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jeudi 1 mars 2018

Sérieux accrochages entre 3 faucons pèlerins à l'Université de Montréal le 27 février

Après le passage le 24 février d'un 3ième faucon pèlerin devant la tour de l'Université de Montréal j'ai observé ce 27 février de sérieuses escarmouches impliquant simultanément 3 faucons pèlerins.

Observations

Je suis arrivé à l'Université de Montréal à 10h. Aucun faucon n'était alors visible sur la tour. Je l'ignorais à ce moment-là mais un peu moins de 1h30 plus tôt la caméra du nichoir avait enregistré pour la première fois de la saison un accouplement entre Eole et Eve. Environ 5 minutes après mon arrivée, mon attention a été attirée par de vives vocalises. J'ai alors aperçu 3 faucons pèlerins en vol près de la tour. L'action était intense, avec plusieurs accrochages en vol et beaucoup de cris. À au moins 2 reprises l'intrus(e) a tenté de se poser sur la tour. À au moins 2 reprises, les 3 faucons étaient quasiment indiscernables dans le ciel tellement ils étaient proches.

La vidéo suivante, filmée au début de l'incident, montre une petite partie de l'incident.


L'enregistrement dont j'ai tiré cette vidéo débute à 10h03mn40 et dure 58s. L'action s'est déplacée ensuite vers l'École Polytechnique.

À 10h05m08 je note qu'un faucon est revenu sur la tour alors qu'un autre est en vol au-dessus de l'École Polytechnique.

À 10h08mn10, un faucon pèlerin se pose brièvement sur le sommet de la tour.

À 10h08mn26, un faucon est revenu au nichoir, un autre est perché sur la base du dôme de la tour et un 3ième est en vol.  Le faucon du nichoir s'est envolé puis est revenu. La caméra de Faucons de l'UdeM montre que la femelle est au nichoir de 10h09m02 à 10h10m02:
Femelle au nichoir à 10h09m32 (crédit: Faucons de l'UdeM, http://ornithologie.ca/faucons/)
À 10h10mn52, je note que de nouveaux accrochages impliquant les 3 faucons ont eu lieu au-dessus du pavillon André-Eisenstadt. Un faucon revient se poser sur la tour à 10h11mn18. Le 2ième faucon du couple est rentré à 11h34mn26. Le faucon qui était déjà présent sur la tour s'est empressé de trottiner vers l'arrivant en vocalisant doucement.

En tout, l'incident (ou en tout cas la partie que j'ai pu voir) a duré un peu plus de 7 minutes. Mais on peut penser que l'action a continué hors de ma vue entre l'intrus(e) et le 2ième faucon.

Je n'ai pas observé d'autres incidents jusqu'à mon départ à 14h20. Lorsque je suis parti cela faisait plus de 1 heure que je n'avais vu aucun faucon sur la tour.

Je n'ai pas remarqué d'autres incidents non plus le lendemain de 9h50 à 12h45. Par contre à mon arrivée un faucon était perché tout en haut de la tour, sur une des antennes, un perchoir plutôt rarement utilisé mais idéal pour détecter l'arrivée d'un(e) intrus(e) depuis n'importe quelle direction.

Faucon pèlerin sur une antenne de la tour, 28 février 10h

Commentaires

Dans le contexte que l'on connait (qui est rappelé dans cet article) et compte tenu de l'intensité de l'action si tôt dans la saison,. il était difficile de ne pas se demander si on n'assistait pas à une tentative de retour de Spirit.

Il n'en est rien. Après examen de la vidéo présentée plus haut, Eve Belisle est en effet arrivée à la conclusion que l'intrus(e) est un(e) juvénile. Espérons alors que ce(tte) juvénile  a connu un meilleur sort que le ou la juvénile qui a été trouvé(e) mort(e) sur le campus en juillet dernier. La cause exacte de ce décès n'est pas connue (on sait juste que le juvénile a fini par servir de repas à quelqu'un mais on ignore ce qui s'est passé avant). J'avais alors émis l'hypothèse que Eve ait pu attaquer et blesser ou tuer le juvénile.

Un des aspects intéressants de cette observation du 27 février est que les 2 membres du couple ont attaqué ensemble l'intrus(e). Cela contraste avec par exemple la neutralité d'Éole dans le conflit qui opposait Spirit à Eve. Que l'intrus ait été un mâle ou une femelle. cette solidarité du couple est de bonne augure pour la suite.

Puisqu'une chose est certaine: d'autres intrus(e)s viendront tester le nouveau couple!


dimanche 25 février 2018

Une première intrusion à l'Université de Montréal

J'ai pu observer hier un 3ième faucon pèlerin près de la tour de l'Université de Montréal. Cette première intrusion s'inscrit dans un contexte particulier que je vais commencer par rappeler.

