L'histoire se déroule en 2 actes, qui correspondent chacun à un de mes passages à l'église Saint-Jean-Baptiste aujourd'hui en milieu de journée.
Premier acte
Sans grand espoir de voir un faucon pèlerin à l'église Saint-Jean-Baptiste compte tenu de l'heure et du soleil radieux, je suis passé à cette église vers 11h20. Première surprise: un faucon pèlerin était bel et bien présent à l'un des endroits qu'Eve utilisait pour dormir.
Je remarque aussi un restant de proie à moitié submergé dans un grand tas de neige:
Je le dégage de façon à identifier la victime
(manifestement un pigeon, à moitié mangé) et je le dépose à la poubelle, histoire de ne pas le recompter à mon prochain passage ou dans quelques temps lorsque le tas de neige aura fondu. Comme la poubelle est pleine, le restant de proie était bien évidence sur le dessus.
Je quitte à 11h40 en direction du parc Laurier.
Deuxième acte
À 12h47 je suis de retour à l'église St-Jean-Baptiste. Le faucon pèlerin est toujours là mais il parait davantage réveillé. À 12h58 il s'envole et va se percher sous le toit du côté gauche. Et là, surprise: il se met à alarmer... La vidéo plus bas contient une petite partie de ces cris, malheureusement la batterie de mon appareil photo a rapidement flanché (la température devait avoisiner les -20C avec le facteur vent).
À 13h03, alors que le faucon pèlerin s'était calmé, il s'envole. J'anticipe un changement de perchoir mais je ne le vois pas revenir à l'église.
1 minute plus tard, un corvidé (que j'ai pu identifier plus tard comme étant un grand corbeau) se pose sur le toit d'une maison de la rue Rachel, un peu plus loin en direction ouest. Le corbeau venait approximativement de la direction où le faucon était parti, et était très probablement la cause de ses cris d'alarme quelques minutes plus tôt. Le corbeau s'est envolé vers l'église. Il a fait plusieurs passages très près de la façade avant (je m'attendais à le voir se poser sous le toit) puis il s'est posé près de la poubelle où j'avais déposé le restant de pigeon! Un petit saut et il était sur la poubelle...
Un passant qui s'approchait l'a fait s'envoler, avec sa carcasse de pigeon. Il l'a emporté dans un arbre de la rue Drolet et il s'est mis à manger.
Jusqu'à tant qu'il échappe la proie au sol. Il a manifesté sa frustration en croassant (si j'avais encore un doute sur son identité, ce doute s'est envolé à ce moment-là). Il s'est posé sur la rue, a sauté sur le trottoir et a récupéré son bien. Cette fois il est allé se percher sur un fil électrique pour poursuivre son repas. La vidéo contient quelques séquences du repas sur le fil.
À 13h25 il avait fini de manger.
Il a disparu peu après. J'ai retrouvé au sol le restant de proie, mais en 2 parties (2 ailes séparées). Et non je ne l'ai pas remis à la poubelle!
Le faucon pèlerin était revenu à l'église pendant que j'étais occupé avec le corbeau. J'ai remarqué sa présence à 13h16. Il était toujours là quand j'ai quitté à 13h34.
Spirit a été relâchée ce 19 novembre depuis le site de Chouette à Voir de l'UQROP (Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie) où elle était soignée depuis le 24 juillet. Spirit est un faucon pèlerin femelle née dans l'Ohio (États-Unis) en 2004 et qui a régné sur l'Université de Montréal de 2008 à 2017.
Cet article a été publié le 29 décembre 2017 et a été antidaté en novembre de façon à placer l'article dans une chronologie naturelle dans le blogue. L'article contient une référence à un article de l'UQROP publié le 15 décembre 2017.
La relâche
Afin de couvrir une partie des coûts des soins, l'UQROP avait organisé un encan pour déterminer qui la relâcherait. Cet encan a été remporté par Roger Rousselle, qui en plus d'avoir fait le plus grand don, agit fréquemment comme bénévole pour le transport d'oiseau de proie blessé. La relâche a eu lieu depuis le site de Chouette à Voir, situé à Saint-Jude en Montérégie, à environ 55kms à vol d'oiseau de l'Université de Montréal. Voici l'annonce par l'UQROP de la relâche
Plusieurs photos de l'évènement ont été publiées: en plus de celles qui figurent dans la publication de l'UQROP citée plus haut, mentionnons les photos de Christian Fritschi et cette photo de Richard Dupuis qui a été choisie comme photo de couverture par l'UQROP pour sa page Facebook.
Cette relâche a suscité beaucoup de réactions et de questions dans les réseaux sociaux (voir en particulier les commentaires qui suivent l'annonce sur Facebook par l'UQROP de sa prochaine relâche)
Plusieurs étaient inquiets devant la perspective que Spirit - qui est relativement âgée pour un faucon pèlerin - doive de nouveau chasser sa nourriture et peut-être même se battre. Certains ne cachaient pas qu'ils auraient préféré qu'elle ne soit pas relâchée. Outre que l'option du maintien en captivité se serait vraisemblablement heurtée à un obstacle financier (ou aurait drainé des ressources financières qui n'auraient alors plus été disponibles pour d'autres oiseaux qui en auraient eu plus besoin), il est loin d'être évident que Spirit aurait été heureuse entre 4 murs malgré la protection et les repas garantis. Concernant les éventuelles batailles, Spirit aura toujours le choix de les éviter en s'installant dans un territoire non revendiqué par un couple nicheur: les secteurs qui ne sont pas propices à la nidification du faucon pèlerin (absence de falaises, de ponts ou d'édifices élevés) ne devraient pas manquer au Québec. Il est bien sur possible qu'elle cherche à fonder une nouvelle famille ou même qu'elle tente de récupérer son territoire de l'Université de Montréal: dans ce cas elle devra vraisemblablement se battre mais ce sera alors son choix. En restant en captivité, elle n'aurait eu aucun choix. Rappelons aussi que la mort fait partie de la vie: Spirit mourra dans un avenir plus ou moins rapproché mais cela est dans l'ordre des choses.
