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lundi 7 août 2017

Mystère autour de l'ancienne tour à eau d'Ericsson (1): le 2ième faucon pèlerin

Le 24 juillet Spirit a été trouvée au sol à proximité de l'ancienne tour à eau d'Ericsson sur le boulevard Décarie près de Côte-de-Liesse; Spirit est actuellement soignée à l'UQROP pour des blessures au bec, de l'arthrite à une des ailes et pour dénutrition. À partir du 26 juillet j'ai observé quasiment quotidiennement et souvent pendant plusieurs heures un autre faucon pèlerin perché sur la tour à eau. Ce faucon dont le sexe n'a pas encore été déterminé avec certitude, est non bagué, n'est pas la femelle qui a remplacé Spirit à l'Université de Montréal et montre un comportement inhabituel pour la saison.

Cet article est le premier d'une série de 3: dans ce présent article je présente le 2ième faucon pèlerin; le second article est consacré aux observations passées dans ce secteur et finalement le 3ième article considère différentes hypothèses sur les interactions entre Spirit et ce faucon.

Le faucon pèlerin - 26 juillet 2017

Mes observations en bref

Après l'annonce de la découverte de Spirit le 24 juillet, on pouvait s'interroger sur ce qui l'avait amené au sol. Essentiellement soit elle s'est retrouvée au sol toute seule, possiblement en raison de son arthrite et de sa malnutrition, soit elle s'est retrouvée au sol après une confrontation avec un autre oiseau (il n'y a aucune raison de penser qu'un humain ait été impliqué dans l'incident). Parallèlement Richard Dupuis avait suggéré sur Facebook que Spirit avait peut-être été aidée par un autre faucon pèlerin (une théorie que je considère plausible: Éole, qui savait probablement où Spirit est allée après son expulsion de l'université, a pu continuer à lui offrir des proies, au moins pendant quelques temps). Pour tenter d'y voir plus clair, je me suis rendu sur place le lendemain matin. J'ignorais alors que Spirit avait été trouvée au pied d'une tour à eau. Quand j'ai vu la tour je n'ai pas pu m’empêcher de lâcher un juron! J'étais en effet déjà venu à cet endroit après avoir lu qu'un couple de faucon pèlerin y avait été observé à plusieurs reprises en 2004... Il était presque 11h, le soleil tapait fort, j'avais peu d'espoir de voir un faucon pèlerin. Je me suis promis de revenir le lendemain matin plus tôt. C'est comme cela que l'histoire a commencé.

Voici un résumé très succinct de mes observations:
  • 26 juillet: faucon observé de 6h19 à 10h22. Pas revu entre 17h45 et 18h45. Le faucon était déjà présent à 6h19 sur la tour lorsque je suis arrivé. Court vol à 8h09 puis chasse à proximité à partir de 9h59. Perdu de vue à 10h22. Il a plusieurs fois vocalisé alors qu'il était perché sur la tour (voir la section "Comportement inhabituel" plus bas ).
  • 27 juillet: faucon observé de 10h57 à 12h46. Pas vu à 7h44 ni à 8h46, ni entre 18h16 et 20h49. Le faucon était présent sur la tour à 10h57 lorsque je suis revenu d'une marche dans le secteur. Il y était encore lorsque j'ai quitté à 12h46.
  • 28 juillet: faucon observé de 8h08 à 11h34. Pas vu de 6h09 à 8h08, ni à 14h55. Le faucon est arrivé à 8h08 en volant parallèlement à Cote-de-Liesse en provenance de l'ouest. Lorsqu'il s'est envolé à 11h34, il s'est d'abord dirigé vers moi en alarmant avant de virer et de traverser Côte-de-Liesse (plus de détails dans la section "Comportement inhabituel" plus bas).
  •  29 juillet: faucon observé de 7h58 à 11h57. Il était déjà là à mon arrivée à 7h58. Il s'est envolé vers Décarie à 11h57.
  • 30 juillet: faucon non vu de 8h07 à 12h06, ni de 19h32 à 21h. C'était la première fois depuis le 26 juillet que je ne le voyais pas le matin.
  • 31 juillet au 2 août: je n'y suis pas allé.
  • 3 août: faucon observé de 6h52 à 10h52. J'ai vu le faucon se poser à l'arrière de la tour à 6h52 alors que je me trouvais à l'avant sur Décarie. 2 courts vols à 7h22 et 7h35. Courte séquence de vocalises à 7h49 depuis la tour (voir la section "Comportement inhabituel"). Départ pour la chasse à 10h44. Perdu de vue à 10h52 alors qu'il traversait Côte-de-Liesse.