Le contexte

À chaque année, un ou plusieurs faucons pèlerins pénètrent dans le territoire du couple de faucon pèlerin qui niche à l'Université de Montréal. La plupart du temps ces intrus(es) sont facilement repoussé(e)s par le couple résident. Excepté pour ces 3 dernières années. Afin d'alléger les explications qui suivent, mentionnons que de 2015 à 2017, le couple résident était composé de Spirit (une femelle, présente depuis 2008) et de Éole (un des fils de Spirit, qui a remplacé son père à l'automne 2014). 
L'observation que j'ai faite hier - ainsi que les observations du même ordre qui ne manqueront pas de suivre dans les prochaines semaines  - va nécessairement relancer les questions sur un éventuel retour de Spirit. Il est important de préciser que, à moins que l'intrus(e) réussisse à se poser sur la tour à portée de la caméra de l'université de Montréal, il sera extrêmement difficile de l'identifier. Dit autrement, il n'est pas impossible que Spirit fasse partie des intruses de cette année mais on ne le saura peut-être jamais...

Une intrusion vers 11h53

Au début 2018, les faucons résidents sont Eve (la femelle avec qui Eole a eu des bébés en 2015 et 2016, identification non confirmée à 100% mais très probable) et Éole.

L'identification des faucons et la reconstitution d'une partie des évènements sont rendues possible grâce à la caméra de Faucons de l'UdeM. Un grand merci à Eve Belisle pour rendre ces images disponibles, ainsi qu'à Richard Dupuis pour le maniement de la  caméra durant cette période.

Les évènements semblent avoir commencé vers 11h10. À 11h11, un faucon se pose au nichoir. Il s'agit d'Éole d'après les images de la caméra. Éole s'envole précipitamment en direction de l'École Polytechnique à 11h34.  Il revient quelques minutes plus tard via les résidences, en mode surveillance. Il n'est pas clair à ce moment-là si son attitude est motivée par une intrusion ou par la  recherche d'une proie. Après avoir volé un moment il se pose à gauche du nichoir à 11h36.

À 11h52, Eole rejoint le nichoir et commence à vocaliser. Ses tsioups deviennent de plus en plus affirmatifs. Sans surprise je vois apparaitre un autre faucon en vol. Alors que je le surveille, un 3ième faucon apparait et rejoint le nichoir! (du sol, il m'a semblé que c'était Éole avec une proie alors que c'était en réalité Eve). Le 2ième faucon - donc l'intrus(e) - a alors quitté en direction de l'Oratoire Saint-Joseph.

Un montage de séquences enregistrées par la caméra et publié sur le forum BCAW semble montrer le moment où Éole vocalise. Difficile à dire s'il s'agissait d'un intrus ou d'une intruse mais le départ précipité d'Éole vers l'École Polytechnique un peu avant ainsi que ses cris suggère qu'Éole était concerné et donc qu'il pourrait s'agir d'un intrus mâle.

Repas d'un des faucons

À 12h14, un des faucons est perché sur le bras de la caméra (il y est depuis 12h06 d'après les images de la caméra) et le 2ième sur une colonne, juste au-dessus.  Le premier faucon plonge vers le sol à 12h32 et remonte se percher sur la façade du bâtiment pyramidal où il se met à manger. Vu depuis les tables de béton situées près du pavillon J.-Armand Bombardier près de l'École Polytechnique où j'étais posté, cette façade n'est pas très haute, ce qui donne une idée de l'altitude inhabituellement basse du faucon. Il est possible qu'il ait capturé sa proie à ce moment-là, malheureusement j'avais la vue partiellement cachée par des arbres.




Il était toujours en train de manger quand j'ai quitté à 12h45.


2 intrus à 13h44?

À mon retour sur place après avoir mangé, je remarque ce qui m'apparait comme 2 faucons volant très proches l'un de l'autre et s'éloignant vers le cimetière. J'étais idéalement placé pour reconnaitre les ailes typiques des faucons, mais comme cela m'arrive souvent après coup, le doute a envahi mon esprit. J'ai en quelque sorte choisi de me faire confiance en rapportant quand même cette observation.

Les images de la caméra confirment que les 2 faucons résidents étaient sur la tour à ce moment-là, l'un au nichoir et l'autre à gauche.

Une particularité de cette observation est la quasi-absence de réaction des 2 faucons sur la tour (mais comme je venais d'arriver, il a pu se passer quelque chose avant). Je n'ai entendu qu'une petite vocalisation et qui n'était pas du type habituellement utilisé lors d'intrusion. Les 2 intrus étaient peut-être une autre espèce de faucon, ou bien s'il s'agissait de pèlerins, c'était peut-être des oiseaux qui ne faisaient que passer et qui ne nécessitaient donc pas une réaction.


Autres observations

Il ne s'est plus rien passé d'important après cela.

