain Cusson pour m'avoir signalé sa découverte et pour m'avoir autorisé à publier les photos du faucon et du certificat d'appréciation.
 

La découverte

Le faucon a été repéré au bord de la piste cyclable de la Voie Maritime à environ 5 kms à l'ouest de l'estacade du pont Champlain, tel qu'indiqué par le point rouge sur la carte (localisation approximative).


Le faucon, en très bon état de conservation, se trouvait dans l'eau, côté fleuve, à environ 1 mètre de la rive. Sylvain l'a ramené sur la terre ferme afin de prendre des photos et noter le numéro de la bague à sa patte droite.

Dépouille du faucon pèlerin (crédit Sylvain Cusson)

Il l'a ensuite remis où il l'avait trouvé en prenant soin de le coincer avec des branches en vue d'une possible récupération ultérieure.


Signalements

Informé le 6 avril, j'ai indiqué à Sylvain de faire un double signalement:
  • (obligatoire) Aux agents de protection de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Beaucoup de gens l'ignorent mais c'est une obligation légale de signaler tout oiseau de proie trouvé blessé ou mort (cette obligation vaut également pour d'autres espèces animales comme le bœuf musqué mais là on sort un peu du sujet...). Le signalement peut-être fait à S.O.S. braconnage par courriel à l'adresse centralesos@mffp.gouv.qc.ca ou par téléphone: 1 800 463-2191
  • (facultatif) Au bureau de baguage des oiseaux du gouvernement Canadien, tel qu'indiqué dans la page Comment signaler un oiseau bagué. Ce signalement n'est pas tant pour informer le bureau de baguage de la découverte de l'oiseau (on peut en effet présumer que les agents de la faune feront le signalement) que pour obtenir de l'information sur l'oiseau.  Le numéro de la bague peut être signalé en ligne via le site reportband.gov ou par téléphone au 1-800-327-BAND (2263). Je recommande le signalement en ligne pour éviter les erreurs, voir plus bas.
Étant plus à l'aise par téléphone qu'avec un ordinateur, Sylvain a effectué le signalement de la bague par téléphone. Les semaines ont passé sans que l'organisme communique les informations sur l'oiseau. Après avoir patienté en raison des possibles perturbations causées par la pandémie du Covid 19 et avec l'autorisation de Sylvain, j'ai répété le signalement en ligne en son nom le 5 août. La réponse a été instantanée sur mon écran et les certificats d'appréciation ont été reçus par courriel quelques heures plus tard. On ignore exactement ce qui s'est passé avec le signalement téléphonique mais il y a possiblement eu une erreur dans la saisie du numéro de bague à 9 chiffres ou dans celle du nom de l'observateur par le fonctionnaire américain (le site reportband.gov, qui permet un suivi du signalement en fournissant ces 2 informations, ne trouvait aucun signalement correspondant à la combinaison numéro de bague/nom de l'observateur).

Certificat d'appréciation

Le certificat d'appréciation nous apprend que le faucon est un mâle qui a été bagué le 21 juillet 2015 par l'UQROP. Les coordonnées GPS pointent vers un endroit à Montréal dans l'arrondissement Rosemont-La Petite Patrie. Ce faucon pèlerin est bien connu de plusieurs observateurs.


Le benjamin de l'église Saint-Marc

Fin mars 2014 Samuel Denault signale la présence d'un couple de faucon pèlerin à l'incinérateur de Carrières. Le mâle est bagué aux 2 pattes et est identifié un mois plus tard par Richard Dupuis comme étant Éole, né en 2011 à l'Université de Montréal. La femelle est non baguée et est baptisée Eve par Richard Dupuis en l'honneur d'Eve Belisle (une fauconne née à l'Université de Montréal en 2010 avait déjà recu ce nom mais était décédée quelques jours plus tard). Cette première nidification d'Éole et Eve à l'incinérateur a malheureusement échoué.

Au printemps 2015 les nombreux accouplements observés à l'Incinérateur des Carrières suggèrent que Éole et Eve ont décidé de retenter leur chance à l'incinérateur. Mais le 13 mai, en marchant dans la direction où un faucon s'était éloigné après avoir quitté l'incinérateur,  je découvre qu'ils ont déménagé à l'église Saint-Marc et que leurs comportements indiquent la présence d’œuf(s). Le 24 juin la présence d'au moins 3 fauconneaux est confirmée. Le 8 juillet, surprise: un 4ième fauconneau est observé, mais surtout il semble significativement plus jeune que les 3 autres.

Très logiquement ce 4ième fauconneau est le dernier à quitter la corniche du nid. Cet évènement se produit entre 19h20 le 18 juillet et 1h du matin le 19 juillet. C'est à ce moment que des policiers le ramassent alors qu'il faisait le trottoir sur la rue Beaubien...  Il est remis aux agents de la faune puis est acheminé à la Clinique des Oiseaux de Proie pour un examen. L'examen ne révèle qu'une plume brisée qui est extirpée pour faciliter la repousse d'une nouvelle. Après être bagué, il est relâché par Richard Dupuis et Roger Rousselle près du nid. Voici une photo de lui que j'ai prise de lui peu après sa relâche. Je vous réfère à cet article pour plus de détails.


C'est ce fauconneau qui a été retrouvé mort plus de 5 ans plus tard entre le Pont Champlain et le Pont Mercier. 

J'ai eu la chance de pouvoir suivre certains des fauconneaux de cette nichée jusqu'à pratiquement la fin octobre 2015. Du 19 septembre au 14 octobre, l'un d'eux passait la nuit sur l'édifice du 5605 avenue de Gaspé et recevait parfois la visite d'un congénère, voir cet article. Puis les 24 et 25 octobre j'ai observé un fauconneau sur le clocher de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont au coucher du soleil: ce fauconneau était bagué à la patte droite et était donc vraisemblablement le faucon pèlerin dont il est question ici, voir cet article pour plus de détails (cette église se situe dans un continuum de déplacement de cette famille de faucons: église Saint-Marc, incinérateur, 5800 Saint-Denis, 5605 avenue de Gaspé, église Saint-Michel-Archange, église Sainte-Madeleine d'Outremont; l'hypothèse qu'il s'agissait d'une des femelles baguées à l'Université de Montréal est donc peu probable). Voici quelques photos.



 

Conclusions

Ce faucon s'ajoute à la liste des fauconneaux qui ont survécus à leur premier hiver ainsi qu'à la liste de ceux qui semblent être restés dans la région de Montréal (il faut cependant noter qu'on ignore où il était entre 2015 et 2020).  Cet article de 2016 contient une liste des fauconneaux nés à l'Université de Montréal qui ont revus une fois adulte; signalons au passage que David (né en 2013) a du être euthanasié en mars de cette année après avoir été retrouvé gravement blessé dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville à Montréal.