La vidéo ci-dessus donne une bonne idée de ce que j'ai pu observer. Le faucon est la plupart du temps perché sur la tour, à l'arrière (donc non visible de Décarie). Les perchoirs qu'il utilise alors sont: le garde-fou de la passerelle, les projecteurs qui se trouvent sur le garde-fou, le bord de la passerelle ou la passerelle elle-même. Dans ce dernier cas seule sa tête est visible lorsqu'il la dresse pour examiner les environs. Occasionnellement il s'aventure à l'avant et dans ce cas il n'utilise que la passerelle ou le bord de la passerelle: en particulier je ne l'ai jamais vu sur le garde-fou à l'avant (à noter que sa silhouette devrait alors être facilement distinguable depuis l'université de Montréal: est-ce pour cela qu'il n'utilise pas le garde-fou?). Le faucon partage son temps principalement entre l'observation et le toilettage. Je ne l'ai jamais vu manger.

Des photos sont disponibles dans cet album Facebook.


Ce que l'on sait (et que l'on ne sait pas) sur le faucon

Le faucon n'est pas bagué

Ceci est montré par plusieurs photos. La photo ci-dessous, bien que pas très belle, a le mérite de montrer les 2 pattes nues en même temps.

Le faucon n'est bagué à aucune patte

En particulier il ne peut pas s'agir du dernier compagnon de Spirit, Éole, qui est bagué aux 2 pattes. Ni de façon plus générale, d'aucun des jeunes de Spirit (Éole est en effet un des fils de Spirit).

Le faucon n'est pas la nouvelle femelle de l'Université de Montréal

Étant donné que la nouvelle femelle s'est récemment battue avec Spirit pour le contrôle du territoire de l'université, on pourrait imaginer qu'elle ait poursuivi Spirit jusqu'à Décarie: après tout les 2 endroits ne sont distants que de 4kms. Selon cette hypothèse le faucon que j'ai observé serait donc la nouvelle femelle de l'université.

Cette hypothèse ne tient pas la route pour plusieurs raisons:
  • D'abord la durée de la présence du faucon sur la tour à eau. Spirit n'est plus un problème depuis sa capture le 24 juillet. Pourquoi alors passer tellement de temps dans ce secteur, au risque de voir une autre femelle s'installer à l'université ? Rappelons que le faucon ne se tient que très rarement du côté de la tour donnant vers l'université.
  • Aucun déplacement n'a été observé dans la direction de l'université de Montréal. Au contraire, les directions de déplacement sont plutôt dans la direction opposée.
  • La caméra de Faucons de l'UdeM a enregistré la visite au nichoir le 26 juillet d'un faucon pèlerin non bagué de 6h43 à 6h49 au moment-même où j'observais le faucon sur la tour à eau:
  • Faucon pèlerin non bagué au nichoir de l'université de Montréal, 26 juillet 2017 à 6h48 (crédit: Faucons de l'UdeM)
    Évidemment tout ce que cette photo prouve, c'est qu'il y avait à ce moment-là 2 faucons pèlerins non bagués différents aux 2 endroits: le faucon dans le nichoir pourrait ainsi être un(e) intrus(e) qui a profité de l'absence de la femelle de l'université. Cependant:
  • Il ne semble pas qu'il y a eu de changement majeur à l'Université de Montréal ces derniers temps: les visites quotidiennes d'un faucon pèlerin dans le nichoir ressemblent à celles observées depuis l'arrivée de la nouvelle femelle. Par ailleurs le 30 juillet vers 13h30 lors d'un rapide passage à l'université de Montréal, j'ai observé un faucon pèlerin sur la tour de l'université, ce qui suggère qu'un des faucons (vraisemblablement la femelle) continue à être présent à l'université même lorsque la caméra ne capte rien.
Ces différents arguments pris ensemble permettent d'exclure à toute fin pratique que le faucon de l'ancienne tour à eau d'Ericson est la nouvelle femelle de l'université de Montréal.


