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vendredi 1 janvier 2016

Faucons pèlerins de Montréal: retour sur l'année 2015

Comme pour 2014, voici un retour sur les faits marquants de l'année 2015 pour les faucons pèlerins de Montréal que j'ai la chance de pouvoir observer.

L'année 2015 a été excellente du point de vue de la reproduction avec 100% de réussite pour les 5 couples nicheurs que j'observe, alors qu'en 2014 deux d'entre eux n'avaient pas eu de bébé. Cela a eu pour effet de doubler le nombre de fauconneaux qui ont pris leur envol par rapport à l'an dernier:

Comparaison du nombre de fauconneaux à l'envol entre 2014 et 2015
Nid 2014 2015
Université de Montréal 3 3 (+1)
Échangeur Turcot 1 2
Incinérateur des Carrières/église Saint-Marc 0 4
Tour de la Bourse ≥ 2 ≥ 1
Pont Champlain 0 ≥ 2
Total ≥ 6 ≥ 12 (+1)


De 2015, on retiendra également
  • la suite de la saga de l'Université de Montréal avec entre autres un changement de mâle à 3 jours de la ponte du premier œuf;
  • l'adoption par ce nouveau couple d'un fauconneau orphelin (en plus de leurs 3 fauconneaux à eux), relâché à l'Université de Montréal par l'UQROP;
  • la mésaventure du fauconneau mâle de l'Échangeur Turcot, soigné à l'UQROP puis relâché, après une collision avec une fenêtre à son 2ième jour hors du nid
et plusieurs autres choses.

Voyons cela en détails.

Crédits:  cet article est basé sur mes observations mais aussi sur les observations d'autres personnes, des observations qui ont été partagées le plus souvent via la page Facebook Faucons de l'UdeM d'Eve Belisle et de Richard Dupuis ou via eBird. Ces personnes incluent en particulier Pierre André, Eve Belisle, Rachel Bilodeau, Richard Dupuis, Paul Fortin, Christian Fritschi, Yves Gauthier, Jean-Sébastien Guénette, Robert Lussier et Daniel Toro.


La saga de l'Université de Montréal

Le premier règne d'Éole: 8 septembre 2014 - 7 avril 2015

Rappelons qu'à l'automne 2014 on avait assisté quasi-simultanément à la disparition de Roger, le compagnon de Spirit depuis 2008, et à l'arrivée d'Éole, né de l'union de Roger et Spirit en 2011. Allait-on assister à un inceste mère/fils pour la saison de nidification 2015 ? C'était la question que l'on se posait au début de 2015. Cette question a rapidement eu un début de réponse avec l'observation d'un accouplement le 15 janvier à l'Oratoire Saint-Joseph entre Éole et sa mère. En revanche il a fallu attendre le 20 mars pour observer un accouplement à l'Université de Montréal, ce qui est une date relativement tardive si on considère que Spirit commence à pondre généralement dans la dernière semaine de mars. Les jours passaient et Spirit ne pondait toujours pas.

Puis arrive un premier coup de théâtre: le 3 avril, Richard Dupuis annonce avoir observé Éole à l'Incinérateur des Carrières avec une autre femelle! En tentant de confirmer cette observation, j'observe à mon tour le lendemain un couple de faucons pèlerins mais j'identifie - photo à l'appui - le mâle comme étant David, né en 2013 à l'Université de Montréal! L'apparente contradiction entre nos observations s'éclaire le 5 avril par l'observation de 3 faucons pèlerins à cet endroit.

Arrivée d'un nouveau mâle... et de 4 œufs

Spirit était alors déjà en retard de 2 jours sur sa date la plus tardive de ponte. Le 6 avril, Éole s'accouple à l'Université de Montréal à 13h07 puis quitte aussitôt. En 3 heures d'observation il n'aura été présent qu'une dizaine de minutes. Ce qui devait arriver arriva le lendemain: le 7 avril, Éole était remplacé à l'Université de Montréal par un faucon pèlerin non bagué dont un signe distinctif était une blessure fraiche au bec, possible conséquence d'une rencontre avec Éole qui avait été vu quelques heures plus tôt au nichoir.

Cette arrivée d'un nouveau mâle - surnommé Arthurin - relançait l'espoir qu'il y aurait bien une saison 2015 de nidification à l'Université de Montréal mais pour cela il fallait attendre quelques jours, le temps que les 2 faucons s'habituent l'un à l'autre et s'accouplent. C'est du moins ce que l'on pensait. Car au petit matin du 10 avril, moins de 3 jours après l'arrivée d'Arthurin, nouveau coup de théâtre: Spirit avait pondu pendant la nuit! C'était une surprise puisque Arthurin semblait encore timide et rien n'indiquait que des accouplements avaient déjà eu lieu (les 7, 8 et 9 avril j'avais accumulé une douzaine d'heures d'observations au total sur place sans remarquer aucun accouplement; par ailleurs le premier accouplement capté par la caméra du nichoir date du 11 avril). Il est donc tout à fait possible que ce premier œuf ait été fécondé par le précédent mâle, c'est-à-dire Éole...