5 ans pour un faucon pèlerin est relativement jeune. De quoi est-il mort ? Malheureusement on ne le saura sans doute jamais puisque la dépouille n'a semble-t-il pas été récupérée. En tout cas elle avait disparu à la mi-avril lorsque Sylvain y est retourné, possiblement emportée par les grands vents du 14 avril. L'endroit de sa mort est également inconnu puisqu'il a pu être porté par le courant sur une certaine distance. Se pourrait-il qu'il ait dérivé depuis le pont Mercier où se trouve un nid de faucon pèlerin, auquel cas il aurait pu être tué lors d'une bataille territoriale ? C'est une hypothèse parmi bien d'autres, qu'une nécropsie aurait pu infirmer ou renforcer. On peut regretter les délais qui ont empêché la récupération de la dépouille mais il ne faut pas oublier qu'on se trouvait au cœur d'une importante crise sanitaire, et également que si Sylvain Cusson ne l'avait pas aperçu on ignorerait probablement même que ce faucon était mort et qu'il avait vécu pendant 5 ans.



 

 









samedi 10 août 2019

Décès du faucon pèlerin juvénile Porthos

Cet article a été publié le 28 septembre 2019.

Porthos a été sérieusement blessé en fin d'après-midi le 28 juillet après être entré en collision avec un avion à l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau de Montréal. Il a été euthanasié le 30 juillet.

Porthos le 12 juillet à l'Oratoire Saint-Joseph

 

L'accident

La nouvelle de l'accident a été communiquée le 29 juillet via Facebook par Faucons de l'UdeM. On y apprend que Porthos a été trouvé la veille au soir blessé après une collision avec un avion à l'aéroport Montréal-Trudeau. Comme la gestion de la faune à cet aéroport est assurée par Services Environnementaux Faucons (SEF), je les ai contacté pour tenter d'obtenir des informations supplémentaires. Voici ce que Marie-Line Fiola, chargée de projet chez SEF, m'a répondu:
L’évènement s’est produit vers 17h00. C’est la tour de contrôle qui a appelé notre officier de gestion de la faune pour l’informer qu’un impact aviaire avait eu lieu pendant la phase de roulement au décollage. Lorsque notre officier s’est rendu sur place, il a trouvé le faucon blessé à l’aile à l’endroit mentionné par le contrôleur. Le faucon a ensuite été transporté à l’UQROP par un bénévole, afin d'y être acheminé rapidement pour recevoir les soins nécessaires.
(Merci à elle pour sa réponse et la permission de la publier).

Quelques remarques:
  • L'aéroport est situé à un peu plus de 8kms de l'Université de Montréal. Ce n'est pas nouveau qu'un fauconneau né à l'Université de Montréal fréquente ce secteur: en septembre 2014 Mistral avait été observé par Julie Tremblay au Technoparc Montréal situé au bord de l'aéroport. Au fil des ans plusieurs faucons pèlerins juvéniles ont été signalés dans ce secteur en août/septembre d'après eBird. Par ailleurs ce 8 août une jeune femelle pèlerin non baguée a été capturée à l'aéroport
  • Il est difficile d'imaginer que Porthos, qui volait depuis un mois, soit entré en collision avec un véhicule au sol sans qu'un autre facteur ait joué un rôle. On peut spéculer que Porthos était à la poursuite d'une proie (un pigeon a peut-être été assez intelligent pour passer juste devant l'avion...) ou était impliqué dans une poursuite avec un autre faucon pèlerin juvénile ou avec un autre oiseau de proie.
  • L'accident met en lumière le rôle des bénévoles pour le transport rapide des oiseaux de proie blessés. Sans la contribution des bénévoles, des agents de la faune auraient probablement effectué le transport mais avec un délai plus long compte tenu de leurs ressources limitées. Le transport de Porthos à la Clinique des Oiseaux de Proie à Saint-Hyacinthe a été assuré par Roger Rousselle, qui effectue régulièrement ce genre de transports. Si vous souhaitez vous aussi vous joindre à l'équipe de bénévoles contactez l'UQROP.
  • Si l'accident n'avait pas eu de témoin, Porthos aurait facilement pu disparaitre sans laisser de traces. Il aurait en effet pu faire le bonheur, durant la nuit, d'un des coyotes ou d'un des renards qui fréquentent les terrains de l'aéroport, ou même d'un autre oiseau de proie.
Dès les premiers examens de Porthos à la Clinique des Oiseaux de Proie de l'UQROP il a été déterminé que Porthos ne volerait plus jamais (source: publication Facebook de Faucons de l'UdeM du 29 juillet midi). 2 options étaient alors envisagées: l'utiliser comme oiseau ambassadeur (présentation dans des écoles ou dans un zoo dans un objectif de sensibilisation du public) ou l'euthanasier. C'est cette 2ième option qui a été retenue après que des examens ultérieurs aient montré que Porthos aurait souffert de douleurs chroniques même après l'amputation de son aile: Porthos a donc été euthanasié le 30 juillet (source: publication Facebook de Faucons de l'UdeM du 30 juillet).

Porthos

Porthos est né dans le nichoir de la tour de l'Université de Montréal entre le 19 et le 22 mai de cette année. Des 3 mâles il était celui qui affichait le plus grand poids lors du baguage (672g contre 643g et 638g), ce qui suggère qu'il était peut-être l'ainé du quatuor. Lors des premiers vols, il a été le 3ième à quitter la tour mais le premier à remonter au niveau du nichoir.

De nombreuses photos et vidéo montrant Porthos ont été publiées, entre autres sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM ainsi que dans le forum Bird Cams Around the World. Quelques photos de lui sont incluses dans l'annonce de sa mort par Faucons de l'UdeM, qui a également republié le 30 juillet une vidéo le montrant allongé près du nichoir au début du mois.

Ma dernière observation certaine de Porthos a été faite le 12 juillet à l'Oratoire Saint-Joseph entre midi et 13h30. Il s'y trouvait en compagnie de son frère Athos et d'un adulte. 


Vers 8h45 le 28 juillet une série de photos prises par la caméra du nichoir montre ce qui semble être Porthos en train de manger à l'Université de Montréal:
Agrandissement d'une photo prise à 8h45 par la caméra du nichoir (crédit: fauconsudem.com)
Lors du baguage 2 fauconneaux avaient reçu un collant de couleur sombre sur la bague de la patte droite: Porthos (vert foncé) et Sola (rouge). Or le 30 juillet il est apparu que Sola avait perdu son collant rouge.

À 15h48 Eve est filmée avec une proie à la patte. La proie semble destinée à un fauconneau mais aucun d'entre eux ne se présente. L'accident de Porthos a lieu un peu plus de 1 heure plus tard.

À 18h50, sans rien savoir de l'accident de Porthos, j'arrive à l'Université de Montréal. J'observe 4 faucons pèlerins dont au moins 2 fauconneaux et un adulte. Surtout, vers 19h35 j'assiste à la capture d'un petit oiseau en vol par un des fauconneaux. Je n'ai malheureusement pas pu identifier le fauconneau mais une chose est sure, ce n'était pas Porthos...