Les 2 faucons résidents ont quitté simultanément la tour à 14h45 en direction de l'Oratoire mais ont viré vers le pavillon André-Eisenstadt avant que je les perde de vue.

À 15h34 j'ai remarqué qu'il y avait de nouveau un faucon sur une colonne de la façade du nichoir.  Il s'est envolé à 17h en direction de l'École Polytechnique.

Une visite à l'Oratoire Saint-Joseph au coucher du soleil - et en particulier un examen des perchoirs que Spirit avait l'habitude d'utiliser - n'a rien donné.






jeudi 4 janvier 2018

Polly sur la rue Sherbrooke

Ce matin j'ai eu la chance de pouvoir suivre Polly - le faucon pèlerin femelle de l'Échangeur Turcot - de l'Échangeur Turcot jusqu'au CUSM, puis du CUSM jusqu'à la Tour Girouard sur la rue Sherbrooke. À ce dernier endroit, elle était accompagnée d'un autre faucon qui était probablement Algo. Par ailleurs j'ai pu constater que l'accès au nid de 2017 de l'Échangeur Turcot est maintenant obstrué. 

8h12: bain de vapeur à l'Échangeur Turcot

En arrivant à l'Échangeur Turcot, j'ai tout de suite remarqué un faucon sur la cheminée de l'ancienne usine. Le faucon ne semblait pas dérangé par la fumée qui s'en échappait...
Bain de vapeur pour un faucon pèlerin
Le faucon s'est envolé à 8h31. J'ai facilement reconnu Polly à sa patte pendante. J'ai pu la suivre aux jumelles jusqu'à la falaise Saint-Jacques. J'ai alors décidé de prendre le premier bus en direction du métro Vendôme.


8h51: Polly au CUSM

Depuis le bus qui m'amenait au métro Vendôme j'ai remarqué un faucon pèlerin sur le CUSM. Je ne m'attendais vraiment pas à ce que cela soit si facile de retrouver un faucon pèlerin!
À nouveau c'est au moment où le faucon s'est envolé que j'ai reconnu Polly à sa patte pendante. Elle s'est envolée à 9h18 et a semblé attaquer quelque chose, malheureusement hors de ma vue. Quelques instants plus tard j'ai aperçu 3 pigeons s'envoler entre 2 immeubles approximativement dans la direction où elle avait disparu. J'ai décidé d'aller jeter un coup d’œil.


mardi 26 décembre 2017

Un corbeau opportuniste

L'histoire se déroule en 2 actes, qui correspondent chacun à un de mes passages à l'église Saint-Jean-Baptiste aujourd'hui en milieu de journée.

Premier acte

Sans grand espoir de voir un faucon pèlerin à l'église Saint-Jean-Baptiste compte tenu de l'heure et du soleil radieux, je suis passé à cette église vers 11h20. Première surprise: un faucon pèlerin était bel et bien présent à l'un des endroits qu'Eve utilisait pour dormir.

Je remarque aussi un restant de proie à moitié submergé dans un grand tas de neige:

Je le dégage de façon à identifier la victime
(manifestement un pigeon, à moitié mangé) et je le dépose à la poubelle, histoire de ne pas le recompter à mon prochain passage ou dans quelques temps lorsque le tas de neige aura fondu. Comme la poubelle est pleine, le restant de proie était bien évidence sur le dessus.

Je quitte à 11h40 en direction du parc Laurier.


Deuxième acte

À 12h47 je suis de retour à l'église St-Jean-Baptiste. Le faucon pèlerin est toujours là mais il parait davantage réveillé.  À 12h58 il s'envole et va se percher sous le toit du côté gauche. Et là, surprise: il se met à alarmer... La vidéo plus bas contient une petite partie de ces cris, malheureusement la batterie de mon appareil photo a rapidement flanché (la température devait avoisiner les -20C avec le facteur vent).

 À 13h03, alors que le faucon pèlerin s'était calmé, il s'envole. J'anticipe un changement de perchoir mais je ne le vois pas revenir à l'église.

1 minute plus tard, un corvidé (que j'ai pu identifier plus tard comme étant un grand corbeau) se pose sur le toit d'une maison de la rue Rachel, un peu plus loin en direction ouest. Le corbeau venait approximativement de la direction où le faucon était parti, et était très probablement la cause de ses cris d'alarme quelques minutes plus tôt. Le corbeau s'est envolé vers l'église. Il a fait plusieurs passages très près de la façade avant (je m'attendais à le voir se poser sous le toit) puis il s'est posé près de la poubelle où j'avais déposé le restant de pigeon! Un petit saut et il était sur la poubelle...



Un passant qui s'approchait l'a fait s'envoler, avec sa carcasse de pigeon. Il l'a emporté dans un arbre de la rue Drolet et il s'est mis à manger.