Comportement inhabituel

Le faucon semble réagir vocalement à la présence humaine à proximité de la tour, un comportement qui est peu habituel, surtout à cette période de l'année. La vidéo ci-dessous montre certains de ces comportements, qui sont décrits plus en détails par la suite.


Incident du 26 juillet

Tout a commencé lors de notre première rencontre le 24 juillet.  Après un peu plus d'une heure d'observation le faucon est devenu subitement agité et s'est mis à vocaliser. Le genre de vocalisation qui s'adresse habituellement à un autre faucon pèlerin mais je n'ai vu aucun autre faucon. Sur le coup j'ai pensé qu'il appelait Spirit mais ce n'est plus ce que je pense. Ce n'est que le 3 août que je l'ai entendu vocaliser ainsi de nouveau, mais peut-être était-ce par que je l'observais de plus loin les autres jours.

Incident du 28 juillet

Entre temps est arrivé un autre incident. Le 28 juillet j'observais le faucon à une plus grande distance pour différentes raisons (recherche d'endroits à l'ombre, besoin de bouger, exploration du parking, ...). Après plus de 3h d'observation, à 13h31, j'étais complètement à l'extrémité du parking (point bleu sur la carte ci-dessous) à environ 200m de la tour d'après Google Maps. Le faucon était perché sur le garde-fou dans la partie gauche de la tour de mon point de vue:

Position du faucon peu avant l'incident du 28 juillet

Il a ouvert ses ailes comme s'il allait partir mais n'est pas parti. Il est parti 3 minutes plus tard, droit vers moi, et s'est mis à alarmer... Arrivé à ma hauteur il a fait un virage à environ 90 degrés avant de disparaitre de l'autre côté de Côte-de-Liesse. La photo ci-dessous illustre de façon très simplifiée sa trajectoire.

Trajectoire très simplifiée du faucon pour l'incident du 28 juillet (crédit: Google Maps)


Quelques remarques/précisions:
  • Pour aller où il allait, il aurait été plus naturel pour le faucon de partir en ligne droite de la tour. Il semble donc bien qu'il ait fait un détour pour moi...
  • Le faucon est resté à une altitude raisonnable, il a amorcé son virage avant d'être à ma verticale et il n'est pas répété sa manœuvre. La précision est importante puisque si un faucon pèlerin effectue des passages à basse altitude au-dessus d'un humain en alarmant, l'incident devrait être pris très au sérieux. Il faudrait dans ce cas quitter le secteur (ou en tout cas chercher un abri) et signaler l'incident à un agent de la faune. En effet de tels passages à basse altitude devraient être potentiellement considérés comme la dernière étape avant une attaque (très rare sur des humains à moins de s'approcher d'un nid), attaque qui pourrait causer des blessures sérieuses, notamment à la tête.
  • Plusieurs autres personnes traversent le parking et le terrain vague. Il est peu probable que quelqu'un qui ne fait que passer sans prêter attention au faucon fasse l'objet d'une telle manœuvre. Cependant si vous avez l'impression que le faucon semble réagir à votre présence, merci de me le signaler.
  • Il va sans dire que je n'ai rien fait pour provoquer délibérément le faucon. En particulier je ne fais JAMAIS jouer d'enregistrement sonore de cris lors de mes observations. Le faucon ne pouvait cependant pas ignorer que je l'observais puisque je braquais régulièrement mes jumelles et mon appareil photo vers lui et que je suivais ses déplacements (s'il se déplaçait de façon à sortir de mon champ de vision, je me déplaçais également pour le revoir).
  • Le faucon n'a pas répété cette manœuvre les 2 autres jours où je l'ai vu par la suite (les 29 juillet et 3 août). Le 29 juillet j'étais délibérément aller me positionner au même endroit, sans que le faucon ne réagisse. Le 3 août il m'a survolé mais sans crier.

Incident du 3 août

Le 3 août j'ai délibérément choisi de l'observer à nouveau de près (tout en restant à l'extérieur du terrain de l'entreprise dans lequel se trouve la tour d'eau) afin de voir s'il allait vocaliser. Il a en effet vocalisé mais je ne crois pas que c'est moi qui ait provoqué cette réaction... À mon arrivée à 6h43, un semi-remorque attendait manifestement que son quai de déchargement se libère, stationné contre les clôtures, pas loin de l'endroit où Spirit avait été trouvée:

Semi-remorque et faucon - 3 août 2017
(croyez-moi sur parole, le faucon est visible sur la photo!). À 7h49, le chauffeur s'est avancé entre le camion et la clôture, échappant ainsi à la vue du faucon pèlerin. Le faucon s'est alors mis à vocaliser vivement. Intrigué le chauffeur est revenu à l'avant du camion pour voir d'où venaient les cris. Les cris ont alors cessé. Un peu plus tard le chauffeur est entré dans son camion par le côté conducteur, ce qui a priori le cachait de nouveau du faucon, mais le faucon n'a cette fois-ci pas réagi (peut-être qu'il a été rassuré en percevant la porte qui s'ouvrait puis le bruit du moteur).