D'autres se sont demandés pourquoi Spirit n'a pas été relâchée à l'endroit où elle a été trouvée ou bien à l'université de Montréal. Une réponse qui a été donnée est que Spirit aurait été inutilement stressée par le voyage en cage alors qu'elle peut facilement revenir à Montréal par ses propres moyens (55km n'est rien comparé à la distance Montréal - Brésil enregistrée il y a quelques années par un faucon pèlerin muni d'un émetteur). Une autre raison est que Spirit aurait pu être amenée à se battre immédiatement après sa relâche si celle-ci avait eu lieu à l'Université de Montréal ou près de Décarie. Pour l'Université de Montréal, cela fait peu de doute puisque cet endroit est maintenant occupé par la femelle qui a causé ses blessures. Pour ce qui est de l'endroit où elle a été trouvée, c'est un peu moins clair puis qu’aucune observation récente de faucon pèlerin n'a été faite dans ce secteur mais il a été établi qu'un couple de faucon pèlerin fréquentait ce secteur dans les jours et les semaines suivants le sauvetage de Spirit, voir par exemple cet article.
Plusieurs demandaient si Spirit retournera à l'Université de Montréal. Basé sur ce qui s'est passé ailleurs, il est tout à fait possible en effet que Spirit tente un retour. Mais à moins qu'elle réussisse à vaincre sa rivale ou qu'elle soit trouvée blessée à proximité de l'université, il est peu probable qu'on saura si elle a tenté un tel retour. Quelqu'un (Micheline Arcand) a fait référence à ce qui s'est passé à Dorchester, dans l'état de New-York. L'histoire très riche de ce site est décrite ici (en anglais). En particulier, en 2012, Beauty, la femelle résidente blessée lors d'une bataille territoriale, a été relâchée d'un centre de réhabilitation située à environ 70kms de son nid. Quelques jours plus tard, elle était de retour au nichoir, sa rivale ayant trouvé la mort heurtée par une voiture alors qu'elle chassait un pigeon. Je suis convaincu qu'il existe également des cas où une femelle réhabilitée a formé un couple ailleurs. Finalement une dernière possibilité est que Spirit termine sa vie en solitaire. Un cas très intéressant à cet égard est celui de Grand Morne, dans les Chaudières Appalaches, où une femelle nicheuse qui avait été munie d'un émetteur continue d'être présente dans la région après qu'elle ait été remplacée par une autre femelle (source: ornitho-qc).
Une vidéo
Alexandre Sheldon, le réalisateur du documentaire "Algo, Polly & Turcot" (voir à ce sujet cet article) a produit la vidéo "Saving Spirit" qui raconte les déboires de Spirit et qui documente une partie des soins qu'elle a reçu à l'UQROP. Cette courte vidéo (d'une durée de 2mn40) est absolument à voir pour sa qualité professionnelle et pour les éléments nouveaux qu'elle apporte, en particulier concernant les soins à l'UQROP. Malheureusement une petite erreur de mois s'est glissée dans la narration des évènements par Christian Fristchi: ce n'est pas le 26 juin que la bagarre dans le nichoir a eu lieu mais le 26 avril. Dans la mesure où l'état de santé de Spirit s'était visiblement amélioré après cette bataille spectaculaire, les blessures qui ont finalement cloué Spirit au sol ont probablement été plutôt causées par des batailles subséquentes, qui ont vraisemblablement culminé le 11 juin avec la disparition de Spirit de l'Université de Montréal. Ce qui suit est un rappel plus détaillé des faits.
Tout comme en 2016, Spirit a du défendre son territoire - l'université de Montréal - contre une autre femelle. Le 26 avril, les accrochages observés les jours précédents font place à une spectaculaire bataille de plus de 30 minutes dans le nichoir. Les 2 faucons chutent de plusieurs dizaines de mètres. Quelques minutes plus tard, l'intruse se présente dans le nichoir: elle semble alors être la gagnante. Mais le lendemain matin Spirit regagne le contrôle du nichoir. Malgré ses blessures, elle résiste aux assauts de sa rivale pendant plusieurs jours avant que les attaques ne s'estompent.
Le 17 mai, énorme surprise quand Spirit pond un 3ième œuf, 1 mois après les 2 premiers! Cet œuf, contrairement aux 2 premiers, est couvé par Spirit, ce qui relance l'espoir de voir naitre un fauconneau. Les attaques semblent avoir complètement cessé.
Un premier dérangement notable de la couvaison est observé le 4 juin. La situation se dégrade à partir du 7 juin. Le 10 juin, Richard Dupuis enregistre une dizaine de passes rapides de l'intruse sur Spirit, dont la dernière provoque la chute de Spirit de la tour. Spirit est vue la dernière fois au nichoir à 16h54. Le lendemain matin, Spirit a manifestement tenté un retour comme elle l'avait fait le 26 avril. Mais elle a échoué. À 7h32, sa rivale présente des blessures fraiches qui laissent craindre le pire pour la perdante, c'est-à-dire Spirit. Voir cet article pour plus de détails.
Suite au signalement du camionneur, l'UQROP a demandé à un de ses bénévoles - Christian Fritschi - de récupérer Spirit et de l'amener à la Clinique des Oiseaux de Proie de Saint-Hyacinthe. Là-bas il a été constaté que le faucon avait plusieurs plaies autour du bec, de l'arthrite à l'aile droite et était très maigre (l'arthrite était une arthrite septique, c'est-à-dire une infection de l'articulation causée par une blessure antérieure, plutôt qu'une arthrite chronique associée à l'âge, ce qui explique que Spirit ait pu être complètement guérie). Une radiographie a par la suite montré également une fracture de la hanche. Spirit a été traitée à la Clinique des Oiseaux de Proie puis placée dans une volière de Chouette à Voir le temps que ses blessures guérissent, avant d'être finalement relâchée le 19 novembre.
