Pages

Affichage des articles dont le libellé est incinérateur des Carrières. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est incinérateur des Carrières. Afficher tous les articles

samedi 2 novembre 2019

Un faucon pèlerin juvénile passe un week-end à l'incinérateur des Carrières

En fin d'après-midi du samedi 19 octobre j'ai découvert un faucon pèlerin juvénile à l'incinérateur des Carrières du côté de la piste cyclable en compagnie de 2 corbeaux pas très contents de sa présence. Le juvénile a fini par être expulsé par un autre faucon pèlerin, adulte celui-là. Le lendemain en fin d'après-midi le juvénile était cependant de retour, pour tenter d'attraper un pigeon puis pour en dévorer un. Je n'ai plus réussi à le revoir par la suite. Il pourrait s'agir d'un juvénile en migration qui a fait une halte à Montréal pour reprendre des forces, ou bien le juvénile a reçu un autre message du faucon pèlerin adulte et s'est déplacé. Si vous voyez un faucon pèlerin à l'incinérateur des Carrières ou dans le secteur, merci de me le signaler par courriel (falcoUrbanis@gmail.com) ou via Facebook.

Faucon pèlerin juvénile (20 octobre)

Observations du 19 octobre

Le faucon pèlerin juvénile et les 2 corbeaux

Cet après-midi là j'étais passé chez Lozeau pour récupérer une commande et tant qu'à être dans le quartier j'ai décidé d'aller jeter un coup d’œil à l'incinérateur des Carrières. De loin j'ai pu apercevoir et entendre les corbeaux (un couple de corbeau avait niché avec succès sur une des cheminées ce printemps).  Quand je suis arrivé en face de l'incinérateur, 2 oiseaux venaient juste de se percher sur le toit de l'incinérateur. A priori les 2 corbeaux sauf que l'un d'eux semblait un peu moins noir que l'autre... En le photographiant j'ai découvert avec surprise que c'était un faucon pèlerin juvénile!

Lorsque la photo ci-dessus a été prise à 16h18, le 2ième corbeau était également perché sur l'incinérateur, à une certaine distance à droite du faucon pèlerin.

Alors que je tentais de trouver un meilleur point d'observation, les corbeaux se sont mis à crier et j'ai constaté que les 3 oiseaux s'étaient envolés. Je serais incapable de décrire en détails la scène assez spéciale à laquelle j'ai assisté mais une chose dont je me souviens, c'est le faucon pèlerin juvénile qui coursait un pigeon à basse altitude au-dessus des voies ferrées, lui-même poursuivi par un des corbeaux. Le faucon a passé comme une flèche près de moi et s'est perché sur le garde-fou du toit de l'incinérateur.


Quelques minutes plus tard un corbeau lui a ravi ce perchoir dans ce qui ressemblait au jeu de la tag.

Le faucon est revenu un peu plus tard profitant que le corbeau était occupé avec un écureuil (voir ci-dessous).



Agressivité des corbeaux face aux pigeons et à un écureuil 

Peut-être en raison de leur frustration vis-à-vis du faucon, les corbeaux semblaient s'attaquer aux pigeons perchés sur le mur ou en vol à proximité, et même à un écureuil. Lors d'une de ces attaques, j'ai bien cru que le corbeau avait réussi à attraper un pigeon puisque celui-ci ne s'était pas envolé. Et pour cause, c'était en fait un écureuil! (c'était la première fois que je voyais un écureuil à cet endroit). L'écureuil a réussi à esquiver l'attaque en se déplaçant sur la rainure mais sa position était très précaire: trop haut pour sauter et s'il avait essayé de grimper ou de descendre en s'agrippant à la paroi il aurait fait une cible facile. Il s'est réfugié derrière la cheminée Est mais il y a été rejoint par les 2 corbeaux. Après plusieurs minutes les 2 corbeaux sont réapparus et se sont envolés mais je n'ai plus revu l'écureuil.

L'écureuil sur le point de disparaitre derrière la cheminée Est


Intervention d'un faucon pèlerin adulte

Vers 16h34 le faucon pèlerin juvénile s'est perché plus en hauteur, sur la cheminée ouest.

Les photos prises à cette occasion ont permis de constater que le juvénile n'était bagué à aucune des pattes, ce qui permet d'exclure qu'il provenait du nid de l'université de Montréal ou qu'il a fait un séjour à l'UQROP.

Vers 16h37, un faucon pèlerin adulte surgi de nulle part a sèchement délogé le juvénile. On pouvait entendre à cette occasion les forts tsioups ainsi que le cri d'alarme des pèlerins, en plus des cris de protestation du corbeau qui était perché sur la cheminée un peu plus bas que le juvénile. Le faucon pèlerin adulte est ensuite allé se percher sur la plateforme qui abritait le nid de corbeau au moment de la découverte des faucons pèlerins en 2014, presque tout en haut de la cheminée Est.


Faucon pèlerin adulte après avoir chassé le juvénile

L'adulte  a disparu entre 16h56 et 16h59. Je n'ai plus revu le juvénile. À signaler également la présence - probablement illégale -  de 2 humains sur le toit de l'incinérateur autour de 16h51. Il s'est passé décidément beaucoup de choses à l'incinérateur cet après-midi là!

L'adulte était-il Éole?

Le faucon pèlerin adulte a agi comme si l'incinérateur lui appartenait. Or le dernier propriétaire pèlerin connu de l'incinérateur est Éole (avec sa compagne Eve il a tenté sans succès d'y nicher en 2014; en 2015 le couple a déménagé in extremis à l'église St-Marc mais a ramené ses petits à l'incinérateur dès qu'ils étaient capables de voler;  en 2016 ils ont eu 2 fauconneaux à l'incinérateur; depuis 2018 le couple niche à l'Université de Montréal).  Je n'ai malheureusement pas pu voir si le faucon qui a chassé le juvénile était bagué, ni a fortiori lire l'éventuelle bague. Par contre ce que l'on sait, c'est qu'Éole était en mesure de voir ce qui se passait à l'incinérateur cet après-midi là. En effet la caméra du nichoir de faucon de l'université de Montréal a enregistré sa visite à 16h20 sur le perchoir du nichoir d'où les cheminées de l'incinérateur sont visibles. Il est parti dans cette direction quelques instants plus tard.
Éole à l'Université de Montréal à 16h20 (crédit: fauconsudem.com)
Il serait intéressant de documenter la présence d'Éole à l'incinérateur des Carrières pour confirmer cette hypothèse. Si ce n'est pas Éole, cela pourrait suggérer que l'incinérateur des Carrières a un nouveau propriétaire. Rappelons à ce propos que Éole n'est pas le seul faucon pèlerin né à l'université de Montréal à avoir été observé à l'incinérateur des Carrières: il y a aussi eu David en 2015.

 

Observations du 20 octobre

Pas de faucon entre 10h et 11h30

J'y suis retourné une première fois le lendemain matin 20 octobre de 10h à 11h30, sans revoir de faucon. Par contre les 2 corbeaux sont arrivés et se sont livrés à une sorte de séance d'épouillage, un corbeau picotant sans interruption pendant au moins 10 minutes le plumage de l'autre, qui semblait plutôt apprécier.



15h40: présence d'un faucon

J'ai été plus chanceux en après-midi. Alors que j'approchais de l'incinérateur j'ai vu un corbeau s'éloigner en croassant ainsi qu'un autre oiseau non identifié. À 15h43, aucun doute: c'était bien un faucon qui volait au-dessus de l'incinérateur et qui a disparu vers la rue des Carrières. Je ne peux pas affirmer cependant que c'était un faucon pèlerin.

16h28: attaque du faucon pèlerin juvénile sur les pigeons

À 16h28 l'irruption d'un faucon près de la façade arrière de l'incinérateur provoque l'envol précipité de tous les pigeons qui y étaient perchés. Le faucon se perche sur le garde-fou de la passerelle circulaire à mi-hauteur de la cheminée Est, ce qui me permet de l'identifier  comme un pèlerin juvénile.

Il s'envole à 16h31 et disparait du côté de la rue des Carrières.

16h53: retour du juvénile avec une proie 

J'ai attendu un moment sur la piste cyclable puis je suis passé sur la rue des Carrières. À 16h53 le juvénile est arrivé de la direction du boulevard Rosemont avec une proie et s'est perché sur un garde-fou de la façade Est de l'incinérateur.


Puis il s'est mis à manger.


À 17h04 un humain apparait brusquement au coin de la façade, ce qui provoque le départ précipité du juvénile montré par la vidéo. Le faucon tente de mieux assurer sa prise sur la proie en vol mais celle-ci lui échappe et tombe sur la rampe qui permettait aux camions d'accéder à l'incinérateur.  Manifestement il y avait quelque chose sur cette rampe qui l'inquiétait puisqu'il a passé 4 longues minutes à tourner en rond au-dessus avant de se risquer d'abord à se poser sur le garde-fou (à 17h08) puis à tenter une récupération (17h11). Pendant qu'il hésitait ainsi un petit faucon est arrivé (faucon émerillon à en juger par le cri mais je peux me tromper) mais est vite reparti.