Jusqu'à tant qu'il échappe la proie au sol. Il a manifesté sa frustration en croassant (si j'avais encore un doute sur son identité, ce doute s'est envolé à ce moment-là). Il s'est posé sur la rue, a sauté sur le trottoir et a récupéré son bien. Cette fois il est allé se percher sur un fil électrique pour poursuivre son repas. La vidéo contient quelques séquences du repas sur le fil.

À 13h25 il avait fini de manger.

Il a disparu peu après. J'ai retrouvé au sol le restant de proie, mais en 2 parties (2 ailes séparées). Et non je ne l'ai pas remis à la poubelle!

Le faucon pèlerin était revenu à l'église pendant que j'étais occupé avec le corbeau. J'ai remarqué sa présence à 13h16. Il était toujours là quand j'ai quitté à 13h34.







dimanche 26 novembre 2017

Relâche de Spirit!

Spirit a été relâchée ce 19 novembre depuis le site de Chouette à Voir de l'UQROP (Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie) où elle était soignée depuis le 24 juillet. Spirit est un faucon pèlerin femelle née dans l'Ohio (États-Unis) en 2004 et qui a régné sur l'Université de Montréal de 2008 à 2017.

Cet article a été publié le 29 décembre 2017 et a été antidaté en novembre de façon à  placer l'article dans une chronologie naturelle dans le blogue. L'article contient une référence à un article de l'UQROP publié le 15 décembre 2017.

 

La relâche

Afin de couvrir une partie des coûts des soins, l'UQROP avait organisé un encan pour déterminer qui la relâcherait. Cet encan a été remporté par Roger Rousselle, qui en plus d'avoir fait le plus grand don, agit fréquemment comme bénévole pour le transport d'oiseau de proie blessé.  La relâche a eu lieu depuis le site de Chouette à Voir, situé à Saint-Jude en Montérégie, à environ 55kms à vol d'oiseau de l'Université de Montréal. Voici l'annonce par l'UQROP de la relâche

Plusieurs photos de l'évènement ont été publiées: en plus de celles qui figurent dans la publication de l'UQROP citée plus haut, mentionnons les photos de Christian Fritschi et cette photo de Richard Dupuis qui a été choisie comme photo de couverture par l'UQROP pour sa page Facebook.

Cette relâche a suscité beaucoup de réactions et de questions dans les réseaux sociaux (voir en particulier les commentaires qui suivent l'annonce sur Facebook par l'UQROP de sa prochaine relâche)
  • Plusieurs étaient inquiets devant la perspective que Spirit - qui est relativement âgée pour un faucon pèlerin - doive de nouveau chasser sa nourriture et peut-être même se battre. Certains ne cachaient pas qu'ils auraient préféré qu'elle ne soit pas relâchée. Outre que l'option du maintien en captivité se serait vraisemblablement heurtée à un obstacle financier (ou aurait drainé des ressources financières qui n'auraient alors plus été disponibles pour d'autres oiseaux qui en auraient eu plus besoin), il est loin d'être évident que Spirit aurait été heureuse entre 4 murs malgré la protection et les repas garantis. Concernant les éventuelles batailles, Spirit aura toujours le choix de les éviter en s'installant dans un territoire non revendiqué par un couple nicheur: les secteurs qui ne sont pas propices à la nidification du faucon pèlerin (absence de falaises, de ponts ou d'édifices élevés) ne devraient pas manquer au Québec. Il est bien sur possible qu'elle cherche à fonder une nouvelle famille ou même qu'elle tente de récupérer son territoire de l'Université de Montréal: dans ce cas elle devra vraisemblablement se battre mais ce sera alors son choix. En restant en captivité, elle n'aurait eu aucun choix. Rappelons aussi que la mort fait partie de la vie: Spirit mourra dans un avenir plus ou moins rapproché mais cela est dans l'ordre des choses.
  • D'autres se sont demandés pourquoi Spirit n'a pas été relâchée à l'endroit où elle a été trouvée ou bien à l'université de Montréal. Une réponse qui a été donnée est que Spirit aurait été inutilement stressée par le voyage en cage alors qu'elle peut facilement revenir à Montréal par ses propres moyens (55km n'est rien comparé à la distance Montréal - Brésil enregistrée il y a quelques années par un faucon pèlerin muni d'un émetteur). Une autre raison est que Spirit aurait pu être amenée à se battre immédiatement après sa relâche si celle-ci avait eu lieu à l'Université de Montréal ou près de Décarie. Pour l'Université de Montréal, cela fait peu de doute puisque cet endroit est maintenant occupé par la femelle qui a causé ses blessures. Pour ce qui est de l'endroit où elle a été trouvée, c'est un peu moins clair puis qu’aucune observation récente de faucon pèlerin n'a été faite dans ce secteur mais il a été établi qu'un couple de faucon pèlerin fréquentait ce secteur dans les jours et les semaines suivants le sauvetage de Spirit, voir par exemple cet article.
  • Plusieurs demandaient si Spirit  retournera à l'Université de Montréal. Basé sur ce qui s'est passé ailleurs, il est tout à fait possible en effet que Spirit tente un retour. Mais à moins qu'elle réussisse à vaincre sa rivale ou qu'elle soit trouvée blessée à proximité de l'université, il est peu probable qu'on saura si elle a tenté un tel retour. Quelqu'un (Micheline Arcand) a fait référence à ce qui s'est passé à Dorchester, dans l'état de New-York. L'histoire très riche de ce site est décrite ici (en anglais). En particulier, en 2012, Beauty, la femelle résidente blessée lors d'une bataille territoriale, a été relâchée d'un centre de réhabilitation  située à environ 70kms de son nid. Quelques jours plus tard, elle était de retour au nichoir, sa rivale ayant trouvé la mort heurtée par une voiture alors qu'elle chassait un pigeon. Je suis convaincu qu'il existe également des cas où une femelle réhabilitée a formé un couple ailleurs. Finalement une dernière possibilité est que Spirit termine sa vie en solitaire. Un cas très intéressant à cet égard est celui de Grand Morne, dans les Chaudières Appalaches, où une femelle nicheuse qui avait été munie d'un émetteur continue d'être présente dans la région après qu'elle ait été remplacée par une autre femelle (source: ornitho-qc).