Un article de l'UQROP
Le 15 décembre 2017, l'UQROP publie sur son site un article sur Spirit avec des photos inédites et un fait nouveau, en tout cas pour ceux qui n'ont pas visité Spirit à Chouette à Voir: les radiographies ont permis de constater la présence d'un plomb de carabine dans son corps! L'article ne se prononce pas sur quand elle a été tirée, il se pourrait que cela soit arrivé lors du voyage qui l'a amené de son Ohio natal jusqu'à Montréal.
Un grand merci à l'UQROP pour en premier lieu les soins qu'elle a apportée à Spirit et qui ont permis un rétablissement complet de cette dernière, mais aussi pour l'information sur cette opération de réhabilitation.
Algo et Polly - les faucons pèlerins qui nichent à l'Échangeur Turcot - sont la vedette d'un court-métrage qui a été présenté dimanche 12 novembre au RIDM (Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal) dans la section "Soirée de la Relève ICI RDI" (annonce Facebook de l'évènement).
Intitulé "Algo, Polly et Turcot" et réalisé par Alexandre Sheldon, ce documentaire présente les faucons pèlerins Algo et Polly qui nichent depuis 2011 sous l'Échangeur Turcot et qui sont contraints de se trouver un nouveau nid suite à la destruction de l'échangeur et son remplacement par une nouvelle structure moins propice à une nidification. Le documentaire fait le parallèle avec les résidents du quartier Saint-Henri qui doivent eux s'adapter au bouleversement socio-économique (gentrification) de leur quartier, forçant certains d'entre eux à chercher, comme les faucons pèlerins, un nouveau chez-soi.
Le documentaire a bénéficié du soutien financier de la SODEC (l'annonce par la SODEC) ainsi que - selon l'article du journal l'Initiative - du soutien de l'arrondissement du Sud-Ouest et de Revenu Canada à travers les crédits d'impôt.
Les images sont magnifiques, avec notamment plusieurs gros plans des faucons pèlerins. En plus de constituer un témoignage de très haute qualité du passage des faucons pèlerins à cet endroit, le court-métrage contribuera à conserver une trace du méga-chantier de l'échangeur, avec en particulier de très belles prises de vues aériennes effectuées par drone.
Quelques personnages du documentaire
Après les faucons pèlerins, le personnage le plus important du documentaire est sans doute Christian Fritschi, dont les apparitions et les explications servent de fil conducteur. Christian Fritschi est un photographe (lien vers sa page Flickr, lien vers son annonce du documentaire) qui fait partie des observateurs réguliers de faucon pèlerin, particulièrement à ce site. À titre de bénévole de l'UQROP, il a également eu le triste honneur de recueillir le cadavre du fauconneau femelle Acacia en vue d'une nécropsie (j'ai d'ailleurs appris à travers ce documentaire l'endroit exact où ce fauconneau avait été trouvé). D'autres personnes associées aux faucons ont également participé à ce documentaire:
Luana Graham-Sauvé, de Services Environnementaux Faucon. Cette compagnie a eu pendant plusieurs années le mandat de veiller à la bonne cohabitation entre les faucons pèlerins (qui est une espèce protégée) et les travailleurs chargés de l'entretien de l'échangeur.
Jusqu'à 3 faucons pèlerins ont pu être observés à l'église Saint-Jean-Baptiste en fin d'après-midi cette semaine, dont 1 juvénile. L'église Saint-Jean-Baptiste est située à Montréal, sur Rachel ouest, près de l'intersection avec la rue Saint-Denis. Le faucon pèlerin qui a été observé chaque jour depuis mardi est probablement Éole, qui niche depuis quelques années à l'Université de Montréal. Éole est un habitué de cette église puisqu'il y rencontrait fréquemment Eve, qui utilisait cette église comme dortoir durant l'hiver. Il est communément admis que c'est Eve qui a remplacé Spirit à l'université de Montréal cet été. L'activité observée cette semaine à l'église Saint-Jean-Baptiste est donc une surprise mais elle pourrait s'expliquer par l'intrusion du juvénile sur le territoire d'Éole.
Mardi 14 novembre: un faucon pèlerin interdit l'accès de l'église à un faucon pèlerin juvénile
Mon observation
Cet après-midi là j'avais décidé de jeter un coup d’œil à l'immeuble situé à l'intersection des rues Rachel et Clark où j'avais observé un faucon pèlerin le mois précédent (11 octobre et 12 octobre). L'église Saint-Jean-Baptiste faisait partie de mon parcours puisque j'étais convaincu qu'un jour ou l'autre Éole ou Eve la visiteraient. De la rue Saint-Denis, j'ai remarqué un faucon sur la croix du clocher Est. J'ai pris rapidement 2 photos au zoom puis j'ai couru vers l'église. Rétrospectivement je regrette ma précipitation puisque c'est l'une de ces photos qui suggère peut-être le plus clairement que ce faucon est un juvénile:
Arrivé devant l'église j'ai remarqué un autre faucon pèlerin perché sur la pointe du toit de la façade avant. La photo ci-dessous montre l'emplacement des 2 faucons, B étant le juvénile.
À 16h30 - donc après le coucher du soleil - le faucon B s'envole, traverse la rue Rachel puis revient quelques instants plus tard vers l'église avec l'intention évidente de se percher sur la façade. Il est alors attaqué par le faucon A. Les 2 faucons disparaissent en criant en direction de l'avenue des Pins puis reviennent. Le faucon A se perche sur la croix où se tenait le juvénile un peu plus tôt et on entend de vives vocalisations qui accompagnent d'habitude les intrusions. Le juvénile n'insiste pas et disparait définitivement en direction de l'avenue des Pins. Cette vidéo ne montre malheureusement pas l'action mais on peut y entendre les vocalisations, incluant ce qui ressemble à un cri de juvénile. Le faucon A a quitté l'église à 16h49.