Faucon pèlerin juvénile en vol (17h08)

Faucon pèlerin juvénile sur le garde-fou de la rampe (17h09)

Je n'ai pas vu le faucon pèlerin juvénile repartir donc j'ignore s'il a pu récupérer la proie ou s'il a terminé son repas sur la rampe. Chose certaine il était en vol moins de 3 minutes après sa tentative de récupération. Il a volé pendant quelques instants dans le secteur à altitude relativement basse avant de traverser les voies ferrées et de s'éloigner vers l'Est. Il était alors 17h15 et je ne pouvais pas rester plus longtemps.

Tentatives infructueuses d'observation

Le 21 octobre j'étais présent à l'incinérateur de 16h45 à 18h25. À 17h11 j'ai remarqué depuis la rue des Carrières un faucon tout en haut d'un des mâts d'éclairage du parc Père Marquette.
Malheureusement avant que j'ai pu me rapprocher pour identifier l'espèce le faucon a lancé une attaque dans la direction opposée à l'incinérateur, vers la rue Bellechasse. Mais le 28 octobre vers 15h15, c'était un faucon émerillon qui était perché sur ce même perchoir.
Faucon émerillon, parc Père Marquette, 28 octobre

J'ai également tenté en vain de revoir le faucon pèlerin juvénile ou l'adulte le  jeudi 24 octobre de 9h50 à 10h45, le samedi 26 octobre de 8h à 10h et le lundi 28 octobre de 14h40 à 16h10, en plus de courts passages le 24 octobre vers 16h45 et le 31 octobre vers 12h20.





















mardi 10 juillet 2018

En mémoire de Gérard Robert

C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris vendredi soir 6 juillet le décès de M. Robert, survenu plus tôt dans la journée après une courageuse bataille contre le cancer. M. Robert avait notamment apporté une contribution très appréciée au suivi de la nidification d'Éole et Eve à l'incinérateur des Carrières en 2016.  Cet article rappelle sa contribution.

Toutes les photos publiées dans cet article sont de lui; seule une petite partie d'entre elles sont présentées ici. Beaucoup de ses observations ont été faites avec sa compagne Marie-Claire Desormeaux à qui j'adresse mes sympathies.


2016 

J'ai rencontré Gérard Robert et Marie-Claire Desormeaux sur la piste cyclable des Carrières le matin du 13 mai 2016.  J'étais alors en train de surveiller les faucons pèlerins Éole et Eve qui tentaient de déloger un couple de corbeaux qui nichaient à quelques mètres de l'entrée de leur nid de 2014 à l'incinérateur des Carrières (en 2015 ce couple de faucon avait niché à l'église Saint-Marc).  Je ne suis pas d'abord facile mais ils avaient su m'aborder. Très vite, M. Robert a commencé à m'approvisionner en photos de haute qualité et en rapports d'observation.

Première photo reçue de M. Robert, 19 mai 2016 (crédit: Gérard Robert)

Le 26 mai mes observations suggèrent la présence d’œufs; puis le 27 juin j'observe des signes de naissance. Même si je me suis appuyé uniquement sur mes propres observations pour arriver à ces 2 conclusions, M. Robert continuait de m'envoyer régulièrement de précieuses informations durant cette période.

Le 8 juillet, M. Robert photographie Éole apportant une proie au nid sous le regard d'Eve:
Éole apporte une proie à Eve, 8 juillet 2016 (crédit: Gérard Robert)

Le lendemain, M. Robert documente un accident peu ordinaire: un faucon pèlerin adulte, alourdi par la proie qu'il transportait, ne parvient pas à atteindre l'altitude requise pour se poser au nid et chute. En perdant de l'altitude le faucon est sorti du champ de vision de M. Robert mais M. Robert l'a ensuite vu s'éloigner, avec la proie toujours dans ses serres. Je n'ai pas connaissance d'autre incident de ce genre à Montréal ou ailleurs.




Chute d'un faucon, 9/07/2016 (crédit Gérard Robert)


Le 14 juillet les 2 fauconneaux sont vus pour la première fois. Voici une photo d'un des fauconneaux que m'a envoyé M. Robert ce jour-là:
Un des fauconneaux, 14 juillet 2016 (crédit: Gérard Robert)
De nombreuses photos ou vidéos montrant les fauconneaux m'ont été envoyées par la suite.

Le 16 juillet je reçois un courriel de M. Robert également envoyé à l'arrondissement  Rosemont-La Petite Patrie ainsi qu'au maire de Montréal, Denis Coderre, faisant part de son inquiétude face à des rumeurs de travaux à venir à proximité du nid. Une démarche sans doute un peu précipitée mais qui montre qu'il avait pris à cœur la sécurité de cette famille de faucons. Des travaux de renforcement de la façade de l'incinérateur près du nid seront finalement exécutés en septembre. Le lendemain 17 juillet, aidé par Marie-Claire Desormeaux il faisait cesser un vol de drone à proximité du nid.   Cet article dans mon blogue couvre la période du 14 au 18 juillet et contient une photo prise de M. Robert montrant l'apparition des plumes de vol chez un des fauconneaux.

Aux alentours du 21 juillet, lui et Marie-Claire sont partis pour un voyage de 2 semaines en Inde. Le 28 juillet, un des fauconneaux tombe du nid et est transporté à la clinique des oiseaux de proie par Eve Belisle et Richard Dupuis; son séjour là-bas puis au centre de réhabilitation Chouette à Voir se prolongera jusqu'au 25 août.  Le 1er août il apparait que le second fauconneau a quitté le nid. Sa trace est perdue en milieu de journée du 2 août. Se passe alors un évènement plutôt surréaliste. Le matin du 3 août, M. Robert m'informe que leur avion atterrira à Dorval vers 16h30 et qu'ils considèrent rendre visite au fauconneau un peu plus tard. Je m'empresse de l'informer que nous ne savons plus où il se trouve afin d'éviter un déplacement inutile. Imaginez ma surprise lorsqu'à 17h45 je reçois le courriel suivant: "Salut. Il serait sur St Gregoire entre Fabre et Marquette. Côté sud dans ruelle"! Je m'empresse de me rendre sur place. J'y trouve effectivement le fauconneau ainsi que Gérard Robert et Marie-Claire Desormeaux qui arrivaient tout droit de l'aéroport... Se trouvait également avec eux Paryse Dugas qui les avaient cherchés à l'aéroport. C'est en fait cette dernière qui avait remarqué une photo d'un faucon sur la page Facebook d'un résidant du quartier le matin même et qui l'avait montré à M. Robert à l'aéroport, qui a immédiatement compris qu'il s'agissait du fauconneau que nous recherchions. L'ensemble de cette histoire est racontée dans cet article.

Les photos et les rapports d'observation ont recommencé à entrer. À partir de la mi-août, le fauconneau devient cependant moins visible à l'incinérateur des Carrières, ce qui amène M. Robert à surveiller d'autres endroits comme le 5800 Saint-Denis, l'église Saint-Michel-Archange et l'église Sainte-Madeleine d'Outremont.

Le matin du 25 août Gérard Robert et Marie-Claire Desormeaux me rejoignent derrière l'incinérateur des Carrières pour la relâche de 2 fauconneaux depuis le parc Wilfried Laurier. L'un d'eux était le fauconneau qui était tombé du nid le 28 juillet, l'autre (une femelle) avait été recueillie dans Notre-Dame-de-Grâce et soignée avec lui. Tel que prévu les 2 fauconneaux se dirigent vers l'incinérateur des Carrières. Un seul sera vu passant en trombe au-dessus de la piste cyclable. M. Robert a fait la remarque que le faucon semblait trainer quelque chose. Lorsque les vidéos de la relâche ont été publiées,  il est apparu en effet qu'un des fauconneaux s'était envolé avec du papier déchiqueté qui avait rendu son transport depuis le centre de réhabilitation de l'UQROP plus confortable.

Le 28 août je lui envoie un message après avoir observé un jeune se rendre au nid au criant, indice qu'il pourrait s'agir du fauconneau mâle relâché. Ils me rejoignent. Malheureusement ni mes photos ni celles de M. Robert ne montreront clairement une bague à la patte droite qui aurait permis de confirmer cette hypothèse. Voir cet article pour plus de détails.
Un des juvéniles, 28 août 2016 (crédit: Gérard Robert)


Faucon pèlerin juvénile à l'église Saint-Michel-Archange, 30 août 2018 (crédit: Gérard Robert)


2017

En 2017, Éole a choisi d'être fidèle à Spirit (la femelle faucon pèlerin qui régnait alors sur l'Université de Montréal) et il n'y a donc pas eu de nidification à l'incinérateur des Carrières. Au meilleur de nos connaissances Eve a concentré son énergie à attaquer Spirit, attaques qui ont connu deux points forts: la spectaculaire bataille dans le nichoir de l'université de Montréal du 26 avril et la bataille finale du 10 juin qui a forcé Spirit à fuir, sérieusement blessée.