Les autres décès de faucons pèlerins juvéniles connus

Le site de l'Université de Montréal avait jusqu'à présent été relativement épargné par les tragédies. En effet à ma connaissance il y a eu une seule autre année où un fauconneau né sur la tour de l'Université de Montréal est décédé: c'était en 2010. Cette année-là 2 fauconneaux sur les 3 de la nichée étaient décédés: un premier fauconneau avait été kidnappé par Polly (une femelle pèlerin née l'année précédente à l'université) alors qu'il était âgé de 8 jours seulement tandis que l'autre a été tué par un virus à l'âge de 37 jours (cette mort est peut-être également indirectement attribuable à Polly en raison des fréquentes et relativement longues interruptions dans la couvaison des œufs qu'elle a causé, ce qui a pu résulter en un système immunitaire plus faible chez les fauconneaux). Les nidifications sur la tour avaient commencé en 2009 et il y a eu 3 années sans aucune naissance de fauconneau (2012: travaux sur la tour; 2016 et 2017: batailles territoriales) d'après l'arbre généalogique de Faucons de l'UdM. Sur les 19 fauconneaux qui se sont envolés de la tour entre 2009 et 2018, 6 ont été revus après leur premier hiver (Algo, Polly, Horus, Éole, Rick et David; voir cet article pour plus de précisions).

En juillet 2017 un faucon pèlerin juvénile a été trouvé mort sur le toit d'un des pavillons de l'Université de Montréal. Ce fauconneau - dont on ignore la provenance - n'avait pas été suivi quotidiennement par des centaines de personnes depuis le moment de sa naissance jusqu'à son envol comme cela avait été le cas pour Porthos, et donc sa mort avait eu un impact bien moindre que celle de Porthos.

Porthos n'était peut-être pas le premier fauconneau d'Éole et d'Eve à succomber à un accident.  En juillet 2016 un employé de l'incinérateur des Carrières m'a raconté que l'été précédent ils avaient trouvé un faucon pèlerin juvénile au sol, blessé. Alertés, les agents de la faune n'auraient pas pu venir le chercher le jour même et le fauconneau serait décédé à l'incinérateur. En l'absence de photo il m'est difficile d'être certain qu'il s'agissait bien d'un faucon pèlerin mais on sait qu'à l'été 2015 Éole et sa compagne avaient ramené leurs fauconneaux nés à l'église Saint-Marc à l'incinérateur des Carrières.

Signalons aussi la mort de plusieurs fauconneaux à l'Échangeur Turcot, que ce soit avant l'envol (2012, 2014 et  2016 pour les cas connus) ou après l'envol (Acacia en 2016).

De façon générale la première année de vie est la plus périlleuse pour les faucons pèlerins. D'après le rapport du COSEPAC 2017 sur le faucon pèlerin, "Les taux de survie au cours de la première année demeurent à établir de façon précise mais, en général, on estime qu’ils oscillent entre 40 et 50 %". Ce taux de survie serait cependant supérieur en milieu urbain: ce même rapport cite une étude en Californie où le taux de survie la première année des fauconneaux élevés en milieu urbain est estimé à 65% contre 28% en milieu rural.






jeudi 30 juillet 2015

3 faucons pèlerins juvéniles à l'Incinérateur des Carrières

Les 4 faucons pèlerins juvéniles nés à l'église Saint-Marc ont fait leurs premiers vol entre le 14 et le 21 juillet. Compte tenu des liens qui unissaient leurs parents à l'incinérateur des Carrières - après tout c'est là-bas qu'ils ont commencé à s'accoupler - il était prévisible que tôt ou tard on verrait un juvénile à l'Incinérateur des Carrières. Mais je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi drastique: ce n'est pas 1 mais 3 juvéniles que j'y ai observé, et cela pendant plusieurs heures, à la fois très tôt le matin et en fin de journée. Et en prime une surprise m'attendait à l'église Saint-Marc...

Juvénile à l'incinérateur des Carrières - 6h48

 

Observations matinales à l'incinérateur

C'était quelque chose que je voulais faire depuis un moment: me rendre très tôt à l'incinérateur des Carrières voir si un adulte ne viendrait pas y chasser, et si oui, s'il serait accompagné de 1 ou plusieurs juvéniles? Mais jusqu'à hier matin, la tentation de continuer ma nuit de sommeil avait toujours été la plus forte...

Lorsque je suis arrivé à l'Incinérateur des Carrières ce matin du 29 juillet, à 5h15, surprise: 3 faucons pèlerins juvéniles étaient présents!


(désolé pour le manque de verticalité dans la vidéo...)


Dès 5h30 il était possible de voir plusieurs poursuites en vol entre juvéniles, que malheureusement je n'ai pas réussi à capter de façon décente. À 6h, il y a eu une collision évitée de justesse entre un juvénile et un goéland, ce qui a entrainé une vive protestation du goéland auprès des 3 juvéniles à leur retour sur les cheminées.

Vers 8h15, alors qu'un seul juvénile était encore visible, j'ai fait une rapide visite à l'église Saint-Marc: aucun faucon n'y était visible. À mon retour à l'incinérateur, j'ai pu revoir 2 faucons qui s'intéressaient au nid de corvidés sur la cheminée Est (voir la vidéo).

Juvénile bagué à la patte droite (5h35)

Proie potentielle et prédateur s'observent à distance (6h54)

Observations de début de soirée à l'incinérateur

J'étais de retour à l'incinérateur des Carrières à 18h30. De loin j'avais déjà pu voir 2 faucons en vol. 3 juvéniles étaient de nouveau présent, la plupart du temps occupés à manger. D'autant qu'un adulte est venu apporter une proie fraiche à 19h25.


L'adulte a quitté à 19h40 en direction sud.

Compte tenu de ce que j'avais vu le matin et à nouveau ce soir, il me semblait clair que les juvéniles (ou au moins 3 d'entre eux) avaient déménagé à l'Incinérateur des Carrières. Par acquis de conscience je décide quand même de passer à l'église Saint-Marc. Ma dernière photo à l'Incinérateur est datée de 19h46.

Surprise à l'église Saint-Marc!

J'arrive à l'église Saint-Marc peu après 20h (la date de ma première photo - de graffiti - date de 20h05). Dans un premier temps je ne vois rien mais juste au moment de boucler le tour, à 20h07, depuis la 1ère avenue, je remarque un juvénile sur l'antenne! Je repense alors aux humains qui oublient un des leurs sur l'aire de repos d'une autoroute, et je me dis que quelque chose de semblable est peut-être arrivée ici!

Le juvénile s'envole quelques minutes plus tard, apparemment à la poursuite d'une proie. Mais la proie se rebelle et attaque à son tour le faucon pèlerin, qui passe en mode esquive: son tourmenteur est un petit faucon, vraisemblablement la crécerelle d'Amérique que j'ai observée le 20 juillet. Au bout de quelques minutes le faucon pèlerin revient se poser sur l'antenne. Je décide de changer de place pour avoir une vue plus dégagée si le petit faucon revenait.