Spirit a pondu au total 4 œufs, le dernier œuf étant pondu dans la nuit du 16 au 17 avril.  Après un petit temps de flottement, Arthurin s'est conduit en parfait partenaire pour Spirit, lui amenant à manger et la remplaçant sur les œufs quand elle devait s'absenter.

lundi 21 décembre 2015

Intrusion ou invitation à l'UdM: Spirit a-t-elle tenté d'attirer un mâle de passage ?

Vendredi 18 décembre peu après 13h, le passage d'un faucon pèlerin au-dessus de la tour de l'Université de Montréal a causé de l'agitation chez Spirit. Le fait que ses cris aient nettement précédé l'arrivée du faucon m'amène à considérer différentes explications, incluant la possibilité que Spirit ait attiré l'attention d'un faucon qui survolait le cimetière. J'en profite pour rappeler une observation similaire faite à l'Incinérateur des Carrières l'automne dernier. Finalement je rends compte de mes observations du week-end à l'Université de Montréal.

L'observation de vendredi

Lorsque j'ai commencé à observer à 13h10 ce vendredi 18 décembre, un faucon pèlerin était perché sur le coin André-Eisenstadt/Cimetière de la tour. Il s'agissait de Spirit et elle semblait seule. Mais à 13h18, surprise: elle se met à communiquer! C'était le genre de cris qui impliquait la présence d'un autre faucon pèlerin, aussi je me suis mis à ré-examiner fébrilement les façades de la tour pour tenter de trouver à qui elle s'adressait. Je scrutais aussi le ciel, mais je ne voyais rien. La perception du temps est quelque chose d’extrêmement  subjectif, mais il m'a semblé que cela a pris beaucoup de temps avant qu'un oiseau n'apparaisse finalement, venant du Cimetière. Il volait assez haut, plus haut que la tour. Son déplacement était assez lent pour un faucon pèlerin.

À son arrivée, Spirit s'est empressée de rejoindre le nichoir. La caméra du nichoir n'a pas eu le temps d'enregistrer sa courte présence, mais celle du bureau d'Eve Belisle, oui.
Spirit au nichoir pendant la visite d'un autre faucon (crédit: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/)

Pendant ce temps le faucon décrivait des cercles au-dessus de la tour. Moins de 1 minute après s'être rendue au nichoir, Spirit s'est envolée à nouveau et s'est posée sur la façade "Polytechnique" de la tour. On continuait d'entendre d'énergiques cris de communication.

Le visiteur s'est ensuite éloigné vers l'École Polytechnique. Le tout a duré moins de 4 minutes.

 

Explications possibles

Une première chose que l'on peut remarquer est que la trajectoire du faucon visiteur implique un virage de 90 degrés au niveau de la tour: il est arrivé tout droit du Cimetière, puis a quitté en direction de l'École Polytechnique. Ensuite il y a le fait que Spirit a commencé à communiquer avant que le faucon soit proche de la tour.

jeudi 17 décembre 2015

Le faucon pèlerin de Jarry/Pie-IX

Lorsque j'avais débuté ce blogue en mars 2014, j'avais indiqué qu'un de mes objectifs était de mieux connaitre la population Montréalaise de faucons pèlerins. C'est donc avec un grand plaisir que j'ai ajouté ces derniers jours un faucon pèlerin résident à ma liste! D'après les informations recueillies jusqu'à présent, ce faucon pèlerin a ses habitudes dans le secteur de Jarry/Pie-IX depuis plusieurs années. Mes propres observations  montrent que son territoire s'étend jusqu'à au moins la 8ième avenue - toujours le long de l'Autoroute Métropolitaine.