Cependant le 3 avril, à ma grande surprise, M. Robert me rapporte avoir observé, photos à l'appui, un faucon pèlerin - vraisemblablement Eve - se rendre au nid de l'incinérateur des Carrières en vocalisant un peu avant 16h.
Adulte à l'entrée du nid de l'incinérateur, 3 avril 2017 (crédit Gérard Robert)

Faucon pèlerin en vol, incinérateur des Carrières, 3 avril 2017 (crédit Gérard Robert)
Cette observation restera largement isolée et est donc précieuse (à ma connaissance, la seule autre observation de faucon pèlerin à l'incinérateur durant le premier trimestre 2017 a été faite par Sandy le 20 mars; il y en avait alors 2 sur les cheminées). Pas très loin, ce même 3 avril en début d'après-midi Samuel Denault a observé un faucon pèlerin depuis le parc Laurier.

En début et en fin d'année M. Robert m'a également envoyé des photos d'Eve et d'Éole prises à l'église Saint-Jean-Baptiste.
Faucon pèlerin à l'église Saint-Jean-Baptiste, 28 janvier 2017 (crédit Gérard Robert)


Le 23 décembre, M. Robert me communique via Facebook une intéressante observation faite par Marie-Claire Desormeaux. À 12h05 celle-ci a observé 2 faucons se poser l'un après l'autre sur des fils électriques de la rue Saint-Grégoire, en face de l'incinérateur. Les photos, prises apparemment avec un cellulaire, ne permettent malheureusement pas d'identifier l'espèce hors de tout doute (les photos sont visibles dans les commentaires du lien Facebook donné plus haut). Le couple y est retourné de 13h à 14h30 mais les faucons avaient quitté les fils, seul un individu était encore visible, décrivant des cercles haut dans le ciel. Cette observation a été faite peu de temps après ma propre observation de 2 faucons pèlerins à l'église Saint-Jean-Baptiste de 10h20 à 11h40, avec un des faucons toujours présent à 11h48. Si le couple de faucon observé par Marie-Claire Desormeaux était bien des pèlerins, ce serait une observation inhabituelle dans la mesure où les faucons pèlerins se perchent rarement sur des fils. Il est intéressant de noter qu'une autre observation confirme la présence d'un couple de faucon pèlerin dans le secteur ce matin-là. Samuel Denault, un ornithologue réputé, rapporte sur eBird avoir observé 2 faucons pèlerins chassant des pigeons  sur Saint-Zotique entre Papineau et De Lorimier. L'heure indiquée de l'observation (10h40) est approximative; Samuel Denault m'a plutôt indiqué que l'observation avait été effectuée quelque part entre 10h30 et 11h45. Si cette fourchette est exacte, au moins un des faucons n'était pas l'un des faucons pèlerins vus à l'église Saint-Jean-Baptiste puisqu'il en restait un à 11h48.

2018

Le 4 février M. Robert a tenté en vain d'observer le faucon pèlerin que j'avais signalé sur ma page Facebook à l'hôpital Louis-H. Lafontaine.

Le 20 mars il m'envoie une série de photos montrant un épervier de Cooper avec un pigeon que l'épervier a amené dans un nid quelque part dans le Vieux-Rosemont (je n'ai malheureusement pas eu le temps de donner suite à cette observation).
Épervier de Cooper, 20 mars 2018 (crédit: Gérard Robert)

Finalement le 7 mai, dans un commentaire sur ses photos d'un cardinal à poitrine rose (publication restreinte à ses amis Facebook), il me signale qu'il n'a pas vu de faucon pèlerin lors de son passage à l'incinérateur. M. Robert ne m'informait pas systématiquement des tentatives d'observation infructueuses, il y a donc eu certainement bien plus de tentatives en 2018 que les 3 mentionnées dans cette section, bien qu'il est évident que la maladie ait limité ses observations.

Épilogue  

Sous prétexte que je puisse avoir accès à ses albums photos sur Facebook, nous étions devenus amis sur Facebook en août 2016. Mon fil d'actualité s'est ainsi enrichi de ses nombreuses et magnifiques photos de nombreux aspects de la vie de Montréal, que ce soit un renard sur le Mont-Royal, des couchers de soleil ou des édifices joliment décorés. J'ai également eu le plaisir de suivre un autre voyage en Inde au début de 2017. M. Robert partageait également, très dignement et très courageusement, les traitements qu'il subissait ainsi que la progression de sa maladie. Face à la souffrance qui transparaissait de certaines publications, les "bon courage" semblaient bien dérisoires. Ses publications comportaient également des aspects plus légers, comme la documentation photographique de la destruction de l'ancien hôpital Saint-Luc depuis les hauteurs de sa chambre d'hôpital ou la fameuse "saga de la banane".

Sa mort vendredi vers 10h a approximativement coïncidé avec ce qui semble avoir été une première expédition à l'extérieur de l'université de Montréal de la famille de faucon pèlerin qu'il avait suivi  (plus précisément, les 4 fauconneaux et les 2 adultes ont disparu pendant que j'étais allé voir le match France-Uruguay, soit entre 9h45 et 12h). Il est tout à fait envisageable que certaines de ces expéditions amènent dans les prochains jours les fauconneaux à des endroits fréquentés dans le passé par leurs parents, incluant l'incinérateur des Carrières et d'autres endroits surveillés par M. Robert.  Si cela arrive, cela risque d'être un moment émouvant pour moi puisque je ne doute pas que M. Robert aurait aimé les voir.

Mes pensées et mes sympathies vont d'abord à Marie-Claire Desormeaux ainsi qu'à Paryse Dugas que j'ai eu l'occasion de rencontrer, ainsi qu'au reste de la famille et aux ami(e)s de M. Robert. M. Robert m'aura apporté bien plus que des informations sur les faucons pèlerins. Merci énormément à lui. 

vendredi 14 octobre 2016

Observations inattendues de faucon pèlerin dans le secteur de l'Incinérateur des Carrières

Depuis quelques semaines il est devenu très difficile d'observer les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières aux endroits qu'ils avaient l'habitude de fréquenter ces derniers mois: l'Incinérateur, le 5800 St-Denis et l'église St-Michel-Archange notamment. Ce phénomène s'explique probablement  par le départ des juvéniles et par le fait que le mâle, Éole, fréquente de nouveau assidument l'Université de Montréal (il était encore apparu devant la caméra du nichoir le 5 octobre, quelques heures avant que celle-ci soit mise hors-fonction pour près de 2 mois pour cause de travaux). En réaction à cette quasi-disparition des faucons, j'ai raréfié mes visites qui sont aussi devenues plus courtes, ce qui évidemment n'aide pas à augmenter les observations! Cependant Monsieur et Madame Robert - qui habitent dans le quartier - continuent de garder un œil sur ces endroits et n'ont pas revu les faucons récemment.

Cet après-midi lors d'une de mes visites, surprise: non pas 1 mais 2 faucons pèlerins étaient présents à l'église Saint-Michel-Archange, dont un sur un perchoir que je n'avais jamais vu utilisé! J'ai ensuite pu en suivre un qui est allé se percher sur le toit d'un entrepôt de la rue de Gaspé (c'était seulement la 2ième fois que j'en voyais un à cet endroit!). Quand ce faucon s'est envolé approximativement vers l'Incinérateur des Carrières après le coucher du soleil, j'ai décidé d'aller jeter un coup d’œil à cet endroit malgré la nuit qui tombait rapidement. Et nouvelle et dernière surprise, un faucon pèlerin était perché sur le mur de l'incinérateur près du coin Sud-Ouest!


2 faucons pèlerins à l'église Saint-Michel-Archange

Après une visite infructueuse à l'Incinérateur des Carrières vers 16h, je suis allé sur le viaduc Van Horne. C'est de là que j'ai aperçu à 16h24 un faucon pèlerin perché sur la croix du clocher de l'église Saint-Michel-Archange. Par chance il était encore présent quand je suis arrivé.



Il ne faisait pas grand chose. En le surveillant j'ai remarqué ce que j'ai pris pour un pigeon, de dos, perché au-dessus d'une fenêtre de l'église. À un certain moment, pour passer le temps, j'ai examiné ce pigeon aux jumelles... et je me suis aperçu que c'était en fait un autre faucon pèlerin!