À 20h19, je pense avoir repéré la crécerelle perchée non loin du pèlerin qui est allé s'abriter dans un demi-ovale du clocher Ouest.
Une crécerelle et un faucon pèlerin ?
Mais plus je prends des photos, plus la "crécerelle" se transforme en 2ième faucon pèlerin juvénile!
2ième faucon pèlerin juvénile à l'église Saint-Marc
À noter qu'en aucun cas l'escarmouche en vol observée plutôt n'était le fait de 2 faucons pèlerins: il y avait bien une crécerelle (ou éventuellement un faucon émerillon). Ce qui est déroutant ici, c'est la présence de 2 faucons pèlerins juvéniles à l'église Saint-Marc alors qu'il y en avait 3 un peu plus tôt à l'Incinérateur des Carrières. À moins qu'il y ait eu une opération de relâche de l'UQROP similaire à celle de l'Université de Montréal non encore rendue publique, l'explication la plus logique est que certains des juvéniles vus à l'Incinérateur un peu plus tôt ont fait le même trajet que moi pour venir dormir à l'église Saint-Marc. Dans ce cas mon observation matinale suggère que les juvéniles font le trajet inverse avant 5h15.

  
 

samedi 25 juillet 2015

Premiers vols des faucons pèlerins de l'église Saint-Marc

Les 4 jeunes faucons pèlerins de l'église Saint-Marc ont tous effectué leur premier vol entre le 14 et le 21 juillet, parfois dans des circonstances rocambolesques. Retour sur cette semaine palpitante.

Pour une mise en contexte, voir cet article. Dans ce qui suit "page Facebook" fait référence à la page Facebook des Faucons de l'UdeM.

Je vais commencer par présenter ce qui s'est passé par fauconneau puis, comme à partir d'un certain moment il n'est plus possible de savoir qui est qui, je vais compléter en utilisant une approche plus chronologique.



Les premiers vols par fauconneau

Fauconneau #1

Le premier fauconneau à s'envoler l'a fait aux alentours de 17h le 14 juillet. Le juvénile s'est retrouvé sur un balcon d'une résidence de la 2ième avenue. Voici l'annonce sur la page Facebook avec 2 photos.

Son second vol a eu lieu le lendemain matin. Le fauconneau s'est élancé vers l'église mais n'a pas réussi à prendre suffisamment d'altitude pour se poser sur le toit. Il a tenté en vain de s'accrocher sur le mur de l'église avant d'effectuer une chute contrôlée au sol. Il a ensuite été guidé vers la cour de récréation de l'école Saint-Marc (qui par chance était quasiment vide puisque c'était jour de sortie pour les enfants du camp de jour) puis a fait quelques courts vols jusqu'à un escalier de sortie d'urgence de l'école, où il a été rejoint quelques heures plus tard par un 2ième juvénile. Voici l'annonce de Richard Dupuis avec une série de photos montrant le 2ième vol et la chute du fauconneau.

Fauconneau #2

Le 2ième fauconneau a quitté la corniche du nid dans la matinée du 15 juillet. Il s'est retrouvé au sol dans la cour de récréation de l'école et a décidé de rentrer à pied (ou plutôt à patte!). Paul Fortin l'a intercepté alors qu'il se dirigeait vers un groupe de personnes qui attendaient devant une porte de l'église au pied du nid. Le juvénile a été placé sur la cage d'escalier dans la cour de récréation où se trouvait déjà le fauconneau #1. Durant l'après-midi les 2 juvéniles ont volé, voir plus bas dans la section chronologique.

Paul Fortin a publié dans son album google+ plusieurs vidéos du juvénile en déplacement dans la cour de récréation ainsi que des photos des 2 juvéniles réunis dans la cage d'escalier.

Fauconneau #3

Le 3ième fauconneau a adopté une stratégie différente des 2 premiers: plutôt que de s'élancer depuis la corniche il a choisi de l'escalader pour se retrouver sur le toit de l'église. Cela s'est passé le 16 juillet. De là il a ensuite effectué plusieurs petits vols. Voici l'annonce de Richard Dupuis sur Facebook.

Fauconneau #4

C'est sans doute celui qui aura le plus de choses à raconter à ses enfants sur son premier vol...

Ce fauconneau était manifestement en retard sur son développement par rapport aux 3 autres, possiblement suite à une naissance tardive. Il n'est donc pas étonnant que son premier vol a aussi été plus tardif que les autres. Le samedi soir 18 juillet le juvénile était encore sur la corniche. Après avoir mangé il est soudain devenu plus actif. Vers 19h20 il s'est rattrapé in extremis après avoir mis une patte dans le vide mais cela ne l'a pas ralenti: battements d'ailes, et même vols sur la corniche. Il a fini par se calmer un peu et les observateurs ont quitté, persuadés qu'il s'envolerait le lendemain matin. Et de fait, il n'était plus visible sur la corniche le lendemain matin. Les premiers observateurs arrivés sur place après l'orage matinal l'ont cherché partout dans les alentours mais en vain.

Ce qui s'est passé est raconté en détails par le docteur Guy Fitzgerald dans le dernier numéro de Envol, le journal de l'UQROP réservé aux membres. En bref, l'oiseau a été signalé au sol par un passant vers 1h du matin le dimanche 19 juillet,  ce qui lui a valu de passer la nuit dans une cellule (= cage) du poste de police local! En matinée il a été remis à un agent de la faune, qui l'a acheminé au Centre de Réhabilitation  des Oiseaux Blessés (CROB) à Otterburn Park en Montérégie (ce déplacement de l'oiseau en dehors de Montréal est moins étonnant si on sait que les agents de la faune pour la région de Montréal sont basés à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui est situé pas très loin d'Otterburn Park). De là le faucon a été acheminé à l'UQROP à Sainte-Hyacinthe le lundi 20 juillet, où il a subi un examen de routine avant d'être confié le 21 juillet à Richard Dupuis et Roger Rousselle pour être relâché sur le site de l'église Saint-Marc. Durant son bref séjour à l'UQROP l'oiseau a été bagué à la patte droite.

Le 21 juillet vers 19h, à l'occasion d'une de mes visites à l'église Saint-Marc, j'ai eu la surprise de voir un faucon perché sur le toit du préau de l'école. Il faut savoir que dès que les juvéniles maitrisent le vol, ils cherchent des perchoirs élevés. Ce type de perchoir relativement bas était beaucoup plus typique d'un premier vol.  À 19h25 il s'envole, passe juste au-dessus de moi et se pose sur le toit de la maison derrière moi, sur la 2ième avenue.

Juvénile #4 sur une maison de la 2ième avenue, bague visible

À 19h30 je l'ai perdu de vue après qu'il se soit déplacé vers la ruelle entre la 2ième et la 3ième avenue. Il a ensuite été retrouvé sur la façade avant de l'église. À 20h23 il s'envole, escorté par un adulte, et tente de se poser sur le sommet du clocher Ouest mais manque son coup, chute de toute la hauteur du clocher, se redresse et rejoint la cheminée d'un immeuble à l'angle de la 1ère avenue/Beaubien.