Des lunchs chez  Deschênes et Fils

Tout a commencé pour moi avec une publication d'un certain Jacques Larivière dans le groupe Facebook Ornithologie du Québec ce 1er décembre. Monsieur Larivière y signalait que pour la 2ième journée de suite un faucon pèlerin avait dévoré un pigeon dans la cour intérieure de l'entreprise Deschènes et Fils, située au 3901 rue Jarry Est. Avec son autorisation, je republie une des 2 photos qu'il avait jointe:

Faucon pèlerin dans la cour intérieure de Deschènes et Fils - crédit: Jacques Larivière
La photo n'est pas très nette (prise à travers une vitre, en zoomant avec un Ipad) mais elle montre une première particularité de ce faucon pèlerin: il mange au sol, plutôt que de ramener sa proie en sécurité sur un toit. J'ai pensé dans un premier temps qu'il pouvait s'agir d'un jeune faucon peu expérimenté mais les renseignements additionnels de Monsieur Larivière (que je remercie vivement) pointent plutôt, au contraire, vers un faucon adulte habitué de longue date à cet environnement.

Quelques courtes visites infructueuses par temps gris et pluvieux dans les jours qui ont suivi ne m'ont pas permis de voir le faucon pèlerin mais j'ai pu constater la présence de nombreux pigeons, ainsi que plusieurs perchoirs potentiels à proximité pour le faucon (panneaux publicitaires près de l'autoroute Métropolitaine, antennes sur les immeubles, tour de télécommunication, ...).

Groupe de pigeons sur un toit de Deschènes et Fils

 

Mes observations du 11 décembre 2015

J'ai repéré le faucon pèlerin vers 12h25 sur un panneau publicitaire le long de l'Autoroute Métropolitaine à la hauteur de la 17ième avenue:

Il s'est envolé à 12h32 en direction Ouest. En marchant dans cette direction je parviens à le repérer sur un autre panneau publicitaire, à plusieurs rues de là, à la hauteur du Boulevard Saint-Michel.



À de nombreuses reprises, le faucon m'a démontré qu'il n'était pas bagué, comme par exemple sur cette photo prise à 12h45, immédiatement avant son envol.


Je l'ai repéré à nouveau sur le premier panneau publicitaire - à hauteur de la 17ième avenue - à 12h55.

Il y était encore à 13h10 quand j'ai décidé de revenir vers le boulevard Saint-Michel pour prendre un bus. Mais lorsque j'ai jeté un coup d’œil depuis l'arrêt de bus quelques minutes plus tard j'ai constaté qu'il avait disparu. J'ai alors aperçu - quasiment au-dessus de moi - une dizaine de pigeons qui évoluait rapidement et en groupe très compact, avec un individu qui semblait voler en solo. Pris d'un doute j'ai suivi des yeux cet oiseau. Quelques instants plus tard j'obtenais confirmation qu'il s'agissait du faucon pèlerin lorsqu'il s'est posé sur le clocher de l'église Saint-Bernadin.

Quelques autres photos sont visibles dans cet album Facebook.

Pour une première observation j'ai été chanceux à plusieurs titres: non seulement j'ai pu vérifier quasiment immédiatement qu'il n'était pas bagué, mais il m'a aussi donné un aperçu de son territoire qui s'étend donc au moins de Pie-IX à la 8ième avenue, le long de la Métropolitaine. Cette dernière information permet d'ailleurs de le relier avec une forte probabilité à une observation rapportée sur eBird l'année dernière.

Autres informations

Monsieur Larivière a aimablement répondu à mes questions sur ce faucon pèlerin (qu'il en soit encore une fois chaleureusement remercié).  Il estime sa première observation à il y a 3 ans approximativement. Le faucon fréquente régulièrement l'entreprise Deschènes et Fils, où il est observé généralement durant la pause de midi, mais quelques observations tôt le matin ou en après-midi ont aussi été rapportées. Interrogé si le faucon était vu seulement en automne/hiver, Monsieur Larivière a répondu qu'il le voyait aussi l'été (ce qui élimine la possibilité qu'il s'agisse d'un hivernant) mais ne se souvient pas en revanche l'avoir vu en hiver.

Par ailleurs, de la consultation de eBird, il ressort que
  • Eve-Lyne Samson rapporte avoir observé un faucon pèlerin adulte posé sur le bord du toit d'un bâtiment à l'angle des boulevards St-Michel et Crémazie le 15 décembre 2014. C'est une des intersections où je l'ai vu moi-même ce vendredi. Il y a de fortes chances qu'il s'agisse du même faucon.
  • Une autre observation est rapportée par la même personne le 20 août 2014 en soirée, plus au nord sur le boulevard Saint-Michel.
  • 10 observations sont rapportées dans le Parc du Complexe Environnemental Saint-Michel par 3 personnes différentes- dont une observation impliquant 2 faucons pèlerins - malheureusement sans détails. On peut noter qu'aucune observation n'a été rapportée en hiver et au printemps (plus précisément, aucune observation entre le 29 décembre et le 21 juin), ce qui semble aller dans le sens de la constatation de Monsieur Larivière, quoique cette absence d'observations pourrait ici simplement s'expliquer si les 3 observateurs ne fréquentaient pas le parc durant ces 2 saisons. 

