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dimanche 13 avril 2014

Corneilles vs urubus à l'École Polytechnique de Montréal

Au printemps 2012, alors que je cherchais le nid des faucons pèlerins Roger et Spirit, j'avais remarqué que les urubus fréquentaient l'arrière de l'École Polytechnique de Montréal en début de soirée, allant même s'y percher. Depuis, à chaque printemps, je vais y faire un tour dans l'espoir de prendre de belles photos de ces magnifiques oiseaux.

Mais ce que j'ai vu hier, je ne l'avais jamais vu auparavant: une quinzaine de corneilles attaquant 4 urubus à tête rouge... Jamais je n'avais vu une bataille aérienne impliquant autant d'oiseaux à la fois!

J'ai choisi de publier les vidéos telles quelles, sans montage.

Première vidéo
La première vidéo commence avec 2 urubus qui planent tranquillement. Les premières corneilles sont visibles à 23''. À 53'' le ciel est rempli d'oiseaux. J'en ai dénombré 21 (voir plus bas). Comme il ne semblait y avoir que 4 urubus, cela fait donc au moins 17 corneilles.

La photo suivante montre les 21 oiseaux. La photo est extraite de la vidéo à 53"16.


Une deuxième vidéo
La 2ième vidéo est filmée 7 minutes plus tard. On y voit notamment 1 urubu se faire prendre en chasse par 1 corneille, puis par 2, puis finalement par 6. Pendant ce temps d'autres urubus sont pris en charge par un plus petit nombre de corneilles.

Il n'y avait pas beaucoup de cris. On entendait par moment les corneilles, ainsi qu'une sorte de grognement qui venait sans doute des urubus. Les urubus se contentaient d'effectuer des manœuvres d'évitement: en particulier je n'en ai jamais vu se retourner contre une corneille.

Par moment les urubus s'éloignaient vers le cimetière, mais dès qu'ils revenaient, les corneilles reprenaient leurs attaques.


Urubus aux ailes endommagés ?
Je ne m'y connais pas assez en oiseaux pour savoir à quoi devrait ressembler une aile normale d'urubu, mais au moins 2 urubus avaient des ailes non symétriques, ce qui suggère que les attaques des corneilles ont laissé des traces. Les urubus ne semblaient pas avoir de difficultés à voler cependant.

Quelques autres photos sont visibles dans mon album.

vendredi 11 avril 2014

11 avril 2014: contacts inter-espèce à l'incinérateur des Carrières

Les faucons pèlerins de l'incinérateur des Carrières ont reçu deux importantes visites ce matin: un urubu et un autre faucon.

Mais puisqu'on est sur le thème des interactions entre les faucons pèlerins et d'autres espèces d'oiseaux, je vais commencer par parler de leurs voisins immédiats.

Quand les futures proies s'approchent...
De nombreux pigeons et étourneaux fréquentent l'ancien incinérateur. Bien que ces deux espèces figurent en bonne place dans le menu des faucons pèlerins, il n'est pas rare de les voir s'approcher très près des faucons. Il faut dire qu'ils ne courent pratiquement aucun risque puisque le faucon ne peut les attraper que s'ils sont en vol, et même en vol, un pigeon ou un étourneau en bonne santé a toutes les chances d'échapper au faucon. Il n'en reste pas moins que c'est toujours un peu étonnant de voir le prédateur et sa proie côte-à-côte. Ici, un étourneau:
Un pigeon était dans une situation similaire, mais je n'ai pas réussi à le capter.

L'urubu
Vers 8h45, un urubu est passé à faible altitude devant les cheminées. L'urubu est l'un des plus grands oiseaux visible au Québec, avec une envergure moyenne de 1.80m. C'est un vautour.  Il se nourrit presque exclusivement d'animaux morts, mais parfois aussi de jeunes oiseaux. Ceci explique sans doute pourquoi les faucons pèlerins ne le tolèrent pas à proximité du nid. Dans ce cas-ci sa présence a déclenché des cris d'alarme chez les faucons, puis les deux ont décollé. Mais l'urubu s'était déjà éloigné. Les faucons ont patrouillé les environs immédiats de leur nid pendant quelques minutes puis sont revenus à leurs occupations.