Faucon pèlerin B (juvénile)
Une autre observation
Par le plus grand des hasards, une autre observatrice de faucon pèlerin, Sandy, était passée par là quelques minutes plus tôt. Elle a vu arriver les 2 faucons ensemble vers 16h venant de l'ouest. Le premier faucon s'est perché sur la corniche de l'église alors que le 2ième tournait au-dessus de l'église. Ce 2ième faucon est par la suite venu se percher sur la croix d'un des clochers. Sandy n'a pas entendu de vocalisations.
Commentaire
Que voulait le juvénile en tentant de se percher sur l'église? Comme sa tentative a été faite après le coucher du soleil, il est naturel de penser qu'il voulait y passer la nuit (scénario #1). Dans ce cas, ce n'était sans doute pas sa première nuit à cette église. Il est en effet difficilement imaginable qu'un faucon pèlerin juvénile choisisse de dormir pour la première fois à un endroit où se trouve un adulte!
Le juvénile ne visait pas l'un des endroits sécuritaires où Eve avait l'habitude de dormir (flanc est ou flanc ouest), mais plutôt la façade avant, possiblement sous le toit. Or un restant de proie a été découvert le sur-lendemain au sol, sans doute amené là par le vent. Cela suggère une autre hypothèse (scénario #2): le juvénile avait peut-être l'habitude de manger là, il attendait patiemment que A parte pour finir de manger une proie qu'il y avait stocké mais voyant que A ne bougeait pas et compte tenu de la noirceur qui s'en venait, il a décidé de tenter de récupérer son bien.
Une variante du scénario #2 est qu'il y avait bien une proie sous le toit mais qu'elle appartenait à l'adulte (faucon A) et que le juvénile B a tenté un vol (scénario #3). B avait peut-être précédemment pillé la cache de A, ce qui a amené A à surveiller cet endroit. C'est le scénario qui me semble le moins crédible, à moins que le juvénile était désespéré, tellement sa tentative supposée avait peu de chance de réussir.
Quoi qu'il en soit, il est probable que le juvénile n'en était pas à sa première visite à cette église. Le faucon A (que je soupçonne être Éole) a fini par découvrir sa présence et a défendu son territoire. Comme cela s'est vu ailleurs (par exemple à l'endroit où Spirit a été trouvée cet été), on pourrait alors s'attendre à ce que le faucon A surveille plus particulièrement cette partie du territoire les jours suivants. C'est peut-être la raison pour laquelle le faucon a été revu tous les soirs depuis ce jour.
Jeudi 16 novembre: visite d'un 2ième faucon adulte
C'était ma première occasion de revenir à cette église depuis l'observation de mardi. La brigadière scolaire - qui était déjà au courant de la présence de rapaces à cette église - n'avait pas remarqué de faucon mais m'a informé qu'il y avait un restant de proie devant l'église.
Un premier faucon (adulte) est arrivé vers 15h58 et s'est perché sur la croix du clocher Est. À 16h07 un 2ième faucon (adulte) est arrivé du sud en suivant approximativement la rue Drolet et s'est perché sous le toit du côté droit. Le premier faucon est venu le rejoindre sous le toit mais en gardant ses distances. On pouvait entendre des vocalises mais celles-ci n'étaient pas a priori hostiles. Le 2ième faucon est reparti dans la direction d'où il est venu 3 minutes plus tard. Le premier faucon est resté sous le toit jusqu'à 16h26, moment où il s'est envolé en direction de l’Hôtel-Dieu.
Voici 2 photos du visiteur ou de la visiteuse. Les avis sont ouverts: s'agit-il d'Eve ou d'un autre faucon?
Le visiteur ou la visiteuse
Le visiteur ou la visiteuse
Visites quotidiennes, bague visible aux 2 pattes, ...
J'ai pu observer le faucon à tous les soirs, excepté le 15 novembre. Mais ce jour-là M. Robert l'a observé. Le faucon était donc présent sans exception tous les soirs du 14 au 19 novembre (le 19 novembre est la date de la publication de cet article).
À chaque fois que j'ai réussi à le voir partir (c'est-à-dire à 3 reprises), il allait droit vers l'hôpital Hôtel-Dieu, ce qui n'est pas sans rappeler les observations du début de l'année où le faucon pèlerin avait pu être identifié comme étant Éole.
Je n'ai vu arriver le faucon qu'à une seule reprise, le 18 novembre. Il semblait alors venir de la direction de l'Incinérateur des Carrières. Le faucon est toujours arrivé vers 16h, à l'exception notable du 17 novembre où il était déjà présent à 14h50 d'après Stéphane Cantin.
Le 17 novembre, le ciel était dégagé en fin de journée, ce qui a permis de prendre des photos de meilleures qualités. Ces photos montrent que le faucon est bagué aux 2 pattes, à la manière d'Éole, malheureusement il n'a pas été possible de lire la bague.
2 rapides passages en milieu de journée n'ont rien données: samedi 18 novembre vers 11h et dimanche 19 novembre vers 13h.
Les caméras de Faucons de l'Université de Montréal n'ont enregistré la présence d'aucun faucon durant les périodes où le faucon était présent à l'église Saint-Jean-Baptiste. Par ailleurs, le 17 novembre, avant d'aller à l'église Saint-Jean-Baptiste, j'ai fait un rapide passage à l'université de Montréal: aucun faucon n'était visible sur la tour entre 14h55 et 15h05.