Conclusion

Observer un faucon pèlerin est toujours intéressant mais observer un faucon pèlerin qui a des habitudes bien ancrées dans un lieu donné l'est encore plus. Dans les semaines et les mois qui viennent, il devrait pouvoir être possible d'en apprendre plus sur ce faucon, en particulier:
  • Est-ce qu'il continue de fréquenter le secteur Jarry/Pie-IX en hiver et au printemps ?
  • Y-a-il d'autres endroits où il a l'habitude de se percher ?
  • En particulier, où dort-il ?
  • Est-il seul ?
  • ...



jeudi 10 décembre 2015

Suivi d'un perchoir de nuit de faucon pèlerin juvénile au Champ des Possibles - 19 septembre au 19 octobre 2015

Le Champ des Possibles est un secteur de Montréal situé à proximité de la station de métro Rosemont, de l'autre côté des voies de chemin de fer. 

Le 19 septembre 2015 en fin de journée, j'observais un faucon pèlerin juvénile sur le toit du 5800 Saint-Denis (le gros immeuble en face du métro Rosemont) en essayant de deviner s'il allait partir dormir à l'Incinérateur des Carrières ou à l'église Saint-Michel Archange, qui étaient alors les 2 endroits que je soupçonnais être utilisés pour passer la nuit. Mais à ma grande surprise il a plutôt fait un court vol qui l'a amené à se percher sur une sortie d'air sur un immeuble de l'autre côté des voies de chemin de fer. J'ai alors décidé de surveiller cet endroit le plus régulièrement possible: 23 visites dans la période du 19 septembre au 19 octobre m'ont permis de constater que ce perchoir a été utilisé 11 fois, et ce par au moins 2 faucons pèlerins juvéniles différents.


Localisation du perchoir

Le perchoir est situé sur la façade Nord-Est du 5605 avenue de Gaspé (qui incidemment abrite un café nommé... le Café Falco!).

Faucon pèlerin juvénile sur le perchoir en début d'après-midi (20/09/2015)

Façade nord-est du 5605, avenue de Gaspé avec le perchoir au centre

Faits saillants

Le tableau ci-dessous résume mes observations.


On constate que sur les 23 débuts de soirée où j'ai vérifié l'utilisation du perchoir du 5605, avenue de Gaspé, le perchoir a été utilisé 11 fois, soit près d'un soir sur 2. Durant 2 journées, soit les 20 et 21 septembre, le perchoir a même été disputé par 2 juvéniles (je décris ces observations plus en détail plus bas). On ne peut donc pas exclure que le perchoir ait été utilisé par 2 juvéniles différents suivant les jours.

À plusieurs occasions le juvénile était perché sur le 5800 Saint-Denis (le gros immeuble en face du métro Rosemont), soit sur le toit, soit au bord d'une fenêtre, avant de rejoindre son perchoir. À partir du 8 octobre, ce toit a fait l'objet de travaux, ce qui a forcé le juvénile à trouver un autre perchoir. Il s'est alors replié sur le toit du 5605, avenue de Gaspé. À d'autres occasions le juvénile arrivait en vol en suivant les voies ferrées, depuis la direction de l'Incinérateur des Carrières. À quelques reprises j'ai d'ailleurs pu observer un juvénile à l'Incinérateur des Carrières peu de temps auparavant.

J'ai également reporté dans le tableau mes observations à l'église Saint-Michel-Archange et à l'église Sainte-Madeleine d'Outremont pendant cette période. Ces 2 sites n'étaient cependant pas ma priorité et dans certains cas, je n'y ai constaté la présence d'un faucon qu'au téléobjectif depuis le viaduc Van Horne. Je ne peux donc pas la plupart du temps dire si le faucon observé était un adulte ou un juvénile.

Durant ces 30 jours, l'église Saint-Michel-Archange ne semble pas avoir servi de dortoir puisqu'à chaque fois que j'allais sur place, le ou les faucons finissaient par quitter. En revanche je considère comme très probable que le perchoir du 5605, avenue de Gaspé ainsi que le clocher de l'église Sainte-Madeleine-d'Outremont ont été utilisé pour passer la nuit.


Observation du 20 septembre: un juvénile tente de se poser sur un perchoir déjà occupé!