Le "pigeon" devenu faucon pèlerin

Faucon pèlerin au-dessus d'une fenêtre de l'église
Localisation de la fenêtre (photo prise depuis la rue Saint-Urbain)

Ce 2ième faucon s'est envolé à 16h54 approximativement dans l'axe de Saint-Urbain en direction Nord. Le premier faucon s'est redressé comme s'il allait aussi s'envoler mais a finalement décidé de rester. Je suis remonté sur le viaduc Van Horne pour tenter de localiser le faucon qui venait de partir (je pensais notamment qu'il avait pu aller se percher sur la citerne d'eau de l'entrepôt Saint-Laurent) mais je ne l'ai pas trouvé. À aucun moment je n'ai entendu de communication entre les 2 faucons.

Je suis revenu ensuite à l'église St-Michel-Archange où le 1er faucon était toujours présent. Celui-ci s'est envolé à 17h49, approximativement dans l'axe de la rue Saint-Viateur, en direction Est. J'ai attendu un moment son éventuel retour puis j'ai pris la même direction.


Un faucon pèlerin sur le toit du 5455, avenue de Gaspé

Après avoir traversé le boulevard Saint-Laurent j'ai remarqué un faucon en vol qui se dirigeait vers moi (et vers l'église St-Michel-Archange) au-dessus de la rue Saint-Viateur. Il semblait s'agir d'une femelle par la taille. Le faucon a fait demi-tour et s'est posé sur un coin du toit du 5455, avenue de Gaspé. Il observait les passants grouiller sous lui en espérant probablement voir passer un pigeon, ce qui malheureusement pour lui ne s'est pas réalisé.

Localisation du faucon (5455 avenue de Gaspé)
J'avais hâte de voir où il allait aller quand il partirait. J'étais bien placé pour le voir descendre l'avenue de Gaspé en direction de l'église Saint-Jean-Baptiste où un faucon dort régulièrement ces temps-ci, ou pour le voir retourner vers l'église Saint-Michel-Archange, et au-delà, vers l'église Sainte-Madeleine d'Outremont qui a aussi déjà servi de dortoir. À ma grande surprise il est bien parti à 18h15 (soit 7 minutes après le coucher du soleil) dans l'axe de la rue Saint-Viateur mais vers l'Est plutôt que vers l'Ouest... Je l'ai immédiatement perdu de vue au-dessus du toit. J'étais perplexe puisque je ne connaissais pas de dortoir dans cette direction. Mais comme la lune était pratiquement pleine (pleine lune dans 2 jours, le 16 octobre) et que le ciel était dégagé, je me suis dit qu'il était peut-être parti chasser.


Et pour finir, un faucon pèlerin à l'Incinérateur des Carrières

J'ai commencé par remonter sur le viaduc Van Horne pour examiner aux jumelles les églises Saint-Michel-Archange et Sainte-Madeleine d'Outremont (au cas où il aurait fait un arc de cercle ou bien que l'autre faucon était réapparu): aucun faucon n'y était visible.

Je me suis ensuite dirigé vers l'Incinérateur des Carrières qui se trouvait être proche de ma station Bixi. Toujours avec l'idée que le faucon était peut-être parti chasser, j'espérais vaguement le voir déguster une proie sur la passerelle supérieure d'une des cheminées. Compte tenu de l'obscurité qui était déjà bien installée, c'était essentiellement tout ce que je pouvais espérer. Pour être franc, je ne pensais pas voir quelque chose! Mais à ma grande surprise, un faucon était perché sur le mur de l'Incinérateur près du coin Sud-Ouest!


Il était alors 18h42. Le faucon était toujours présent 20 minutes plus tard quand j'ai quitté. Se pourrait-il qu'il dorme là? Je n'en sais rien mais c'est à rapprocher d'une observation (ou plutôt d'une absence d'observation) que j'ai faite hier: l'église Saint-Jean-Baptiste semblait déserte hier soir à 19h30, ce qui m'a amené à aller examiner le dortoir alternatif de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont: désert lui aussi.

(À noter que, comme me l'a fait remarquer Monsieur Robert, la piste cyclable passant derrière l'Incinérateur des Carrières est actuellement fermée une grande partie de la journée.)



vendredi 2 septembre 2016

La famille de faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières s'agrandit

La famille de faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières est passée de 3 individus à 5 individus jeudi dernier, 25 août, avec la relâche de 2 fauconneaux qui avaient été soignés à la Clinique des Oiseaux de Proie de l'Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie (UQROP).

Un des relâchés, un mâle, ("Zigor") était né à l'Incinérateur des Carrières au début de l'été mais avait été transporté à l'UQROP après avoir chuté du nid le 28 juillet. Le deuxième relâché est une femelle ("Anna"), trouvée au sol à Westmount à la même date. Les 2 juvéniles rejoignent le jeune mâle "Gus", dont les premiers vols s'étaient passés sans incident majeur.

Les parents sont "Éole" (le mâle), né en 2011 à l'Université de Montréal et "Eve" (la femelle), dont on ne connait pas grand chose puisqu'elle n'est pas baguée. Éole et Eve habitent à l'Incinérateur depuis 2014.

Zigor a très vraisemblablement été revu à l'Incinérateur des Carrières le 28 août. Anna n'a pour l'instant pas encore été revue. Il est probable que les juvéniles fréquentent le Plateau-Mont-Royal, dans le quadrilatère défini par l'avenue Papineau à l'Est, la rue Sherbrooke au Sud, le boulevard Saint-Laurent à l'Ouest et les voies de chemin de fer au Nord, et que des contacts avec les adultes aient lieu là-bas. Si vous pensez les avoir vus, laissez-moi un message via Facebook ou par courriel. Parmi les signes de présence des faucons: cris inhabituels; poursuite en vol avec cris; oiseau qui plume une proie sur un toit; oiseau perché sur une église ou une sortie d'air, particulièrement à l'approche du coucher du soleil; carcasse de pigeon au sol, ...




Présentation des 3 juvéniles

Le mâle "Gus"

Né à l'Incinérateur des Carrières à la fin juin, il a quitté le nid le 1er août. Après une journée et demie passée à l'Incinérateur des Carrières, il avait disparu. Il a été retrouvé le lendemain matin sur la rue Saint-Grégoire par Adam Jones qui lui avait donné le nom de "Gus". Le fauconneau était revenu de lui-même à l'incinérateur le lendemain. Le récit de ses premiers jours hors du nid fait l'objet de cet article.  Ce juvénile avait également été baptisé "Jeunot" par M. Robert.

Gus à l'église Saint-Michel-Archange, 27 août 2016

Ces temps-ci Gus fréquente le 5800 Saint-Denis, l'église St-Michel-Archange, ainsi que l'église Sainte-Madeleine d'Outremont où il semble dormir, voir cet article.

Le mâle "Zigor"

C'est le frère de Gus. Des employés de l'Incinérateur l'avait retrouvé au matin du 28 juillet boitillant au pied du nid. Il a été transporté à l'UQROP par Eve Belisle et Richard Dupuis, où il a été soigné puis placé dans une volière en compagnie d'un faucon pèlerin adulte qui s'est chargé de son éducation.

Il a été relâché le 25 août dans le parc Sir-Wilfried-Laurier par Eve Belisle, Richard Dupuis et Christian Fritschi. Immédiatement après sa relâche, il a été aperçu près de l'Incinérateur. Il a très vraisemblablement été observé à nouveau le 28 août (voir plus bas).

Zigor s'éloigne, trainant avec lui des bandes de papier (crédit photo: Christian Fritschi)

À noter sur la photo quelques bandes de papier qui sont restés accrochées à ses pattes. Le papier déchiqueté tapissait le fond de la boite dans laquelle il a été transporté afin de lui rendre le voyage plus agréable. Cette particularité non volontaire a permis de l'identifier lorsqu'il est passé en vol près de l'Incinérateur quelques instants plus tard. Zigor a été relâché par Eve Belisle que l'on distingue à droite de la photo.

Son nom se veut un complément à "Gus": Zigor et Gus sont en effet un duo de clowns français, qualifié de "clowns maladroits" dans cette émission de M6. "Clown" et "maladroit" s'applique plutôt bien à de jeunes faucons pèlerins! 

Zigor est bagué à la patte droite.

La femelle "Anna"

Cette jeune femelle a été trouvée le 28 juillet sur le trottoir de l'avenue Sherbrooke Ouest, entre les rues Claremont et Prince-Albert. Recueillie par la Sécurité Publique de Westmount et la SPCA, elle a été acheminée le lendemain à l'UQROP par Christian Fritschi.

Ironiquement, si un cadavre de faucon pèlerin femelle n'avait pas été trouvé près de l'Échangeur Turcot, on aurait sans doute conclu qu'il s'agissait d'Acacia, la jeune femelle de l'Échangeur Turcot. En effet l'endroit où Anna a été retrouvée est située à moins de 400 mètres d'un immeuble (le 4999 Sainte-Catherine ouest) fréquenté par les juvéniles de l'Échangeur Turcot l'an dernier.