Conclusions
Les observations de cette semaine à l'église Saint-Jean-Baptiste soulèvent plusieurs questions:
À moins que de nouveaux témoignages apparaissent, on ne saura sans doute jamais vraiment ce que le juvénile venait faire à cette église.
Éole (je suis quasiment certain que c'est lui mais cela reste à confirmer formellement) va-t-il continuer à fréquenter cette église ces prochains jours? Un arrêt de ses visites pourrait suggérer que c'était bien l'intrusion du juvénile qui était à l'origine de sa présence.
Si Éole continue de fréquenter l'église, recevra-t-il d'autres visites? Et quelle est l'identité de ce visiteur(se)? Sa conjointe de l'Université de Montréal? Une nouvelle femelle? (Rappelons que Eole avait 2 femelles jusqu'à cet été; avec la relâche de Spirit aujourd'hui, ces 2 femelles sont de nouveau toutes deux dans la nature).
Où dort la femelle de l'Université de Montréal ces temps-ci? Retournera-t-elle dormir à l'église Saint-Jean-Baptiste?
Le chantier de l'Échangeur Turcot est entré dans une nouvel phase ce mois-ci avec la destruction d'une première structure de l'ancien échangeur dans le secteur du Centre Gadbois où niche le couple de faucon pèlerin Algo et Polly. Pour la première fois des structures qui ont déjà été utilisées comme perchoir par ces faucons pèlerins ont été abattues. D'autres travaux de démantèlement pourraient avoir lieu d'ici au printemps prochain mais uniquement au nord du canal Lachine. En particulier toutes les structures où les faucons pèlerins ont niché depuis 2012 seront encore en place à l'été 2018, ce qui laisse planer un maigre espoir d'une autre année de nidification à l'Échangeur Turcot.
Cet article est basé sur les publications du site Turcot du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET), plus particulièrement sur les bulletins électroniques de septembre et octobre 2017 ainsi que la présentation faite aux citoyens du secteur sud-ouest le 10 octobre. Il s'appuie également sur les réponses reçues de M. Paquette du MTMDET à ma demande d'information: un grand merci à lui.
Le démantèlement de la bretelle de l'A-15 Nord vers l'A-20 Ouest
La fermeture de cette bretelle fin septembre avait fait beaucoup parler d'elle à Montréal en raison de son impact sur le déplacement des Montréalais, comme illustré par exemple par cet article de Radio-Canada daté du 25 septembre: "Échangeur Turcot: un nouveau casse-tête pour les automobilistes". Il s'agit de la bretelle qui passe (passait) le plus proche du Centre Gadbois. Elle est indiquée ici en orange sur cette photographie que m'a transmise M. Paquette:
Identification de la bretelle A-15 Nord vers A-20 Ouest (Crédit: ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET))
L'article de Radio-Canada cité plus haut mentionne la date du lundi 2 octobre pour le début du démantèlement de la bretelle. Lors de mon passage le 6 octobre vers 18h, le démantèlement était en cours derrière le Centre Gadbois:
Travaux de démantèlement de la bretelle, 6 octobre 2017, avec le centre Gadbois au premier plan
À ma connaissance cette bretelle n'a pas été utilisée souvent comme perchoir par les faucons pèlerins. Je me souviens néanmoins les avoir observé à 2 reprises sur cette bretelle en mars 2014, plus précisément les 21 et 24 mars (cette année-là, les premiers signes indirects de présence d’œuf avaient été observés le 26 mars).
Localisation de 2 faucons pèlerins, 21 mars 2014
Les 2 faucons pèlerins perchés sur la bretelle détruite, 21 mars 2014
Localisation d'un faucon pèlerin, 24 mars 2014
En revanche j'ai plus souvent observé un faucon pèlerin perché plus au sud, à quelques dizaines de mètres de la bretelle détruite, à la hauteur de Côte Saint-Paul, sur un boitier électrique. Ma dernière observation d'un faucon à cet endroit remonte au 4 septembre 2017.
Changements à venir
Le démantèlement de la bretelle de l'A-15 Nord vers l'A-20 Ouest n'est que la première étape d'une série de changements qui vont affecter les faucons pèlerins, jusqu'à la démolition complète de l'ancien échangeur (d'ici 2020 s'il n'y a pas de retard). Comme l'information la plus facilement accessible sur le site du Ministère des Transports concerne la planification à court et à moyen terme, je me limiterai ici à mentionner les changements d'ici la prochaine saison de nidification, c'est-à-dire jusqu'au début de l'été 2018.
Configuration à la fin de l'année 2017
Sur l'ensemble de l'Échangeur, les changements seront significatifs d'ici à la fin de l'année: "Des 12 bretelles que comportait l'échangeur originel, 3 seulement seront toujours en place d'ici la fin de l'année" peut-on lire dans le Bulletin électronique Turcot de septembre 2017. Pour illustrer ceci, je reproduis, avec l'autorisation du Ministère des Transports, un agrandissement pour le secteur Gadbois de 2 figures tirées de la présentation faites aux citoyens du secteur Sud-Ouest lors de la rencontre du 10 octobre. La première figure montre la géométrie de l'ancien Échangeur.
Portion sud de l'ancien échangeur, extrait du transparent 35 de la présentation (Crédit: ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET))
Le secteur des faucons pèlerins se situe au bas du graphique, là où l'échangeur traverse le canal Lachine. La bretelle indiquée "Vers A-20 ouest" (en bas à droite) est celle qui a été démolie ce mois-ci.
La 2ième figure montre la géométrie qui existera fin 2017/début 2018.