Après avoir découvert ce perchoir la veille, j'étais de retour cet après-midi-là, curieux de voir si le perchoir serait de nouveau utilisé. À 18h46 un juvénile est présent sur le toit du 5800 Saint-Denis. Lorsqu'il s'envole à 19h, je déclenche ma caméra qui est pointée sur le perchoir. Malheureusement le faucon ne s'y rend pas. Je me déplace dans la direction où il semble être parti, jusqu'à ce qu'un coup d’œil derrière moi m'apprend que le juvénile est revenu sur le toit. Je reviens donc à mon poste et réinstalle le trépied en espérant que la prise 2 sera la bonne. Mais en pointant la caméra vers le perchoir du 5605, avenue de Gaspé, je reçois tout un choc en constatant que le juvénile y est déjà! Puis un autre choc en m'apercevant que le juvénile est toujours sur le toit du 5800 Saint-Denis! Ìl est 19h10.

À 19h14 le juvénile #1 s'envole du 5800 Saint-Denis et se pose sur le toit du 5605 de Gaspé. Après avoir regardé plusieurs fois en direction de la sortie d'air où se trouve le juvénile #2, le juvénile #1 s'envole et passe devant son congénère. Comme il fait déjà sombre, je le perds immédiatement de vue et je ne peux que lui souhaiter de trouver un autre endroit pour passer la nuit. Ce n'est que plusieurs jours plus tard, en examinant mes photos, que je constate que #1 s'est posé à quelques centimètres de #2, au coin de la fenêtre qui surplombe la sortie d'air!



Observation du 21 septembre: une course pour décider qui occupera le perchoir

À mon arrivée à 18h48, aucun faucon n'était visible ni sur le perchoir du 5605 de Gaspé, ni sur le 5800 Saint-Denis, ni sur l'église Saint-Michel-Archange. Puis à 19h, 2 juvéniles arrivent à toute vitesse en suivant les voies de chemin de fer, en provenance approximativement de l'incinérateur des Carrières. Le premier se perche sur la sortie d'air, tandis que le deuxième prend de l'altitude, passe au-dessus du building et disparait. Ce dernier faucon est-il allé à l'église Sainte-Madeleine d'Outremont ? En tout cas, 10 minutes plus tard je constate la présence d'un faucon sur le clocher de cette église.

Une vidéo

Pour finir, voici un petit montage de séquences que j'ai pu enregistrer.
   

mercredi 18 novembre 2015

Visite d'un couple de faucons pèlerins intrus au nichoir de l'Université de Montréal

Dans mon précédent billet, je racontais qu'Éole - le faucon pèlerin mâle dont le territoire inclut l'incinérateur des Carrières et l'église Saint-Marc - était revenu visiter l'Université de Montréal. Ce samedi 14 novembre il n'était pas seul: une femelle non baguée l'accompagnait, identifiée par Faucons de l'UdeM comme étant sa compagne lors de la nidification à l'église Saint-Marc! L'intruse a immédiatement quitté lorsque Spirit est arrivée vers 15h. Éole a quitté à son tour quelques minutes plus tard.

Visite au nichoir du couple intrus

En jetant un coup d’œil aux photos en direct de la caméra de Faucons de l'UdeM vers midi, j'ai remarqué que 2 faucons se trouvaient dans le nichoir. A première vue, il ne s'agissait rien de plus que d'une nouvelle rencontre entre Éole et Spirit (une telle rencontre avait déjà été documentée le 9 novembre de cette année et à plusieurs reprises l'automne dernier). Mais en regardant les archives photos, j'ai été étonné de voir que le faucon qui accompagnait Éole ne semblait pas bagué. Or Spirit est baguée. Sur le coup je pensais avoir assisté à une rencontre entre les 2 mâles Éole et Arthurin.
Éole (à droite) et sa compagne - crédit photo: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/


Observation sur place

Après m'être assuré qu'Eve Belisle était au courant, je suis allé voir sur place. À mon arrivée à 13h55, j'ai repéré 2 faucons: l'un (identifié par la suite comme étant Éole) était perché sur une colonne de la tour de l'Université de Montréal au-dessus du nichoir alors que l'autre (identifié par la suite comme étant sa compagne) se tenait sur le perchoir du nichoir.

Les faucons étaient tranquilles jusqu'à 14h54, moment où la femelle s'est envolée et est allée explorer une petite corniche au coin des façades "André-Eisenstadt" et "Cimetière". Là elle s'est mise à communiquer pendant plusieurs minutes (voir la vidéo ci-dessous). À 14h58'35 elle s'envole et se pose au milieu de la façade "André-Eisenstadt", un peu au-dessus du niveau du nichoir. Elle a redécollé moins de 1 minute plus tard (à 14h59'28), pour revenir se poser au même endroit. Pendant ce temps, Éole s'était aussi mis à voler, plongeant notamment vers le sol comme s'il tentait d'attraper quelque chose. Avec les 2 faucons en mouvement rapide, il était difficile de suivre qui faisait quoi. À 14h59'48 un faucon se retrouve sur le perchoir du nichoir et y entre quelques instants plus tard: il s'agit apparemment d'Éole d'après la caméra du nichoir. Pendant ce même temps, un autre faucon disparaissait du côté de la façade "Polytechnique" de la tour, comme s'il s'y posait. On est à moins de 3 minutes de l'intervention de Spirit et il n'est pas exclu qu'elle faisait déjà parti des faucons que je voyais.