Un autre faucon
15 minutes plus tard, j'ai assisté à un passage très rapide de la femelle très près de moi (voir plus bas).  Je l'ai regardé s'éloigner et c'est là que j'ai aperçu un autre faucon. Un regard sur la cheminée m'a confirmé qu'Éole y était toujours perché, ce n'était donc pas lui...

Quelques minutes plus tard, nouvel incident mais cette fois-ci l'intrus était perché sur un des perchoirs utilisés par les faucons pèlerins... (un coin du bâtiment). La photo n'est pas aussi nette que je l'aurais souhaité (il faut dire que les pèlerins ne l'ont pas toléré longtemps!) mais il y a peu de doute sur la nature du faucon: une crécerelle d'Amérique!
Après avoir chassé la crécerelle, le faucon pèlerin a longuement occupé ce perchoir, comme pour bien signifier qu'il lui appartenait désormais.
On peut imaginer que la crécerelle avait l'habitude de nicher à l'incinérateur et qu'elle n'y est plus la bienvenue depuis l'arrivée des faucons pèlerins.


Autres faits marquants
  • Les faucons m'ont gratifié de plusieurs passages à basse altitude. J'étais en train de manger lorsqu'Éole est venu m'examiner de plus près, mais j'ai réussi à capter deux passages de la femelle:
  • Les accouplements. Ma visite était motivée en partie par l'apparente disparition des accouplements de début de soirée ces derniers jours.  Je me demandais si c'était aussi le cas en journée. J'ai été rassuré: en 3 heures, j'ai compté 5 accouplements: 5h59, 6h03, 6h22, 7h06 et 8h13.

samedi 5 avril 2014

Identification du faucon pèlerin mâle de l'incinérateur des Carrières: c'est Eole!

Comme je l'ai mentionné dans un billet précédent, le faucon pèlerin mâle de l'incinérateur des Carrières est bagué. Des efforts sont actuellement en cours, par moi et par d'autres personnes, pour prendre une photo suffisamment nette pour permettre de lire le code inscrit sur les bagues. Ce code permettra de savoir où est né le faucon. La tâche n'est pas simple puisque les faucons se tiennent généralement loin et haut, quoique la chance permet parfois de les voir de près. Une autre difficulté est que la plupart du temps les bagues ne sont pas visibles, cachées par les plumes. Plutôt que d'attendre que le faucon soit identifié pour en parler, j'ai choisi de rapporter au fur et à mesure les résultats de mes efforts (et des autres personnes s'ils rendent public leurs trouvailles). Cette page sera donc mise à jour régulièrement jusqu'à ce que le faucon soit identifié, avec les informations les plus récentes au début du billet.

6 avril 2014 
C'est fait! Richard Dupuis a réussi à prendre une photo où on voit nettement l'inscription sur la bague: E83. Le faucon mâle est donc Éole, né en 2011 sur la tour de l'Université de Montréal. Je vous invite à lire l'annonce sur le blogue d'Eve Belisle pour plus de détails.

4 avril 2014
J'ai pris cette photo vers 15h30. J'ai utilisé le logiciel gimp pour grossir les bagues et tenter d'améliorer la netteté mais sans succès pour l'instant. Ceci dit, je suis loin d'être un spécialiste en analyse d'image. Pour ceux qui voudraient tenter leur chance, une autre photo, plus riche en détail, est accessible en cliquant sur la photo.

3 avril 2014
Voici la photo qui m'a fait réaliser que le faucon état bagué.




vendredi 4 avril 2014

Accouplements à l'incinérateur des Carrières

Les faucons pèlerins de l'incinérateur des Carrières s'accouplent depuis au moins le 3 avril. Voici quelques photos et vidéos (les plus récentes en premier).

17 avril 2014
Les accouplements semblent être devenus moins fréquents: 0 en 2h30 hier matin, 1 en 2h30 ce matin. Voici une photo de celui de ce matin:

11 avril 2014
5 accouplements en 3 heures: à 5h59, 6h03, 6h22, 7h06 et 8h13.


4 avril 2014

J'ai retenu 2 accouplements parmi les nombreux accouplements de cette journée. Le premier a eu lieu à 9h35:


La photo suivante montre un accouplement qui a eu lieu vers 15h30. Cette photo ainsi que d'autres sont également disponibles dans l'album Picasa (utilisez les flèches pour voir les autres photos). À noter qu'on voit bien sur cette photo que le mâle est bagué.

jeudi 3 avril 2014

Un faucon pèlerin sur la rue Saint-Grégoire

Voici une photo et une vidéo d'un faucon pèlerin qui est venu se percher sur un poteau de la rue Saint-Grégoire peu après 19h.