Portion sud de la nouvelle géométrie de l'échangeur fin 2017/début 2018, extrait du transparent 36 de la présentation (Crédit: ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET))
Les bretelles de l'ancien échangeur qui seront toujours en place sont en bleu, en rouge la nouvelle voie en train d'être construite, et en filigrane les structures de l'ancien échangeur qui auront disparu. De cette figure, on peut tirer 2 conclusions:
Une autre bretelle sera détruite d'ici la fin de l'année entre le chemin de Côte-Saint-Paul et la rue Notre-Dame: il s'agit de la bretelle qui permet d'accéder à l'A15-sud depuis la 720 quand on vient du centre-ville, et qui est en quelque sorte symétrique à celle qui a été détruite ce mois-ci.
Les piliers principalement fréquentés par les faucons pèlerins au nord du canal et qui sont situés sur la bretelle menant de la 720 ouest à l'A15 sud ne sont pas menacés dans l'immédiat.
Mise en service partielle du nouveau pont au-dessus du canal Lachine fin novembre
D'après le bulletin électronique Turcot de septembre 2017, d'ici à la fin novembre 2017 les automobilistes pourront rouler sur une partie du nouveau pont au-dessus du canal Lachine (de précédents numéros du bulletin Turcot évoquaient le début de l'année 2018 pour l'ouverture du pont à la circulation en direction nord). Rappelons que les faucons avaient choisi de nicher de 2012 à 2016 sur un des piliers de l'ancien échangeur qui borde le canal Lachine (pilier sud). La construction du nouveau pont au-dessus du canal Lachine explique en grande partie la décision de fermer ces corniches aux faucons pèlerins. Malgré la mise en service partielle de ce nouveau pont d'ici à la prochaine saison de nidification, les travaux se poursuivront sur ce nouveau pont jusqu'à 2019, date de l'ouverture complète. À cause de ces travaux, une réouverture des corniches utilisées par les faucons ne semble donc pas envisageable (une telle réouverture irait aussi à l'encontre de la politique de découragement des faucons évoquée plus bas).
Maintien du pont de l'ancien échangeur au-dessus du canal Lachine
Le document présenté aux citoyens du Sud-Ouest le 10 octobre mentionnait un échéancier de novembre 2017 au début de l'été 2018 pour la destruction des infrastructures, sans préciser de quelle infrastructure il s'agit (transparent 39). Monsieur Paquette m'a confirmé que l'ancien pont au-dessus du canal Lachine n'est pas concerné par cet échéancier. Ceci en théorie permet d'envisager une nouvelle nidification à l'endroit où les faucons ont tenté de nicher en 2017.
Rappelons qu'en 2017, les faucons avaient déjoué les responsables du projet en décidant pour la première fois de nicher entre 2 piliers (plutôt que sur une corniche d'un pilier), à la verticale de la rue Saint-Patrick. Beaux joueurs, les responsables avaient décidé de laisser les faucons nicher à cet endroit après avoir conclu que les travaux prévus n'entreraient pas en conflit avec la nidification. Voir aussi l'article "Le couple de faucons Algo et Polly de retour pour la nidification" dans le numéro de mai 2017 du bulletin Turcot. Cette nidification plus tardive que d'habitude avait finalement échoué.
Même si des structures de l'ancien échangeur auront été détruites au moment de la nidification 2018 - ce qui diminue le nombre de sites possibles pour un nid - il est quasiment impossible d'obstruer tous les endroits que les faucons pourraient utiliser. Il se pourrait donc que les faucons réservent une autre surprise aux responsables du chantier en 2018, auquel cas la décision d'intervenir ou de laisser faire sera sans doute prise sur les mêmes bases qu'en 2017.
D'après mes quelques brèves visites sur place, les faucons sont encore bien présents sur le site. À quelques reprises, un des faucons a tenté d'accéder à une corniche obstruée. Je n'ai en revanche pas eu la chance d'observer un accès au nid utilisé en 2017.
Cette année j'ai suivi avec moins d'attention les faucons pèlerins de la Tour de la Bourse que l'année dernière, année de recensement des faucons pèlerins. En particulier j'étais hors du pays lorsque les fauconneaux de la Tour de la Bourse ont effectué leur premier vol, quelque part dans la 2ième moitié de juin.
Vers la fin juillet, j'ai fini par localiser l'endroit que 2 juvéniles utilisaient pour passer la nuit: des dessus de fenêtres de l'édifice du 500 Place d'Armes. Les juvéniles se rendaient à cet endroit depuis un édifice voisin: l'édifice de la Banque Royale. La courte vidéo qui suit montre précisément l'endroit utilisé comme dortoir.
Le reste de cet article décrit mes principales observations pour la période juin - août 2017.
Prologue
J'ai pu voir les premiers fauconneaux se promener à l'étage du nid le 31 mai 2017. Ils étaient 2, mais compte tenu de la difficulté d'observer depuis le sol des oiseaux qui se tiennent si haut, il est probable qu'ils étaient plus nombreux. J'ai revu au moins 2 fauconneaux le 8 juin, à quelques jours de mon départ pour la France:
3 faucons pèlerins (juvéniles?) en vol au-dessus du palais de justice le 30 juin. Première observation de juvéniles sur la façade du 500 Place d'Armes
Vers 9h20 le 30 juin j'ai aperçu 2 faucons pèlerins qui interagissaient en vol au-dessus de l'autoroute Ville-Marie à la hauteur du boulevard Saint-Laurent. Les faucons venaient du quartier Chinois. Un des faucons s'est posé sur le toit du palais de justice alors que l'autre disparaissait derrière le bâtiment. 5 minutes plus tard, 2 oiseaux apparaissent au-dessus du palais de justice et se dirigent en direction de la Tour de la Bourse. En les voyant, le faucon perché sur le toit s'est envolé à leur suite. Les 3 oiseaux ont volé à la queue leu leu, ce qui m'a convaincu que les 2 premiers étaient aussi des faucons pèlerins. L'absence de cris suggère par ailleurs qu'il n'y avait pas d'adulte dans le groupe. Il y avait même un 4ième faucon présent, perché sur le fait d'un toit d'un édifice du quartier chinois, mais il s'agissait cette fois d'une crécerelle d'Amérique. Le rapport eBird contient une photo de la crécerelle. J'ai tenté de retrouver les faucons pèlerins mais sans succès.