Intervention de Spirit

J'ai profité d'une relative accalmie dans l'activité des faucons (un faucon dans le nichoir, l'autre apparemment posée sur la façade Polytechnique (non visible de là où j'étais)) pour changer les piles de mon appareil photo, dont le voyant rouge clignotait depuis plusieurs minutes. C'est alors que je m’apprêtais à réinstaller  l'appareil photo sur son trépied que j'ai remarqué très fugitivement qu'il y avait 3 faucons dans un mouchoir de poche à proximité du nichoir. On entendait également crier. J'ai commencé à filmer à 15h02'44, avant d'avoir fixé l'appareil photo sur son trépied, ce qui explique le fort bougé dans ma vidéo. À 15h02'47, on distingue brièvement un faucon qui prend de l'altitude comme s'il s'éloignait de la tour en direction du cimetière, alors que 2 autres faucons sont visibles sur la tour.

Les photos des archives de la caméra du nichoir montrent qu'il y a 2 faucons dans le nichoir à 15h02'40 et à 15h03'10. Dans les 2 photos, un des faucons est clairement Éole. D'après la vidéo publiée par Faucons de l'UdeM ainsi que les commentaires qui l'accompagnent, le 2ième faucon serait l'intrus femelle. La photo suivante prise à 15h03'40 montre Spirit en train de rentrer dans un nichoir vide. À noter que les temps ne concordent pas tout à fait, ce qui s'explique entre autre par le fait que l'heure sur mon appareil photo n'est pas réglée à la seconde près.


Un faucon est visible à droite du nichoir à 15h03'02 sur une de mes vidéos. Ce faucon s'envolera à 15h05mn54 en direction de l'École Polytechnique. Il s'agit très vraisemblablement d'Éole puisqu'on imagine mal Spirit tolérer l'autre femelle pendant près de 3 minutes. Spirit était à l'intérieur du nichoir pendant ce temps.

Spirit s'envole une heure plus tard, à 16h02mn19, en direction du pavillon André-Eisenstadt. C'est une de ses trajectoires habituelles pour se rendre à l'Oratoire Saint-Joseph, où elle passe souvent la nuit, mais ce n'est pas là qu'elle est allée. Elle est revenue se percher près du nichoir vers 16h09. Elle y était encore à 16h15 quand j'ai quitté pour aller l'attendre à l'Oratoire Saint-Joseph. J'ai cessé de l'attendre à 17h06. Soit elle est arrivée plus tard (l'Oratoire Saint-Joseph est très illuminé le soir, donc aucun problème pour s'y poser même tardivement), soit elle a dormi ailleurs. Dans ce dernier cas, la cause pourrait être soit l'intrusion de la femelle, soit les forts vents qui soufflaient ce jour-là.


Un précédent en octobre 2013

En octobre 2013 un autre couple de faucons pèlerins avait visité le nichoir. Il s'agissait très vraisemblablement du couple Polly-Algo qui niche à l'Échangeur Turcot. J'ai découvert cette visite seulement 1 an plus tard en revoyant mes videos pour tenter d'en apprendre davantage sur les présences/absences de Roger en automne, après la disparition de ce dernier. En particulier, comme je n'avais pas réalisé sur le coup qu'il s'agissait d'intrus, je n'étais pas resté pour tenter de voir comment Spirit ou Roger réagiraient face à cette intrusion.


jeudi 12 novembre 2015

Retour du faucon pèlerin Éole à l'Université de Montréal!

Malgré une nidification réussie cette année dans le quartier Rosemont avec 4 jeunes à l'envol, le faucon pèlerin mâle Éole (alias E83) est de retour dans un territoire qui n'est pas le sien. Il a en effet été observé quasiment quotidiennement au nichoir de l'Université de Montréal depuis le 3 novembre. Cette présence d'Éole à l'Université de Montréal pose la question de ce qui est arrivé au mâle résidant, Arthurin et n'est pas sans rappeler ce qui s'est passé il y a un an.