Le nid connu le plus proche d'où pourrait provenir cette femelle est celui de la Tour de la Bourse où sont nés au moins 4 fauconneaux cette année. Mais il est intéressant de noter qu'avec une distance de 4 kms, ce nid n'est pas le plus proche dans l'absolu. Le nid le plus proche est celui de l'Échangeur Turcot (1,6km), suivi de celui de l'Université de Montréal (2,7km). La femelle ne pouvait pas provenir de ces 2 nids puisque le cadavre de la seule femelle née à l'Échangeur Turcot avait déjà été trouvé et puisqu'il n'y a pas eu de naissance cette année à l'Université de Montréal. Bien entendu Anna pouvait également provenir d'un nid restant à découvrir.

Anna est baguée à la patte gauche. Son nom a été choisi par Christian Fritschi qui l'avait amené à l'UQROP le 29 juillet et qui l'a relâché le 25 août.

Relâche d'Anna par Christian Fritschi (crédit photo: Eve Belisle)

La décision de relâcher un jeune faucon pèlerin dans une famille qui n'est pas la sienne n'est pas une première. L'an dernier par exemple, une jeune femelle trouvée blessée à Trois-Rivières et soignée à l'UQROP avait été relâchée à l'Université de Montréal et adoptée par Spirit, Arthurin et leurs 3 filles.



L'opération de relâche

Les 2 faucons Anna et Zigor ont été soignés et ont séjourné pendant plusieurs semaines à l'UQROP.  Je commencerai donc par dire quelques mots sur l'UQROP. Avant la relâche, un comité d'accueil s'était mis en place à l'Incinérateur en les personnes d'Éole et de Gus: je parlerai donc aussi de mes observations précédant la relâche.

L'Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie

L'Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie (UQROP) a été fondée en 1987 par le docteur Guy Fitzgerald. Cette organisme poursuit principalement 2 missions:
  • soigner les oiseaux de proie. La Clinique des Oiseaux de Proie de la Faculté Vétérinaire de l'Université de Montréal, située à Saint-Hyacinthe, est l'élément central de cette mission. Cette mission est rendue possible par de nombreux intervenants (agents de la faune, bénévoles, ...) qui acheminent les oiseaux de proie blessés à la clinique. Plus de 350 oiseaux sont soignés en moyenne chaque année.
  • sensibiliser le public. À travers le site Chouette à Voir, et via des visites avec des oiseaux-ambassadeurs dans les écoles et d'autres endroits. À noter que des volières de Chouette à Voir accueillent aussi les oiseaux de proie convalescents; il n'y a donc pas de frontière hermétique entre les 2 missions.
L'UQROP ne reçoit aucune subvention récurrente de fonctionnement de la part des différents paliers de gouvernement et dépend donc pour son fonctionnement de ses revenus autonomes (dons, commandites, cotisation des membres, revenus provenant de conférences et du site Chouette à Voir, vente d'articles promotionnels). Si vous le souhaitez, il est possible de contribuer en devenant membre, en parrainant un oiseau, en visitant Chouette à Voir, en participant à une activité photo ou de remise en liberté, en effectuant des achats à la boutique en ligne ou en faisant un don ou un leg. Voir la section "Comment nous aider" de l'onglet "À propos de nous" sur le site web de l'UQROP.

Observations précédant la relâche

Le but de ces observations étaient de tenter de localiser les 3 faucons déjà présents (Éole, Eve, Gus) dans l'espoir de mieux comprendre ce que l'on verrait lors de la relâche de Zigor et Anna.

  • Église Saint-Michel Archange

Peu avant 8h, les 2 adultes étaient présents sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange. L'un d'eux était occupé à plumer une proie. À 8h04 ce faucon est parti avec la proie en direction approximativement du 5800 Saint-Denis.

  • 5800 Saint-Denis

C'est sur le toit du 5800 Saint-Denis que j'ai trouvé Gus à 8h12. La vidéo ci-dessous, filmée à 8h40, le montre après son repas, quand soudain un faucon émerillon (merci au Docteur Guy Fitzgerald pour l'identification) surgit de nulle part et l'accroche!


Le faucon émerillon a lancé une dernière attaque alors que Gus était en vol; puis a disparu. Gus, qui s'était posé à nouveau sur le toit, s'est envolé à 8h50 en direction de l'incinérateur des Carrières.

  • Incinérateur des Carrières

À 9h j'ai trouvé Gus sur le garde-fou du toit de l'incinérateur, au coin sud-ouest.
Gus à l'incinérateur des Carrières

Cette observation était inespérée puisque depuis vendredi matin je n'avais plus vu de faucon à l'incinérateur des Carrières. Au contraire, Gus semblait s'être déplacé vers l'église Saint-Michel-Archange, et peut-être même l'église Sainte-Madeleine d'Outremont: voir cet article. La présence de Gus à l'incinérateur des Carrières allait peut-être faciliter le contact avec les 2 juvéniles qui devaient être relâchés de l'autre côté des voies ferrées, au parc Sir-Wilfried-Laurier.

Mieux encore, un faucon qui par la suite a été identifié comme étant Éole par Richard Dupuis, était aussi présent tout en haut de la cheminée Ouest. Le comité d'accueil était en place!

Gus avait la bougeotte. Il a visité plusieurs perchoirs sur les cheminées ainsi que le coin sud-est de l'incinérateur, entrecoupé de courts vols. À 10h10, alors qu'Éole était toujours sur son perchoir, un faucon est apparu en vol près des cheminées. Son arrivée a provoqué le départ groupé d'une dizaine de pigeons. Possiblement excité par ces mouvements, le faucon s'est mis à les poursuivre. Après les avoir pourchassé au-dessus des voies ferrées il est revenu près de l'incinérateur et a même tenté de débusquer des pigeons qui s'étaient réfugiés entre la cheminée Ouest et la bâtisse. Même si je n'ai pas pu identifier le faucon, il ne fait guère de doute dans mon esprit qu'il s'agissait de Gus. C'était la première fois que je le voyais poursuivre des pigeons. Sa poursuite l'a amené à franchir une nouvelle fois les voies ferrées mais cette fois-ci il n'est pas revenu. Il se trouvait ainsi à se diriger vers l'endroit où devait se faire la relâche!


La relâche

La relâche des 2 jeunes faucons pèlerins Zigor et Anna a été effectuée par Eve Belisle et Richard Dupuis de Faucons de l'UdeM, accompagné de Christian Fritschi,  depuis le parc Sir-Wilfried-Laurier vers 11h20. Richard Dupuis et Christian Fritschi agissent couramment comme bénévoles pour l'UQROP. Plusieurs photos de l'évènement ont été publiées:

De mon côté j'étais à l'Incinérateur des Carrières au cas où les relâchés décideraient d'y venir. M. Robert et sa femme m'y ont rejoint. L'incinérateur des Carrières était une destination possible pour les relâchés, et la présence d'Éole renforçait encore la possibilité qu'il s'y passe quelque chose.  Mais ça pouvait être dans un horizon de plusieurs heures. J'ai été totalement pris de court par la rapidité avec laquelle les choses se sont passées! C'est M. Robert qui a remarqué le faucon au-dessus de la piste cyclable. J'ai immédiatement jeté un coup d’œil sur la cheminée Ouest: Éole y était toujours. Incrédule j'ai jeté un coup d’œil sur mon téléphone et j'ai vu le message d'Eve Belisle: "on va relâcher le premier"! Pendant ce temps le faucon s'était éloigné en direction de l'avenue Papineau. Puis est arrivé un second message "Les deux sont partis vers l'Incinérateur".

A priori le faucon observé pouvait être Gus, ou même un tout autre faucon. Mais un détail observé par M. Robert permet de l'identifier comme étant Zigor. M. Robert a en effet remarqué qu'il trainait derrière lui une sorte de ficelle. Cette ficelle est en fait du papier déchiqueté qui remplissait la boîte dans laquelle le juvénile avait été transportée. On voit très bien Zigor décoller avec ce papier dans la photo publiée plus haut.

Anna n'a pas été vue après sa relâche ce jour-là, et Zigor n'a pas été revu.     


Observation très probable de Zigor le 28 août

Cette observation a déjà été décrite dans un de mes articles Facebook. Je la décris ici à nouveau. L'observation a commencé par celle d'un juvénile qui était très vraisemblablement Gus au 5800 Saint-Denis. L'observation de Zigor a été faite à l'incinérateur des Carrières une quarantaine de minutes plus tard.