Quand je suis arrivé à 6h30 le lendemain, je l'ai trouvé sur le clocher Est en train de manger, en compagnie d'un autre juvénile.



Les premiers vols jour après jour (ainsi que d'autres observations)


Les 3 premiers juvéniles se sont envolés les 14, 15 et 16 juillet, voir plus haut pour plus de détails.


Mercredi 15 juillet: autres vols des juvéniles #1 et #2

Le 15 juillet en début d'après-midi, les juvéniles #1 et #2 étaient réunis dans un escalier de secours de l'école Saint-Marc, voir plus haut dans la section sur le premier vol de #2. Durant l'après-midi, chacun d'eux a volé. En début de soirée, l'un d'eux se trouvait sur le toit d'une maison de la ruelle qui débouche sur la cour de récréation  alors que l'autre était perché dans un arbre de la 2ième avenue, près de la rue Beaubien.

Paul Fortin a un album photo/vidéo pour cette journée du 15 juillet.

Jeudi 16 juillet

Ce jour-là 3 juvéniles avaient volé. Richard Dupuis a publié sur Facebook ses observations en 3 volets: volet1, volet2 et volet3. Paul Fortin a rassemblé ses photos et vidéos de cette journée dans son album.

Vendredi 17 juillet

Vers 16h, les 3 juvéniles qui avaient déjà volé étaient réunis sur la cheminée de l'église. Richard Dupuis est passé en début de soirée: voici ses observations.

Samedi 18 juillet: un repas exotique

Une photo partagée sur Facebook montre que la femelle a rapporté comme repas... une perruche ondulée!

J'ai toujours une pensée pour la proie, que ce soit un pigeon ou autre, mais dans ce cas-ci mon malaise était un peu plus important puisqu'il s'agit possiblement d'un oiseau qui s'est échappé par accident. La perte d'un animal de compagnie peut représenter un véritable deuil; par conséquent j'offre toutes mes sympathies aux personnes qui reconnaitraient leur perruche. Les oiseaux élevés en captivité constituent des proies faciles pour des oiseaux de proie, de par leur manque d'expérience.  Ce type de proie avait d'ailleurs déjà été observé chez les faucons de l'Université de Montréal dans le passé.

Christian Fritschi a capté la femelle en vol avec sa proie  (plusieurs photos; déplacez-vous avec les flèches). Son album contient aussi une photo du faucon pèlerin juvénile à qui a été livré ce repas.

Dimanche 19 juillet

À 1h du matin c'est le début de l'aventure parmi les humains pour le fauconneau #4: voir plus haut dans la section qui lui est consacrée.

Lundi 20 juillet: un 7ième faucon à l'église Saint-Marc!

Il ne s'agissait pas d'un faucon pèlerin mais d'une crécerelle d'Amérique. Elle a volé autour d'un faucon pèlerin adulte qui était perché sur la croix du clocher Est avant de se poser juste en face, sur la croix du clocher Ouest. D'après mes photos elle est restée au moins 7 minutes avant de quitter approximativement en direction du Parc Molson. Le faucon pèlerin est resté totalement impassible.

Mardi 21 juillet

En fin d'après-midi, c'est le retour du fauconneau #4: voir plus haut dans la section qui lui est consacrée.


Et maintenant?

Maintenant qu'ils savent voler, il n'y a aucune raison que les juvéniles restent dans le périmètre délimité par l'église et l'école en tout temps. Au moment où j'écris ces lignes il est cependant encore relativement facile d'y observer 2 juvéniles simultanément et il semble même qu'il est encore possible d'en voir 3 en même temps.  Pour ceux qui veulent tenter leur chance, voici les principaux endroits utilisés comme perchoir:
  • les 2 clochers de l'église, depuis le bas du compartiment des cloches jusqu'à la croix tout en haut. En particulier, les antennes situées sur le clocher sont souvent utilisés. Il ne faut pas oublier de vérifier le toit des clochers, ce qui implique souvent de prendre du recul par rapport à l'église:
Faucon pèlerin juvénile sur le toit d'un clocher
  • la grande antenne de télécommunication située entre l'église et l'école;
  • la cheminée de l'église, juste à côté.

Dans les jours à venir, les juvéniles devraient devenir plus dynamiques: on devrait voir des poursuites en vol entre eux ou impliquant un adulte, particulièrement si celui-ci transporte de la nourriture; des  transferts de proie en vol; etc.


samedi 11 juillet 2015

Le point sur les faucons pèlerins de l'église Saint-Marc

Cet article aborde les sujets suivants: l'imminence des premiers vols des fauconneaux; leur nombre (4 plutôt que 3) et la publication d'une photo prouvant que le couple de faucons était présent dès le 23 avril.

Une rapide mise en contexte pour commencer. Ce nid de faucon pèlerin est situé à l'intersection de la 2ième Avenue et de la rue Beaubien, sur la façade de l'église Saint-Marc donnant sur la 2ième Avenue, voir mon article annonçant sa découverte pour plus de précision. Les premières naissances ont été estimées au 4 juin. Le 24 juin j'avais pu compter 3 fauconneaux.

Premiers vols pour bientôt

D'après le guide Paquin-Caron des oiseaux du Québec et des Maritimes, [les fauconneaux] "sont capables de voler à l'âge de 39 à 46 jours dans le cas des mâles et de 41 à 49 jours chez les femelles". Avec une date de naissance estimée au 4 juin, ceci nous amènerait à un premier vol entre le 13 et le 20 juillet pour un mâle, et entre le 15 et le 23 juillet pour une femelle.

Compte tenu de la configuration des lieux, la marge de manœuvre pour les fauconneaux qui s'élanceront sera pas mal réduite. Il n'est donc pas impossible que un ou plusieurs fauconneaux se retrouvent à proximité des humains, de leurs animaux et de leurs voitures à l'issue de leur premier vol. Si une telle chose arrivait, voici quelques consignes.

 4 fauconneaux 

Le 24 juin j'avais pu compter 3 fauconneaux. Récemment Paul Fortin a remarqué qu'ils étaient 4. Voyez l'annonce sur la page Facebook des Faucons de l'UdeM.

On peut remarquer que le cadet a encore beaucoup de duvet, contrairement à ses ainés. Cette différence de développement est intrigante puisque chez les faucons pèlerins, les naissances tendent à être regroupées sur une relative courte période de temps. L'hypothèse d'une seconde ponte est exclue. Sur la page Facebook, Richard Dupuis a avancé 2 explications possibles: il y a pu avoir 5 œufs et le 4ième œuf n'a pas éclos, ce qui accentuerait la différence entre le dernier né et l'avant-dernier né; ou tout simplement un retard de développement chez le plus jeune. J'ajouterais qu'à San Francisco en 2010, il y aurait eu un écart inhabituel de 4 jours entre la ponte des 3ième et 4ième œufs et  Charles Gregory, qui surveille les faucons pèlerins nichant à l'hôtel Sheraton de Hamilton, mentionne qu'il y a déjà eu des naissances là-bas qui se sont étendues sur une semaine entière: "Though they have surprised us in the past with a week-long gap between hatchings....". Il serait d'ailleurs intéressant de compiler ce genre de records.