Observations d'Éole à l'Université de Montréal

Les observations ont été faites via les caméras de Faucons de l'Université de Montréal. Voici un résumé des évènements avec à chaque fois un lien vers la publication correspondante de Faucons de l'UdeM sur leur page Facebook:

Un lien avec un autre dérangement à l'Incinérateur des Carrières ?

L'incinérateur des Carrières joue un rôle important pour Éole. C'est en effet à cet endroit qu'a eu lieu sa première tentative de nidification connue en 2014, qui a malheureusement échoué. En 2015, après avoir été pendant quelques temps en couple à l'Université de Montréal avec sa mère, Éole est revenu à l'Incinérateur s'accoupler avec la femelle qui était probablement sa compagne de l'année dernière. Alors que les observateurs s'attendaient à une autre nidification à l'Incinérateur,  le couple a plutôt choisi de déménager à l'église Saint-Marc, d'où 4 jeunes ont pris leur envol en juillet. Mais, peu après que les jeunes sachent voler correctement, ceux-ci ont été regroupés (en tout cas pour 3 des 4) à l'incinérateur des Carrières. Plus récemment j'ai pu observer un couple de faucon pèlerin adulte à l'Incinérateur des Carrières le 18 octobre. Bien que mes photos ne permettaient pas de lire les bagues du mâle, il est raisonnable de penser qu'il s'agissait d'Éole et de sa compagne.  Le couple y a aussi été observé le 31 octobre par Richard Dupuis.

C'est dans ce contexte et sachant qu'Éole avait été revu à l'Université de Montréal, que je suis allé faire un tour à l'Incinérateur l'après-midi du 5 novembre. Voici ce que j'ai vu:

D'après Radio-Canada, la banderole est apparue le matin même. Il n'y aurait donc pas de lien direct avec la première visite d'Éole à l'Université de Montréal qui est intervenue l'après-midi du 3 novembre. Malheureusement ce dérangement s'ajoute à plusieurs autres (par exemple la pose de graffiti en pleine période de nidification en mai):  on ne peut certainement pas en vouloir à Éole de convoiter un territoire plus tranquille!

Éole à l'Oratoire Saint-Joseph le 10 novembre

En plus de faire presque quotidiennement de courtes visites au nichoir de l'Université de Montréal, Éole a passé plusieurs heures à l'Oratoire Saint-Joseph ce mardi 10 novembre. J'ai d'abord repéré un faucon pèlerin sur la façade avant de l'Oratoire à 9h35. Une heure plus tard, au sortir de mon rendez-vous chez le dentiste, un faucon était toujours présent au même endroit. Cette fois-ci j'ai pu l'identifier: c'était Éole.



Il a quitté à 12h26 en direction de l'aéroport.



Puis, tel que mentionné plus haut, à 13h38 il réapparaissait dans le nichoir de l'Université de Montréal.


Où est Arthurin ?

Arthurin était apparu en avril de cette année. C'est donc son premier automne ici. De plus, comme il n'est pas bagué, on ne connait absolument rien de lui. Une des explications pour son absence pourrait donc être tout simplement qu'il est parti migrer.

Ce qui est troublant cependant, c'est qu'il semblait encore là le 2 novembre - soit la veille du début des visites d'Éole - tel que mentionné par Faucons de l'UdeM. Ma prudence s'explique par le fait que je n'ai vu aucune photo dans les archives montrant nettement qu'un des faucons n'est pas bagué. En théorie les 2 faucons pourraient donc être Spirit et Éole, plutôt que Spirit et Arthurin. Cependant je considère cette possibilité comme étant peu probable à cause de la longue présence des 2 faucons qui contraste avec les courtes visites d'Éole les jours suivants. Il semble donc bien qu'Arthurin était présent le 2 novembre. Si Arthurin est parti en migration, le moins que l'on puisse dire est qu'Éole n'a pas perdu de temps pour le remplacer! 

Si jamais Arthurin devait ne plus réapparaitre, ce serait le 2ième mâle dont la disparition coïnciderait avec l'arrivée d'Éole, et cela augmenterait inévitablement les soupçons sur un rôle actif de ce dernier.

Une répétition de l'an dernier

En effet c'est le 2ième automne de suite qu'Éole s'installe à l'Université de Montréal, dans un territoire qui appartient à un autre mâle. L'an dernier l'autre mâle était Roger, le compagnon de longue date de Spirit.  La première visite d'Éole au nichoir de l'Université de Montréal a été observée le 7 septembre 2014. Le lendemain, Roger était vu pour la dernière fois. Puis dans les jours et les semaines qui ont suivi, Éole est devenu de plus en plus présent, voir mon billet du 11 octobre 2014.