Juvénile au 5800 Saint-Denis

À 16h je surveillais depuis le viaduc Van Horne un faucon pèlerin perché sur l'antenne du 5800 Saint-Denis quand un groupe de pigeons a traversé le viaduc tout près de moi, poursuivi par un faucon pèlerin. Après avoir abandonné la chasse, ce faucon pèlerin est allé se percher sur le toit du 5800 Saint-Denis et a commencé à crier. Des cris de juvénile.

Juvénile sur le 5800 Saint-Denis

Le juvénile n'était pas bagué à la patte droite, ce qui exclut Zigor. Il s'agissait vraisemblablement de Gus qui est un habitué de cet immeuble.

À 16h12 l'adulte s'est envolé et a descendu l'avenue de Gaspé en direction sud. Le juvénile a suivi.

Puisque je les avais perdus, j'ai décidé d'aller à l'Incinérateur des Carrières, où M. Robert avait signalé un faucon à 13h10.


Juvénile avec 2 adultes à l'Incinérateur des Carrières

Quand je suis arrivé à l'Incinérateur à 16h30, aucun faucon n'était visible. Mais à 16h37 un faucon venant de l'autre côté des voies ferrées s'est posé sur la cheminée Est en criant. Le fait qu'il criait signalait la présence d'un autre faucon. Et effectivement quelques instants plus tard j'aperçois un autre faucon en vol. Puis à 16h39 un juvénile se pose sur la passerelle à mi-hauteur de la cheminée Ouest en criant.

Quelques instants plus tard j’aperçois un faucon pèlerin tout en haut de la cheminée Ouest. Ce faucon est bagué, il s'agirait donc d'Éole (qui incidemment était à l'Université de Montréal 37 minutes plus tôt). Comme je ne vois plus le faucon sur la cheminée Est, j'en conclus que c'est le même qui s'est déplacé mais la suite allait bientôt montrer que ce n'était pas le cas.

À 17h j’aperçois un faucon en vol qui a apparemment décollé de la cheminée Est. Eole et le juvénile sont toujours à leurs perchoirs. Ils sont donc 3. Cela faisait plusieurs semaines qu'il n'y avait pas eu autant de faucons observés à l'Incinérateur!

Je perds rapidement le faucon de vue. Il se pourrait qu'il soit allé au nid par l'entrée Est, d'après les Robert qui arrivaient à ce moment-là. Ce qui est certain en revanche, c'est que le juvénile, lui, est allé au nid! Par l'entrée Ouest. Ce comportement ne ressemblait pas du tout à celui de Gus, qui à ma connaissance n'a plus jamais été revu au nid après son envol. L'absence d'hésitation du juvénile à se rendre à cet endroit suggère que des 2 relâchés il s'agirait de Zigor, le seul à avoir connu cet endroit. Les photos montrant sa patte gauche non-baguée ont d'ailleurs permis par la suite d'exclure Anna.

Pour être certain qu'il s'agissait de Zigor, il aurait fallu prouver l'existence d'une bague à la patte droite du juvénile. Malheureusement si le juvénile nous a montré à plusieurs reprises sa patte gauche, il était beaucoup plus réticent à montrer sa patte droite. M. Robert a réussi cependant à prendre une photo qui montre ce qui semble être une bague là où se trouve en principe sa patte droite. Comme la patte en tant que telle n'est pas visible, je garde une toute petite réserve. Personnellement j'estime à 95% la probabilité que le juvénile que nous avons vu était bien Zigor.

Photo de M. Robert montrant ce qui semble être une bague à la patte droite


Autre photo de M. Robert suggérant une bague à la patte droite

Le juvénile s'est envolé à 17h30 en direction parc Sir-Wilfried-Laurier. Éole était toujours présent (un faucon y était d'ailleurs toujours présent à 19h40)  mais le 3ième faucon (probablement Eve) avait disparu depuis un moment.

Conclusion

Si le juvénile observé le 28 août était bien Zigor comme je le pense, le fait que les faucons venaient du sud des voies ferrées et que le juvénile est reparti dans cette direction suggère que Zigor fréquente le Plateau Mont-Royal. Des contacts entre les adultes et Zigor ont certainement eu lieu - et continuent d'avoir lieu - dans ce secteur. De plus Anna, qui n'a plus été revue depuis sa relâche, pourrait également fréquenter ce secteur.

Plusieurs déplacements des adultes avaient déjà été observés dans le passé vers ce secteur. Si peu de choses sont connues sur les endroits que fréquentent les adultes dans ce secteur on sait cependant que l'église Saint-Jean-Baptiste située à l'intersection des rues Rachel et Saint-Julien fait partie des endroits qui ont déjà fréquentés. Cela a au moins le mérite de donner une idée de l'étendue de leur territoire. On peut penser en particulier que le Parc Lafontaine ne leur est pas inconnu. Si vous localisez d'autres endroits, merci de me le signaler en laissant un message via ma page Facebook ou par courriel


dimanche 21 août 2016

Les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières se déploient sur 4 arrondissements de Montréal

Ces derniers jours la famille de faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières s'est déployée sur un territoire de plusieurs kilomètres-carrés, s'étendant sur 4 arrondissements de Montréal.

Rappelons que cette famille est composée de 2 adultes: Eve (la femelle), Eole (le mâle) et de leurs 2 jeunes, tous des mâles. Le premier jeune mâle, qui était tombé du nid le 28 juillet, est présentement à l'UQROP et "devrait être relâchable dans les prochaines semaines" d'après le docteur Guy Fitzgerald joint avant-hier (il est possible de le voir dans une volière de Chouette à Voir à Sainte-Jude; rappelons que les opérations de réhabilitation des oiseaux de proie de l'UQROP sont en partie financées par les droits d'entrée à cette installation: une visite à cet endroit est donc un moyen de contribuer à cet effort). Le deuxième mâle a été plus chanceux et a quitté le nid avec succès au début du mois. Ce sont ces 2 adultes et le 2ième jeune mâle qu'on peut voir actuellement dans le ciel Montréalais.

Les 4 arrondissements de Montréal où on peut voir ces faucons pèlerins sont:
  • Rosemont-La Petite Patrie: c'est dans cet arrondissement qu'est situé le nid, à l'Incinérateur des Carrières plus précisément. Un adulte et le juvénile y étaient encore visibles avant-hier matin.  Deux autres sites qui ont reçu la visite des faucons pèlerins sont l'édifice du 5800 Saint-Denis (adulte + juvénile) et la Chambre de la Jeunesse au 410 rue de Bellechasse (juvénile).
  • Le Plateau Mont-Royal: de nombreuses observations ont été faites à l'église Saint-Michel-Archange. qui durant les derniers jours semble être devenue le point central des faucons.
  • Outremont. Un faucon pèlerin a été observé au coucher du soleil sur le clocher de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont le 15 août.
  • Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce: Éole visite quotidiennement sa seconde femelle, Spirit, à l'Université de Montréal.

Dans ce qui suit, je présente plus en détails les différents sites et les activités qui y ont été observées.


L'église Saint-Michel-Archange

Cette église est située à l'intersection de Saint-Viateur et de Saint-Urbain dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal. Utilisée dès le 14 août, son importance semble avoir augmentée au fil des jours avec notamment un faucon qui l'utilise pour dormir.

L'an dernier j'y avais observé des faucons pèlerins du 13 août 2015 au 31 octobre 2015. Au moins un juvénile avait alors fréquenté cette église. Plus tôt cette année j'avais observé à plusieurs reprises un ou plusieurs adultes à cette église, voir par exemple cette observation du 21 avril.

 

14 août: le juvénile amené à cette église par un adulte ?


Le 14 août, après une pause de 5 jours dans l'observation des faucons, j'observais l'un d'eux sur la passerelle supérieure de la cheminée Est de l'Incinérateur des Carrières. Il s'est envolé à 18h en compagnie d'un 2ième faucon que je n'avais pas vu. Les 2 ont disparu approximativement dans l'axe de la piste cyclable en direction Ouest. Après 10 minutes, comme ils n'étaient toujours pas revenus, j'ai décidé de marcher dans cette direction. L'église Saint-Michel-Archange est visible au loin peu après avoir quitté l'Incinérateur. Aux jumelles j'ai constaté la présence d'un oiseau sur le clocher. En m'approchant j'ai constaté que 2 faucons pèlerins volaient autour du clocher.

2 faucons pèlerins en vol au-dessus de l'église St-Michel-Archange - 14"08/2016
Un de ces faucons s'est rapproché de moi (j'étais alors sur le viaduc Van Horne) et s'est posé sur le 5800 St-Denis: c'était le juvénile. Un adulte l'a forcé à s'envoler à 18h37 puis de nouveau à 18h57. À 19h11 je constate qu'il y a de nouveau un faucon sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange mais il disparait alors que je m'approche. À 20h23, après avoir cherché en vain le juvénile à l'Incinérateur des Carrières je suis allé jusqu'à l'église Saint-Michel-Archange mais je n'y ai vu aucun faucon.