En fin de journée j'ai revu à plusieurs reprises 2 faucons pèlerins juvéniles qui se pourchassaient en vol dans le secteur compris entre la Tour de la Bourse et l'édifice de la Banque Royale. À 20h24, 1 juvénile est allé se percher sur une fenêtre du 500 Place d'Armes, avant d'être délogé par un 2ième. Je n'ai malheureusement pas vérifié si un juvénile était encore à cet endroit quand j'ai quitté.
Surprise le 15 juillet: un juvénile à la Tour de la Bourse
Les 4, 7, 8, 9, 10 et 11 juillet j'ai effectué quelques brèves visites dans le secteur de la Tour de la Bourse sans remarquer de signe de présence de juvéniles. J'étais arrivé à la conclusion que les juvéniles avaient sans doute déjà quitté le secteur. C'est donc avec une certaine surprise que j'ai découvert le 15 juillet un juvénile sur la Tour de la Bourse, du côté du Square Victoria, un étage technique en-dessous de celui du nid.
Le juvénile s'est envolé à 15h53.
À noter que cette observation suit de quelques jours la découverte des restes d'un faucon pèlerin juvénile à l'Université de Montréal le 12 juillet, juvénile qui venait nécessairement d'ailleurs puisque le nid de l'Université de Montréal n'a produit aucun fauconneau cette année. Ce juvénile décédé était apparemment accompagné d'au moins un autre juvénile. Le 15 juillet était ma première visite à la Tour de la Bourse depuis cet évènement tragique. Il aurait été intéressant de savoir si les juvéniles étaient vraiment absents du 1er au 11 juillet du secteur de la Tour de la Bourse et s'il y a eu un retour après le 12 juillet, malheureusement mes observations sont beaucoup trop fragmentaires pour conclure quoi que ce soit.
2 brèves visites le 21 juillet ne m'ont pas permis de voir de faucon. En revanche le 23 juillet j'ai pu observer 3 faucons pèlerins entre 17h55 et 19h30, vraisemblablement les 2 adultes et un juvénile. Le juvénile s'est envolé de l'édifice de la Banque Royale à 19h23 en direction du Vieux-Port, possiblement à la suite des adultes puisque ceux-ci avaient aussi disparu.
25 juillet: autre observation d'un juvénile au 500 Places d'Armes
Depuis le quai Alexandra du Vieux-Port j'observe à 18h50 2 faucons: un sur la tour de la Bourse qui était probablement un adulte et un autre qui s'avèrera être un juvénile sur l'édifice du 360 rue Saint-Jacques, apparemment en train de manger. À 18h53, un faucon (probablement l'adulte) me survole et disparait au loin dans la direction de la Cité du Havre. Je me rapproche de l'édifice du 360 Saint-Jacques pour mieux surveiller le juvénile. Celui-ci s'envole à 19h41 en direction du Palais de justice. Je retrouve un juvénile 3 minutes plus tard sur le toit du 500 Place d'Armes au coin des façades donnant sur la rue Notre-Dame et sur la Place d'Armes. À 20h41, un autre faucon survole l'édifice à quelques reprises avant de disparaitre. Il n'y a pas eu d'interaction avec le juvénile perché sur l'édifice. J'arrête la surveillance à 21h10 alors que le juvénile est toujours perché au même endroit.
26 juillet: 2 juvéniles au dortoir de l'édifice du 500 Place d'Armes
À 19h30 je repère un juvénile sur l'édifice du 500 Place d'Armes, au coin des rues Notre-Dame et François-Xavier. Le faucon s'envole à 20h04 et se pose sur la façade du 500 Place d'Armes donnant sur la rue Notre-Dame. En zoomant il apparait que le juvénile s'est posé sur un dessus de fenêtre et surprise: un autre juvénile était déjà là! La scène est documentée dans la vidéo du début d'article.
2 faucons pèlerins juvéniles sur des dessus de fenêtre du 500 Place d'Armes
29 juillet: 3 juvéniles? (dont 2 au dortoir)
À 19h33 je repère un faucon pèlerin sur une barre brisée de la Tour de la Bourse, un perchoir typiquement utilisé par un adulte.
À 20h05 je repère un 2ième faucon sur l'édifice de la Banque Royale. À partir de 20h09 j'assiste autour de cet édifice à des poursuites (jeux) en vol et on entend des cris de juvénile. Mes photos ne montrent jamais plus que 2 juvéniles à la fois mais je suis persuadé qu'il y en avait 3. Ainsi par exemple à 20h13, 2 faucons étaient en vol autour de l'édifice et un 3ième était perché sur l'édifice. Se pourrait-il qu'il y avait un adulte dans le trio? Je ne peux pas l'exclure à 100%. Cependant à 20h15 je suis retourné à un endroit d'où je pouvais voir le faucon que je soupçonnais être un adulte sur la Tour de la Bourse: il était exactement au même perchoir qu'à 19h33.
À 20h28, un juvénile rejoint le dortoir sur l'édifice du 500 Place d'Armes. À 20h31 j’aperçois 2 faucons en vol interagir au-dessus de l'édifice de la Banque. Il m'a semblé que c'était un mâle et une femelle. À 20h33, un 2ième juvénile rejoint le dortoir. Le 3ième faucon est resté un moment sur l'édifice de la Banque Royale avant de s'envoler à 20h52 en direction de la rue Saint-Antoine. Voici une photo de ce 3ième faucon qui malheureusement n'est pas suffisamment nette pour conclure hors de tout doute que c'est un juvénile.