Le faucon a décollé d'une des cheminées de l'incinérateur des Carrières tout proche, où manifestement il s’apprête à nicher. D'autres photos de cette incursion sur la rue Saint-Grégoire sont visibles dans l'album Picasa (cliquez sur les flèches pour accéder aux photos suivantes).


Et voici la vidéo (je suis désolé pour le bouger, si j'avais su qu'il resterait si longtemps, j'aurais utilisé le trépied!).


Autre fait marquant de ma visite: pour la première fois, j'ai pu observer des accouplements.





mardi 1 avril 2014

Nouveau nid de faucon pèlerin près du parc Sir-Wilfrid-Laurier ?

La nouvelle a été communiquée par Samuel Denault via la liste ornitho-qc en début d'après-midi ce lundi 31 mars:

"Je l'espérais depuis 2010 et c'est finalement arrivé. Depuis quelques années un couple de Grands Corbeaux nichait sur les cheminées du gros incinérateur  de la rue des Carrières au nord du Parc Laurier à Montréal. Samedi, j'ai remarqué que deux Faucons pèlerins semblaient s'être appropriés l'endroit et que les Grands Corbeaux avaient disparu. Puis ce midi, j'ai pu voir une tête d'un Faucon pèlerin en couvaison sur un ancien nid de corbeau sur la cheminée la plus à l'est. [...]"
Samuel Denault

Localisation
Vue du site depuis une ruelle près de la rue Pauline-Julien
Le nid présumé se trouve sur la cheminée Est de l'incinérateur des Carrières, situé un peu au nord du parc Sir-Wilfrid-Laurier. Les photos ont été prises depuis la rue Pauline-Julien.


Observation de fin d'après-midi
À mon arrivée vers 16h30 un faucon était perché près du sommet de la cheminée Est. L'autre faucon est arrivé peu après et s'est posé à la même hauteur sur la cheminée Ouest.

Vers 17h03, le faucon de la cheminée Ouest rejoint le nid. À 17h17, il se hisse sur une barre métallique juste au-dessus du nid (voir vidéo ci-dessous). Il a donc hypothétiquement couvé seulement une quinzaine de minutes.




Les 2 faucons ont quitté ensemble le secteur en direction sud à 17h28. J'ai moi-même quitté 10 minutes plus tard. La vidéo ci-dessous montre le départ d'un des faucons.



Observation en soirée
Je suis revenu vers 18h45. Les 2 faucons étaient présents, chacun sur une cheminée. 

À 18h59, les 2 faucons se sont regroupés sur la plateforme de la cheminée Ouest qui se trouve au même niveau que le nid présumé. Il semble qu’un des faucons y mangeait.
L'autre faucon a assez rapidement rejoint un perchoir près du nid. Il s’est envolé à 19h26, en direction sud-est. J’ai quitté à 19h40. 




Y-a-t-il déjà un œuf ?
On ne peut pas l'exclure basé sur la faible présence au nid (15 minutes en 2 heures) puisque les faucons pèlerins commencent généralement à couver seulement à partir du 3ième œuf et que la température était douce. Mon impression (essentiellement subjective mais basée partiellement sur les départs des faucons et l'absence d'accouplements) est cependant qu'il n'y a pas encore d’œuf et que les faucons en sont encore à une phase d'exploration. Clairement ce site va être intéressant à surveiller dans les prochains jours/semaines.

On peut remarquer qu'il s'agit d'un nid sans toit, donc exposé à des intempéries telles que des chutes de neige. Le seul autre cas que je connais est la nidifications des faucons de l'Université de Montréal à l'Oratoire Saint-Joseph en 2012. Cette nidification avait commencé à la mi-avril alors que ce couple de faucon a l'habitude de nicher à partir de la dernière semaine de mars lorsqu'ils utilisent le nichoir. Se pourrait-il que les faucons dont le nid n'est pas pourvu d'un "toit" commencent leur nidification plus tard que ceux dont le nid est abrité ? Une question pour les spécialistes...


31 mars 2014: 2ième oeuf pour Spirit

Spirit a pondu son deuxième œuf à 13h11 ce lundi 31 mars 2014. Photo, vidéo et explications se trouvent dans le billet d'Eve.