Rebelote les 16 et 19 août

À 11h30 ce 16 août le juvénile est à l'Incinérateur des Carrières. À 11h50 un adulte arrive et les 2 s'envolent en suivant approximativement la piste cyclable vers l'Ouest. À 12h20 alors que je quitte l'Incinérateur je remarque la présence d'un oiseau sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange.

Vers 7h10 le 19 août, le juvénile et un adulte quittent l'Incinérateur des Carrières. À 7h30 alors que je quitte l'Incinérateur des Carrières je remarque un oiseau sur le clocher de l'église St-Michel-Archange. Il disparait pendant que je m'approche mais à 8h27 un oiseau est de nouveau visible sur le clocher. Cette fois il m'attend et je peux vérifier qu'il s'agit bien d'un faucon pèlerin.


19 août: longue présence d'un adulte; quelques visites du juvénile

Comme indiqué plus haut, à 8h27 j'ai pu constater de loin la présence d'un faucon pèlerin sur la croix du clocher de l'église Saint-Michel Archange. J'ai décidé de l'observer depuis le viaduc afin de voir où il irait quand il s'envolerait. Il s'est envolé à 8h44 mais est revenu se poser dans une "loge" (voir la vidéo pour la définition de "loge"). J'ai alors décidé de m'approcher. Il s'agissait d'Eve (adulte non bagué).

Le juvénile s'est manifesté par ses cris à 9h17 mais je n'ai pas réussi à le voir. À 9h42 cependant je l'ai vu se poser sur le dôme du clocher. Il est resté environ 10 minutes avant de s'envoler approximativement vers le métro Rosemont.



Faucon pèlerin juvénile sur le clocher de l'église St-Michel-Archange - 19/08/2016

L'adulte était toujours présent quand j'ai quitté à 10h30. À 12h38 quand je suis repassé, un faucon était encore présent dans une des loges. À mon retour pour l'observation de fin de journée, un faucon pèlerin était perché au sommet de la croix du clocher. Il s'est envolé à 19h42 mais malheureusement je l'ai presque immédiatement perdu de vue derrière un bâtiment.

20 août: 2 faucons pèlerins en début de soirée, dont un qui reste dormir

 

À 10h10, lors d'une courte visite, un faucon pèlerin était présent sur le clocher.

Je suis revenu à 19h28. Depuis le métro Rosemont j'ai pu constater la présence de 2 oiseaux sur le clocher de l'église. Une fois arrivé sur place il ne restait plus que un faucon pèlerin, occupé à manger une proie qui semblait encore frémissante. Il a terminé son repas bien après le coucher du soleil. Il s'est envolé une première fois à 20h18, est revenu se poser à un autre endroit sur le dôme, s'est envolé une deuxième fois à 20h27, a tenté sans succès de se poser dans une loge avant de réussir à s'y poser lors d'une 2ième tentative.

Il s'agissait probablement du juvénile, qui aurait reçu d'un adulte une proie possiblement encore vivante. Le fait qu'il a du s'y reprendre à 2 fois avant de réussir à se poser dans une loge plaide également en faveur de cette hypothèse.


21 août: le juvénile et un adulte présents dans des loges

Entre 11h45 et 12h10, un adulte et un juvénile étaient présents sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange. À 12h10 les deux faucons sont passés en vol au-dessus de l'avenue Bernard (j'ai été alerté par les cris du juvénile). Au moins un des faucons est ensuite revenu à l'église.

Faucon pèlerin juvénile dans une loge de l'église Saint-Michel-Archange - 21/08/2016

À signaler également la présence d'un pigeon écrasé sur le viaduc Van Horne, possible conséquence d'un exercice de transfert de proie raté.

 

Le 5800 Saint-Denis (et la Chambre de Jeunesse)

S'il se confirme dans les prochains jours que le juvénile s'est bien installé à l'église Saint-Michel-Archange, l'édifice du 5800 Saint-Denis aura peut-être seulement servi pendant quelques jours de base intermédiaire entre cette église et l'Incinérateur des Carrières où le fauconneau a semblé continuer de dormir pendant quelques jours.

L'an dernier, 2 faucons pèlerins juvéniles y avaient été observés dès le 7 août 2015. En septembre de cette même année, il était possible de voir des faucons perchés aux fenêtres (cet article contient également une photo prise de l'intérieur de l'édifice d'un faucon pèlerin juvénile perché à une fenêtre, à une année non déterminée, possiblement 2008). En 2015 le 5800 avait été utilisé pendant une longue période alors qu'un des juvéniles avait choisi de dormir au 5605 avenue de Gaspé, situé juste en face, de l'autre côté des voies ferrées.

14 août: faucons en provenance de l'église Saint-Michel-Archange

Tel qu'expliqué plus haut, le 14 août à 18h un adulte a amené le juvénile de l'Incinérateur des Carrières à l'église Saint-Michel-Archange. À 18h24 le juvénile s'est envolé de l'église Saint-Michel-Archange et, après avoir volé quelques instants dans le secteur, a fini par se poser sur le toit du 5800 St-Denis. Sa première tentative a été un "touch-and-go": il s'est réenvolé aussitôt, ce qui m'amène à me demander si ce n'était pas l'une des premières fois qu'il se posait sur ce bâtiment.

À 18h37 il est rejoint par un adulte. Les 2 faucons s'envolent. À 18h42, depuis le viaduc, je constate qu'un faucon est de retour sur le toit. Je décide de revenir au pied de l'immeuble.Je vois le juvénile - qui s'était peut-être de nouveau envolé entre temps - se poser sur le toit à 18h50. À 18h57 nouveau passage d'un adulte: les 2 faucons s'envolent de nouveau. Le juvénile revient presque immédiatement. Il quitte à 19h10 en direction approximativement de l'église St-Michel-Archange. 2 minutes plus tard je constate effectivement aux jumelles la présence d'un faucon sur le clocher de cette église.

15 août: tentative de capture d'un insecte, poursuite d'une corneille et repas sur l'édifice de la Chambre de la Jeunesse

Je repère le juvénile à 7h25 sur le toit du 5800 St-Denis au coin St-Denis/Van Horne. Il s'envole et se perche sur le coin opposé, c'est-à-dire sur le coin Henri-Julien/des Carrières.

À 8h05 il s'envole à nouveau:
Faucon pèlerin juvénile en vol - 15/08/2016
À ma grande surprise il freine brusquement alors qu'il est en vol. Je comprends ce qui s'est passé quand je vois un gros insecte s'éloigner de lui: il avait tenter de l'attraper!

Il s'est posé à nouveau sur le toit. 2 minutes plus tard un faucon pèlerin adulte est arrivé, vraisemblablement avec un repas puisque le juvénile s'est mis à manger quelques instants plus tard. L'adulte est allé se percher sur le coin adjacent pendant quelques, avant de partir surveiller le repas du juvénile d'encore plus loin: la citerne de l'entrepôt Saint-Laurent.

Faucon pèlerin adulte - 15/08/2016
À 9h12 une corneille s'approche, insouciante, du 5800 St-Denis. Le faucon pèlerin juvénile a sans doute vu là une possible camarade de jeu. Il s'est donc envolé à sa rencontre. La corneille a immédiatement fait demi-tour et a quitté aussi vite qu'elle le pouvait... Le juvénile a abandonné la poursuite et est revenu se poser sur le toit du 5800 St-Denis.

À 9h18, alors que je quittais le secteur, je crois voir un faucon transportant une proie qui s'éloigne du 5800 St-Denis. Je l'ai vu se poser sur le toit de l'édifice de la Chambre de la Jeunesse au 410 rue de Bellechasse. Une fois rendu sur place j'ai constaté que c'était le juvénile:


En début de soirée, 2 corneilles étaient occupées à manger les restes du repas.

17 et 18 août: juvénile toujours présent

Durant ces 2 jours, je n'ai fait que des observations en fin de journée. Le 17 août à 19h27 le juvénile apparait en vol au-dessus du 5800 St-Denis et se pose sur l'antenne. Il quitte 5 minutes plus tard vers le métro Rosemont. Comme j'étais sur le viaduc je l'ai perdu de vue presque immédiatement.

Le 18 août le juvénile était présent plus longuement, soit de 19h04 (moment où je suis arrivé) à 19h58. Il s'activait sur le toit mais je n'ai pas réussi à déterminer ce qu'il faisait, peut-être tentait-il d'attraper des insectes qui se déplaçaient sur le toit?  Il a quitté à 19h58 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières.

Ce jour-là j'ai été contacté par Mme Martin qui travaille au 5800 et qui m'a informé que 2 faucons avaient donné tout un spectacle en journée, notamment en planant près de leurs fenêtres.