Faucon sur l'édifice de la Banque Royale à 20h41 alors que 2 juvéniles sont au dortoir
5 août et 12 août: 1 seul juvénile au dortoir
Mon observation suivante a eu lieu le 5 août. À 19h33 je repère un juvénile sur l'édifice de la Banque Royale. Il s'est envolé à 20h11 et a dépassé l'édifice du 500 Place d'Armes. Cependant 3 minutes plus tard, un faucon rejoint le dortoir. Cette observation est documentée sur la vidéo en début d'article. J'ai arrêté la surveillance à 20h33. À aucun moment je n'ai eu l'impression qu'il y avait plus que 1 juvénile.
Le 9 août, entre 19h55 et 20h36 je n'observe aucun faucon dans le secteur des édifices de la Banque Royale et du 500 Place d'Armes.
Le 12 août en revanche, un juvénile se pose sur l'édifice de la Banque Royale à 20h et rejoint 10 minutes plus tard le dortoir. J'ai arrêté la surveillance à 20h23.
Les 24 et 25 août, après un séjour en Basse-Côte-Nord, je n'ai observé aucun faucon au dortoir.
Conclusions
Les 2 édifices, celui de la Banque Royale et celui du 500 Place d'Armes sont fréquentés chaque été par les faucons pèlerins juvéniles de la Tour de la Bourse (en tout cas depuis 2015 lorsque j'ai commencé vraiment à les observer). Mais c'est la première fois cette année que je réalisais que le 500 Place d'Armes était utilisé comme dortoir. Il sera intéressant de vérifier si cet endroit continue d'être utilisé à cette fin les prochaines années.
Ce n'était pas la première fois que j'ai eu la chance de suivre un dortoir de faucon pèlerin juvénile: en 2015 j'avais suivi un tel dortoir en face du métro Rosemont. Le point commun entre les 2 observations, c'est que les juvéniles venaient par paire. Comme le dortoir de 2015 (qui était en fait une sortie d'air sur un immeuble) ne permettait d'accueillir qu'un seul individu, j'avais assisté à une course entre 2 juvéniles pour l'utilisation de cet endroit!
Ma dernière conclusion porte sur le nombre de faucons pèlerins juvéniles présents fin juillet dans le secteur de la Tour de la Bourse: bien que je ne puisse prouver que 2 juvéniles, je suis quasiment certain qu'ils étaient 3, ce qui serait un autre résultat intéressant pour ce site.
Le 13 août 2017 Pierre Pesant a documenté une scène inhabituelle à Boucherville, près de Montréal: un faucon pèlerin immature qui poursuivait un balbuzard pêcheur qui transportait un poisson. Plusieurs photos sont visibles dans son rapport eBird.
Les faucons pèlerins n'hésitent pas à poursuivre et à attaquer d'autres oiseaux de proie, parfois nettement plus grands qu'eux, mais ce comportement s'observe généralement lors de la saison de nidification pour défendre le nid contre des prédateurs potentiels. Par ailleurs les faucons pèlerins juvéniles (i.e., nés dans l'année) s'amusent parfois à poursuivre de grands oiseaux, inconscients du risque encouru (le poursuiveur pourrait rapidement devenir le poursuivant). Ici le poursuivi est un balbuzard pêcheur alourdi par sa proie, ce qui facilite les choses pour le faucon pèlerin. Mais le faucon semble être un immature (i.e., né l'an dernier) et non un juvénile donc l'hypothèse du jeu ne tient plus vraiment. Puisque poursuivre un autre oiseau consomme de l'énergie on peut penser que le faucon pèlerin espérait tirer quelque chose de cette poursuite, et le quelque chose pourrait bien être le poisson...
Le poisson est une nourriture très inhabituelle pour le faucon pèlerin. Le faucon pèlerin se nourrit en effet très majoritairement d'oiseaux, généralement attrapés en vol. Viennent ensuite plus rarement les petits mammifères. Seulement quelques observations font état de reptile ou de poisson, voir par exemple les références à des observations de faucon pèlerin tentant de voler un poisson à un balbuzard dans cet article de Western North American Naturalist (2013). Cet article rapporte l'observation d'une femelle faucon pèlerin qui nourrissait sur une base régulière ses fauconneaux avec du poisson (apparemment des truites) dans le nord de l'Arizona, alors que le mâle, lui, rapportait des oiseaux. L'auteur n'a pas réussi à découvrir où et comment la femelle s'approvisionnait en poisson.
Un autre article, également publié en 2013, rapporte 2 observations de faucon pèlerin surpris en train d'attraper des poissons au Brésil. Dans le premier cas le faucon pèlerin volait au ras de l'eau et attrapait un poisson qui nageait près de la surface à la manière d'autres oiseaux de proie pêcheurs. Mais dans le second cas le faucon pèlerin (une femelle) n'hésitait pas à plonger verticalement!
Plus près de nous, dans la région de Pittsburgh, un faucon pèlerin a été observé en train de pêcher en 2010: après au moins 20 passages au ras de l'eau il est reparti avec un poisson, qu'il s'est empressé d'aller manger sur une tour voisine. L'histoire a été rapportée dans le blogue "Outside my Window" de Kate Saint-John. Les commentaires contiennent plusieurs anecdotes similaires, qui sont cependant à prendre avec prudence puisqu'on ne connait pas toujours le degré d'expertise de leurs auteurs.
Un faucon pèlerin tenté d'attraper un écureuil gris
Je profite de cet article pour mentionner l'observation d'Alain Bessette le 4 janvier 2017 à la Cité du Havre à Montréal d'un faucon pèlerin qui a tenté d'attraper un écureuil gris perdu sur la glace du fleuve. L'écureuil a sans doute été jugé trop gros, en tout cas le faucon pèlerin a renoncé et est revenu se percher pendant quelques minutes sur son lampadaire avant de filer au loin.