 

Une vidéo

Alexandre Sheldon, le réalisateur du documentaire "Algo, Polly & Turcot" (voir à ce sujet cet article) a produit la vidéo "Saving Spirit" qui raconte les déboires de Spirit et qui documente une partie des soins qu'elle a reçu à l'UQROP.  Cette courte vidéo (d'une durée de 2mn40) est absolument à voir pour sa qualité professionnelle et pour les éléments nouveaux qu'elle apporte, en particulier concernant les soins à l'UQROP. Malheureusement une petite erreur de mois s'est glissée dans la narration des évènements par Christian Fristchi: ce n'est pas le 26 juin que la bagarre dans le nichoir a eu lieu mais le 26 avril. Dans la mesure où l'état de santé de Spirit s'était visiblement amélioré après cette bataille spectaculaire, les blessures qui ont finalement cloué Spirit au sol ont probablement été plutôt causées par des batailles subséquentes,  qui ont vraisemblablement culminé le 11 juin avec la disparition de Spirit de l'Université de Montréal. Ce qui suit est un rappel plus détaillé des faits.

Tout comme en 2016, Spirit a du défendre son territoire - l'université de Montréal - contre une autre femelle. Le 26 avril, les accrochages observés les jours précédents font place à une spectaculaire bataille de plus de 30 minutes dans le nichoir. Les 2 faucons chutent de plusieurs dizaines de mètres. Quelques minutes plus tard, l'intruse se présente dans le nichoir: elle semble alors être la gagnante. Mais le lendemain matin Spirit regagne le contrôle du nichoir. Malgré ses blessures, elle résiste aux assauts de sa rivale pendant plusieurs jours avant que les attaques ne s'estompent.

Le 17 mai, énorme surprise quand Spirit pond un 3ième œuf, 1 mois après les 2 premiers! Cet œuf, contrairement aux 2 premiers, est couvé par Spirit, ce qui relance l'espoir de voir naitre un fauconneau. Les attaques semblent avoir complètement cessé.

Un premier dérangement notable de la couvaison est observé le 4 juin. La situation se dégrade à partir du 7 juin. Le 10 juin, Richard Dupuis enregistre une dizaine de passes rapides de l'intruse sur Spirit, dont la dernière provoque la chute de Spirit de la tour. Spirit est vue la dernière fois au nichoir à 16h54. Le lendemain matin, Spirit a manifestement tenté un retour comme elle l'avait fait le 26 avril. Mais elle a échoué. À 7h32, sa rivale présente des blessures fraiches qui laissent craindre le pire pour la perdante, c'est-à-dire Spirit. Voir cet article pour plus de détails.

Spirit ne sera revue que le 24 juillet, alors qu'un camionneur la signale au sol dans la cour d'une entreprise près de l'Échangeur Décarie. Un autre faucon pèlerin au comportement territorial est observé les jours suivants sur la tour d'eau au pied de laquelle Spirit a été trouvée. Ce faucon pourrait être un des membres du couple observé non loin de là au CÉGEP de Saint-Laurent à la fin août. Même si on ignore exactement ce qui a amené Spirit au sol, l'hypothèse d'une brève confrontation avec cet autre faucon ne peut pas être exclue.