19, 20 et 21 août: aucune activité observée

Le 19 août, encouragée par le message de Mme Martin j'espérais documenter l'activité des faucons au 5800. Malheureusement de 6h à 10h30 et lors d'un rapide passage à 12h38, je n'y ai vu aucun faucon. Durant cette périodes les faucons étaient actifs à l'Incinérateur des Carrières ou à l'église Saint-Michel-Archange. Aucune activité non plus au 5800 à partir de 19h20.

Les 20 et 21 août, alors que le 5800 était tranquille puisque c'était le week-end, je n'y ai observé aucun faucon.


L'incinérateur des Carrières

C'est à l'Incinérateur des Carrières, entre le mur et la cheminée Est, que les 2 juvéniles sont nés. À cause de ses hautes cheminées, on peut penser que l'incinérateur continuera à recevoir régulièrement la visite de faucons pèlerins. Mais ces derniers jours l'Incinérateur semble avoir perdu de son importance auprès du juvénile, particulièrement en fin de journée, au profit de l'église St-Michel-Archange.


Le 14 août aux alentours de 18h un adulte a conduit le 2ième juvénile (rappelons que le premier juvénile est à l'UQROP suite à une chute du nid le 28 juillet) de l'Incinérateur à l'église St-Michel-Archange. Ce juvénile est ensuite revenu au 5800 St-Denis. Un faucon a été brièvement aperçu de nouveau sur l'église St-Michel-Archange mais une visite à cette église n'a rien donné. Une visite aux alentours de 20h à l'incinérateur n'a non plus rien donné mais il n'est pas difficile pour un faucon immobile de passer inaperçu sur les cheminées de l'Incinérateur, particulièrement quand la lumière commence à baisser.

La photo ci-dessous montre un récent signe d'activité des faucons à l'Incinérateur. J'ai trouvé cette aile au bord de la piste cyclable qui passe derrière l'Incinérateur à 19h45 le 14 août et je suis revenu la photographier le lendemain.
Aile intacte trouvée au bord de la piste cyclable de l'Incinérateur le 14/08/2016

Le 15 août vers 15h, un faucon pèlerin volait au-dessus des voies de chemin de fer à hauteur du métro Rosemont, en provenance apparemment de l'Incinérateur.

Le 16 août vers 11h, comme aucun faucon n'est visible sur l'église St-Michel-Archange ni sur le 5800 St-Denis, je me rends à l'Incinérateur. J'y découvre le juvénile. Il s'envole à 11h34 en direction de l'avenue Papineau, puis revient 4 minutes plus tard. À 11h47 il commence à crier. Il disparait pendant que je cherche des yeux où pourrait être l'autre faucon. Je retrouve un faucon sur la cheminée Ouest quelques instants plus tard. Un autre faucon arrive en vol à 11h51 et les 2 quittent, en direction de l'église St-Michel-Archange.

Le 17 août vers 19h30 le juvénile se pose sur une antenne du 5800 St-Denis. Il s'envole 5 minutes plus tard en direction du métro Rosemont. C'est aussi la direction de l'Incinérateur des Carrières.

Le 18 août, après près d'une heure passée sur le toit du 5800, le juvénile décolle à 19h58 en direction de l'Incinérateur des Carrières.

Le lendemain matin à 6h30 un faucon pèlerin adulte était présent sur la passerelle supérieure de la cheminée Ouest. À 6h48 le juvénile apparait et se pose sur un toit de l'Incinérateur.
Juvénile sur un toit de l'incinérateur - 19/08/2016
2 minutes plus tard il part se percher en criant sur une passerelle de la cheminée Ouest, sous l'adulte. Les 2 faucons quittent à 7h08 en direction de la rue des Carrières. À 7h29 lorsque je quitte à mon tour l'Incinérateur, je remarque un oiseau sur le clocher de l'église St-Michel-Archange.

Le soir du 19 août, à 19h42, depuis le viaduc Van Horne je vois un faucon décoller de l'église St-Michel-Archange. Je le perds rapidement de vue mais je surveille un éventuel vol en direction de l'Incinérateur des Carrières, en vain. Le faucon a peut-être fait un court vol pour revenir se percher dans une loge du clocher de l'église St-Michel-Archange. C'est en tout cas ce qui s'est passé le lendemain soir, 20 août. Ces observations suggèrent que le juvénile a pu commencer à dormir à l'église St-Michel-Archange à partir du 19 août. 


Église Sainte-Madeleine d'Outremont

Le 15 août 2016 à 19h30, depuis le viaduc Van Horne je remarque un oiseau sur le clocher de cette église. Il y était toujours quand je suis arrivé sur place. C'était bien un faucon pèlerin mais les photos ne permettent pas de dire si c'était un adulte ou un juvénile. Il était toujours là quand j'ai quitté à 20h20.

Un oiseau était présent à la même place le 17 août à 18h20. Malheureusement cette fois-ci il avait disparu quand je suis arrivé sur place.

L'église Sainte-Madeleine d'Outremont avait été utilisée à plusieurs reprises comme dortoir l'an dernier par un faucon. Ma première observation remonte au 7 août 2015. Il n'était pas clair si le faucon qui y dormait était un adulte ou un juvénile mais les 24 et 25 octobre 2015, c'était clairement un juvénile. Cette observation avait d'ailleurs été la dernière d'un juvénile de ce couple en 2015.


Université de Montréal

Rappelons qu'Éole (l'adulte mâle de l'Incinérateur des Carrières) a apparemment pour ambition d'avoir des bébés à 2 nids différents de 2 femelles différentes la même année...

En 2014, Éole avait tenté une première nidification à l'Incinérateur des Carrières avec une femelle non baguée, surnommée Eve. Les œufs n'ont malheureusement pas éclos. À l'automne 2014 Éole est retourné à l'Université de Montréal où il était né en 2011. Ce retour a coïncidé avec la disparition de son père, Roger. Début 2015 Éole s'accouple avec Spirit, sa mère. Mais peu avant la ponte des œufs, Éole retourne à l'Incinérateur des Carrières où il retrouve Eve. Le couple déménagera à l'église Saint-Marc où ils auront 4 fauconneaux. À l'Université de Montréal, un nouveau mâle, Arthurin, quelque peu surpris par l'arrivée très rapide de 4 œufs, prend le relai. 3 œufs écloront; on ne saura jamais si un ou plusieurs des fauconneaux était d'Éole.
À l'automne 2015, Éole retourne à l'Université de Montréal alors qu'Arthurin disparait, ce qui n'empêche pas Éole de garder contact avec Eve (rencontres à l'église Saint-Jean-Baptiste et à l'Université de Montréal). Au printemps 2016 cependant, Éole semble rester fidèle à Spirit et participe activement à la couvaison de leurs 4 œufs. Mais le couple est attaqué par d'autres faucons pèlerins. Les 2 faucons sont blessés. Le 1er mai, Éole disparait, remplacé par un nouveau mâle, Brett. Éole a été retrouvé 2 jours plus tard à l'Incinérateur des Carrières, occupé à tenter de déloger avec Eve un couple de corbeaux... De leur union sont nés les 2 fauconneaux dont il est question dans cet article. À l'Université de Montréal, les 4 œufs ont été laissés trop longtemps à découvert par les parents qui devaient défendre leur territoire et n'ont donc pas éclos, ce qui a empêché Éole d'avoir des fauconneaux aux 2 endroits.

Cette année Éole n'a pas attendu l'automne pour retourner à l'Université de Montréal. Ses premières visites ont été observées à la mi-juillet, voir par exemple cette vidéo du 17 juillet par Faucons de l'UdeM. Ces visites se poursuivaient durant la période du 14 au 21 août 2016: en consultant les archives de la caméra de Faucons de l'UdeM, j'ai pu compter 7 visites certaines d'Éole à l'intérieur du nichoir.

Éole à l'Université de Montréal - 20/08/2016 (crédit: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/)
La photo ci-dessus a été prise le 20 août à 11h40, moins de 1 minute avant une rencontre entre Spirit et Éole à l'intérieur du nichoir.

Ces visites d'Éole à l'Université de Montréal alors qu'un de ses jeunes est toujours présent suggèrent les questions suivantes: verra-t-on le juvénile à l'Université de Montréal? Et si non, qu'est-ce qui l’empêcherait de suivre son père? Et comment réagirait Spirit face au juvénile?

Je n'ai malheureusement pas la réponse à ces questions. On peut néanmoins penser que si un adulte ne veut pas qu'un juvénile le suive, il a plusieurs moyens à sa disposition: la ruse (au Pont Champlain j'avais vu un adulte poursuivi par un juvénile changer brusquement de trajectoire et se cacher sous la structure du pont; le juvénile avait continué tout droit...); la vitesse (pendant la première année les juvéniles ont des ailes qui facilitent l'apprentissage du vol mais qui les rendent moins rapides); l'utilisation de la force (l'adulte pourrait donner une correction à un juvénile qui persisterait à le suivre).