Le couple de faucons pèlerins photographié à l'église Saint-Marc le 23 avril

Le 26 juin,  Alexandra Belzile publiait sur Facebook une photo montrant les 2 faucons pèlerins sur le clocher Est de l'église Saint-Marc (voir aussi ici). Cette photo a été prise le 23 avril à 19h02 (je rappelle que le nid avait été découvert seulement le 13 mai). La photo d'Alexandra Belzile a le mérite de confirmer de façon très précise ce que certains résidents avaient déclaré, à savoir que la présence des faucons remontaient à 3 semaines environ avant la découverte du nid. 

Il se trouve que j'avais fait des observations autour de cette date du 23 avril à l'Incinérateur des Carrières. Le 22 avril, soit la veille de la prise de la photo, un des adultes était occupé à tenter de déloger un faucon pèlerin intrus. La scène était très similaire à l'intrusion du 4 mai, au cours de laquelle j'avais pu identifier l'intrus comme étant un faucon pèlerin immature, apparemment femelle. S'il s'agissait bien du même intrus, on peut penser qu'il y a eu bien plus que 2 dérangements; après tout, je n'étais sur place qu'une faible partie du temps.  Se pourrait-il que ces intrusions aient contribué à la décision des faucons de déménager de l'Incinérateur des Carrières à l'église Saint-Marc?
Par ailleurs le 24 avril peu après 18h j'observais un accouplement à l'Incinérateur des Carrières et j'entendais les cris caractéristiques d'un deuxième accouplement. C'était la dernière fois que je voyais les 2 faucons ensemble à l'Incinérateur; cependant ma visite suivante n'a eu lieu que le 30 avril.


Le premier oeuf pondu entre le 25 et le 28 avril ?

Le 23 mai j'avais publié une prévision de la date d'éclosion à partir de ce qu'on pouvait dire de la ponte du premier oeuf et du début de la couvaison. Je vais maintenant utiliser la même approche avec les mêmes hypothèses pour tenter d'estimer la date de début de la couvaison ainsi que la date de la ponte du premier œuf à partir de la date d'éclosion présumée.

Supposons donc que les éclosions ont commencé le 4 juin. En remontant 32 à 35 jours en arrière, on arrive à une estimation du début de la couvaison entre le 30 avril et le 3 mai. En supposant que la couvaison commence avec la ponte de l'avant-dernier œuf et qu'il s'écoule 55 heures entre la ponte de chaque œuf, on en déduit que le premier œuf aurait été pondu entre le 25 et le 28 avril. Rappelons que le 24 avril au soir, les 2 faucons pèlerins ont été vus à l'incinérateur des Carrières (accouplement): à moins de supposer qu'ils ont laissé un précieux œuf sans surveillance, il n'y avait donc pas encore d’œuf à l'église Saint-Marc.





jeudi 25 juin 2015

Au moins 3 fauconneaux à l'église Saint-Marc

Hier j'ai pu obtenir une confirmation visuelle de ce qu'on soupçonnait depuis quelques semaines: il y a effectivement des fauconneaux au nid de faucon pèlerin de l'église Saint-Marc. Un examen de mes vidéos montre qu'il y en a au moins 3. 

Les fauconneaux

Les 2 photos ci-dessous montrent un des fauconneaux à 20h26.



La vidéo regroupe des séquences filmées entre 18h40 et 20h30. On y voit en particulier une partie d'un repas. C'est à cette occasion qu'on peut distinguer 3 fauconneaux.


Les premiers signes de naissance avaient été observés le 4 juin, les fauconneaux sont donc âgés d'environ 3 semaines. L'église Saint-Marc est situé dans le quartier Rosemont, à l'intersection de la 2ième avenue et de la rue Beaubien.

Une intrusion la veille ?

Une observatrice a signalé sur la page Facebook des faucons de l'UdeM une forte activité des faucons le soir du 23 juin: "Pendant plus de 30 minutes, les deux [faucons] s'amusaient à surfer dans le vent, à jacasser comme un vieux couple" et "Ils avaient l'air de se courir après l'un et l'autre, parfois". J'ai déjà vu à plusieurs reprises des faucons d'un couple voler ensemble mais je ne me souviens pas les avoir entendu crier, surtout pas pendant 30 minutes.  L'explication du jeu n'est pas totalement impossible: on ignore encore beaucoup de choses sur eux.  Cependant une autre explication est possible: les faucons pouvaient réagir à un dérangement, possiblement à l'intrusion d'un autre faucon, ce qui pourrait expliquer à la fois les cris et les poursuites. Particulièrement si les cris étaient des cris d'alarme.

Ce qui nous amène à la question de reconnaitre les cris d'alarme. Un évènement récent où on peut entendre des cris d'alarme est le baguage des fauconneaux à l'Université de Montréal.  Je vous invite à écouter la vidéo pour vous familiariser avec ce cri. Si vous entendez ce cri à l'église Saint-Marc (ou ailleurs!), essayez d'enregistrer le maximum de détails puis laissez un message à Richard Dupuis (via par exemple la page Facebook) ou à moi-même.

Le couple de faucon pèlerin de l'église Saint-Marc a du faire face à au moins 2 faucons pèlerins intrus différents ce printemps à l'Incinérateur des Carrières. Le 2ième incident est documenté ici. Si vous écoutez les vidéos dans cette page, vous y retrouverez le cri d'alarme mélangé à d'autres cris plus 'normaux', celui de la juvénile ainsi que d'énergiques 'tsioup'.

dimanche 7 juin 2015

Naissance très probable à l'église Saint-Marc

Le 4 juin j'ai pu observer de la nourriture sortir du nid de faucon pèlerin de l'église Saint-Marc. Richard Dupuis a observé la même chose le 6 juin. Comme il n'est pas possible de voir ce qui se passe dans le nid-même, ces observations constituent la meilleure indication possible qu'il y a eu naissance d'un ou plusieurs fauconneaux ces derniers jours. Ces naissances semblent être intervenus entre le 2 et le 4 juin.


2 juin: pas de signe de naissance

Le 2 juin vers midi j'observe la femelle remonter la rue Beaubien vers l'Est, se poser sur le clocher Ouest de l'église Saint-Marc puis faire longuement sa toilette. De toute évidence il n'y a aucune urgence au nid.


4 juin au matin: déplacement de nourriture près du nid

5 minutes après mon arrivée, à 9h02, le mâle qui était perché sur l'antenne vient sur la corniche proposer de relayer sa compagne. La femelle ne cède pas sa place.

À 9h52 je vois la femelle se déplacer de gauche à droite avec semble-t-il quelque chose dans le bec. Elle va jusqu'à l'extrémité droite de la corniche puis revient vers le nid.