Suite au signalement du camionneur, l'UQROP a demandé à un de ses bénévoles - Christian Fritschi - de récupérer Spirit et de l'amener à la Clinique des Oiseaux de Proie de Saint-Hyacinthe. Là-bas il a été constaté que le faucon avait plusieurs plaies autour du bec, de l'arthrite à l'aile droite et était très maigre (l'arthrite était une arthrite septique, c'est-à-dire une infection de l'articulation causée par une blessure antérieure, plutôt qu'une arthrite chronique associée à l'âge, ce qui explique que Spirit ait pu être complètement guérie). Une radiographie a par la suite montré également une fracture de la hanche. Spirit a été traitée à la Clinique des Oiseaux de Proie puis placée dans une volière de Chouette à Voir le temps que ses blessures guérissent, avant d'être finalement relâchée le 19 novembre.

Un article de l'UQROP

Le 15 décembre 2017, l'UQROP publie sur son site un article sur Spirit avec des photos inédites et un fait nouveau, en tout cas pour ceux qui n'ont pas visité Spirit à Chouette à Voir: les radiographies ont permis de constater la présence d'un plomb de carabine dans son corps! L'article ne se prononce pas sur quand elle a été tirée, il se pourrait que cela soit arrivé lors du voyage qui l'a amené de son Ohio natal jusqu'à Montréal.

Un grand merci à l'UQROP pour en premier lieu les soins qu'elle a apportée à Spirit et qui ont permis un rétablissement complet de cette dernière, mais aussi pour l'information sur cette opération de réhabilitation.





Cet article a été publié le 29 décembre 2017.

samedi 25 novembre 2017

"Algo, Polly & Turcot", un documentaire d'Alexandre Sheldon

Algo et Polly - les faucons pèlerins qui nichent à l'Échangeur Turcot - sont la vedette d'un court-métrage qui a été présenté dimanche 12 novembre au RIDM (Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal) dans la section "Soirée de la Relève ICI RDI" (annonce Facebook de l'évènement).

Intitulé "Algo, Polly et Turcot" et réalisé par Alexandre Sheldon, ce documentaire présente les faucons pèlerins Algo et Polly qui nichent depuis 2011 sous l'Échangeur Turcot et qui sont contraints de se trouver un nouveau nid suite à la destruction de l'échangeur et son remplacement par une nouvelle structure moins propice à une nidification. Le documentaire fait le parallèle avec les résidents du quartier Saint-Henri qui doivent eux s'adapter au bouleversement socio-économique (gentrification) de leur quartier, forçant certains d'entre eux à chercher, comme les faucons pèlerins, un nouveau chez-soi.

Le documentaire a bénéficié du soutien financier de la SODEC  (l'annonce par la SODEC) ainsi que -  selon l'article du journal l'Initiative - du soutien de l'arrondissement du Sud-Ouest et de Revenu Canada à travers les crédits d'impôt.

Titre "Algo, Polly & Turcot"
Durée 26 minutes
Réalisation Alexandre Sheldon
Production Sylvie Van Brabant
Amélie Lambert Bouchard
 Productions du Rapide-Blanc
Diffusion RIDM: 12 novembre
Short Docs (CBC): 21 novembre
Youtube: 21 novembre

Les images sont magnifiques, avec notamment plusieurs gros plans des faucons pèlerins. En plus de constituer un témoignage de très haute qualité du passage des faucons pèlerins à cet endroit, le court-métrage contribuera à conserver une trace du méga-chantier de l'échangeur, avec en particulier de très belles prises de vues aériennes effectuées par drone.

Quelques personnages du documentaire

Après les faucons pèlerins, le personnage le plus important du documentaire est sans doute Christian Fritschi, dont les apparitions et les explications servent de fil conducteur. Christian Fritschi est un photographe (lien vers sa page Flickr, lien vers son annonce du documentaire)  qui fait partie des observateurs réguliers de faucon pèlerin, particulièrement à ce site. À titre de bénévole de l'UQROP, il a également eu le triste honneur de recueillir le cadavre du fauconneau femelle Acacia en vue d'une nécropsie (j'ai d'ailleurs appris à travers ce documentaire l'endroit exact où ce fauconneau avait été trouvé). D'autres personnes associées aux faucons ont également participé à ce documentaire:
  • Luana Graham-Sauvé, de Services Environnementaux Faucon. Cette compagnie a eu pendant plusieurs années le mandat de veiller à la bonne cohabitation entre les faucons pèlerins (qui est une espèce protégée) et les travailleurs chargés de l'entretien de l'échangeur. 
  • Guy Fitzgerald, de l'UQROP (Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie) dont il est le fondateur et le président du conseil d'administration. L'UQROP  a  comme principale mission de soigner les oiseaux de proie blessés. L'UQROP a notamment soigné puis remis en liberté un fauconneau né en 2015 à l'Échangeur Turcot qui avait foncé dans la baie vitrée de la piscine du Centre Gadbois.
  • Richard Dupuis, à travers une vidéo de nourrissage des fauconneaux par les 2 parents. 