Le 15 janvier, il concrétisait son statut de mâle résidant en s'accouplant avec Spirit. Plusieurs autres accouplements ont suivi, au point où on s'attendait à ce qu'Éole soit le père des fauconneaux à naître cette année-là à l'Université de Montréal. Puis surprise: le 3 avril, alors que Spirit était en retard de près d'une semaine par rapport à sa date de ponte des années passées, Éole était revu à l'Incinérateur des Carrières avec une femelle, probablement sa compagne de 2014. Éole continuait cependant de fréquenter l'Université de Montréal mais il semblait de moins en moins présent. Ce qui devait arriver est arrivé le 7 avril: Éole était remplacé à l'Université de Montréal par un nouveau mâle, dénommé Arthurin, facilement reconnaissable grâce à une blessure au bec possiblement causée par une bataille.




dimanche 8 novembre 2015

2 faucons pèlerins et un fantôme à la Tour de la Bourse!

Plusieurs surprises à la Tour de la Bourse ce samedi après-midi 7 novembre. D'abord de voir non seulement 1 mais 2 faucons pèlerins (ma dernière observation d'un faucon pèlerin à cet endroit remontait au 19 septembre et il était seul). Mais aussi parce que le comportement de l'un d'eux était inhabituel. Peut-être à cause du fantôme...

Un premier faucon pèlerin

J'ai remarqué un faucon pèlerin perché sur une poutre verticale brisée (je ne connais pas le terme technique exact) de la façade du nid (façade sud-est) de la Tour de la Bourse à 15h21. J'ai décidé de le surveiller pour tenter de voir où il irait dormir.

Un 2ième faucon avec un comportement étrange

Vers 15h50 le faucon s'anime, et à ma surprise je vois un 2ième faucon disparaitre sur la façade voisine (façade sud-ouest). Il n'est pas resté là-bas très longtemps. J'ai pensé qu'il y avait peut-être déposé une proie. C'est à ce moment-là que le comportement inhabituel a commencé: le 2ième faucon n'arrêtait pas de passer et de repasser rapidement devant le premier faucon qui était toujours sur sa barre, et on pouvait percevoir des cris (voir la vidéo ci-dessous). Il s'agit d'un comportement que l'on peut voir lorsqu'il y a présence d'un intrus. Pourtant, à en juger par ce qui s'est passé par la suite, le faucon perché ne semblait pas être un intrus.

Pendant que je réglais mon appareil photo, le 2ième faucon a disparu vers la droite et je pensais qu'il était parti. Jusqu'à ce que je remarque un faucon posé sur le bord de la corniche près du nid. Ce faucon était plus difficile à repérer à l’œil nu que le premier. Bien qu'il soit très probable qu'il s'agissait du faucon numéro 2 qui s'était posé, je ne peux pas totalement exclure la possibilité d'un 3ième faucon.

Un fantôme...

Mais quelques instants plus tard, nouvelle surprise (que je n'ai découverte qu'en visionnant les vidéos une fois rendu chez moi).  Je vous laisse découvrir par vous-même de quoi il s'agit. Cela se commence à 4'40 dans la vidéo.


Il s'agit évidemment très vraisemblablement d'un humain, dont je ne pouvais apercevoir que le sommet du crâne à cause de l'angle. N'empêche, je ne m'attendais pas à voir une structure bouger à cet endroit! Étonnamment le faucon ne semble pas effrayé par cette présence humaine, en principe exceptionnelle, près du nid. Le comportement étrange du faucon en vol quelques minutes plus tôt pourrait-il néanmoins s'expliquer par cette intrusion ? Peut-être mais je n'avais pas l'impression que cette partie de la tour était au centre du mouvement de va-et-vient du faucon.

Départ des faucons

À 16h29 le faucon qui était sur la poutre verticale brisée depuis le début de l'observation s'est envolé et est allé se percher sur le même type de poutre, mais complètement à gauche. Le faucon qui était près du nid s'est envolé à son tour à 16h31. Quand je me suis retourné vers le premier faucon il avait disparu lui aussi. Mais à 16h33 un faucon était de nouveau présent sur la 2ième poutre verticale brisée (ce qui suggère que les 2 faucons avaient peut-être tenté une chasse). Ce faucon s'est envolé vers la droite vers 16h37.

Conclusion

Il est évidemment impossible de savoir si ces 2 faucons pèlerins étaient le couple qui a niché sur la tour à cet endroit, ni même si c'était 2 adultes.  Mais en tout cas, voici 2 autres faucons pèlerins qui ne migrent pas ou qui ne sont pas encore partis.  Le 15 novembre 2014 j'avais observé un seul faucon pèlerin à la tour de la Bourse.