La suite fait l'objet de la vidéo ci-dessous. À 10h28 Éole arrive sur la corniche, sans nourriture. Il disparait de vue puis on voit un faucon se diriger vers la droite de la corniche et décoller de là avec de la nourriture à 10h28.  J'ai ensuite vu un faucon préparer une proie sur le clocher Est. À 10h48 Éole atterrit tout près du nid avec une proie. On le voit s'activer sur la proie puis il redécolle avec à 10h52.



Beaucoup de questions demeurent sans réponse sur cet épisode. À première vue il semble s'agir d'un nourrissage des fauconneaux par Éole mais lorsqu'on le voit en gros plan, il semble juste déchiqueter de la nourriture: on ne voit pas de gestes qui pourraient correspondre à une distribution de la nourriture aux petits. Peut-être que la proie ne se prêtait pas au nourrissage de nouveaux-nés ? Où était la femelle pendant ce temps ? Éole aurait-il profité de son absence pour tenter un nourrissage ? Est-ce que la proie qu'Éole avait amené près du nid était celle que la femelle avait entreposé à droite de la corniche ?

Bien que cet épisode montre l'arrivée de nourriture au nid, je n'étais pas convaincu que cela signifiait nécessairement que des naissances avaient eu lieu. À l'Université de Montréal il y a quelques semaines, la femelle s'était précipitée avec une proie en direction du nichoir 3 heures avant la naissance du premier fauconneau, avant de faire demi-tour. Par contre il était clair qu'il se passait quelque chose à l'église Saint-Marc ce matin-là. J'ai donc décidé de revenir en après-midi.


4 juin, peu après 17h: nourrissage possible

Un faucon arrive avec semble-t-il une proie. L'autre faucon le rejoint au milieu de la corniche puis disparait de vue. On entend par la suite des cris qui pourraient possiblement indiquer un nourrissage en cours. Il n'y a pas eu d'évacuation d'éventuels restes.

4 juin, 19h: de la nourriture sort du nid

À 19h la femelle se met à crier. Je comprends rapidement pourquoi: Éole vient d'apparaitre sur le clocher Est avec une proie. Il la livre sur la corniche à 19h05, c'est le début de la vidéo ci-dessous. Aussitôt la femelle se précipite, saisit la proie... et disparait de vue. Impossible de  savoir si elle est allée vers le nid. Mais à 2'09 dans la vidéo on la voit revenir du nid vers Éole, c'est donc qu'elle était au nid. Elle rejoint Éole, qui s'envole. À nouveau elle est revenue incognito vers le nid puisqu'à 5'36 on voit très brièvement du mouvement de ce côté. Éole revient voir ce qui se passe à 9'08, son regard est tourné la plupart du temps vers le nid. À 13'00, la femelle surgit du nid et s'envole avec les restes. Après quelques instants d'hésitation, Éole disparait la remplacer au nid. La vidéo se termine avec le retour de la femelle sur la corniche à 13'58.


Les cris que l'on entend lorsque la femelle est invisible avec la nourriture servent à attirer l'attention du ou des fauconneaux, qui sont aveugles au début de leur vie. Pour voir à quoi ressemble un nourrissage de très jeunes fauconneaux, voyez par exemple la vidéo du premier repas des fauconneaux à l'Université de Montréal en 2014 par Faucons de l'UdeM / UdeM Falcons (la version 2015 est plus graphique, vous êtes prévenus!).

Le séjour d'Éole au nid n'aura pas duré plus de 5 minutes. Le voici sur le clocher à 19h54 alors qu'il s’apprête à s'envoler vers l'antenne.

6 juin, observation de Richard Dupuis

De la nourriture continuait d'entrer et sortir du nid le 6 juin tel que rapporté par Richard Dupuis sur la page Facebook des faucons de l'Université de Montréal:

Lors d'une visite rapide à l'église St-Marc samedi, le temps que je m'occupe de remplacer une pièce d'équipementma cam...
Posted by Faucons de l'UdeM / UdeM Falcons on dimanche 7 juin 2015

samedi 30 mai 2015

Relais au nid tard le soir à l'église Saint-Marc

Ces derniers jours j'ai fait des observations de fin de journée à l'église Saint-Marc pour tenter de déterminer où Éole passait ses nuits. Éole est le faucon pèlerin mâle qui niche à cette église depuis quelques semaines. Malheureusement la femelle contrarie mes plans en le faisant travailler tard le soir...

Il semble néanmoins qu'Éole s'éloigne vers la rue de Bellechasse, en suivant approximativement la 2ième avenue. Par ailleurs hier le dernier relai au nid (en l’occurrence, la femelle qui vient remplacer le mâle sur les œufs) est intervenu à 21h23, soit presque 1 heure après le coucher du soleil.

23 mai 2015

Le dernier relai au nid semble avoir eu lieu à 20h30. En tout cas c'est la femelle qui s'est envolée du clocher à ce moment-là. Un faucon, présumément le mâle, s'est posé quelques instants plus tard sur le clocher Est, à gauche du demi-ovale où les faucons se tiennent habituellement (voir photo). Il a quitté à 20h41 en direction de l'antenne.
23 mai: position d'Éole après son dernier relai de la journée


24 mai 2015: arrivée d'un faucon de la direction de l'Incinérateur des Carrières

À 20h14 un faucon arrive en provenance de la 1ère avenue, survole la cour de récréation de l'école Saint-Marc et la 2ième avenue puis se pose sur le clocher Est. Il est intéressant de noter que la direction d'où venait ce faucon est celle de l'incinérateur des Carrières, leur précédent domicile, où l'on s'attend à les revoir de temps à autre. Le faucon s'est envolé à 20h35, s'est posé brièvement sur l'antenne puis a continué sa route.

26 mai 2015: un faucon quitte le secteur au coucher du soleil

Un faucon qui était perché sur le clocher Est s'envole à 20h31, passe au-dessus de la cour de récréation et s'éloigne vers Bellechasse dans l'axe de la petite ruelle située entre la 1ère et 2ième avenue. C'est la première fois que je peux établir qu'un faucon quitte le secteur au coucher du soleil mais ce n'est pas suffisant pour conclure qu'Éole ne dort pas à l'église puisqu'il a très bien pu revenir. Une petite marche dans la direction où il s'est éloigné ne m'a pas permis de le retrouver.

27 mai 2015: Éole (et la femelle ?) me joue un tour

Suite à l'observation de la veille je me positionne de façon à pouvoir surveiller la petite ruelle, de l'autre côté de la cour de récréation. Un faucon est présent sur le clocher de la cheminée Est, je vois juste sa queue de l'endroit où je suis. Il s'envole vers 20h54 et se pose juste au-dessus du nid. Sa silhouette est clairement visible.  À 21h03 il s'envole à nouveau. Je surveille le ciel au-dessus de la cour de récréation: rien... Avant de rentrer chez moi, je passe devant le nid. Et à ma grande surprise je découvre un faucon perché sur le toit du clocher Est! Quelques minutes plus tard il avait disparu. Je commence alors à soupçonner  que le faucon que je surveillais jusqu'à 21h n'était pas Éole mais la femelle, et qu'un relai est intervenu à 21h03. La prochaine observation allait confirmer cela, avec un relai encore plus tardif.