Pour en savoir plus sur les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot


Cet article a été publié le 29 décembre 2017.

dimanche 19 novembre 2017

Des faucons pèlerins de retour à l'église Saint-Jean-Baptiste

Jusqu'à 3 faucons pèlerins ont pu être observés à l'église Saint-Jean-Baptiste en fin d'après-midi cette semaine, dont 1 juvénile. L'église Saint-Jean-Baptiste est située à Montréal, sur Rachel ouest, près de l'intersection avec la rue Saint-Denis. Le faucon pèlerin qui a été observé chaque jour depuis mardi est probablement Éole, qui niche depuis quelques années à l'Université de Montréal. Éole est un habitué de cette église puisqu'il y rencontrait fréquemment Eve, qui utilisait cette église comme dortoir durant l'hiver. Il est communément admis que c'est Eve qui a remplacé Spirit à l'université de Montréal cet été. L'activité observée cette semaine à l'église Saint-Jean-Baptiste est donc une surprise mais elle pourrait s'expliquer par l'intrusion du juvénile sur le territoire d'Éole.

Mardi 14 novembre: un faucon pèlerin interdit l'accès de l'église à un faucon pèlerin juvénile

Mon observation

Cet après-midi là j'avais décidé de jeter un coup d’œil à l'immeuble situé à l'intersection des rues Rachel et Clark où j'avais observé un faucon pèlerin le mois précédent (11 octobre et 12 octobre). L'église Saint-Jean-Baptiste faisait partie de mon parcours puisque j'étais convaincu qu'un jour ou l'autre Éole ou Eve la visiteraient. De la rue Saint-Denis, j'ai remarqué un faucon sur la croix du clocher Est. J'ai pris rapidement 2 photos au zoom puis j'ai couru vers l'église. Rétrospectivement je regrette ma précipitation puisque c'est l'une de ces photos qui suggère peut-être le plus clairement que ce faucon est un juvénile:

Arrivé devant l'église j'ai remarqué un autre faucon pèlerin perché sur la pointe du toit de la façade avant. La photo ci-dessous montre l'emplacement des 2 faucons, B étant le juvénile.

À 16h30 - donc après le coucher du soleil - le faucon B s'envole, traverse la rue Rachel puis revient quelques instants plus tard vers l'église avec l'intention évidente de se percher sur la façade. Il est alors attaqué par le faucon A. Les 2 faucons disparaissent en criant en direction de l'avenue des Pins puis reviennent. Le faucon A se perche sur la croix où se tenait le juvénile un peu plus tôt et on entend de vives vocalisations qui accompagnent d'habitude les intrusions. Le juvénile n'insiste pas et disparait définitivement en direction de l'avenue des Pins. Cette vidéo ne montre malheureusement pas l'action mais on peut y entendre les vocalisations, incluant ce qui ressemble à un cri de juvénile. Le faucon A a quitté l'église à 16h49.

Faucon pèlerin B (juvénile)

 

Une autre observation

Par le plus grand des hasards, une autre observatrice de faucon pèlerin, Sandy, était passée par là quelques minutes plus tôt. Elle a vu arriver les 2 faucons ensemble vers 16h venant de l'ouest. Le premier faucon s'est perché sur la corniche de l'église alors que le 2ième tournait au-dessus de l'église. Ce 2ième faucon est par la suite venu se percher sur la croix d'un des clochers. Sandy n'a pas entendu de vocalisations.

Commentaire

Que voulait le juvénile en tentant de se percher sur l'église? Comme sa tentative a été faite après le coucher du soleil, il est naturel de penser qu'il voulait y passer la nuit (scénario #1). Dans ce cas, ce n'était sans doute pas sa première nuit à cette église. Il est en effet difficilement imaginable qu'un faucon pèlerin juvénile choisisse de dormir pour la première fois à un endroit où se trouve un adulte!

Le juvénile ne visait pas l'un des endroits sécuritaires où Eve avait l'habitude de dormir (flanc est ou flanc ouest), mais plutôt la façade avant, possiblement sous le toit. Or un restant de proie a été découvert le sur-lendemain au sol, sans doute amené là par le vent. Cela suggère une autre hypothèse (scénario #2): le juvénile avait peut-être l'habitude de manger là, il attendait patiemment que A parte pour finir de manger une proie qu'il y avait stocké mais voyant que A ne bougeait pas et compte tenu de la noirceur qui s'en venait, il a décidé de tenter de récupérer son bien.

Une variante du scénario #2 est qu'il y avait bien une proie sous le toit mais qu'elle appartenait à l'adulte (faucon A) et que le juvénile B a tenté un vol (scénario #3). B avait peut-être précédemment pillé la cache de A, ce qui a amené A à surveiller cet endroit. C'est le scénario qui me semble le moins crédible, à moins que le juvénile était désespéré, tellement sa tentative supposée avait peu de chance de réussir. 