29 mai 2015: un relai à 21h23!

J'arrive vers 20h30. Le faucon qui est perché sur le clocher ne semble pas bagué: il s'agirait donc de la femelle. Je me positionne en face du nid. À 21h04, le faucon s'envole. Je guette attentivement son arrivée sur la corniche du nid: rien... Je me déplace un peu pour examiner le clocher: il est vide. Pas de faucon non plus à l'endroit où il s'était perché 2 jours plus tôt à peu près à la même heure. Je commence à penser qu'il s'agissait peut-être quand même d'Éole, ou pire qu'il s'agissait bien de la femelle mais qu'elle n'est pas allée au nid. Et soudain je la vois: elle était perchée au sommet du triangle dont le côté gauche abrite le nid, à peine visible dans l'obscurité.

À 21h23 elle s'envole. Et cette fois je n'ai pas à attendre longtemps: elle se pose sur la corniche du nid, on entend de la communication, Éole s'envole et la femelle prend sa place. Un échange comme je les aime puisque j'ai pu discerner les 2 faucons simultanément.

Éole s'est posé sur le clocher Est. Puis à 21h35 il s'est envolé dans l'axe de la 2ième avenue en direction de la rue de Bellechasse.

Conclusions

L'étape suivante pour tenter de localiser le dortoir d'Éole serait de vérifier que le faucon traverse effectivement la rue de Bellechasse ou mieux encore, l'avenue Rosemont. Mais cette étape est évidemment impossible à réaliser tant qu'il quitte aussi tard.

Ces observations auront permis de découvrir autre chose: des relais au nid bien après le coucher du soleil, dans un quartier qui n'est de surcroit pas exagérément éclairé la nuit. Pour moi il s'agit d'une surprise.

À surveiller dans les prochains jours: d'éventuelles naissances...

samedi 23 mai 2015

Église Saint-Marc: des bébés faucon pèlerin dans la première quinzaine de juin ?

Suite à mon annonce d'un nid de faucon pèlerin à l'église Saint-Marc (voir mon précédent billet), Richard Dupuis a visité le site et a discuté avec des résidents. Vous trouverez à la fin de l'article des liens vers ses photos, vidéos et récits sur la page Facebook des faucons de l'UdeM. J'ai par la suite aussi eu l'occasion de discuter avec certaines personnes. Voici ce qu'on peut dire.

Présence ancienne d'au moins 1 faucon 

Une résidente m'a indiqué avoir vu occasionnellement 1 faucon pèlerin sur le clocher de l'église avant ce printemps. Elle et son fils se sont même souvenus avoir vu à une occasion 2 faucons pèlerins, chacun sur un clocher de l'église (cette église comporte 2 clochers). Malheureusement elle ne peut pas me dire précisément à quel moment de l'année, excepté que ce n'était pas cette année.

Cette présence ancienne rend plus facile à comprendre comment les faucons ont trouvé la corniche sur laquelle ils nichent, particulièrement si l'un ou l'autre fréquentait cet endroit en automne ou en hiver quand les arbres sont dépourvus de leurs feuilles.

Accentuation de la présence des faucons durant la dernière semaine d'avril

Toujours selon ces informations, la présence des faucons était plus perceptible depuis 3 semaines, notamment par leurs cris. Le 3 semaine est à compter à partir des visites de Richard Dupuis des 16 et 17 mai.  Cet intervalle de temps est probablement plus ou moins approximatif mais si on remonte dans le temps de 3 semaines, on arrive au 25 avril. Or le 24 avril j'ai vu un accouplement et entendu les cris caractéristiques d'un autre à l'Incinérateur des Carrières. C'était aussi la dernière fois que j'y voyais les 2 faucons ensemble. Voir cet article sur les observations à l'incinérateur des Carrières.


Quand pourrait-il y avoir naissance ?

Le fait qu'il y a eu accouplement le 24 avril à l'incinérateur des Carrières permet de penser qu'il n'y avait pas encore d’œuf à l'église Saint-Marc. Des accouplements ont probablement eu lieu aussi par la suite à l'église Saint-Marc, ce qui pourrait d'ailleurs expliquer certains des cris entendus.  En revanche depuis que j'ai découvert le nid le 13 mai aucun accouplement n'a été observé et les faucons semblaient se relayer au nid sans interruption, ce qui suggère que la couvaison avait commencé.

Ce qu'il faut savoir, c'est que les faucons pèlerins commencent généralement à couver après que l'avant-dernier œuf a été pondu, que le nombre d’œufs se situe généralement entre 2 et 4 et qu'il s'écoule environ 55h entre la ponte de 2 œufs. De plus il s'écoule entre 32 et 35 jours entre le début de la couvaison et l'éclosion.

Pour simplifier les choses, considérons le scénario où 3 œufs ont été pondus. Dans le meilleur des cas, le premier œuf a été pondu à 0h le 25 avril et le 2ième œuf environ 55h plus tard, disons pour simplifier le 27 avril à 7h. Si les faucons suivent à la lettre le manuel ;-), la couvaison commencerait à ce moment précis, avec une éclosion entre le 29 mai et le 1er juin. Si le nombre d’œufs pondus n'est pas 3, il faut retrancher ou ajouter 55h par œuf en moins ou en plus.

Considérons maintenant la date la plus tardive, en supposant toujours que la couvaison avait commencé le 13 mai. La fourchette des 32-35 jours nous mènerait alors vers une éclosion entre le 14 et le 17 juin.

Bien entendu tous les chiffres utilisés sont approximatifs et certaines hypothèses ont été faites: il ne faut donc pas prendre ces estimations à la lettre. Ceci dit, la première quinzaine de juin est sans doute la période la plus probable pour d'éventuelles naissances.


Comment détecter les naissances ?

Dans la mesure où on peut pas voir ce qui se passe dans le nid, il faudra se contenter de signes indirects. Dans les 24h suivant leur naissance, les fauconneaux recevront leur premier repas de viande crue. Par ailleurs, tant que les fauconneaux ne sont pas nés, les adultes n'apportent pas de nourriture au nid à cause des bactéries qui pourraient pénétrer les œufs. L'arrivée de nourriture au nid est donc un indicateur très fiable qu'il y a eu naissance.

Attention cependant: il ne faut pas confondre le nid avec la corniche sur lequel il est situé. Je soupçonne en effet que le mâle apporte occasionnellement de la nourriture sur la corniche à l'intention de la femelle, qui sera soit mangée sur place par la femelle à une certaine distance du nid ou emportée ailleurs. Ce qu'il faut donc guetter, c'est un faucon qui se dirige vers la gauche de la corniche avec de la nourriture, là où se trouve le nid.



Lien vers les photos et vidéos de Richard Dupuis

Ces liens vous amènent vers la page Facebook des faucons de l'UdeM. D'autres informations y seront certainement publiées dans l'avenir.