Quoi qu'il en soit, il est probable que le juvénile n'en était pas à sa première visite à cette église. Le faucon A (que je soupçonne être Éole) a fini par découvrir sa présence et a défendu son territoire. Comme cela s'est vu ailleurs (par exemple à l'endroit où Spirit a été trouvée cet été), on pourrait alors  s'attendre à ce que le faucon A surveille plus particulièrement cette partie du territoire les jours suivants. C'est peut-être la raison pour laquelle le faucon a été revu tous les soirs depuis ce jour.


Jeudi 16 novembre: visite d'un 2ième faucon adulte

C'était ma première occasion de revenir à cette église depuis l'observation de mardi. La brigadière scolaire - qui était déjà au courant de la présence de rapaces à cette église - n'avait pas remarqué de faucon mais m'a informé qu'il y avait un restant de proie devant l'église.


Un premier faucon (adulte) est arrivé vers 15h58 et s'est perché sur la croix du clocher Est. À 16h07 un 2ième faucon (adulte) est arrivé du sud en suivant approximativement la rue Drolet et s'est perché sous le toit du côté droit. Le premier faucon est venu le rejoindre sous le toit mais en gardant ses distances. On pouvait entendre des vocalises mais celles-ci n'étaient pas a priori hostiles. Le 2ième faucon est reparti dans la direction d'où il est venu 3 minutes plus tard. Le premier faucon est resté sous le toit jusqu'à 16h26, moment où il s'est envolé en direction de l’Hôtel-Dieu.



Voici 2 photos du visiteur ou de la visiteuse. Les avis sont ouverts: s'agit-il d'Eve ou d'un autre faucon?

Le visiteur ou la visiteuse

Le visiteur ou la visiteuse

 

Visites quotidiennes, bague visible aux 2 pattes, ...

  • J'ai pu observer le faucon à tous les soirs, excepté le 15 novembre. Mais ce jour-là M. Robert l'a observé. Le faucon était donc présent sans exception tous les soirs du 14 au 19 novembre (le 19 novembre est la date de la publication de cet article). 
  • À chaque fois que j'ai réussi à le voir partir (c'est-à-dire à 3 reprises), il allait droit vers l'hôpital Hôtel-Dieu, ce qui n'est pas sans rappeler les observations du début de l'année où le faucon pèlerin avait pu être identifié comme étant Éole.
  • Je n'ai vu arriver le faucon qu'à une seule reprise, le 18 novembre. Il semblait alors venir de la direction de l'Incinérateur des Carrières.  Le faucon est toujours arrivé vers 16h, à l'exception notable du 17 novembre où il était déjà présent à 14h50 d'après Stéphane Cantin.
  • Le 17 novembre, le ciel était dégagé en fin de journée, ce qui a permis de prendre des photos de meilleures qualités. Ces photos montrent que le faucon est bagué aux 2 pattes, à la manière d'Éole, malheureusement il n'a pas été possible de lire la bague.
        La bague à l'autre patte est bien visible sur cette belle photo prise par Stéphane Cantin.
  • 2 rapides passages en milieu de journée n'ont rien données: samedi 18 novembre vers 11h et dimanche 19 novembre vers 13h.
  • Les caméras de Faucons de l'Université de Montréal n'ont enregistré la présence d'aucun faucon durant les  périodes où le faucon était présent à l'église Saint-Jean-Baptiste. Par ailleurs, le 17 novembre, avant d'aller à l'église Saint-Jean-Baptiste, j'ai fait un rapide passage à l'université de Montréal: aucun faucon n'était visible sur la tour entre 14h55 et 15h05.

Conclusions

Les observations de cette semaine à l'église Saint-Jean-Baptiste soulèvent plusieurs questions:
  • À moins que de nouveaux témoignages apparaissent, on ne saura sans doute jamais vraiment ce que le juvénile venait faire à cette église.
  • Éole (je suis quasiment certain que c'est lui mais cela reste à confirmer formellement) va-t-il continuer à fréquenter cette église ces prochains jours? Un arrêt de ses visites pourrait suggérer que c'était bien l'intrusion du juvénile qui était à l'origine de sa présence.
  • Si Éole continue de fréquenter l'église, recevra-t-il d'autres visites? Et quelle est l'identité de ce visiteur(se)? Sa conjointe de l'Université de Montréal? Une nouvelle femelle? (Rappelons que Eole avait 2 femelles jusqu'à cet été; avec la relâche de Spirit aujourd'hui, ces 2 femelles sont de nouveau toutes deux dans la nature).
  • Où dort la femelle de l'Université de Montréal ces temps-ci? Retournera-t-elle dormir à l'église Saint-Jean-Baptiste?