Commentaires

Il serait intéressant de savoir si le faucon réagit aussi face à d'autres ennemis potentiels. Tout ce que je peux dire à ce propos c'est qu'il reste indifférent aux goélands qui volent autour de lui en criant (les goélands ne constituent cependant pas vraiment une menace). Les corneilles, qui il est vrai évoluent beaucoup plus loin, n'ont jamais été inquiétées non plus. Quant aux 2 chats (au moins) qui fréquentent le secteur, je n'ai pas encore eu la chance de les voir en même temps que le faucon.

Un aspect intrigant de ce comportement est qu'il n'est pas consistant. Si le faucon se mettait à vocaliser dès que quelqu'un s'approchait de la tour, les choses seraient beaucoup claires mais ce n'est pas le cas. Le vol avec cri d'alarme n'a pas été reproduit non plus. Dans un autre ordre d'idée, se pourrait-il que ce comportement qu'on peut qualifier de territorial ait été exacerbé par l'intrusion sur son territoire de Spirit?

Mâle ou femelle?

Cette question est sans réponse présentement. Chez les faucons pèlerins, la femelle est environ un tiers plus grosse que le mâle. Malheureusement en l'absence de repère il est très difficile d'évaluer la taille d'un individu isolé, sans compter qu'il peut exister des variations individuelles: mâle plus gros que la normale ou femelle plus petite que la normale. Des 3 personnes que j'ai interrogé, une m'a répondu que les photos n'étaient pas suffisantes pour sexer le faucon compte tenu de l'absence de repère, une autre est en vacances et la dernière ne m'a pas encore répondu.

Si c'est une femelle, on peut penser que les choses ne se sont pas très bien passées entre elle et Spirit si les 2 faucons se sont rencontrés... Mais si c'est un mâle, rien ne garantit que les choses se soient mieux passés: Spirit ne devait pas être particulièrement attirante ces temps-ci... Si c'est un mâle, il faudra comparer les photos avec celles des 3 derniers mâles de Spirit (Roger, Arthurin, Brett) ainsi que les intrus observés à l'université de Montréal durant les évènements de 2016, tous non bagués, en gardant en tête qu'on ne pourra jamais prouver hors de tout doute que 2 faucons en apparence similaire sont un seul et même faucon. Voici un lien de Faucons de l'UdeM montrant certains de ces mâles. Pour des photos du faucon qui fait l'objet de cet article, voir mon album Facebook ou la photo publiée par Faucons de l'UdeM.

Le faucon semble seul

À aucun moment je n'ai vu un autre faucon pèlerin.

État de santé

Probablement influencé par le mauvais état de santé de Spirit, j'ai eu très tôt des doutes sur l'état de santé du faucon que j'observais. Ces doutes ne sont probablement pas justifiés mais voici quand même les éléments que j'ai notés:
  • Alors qu'il me survolait le 26 juillet, j'ai eu l'impression qu'une de ses ailes n'était pas normale comme s'il lui manquait des plumes. Puis 3 jours plus tard j'ai trouvé dans un espace lisse et dégagé sur Décarie à l'avant de la tour une plume de 23cms au sol. Comme souligné par Eve Belisle de Faucons de l'UdeM, ce n'est pas nécessairement anormal puisque c'est l'époque où les faucons muent, c'est-à-dire remplacent leurs plumes. 
    Photo semblant montrer un trou dans l'aile gauche - 28 juillet

    Photo recto/verso de la plume trouvée le 29 juillet
  • À quelques reprises le faucon a battu des ailes en s'agrippant au garde-fou sans décoller, un comportement souvent vu chez les juvéniles mais que j'ai rarement observé chez un adulte.
  • Le 26 juillet, le faucon a fait 3 passages au ras du sol au-dessus du terrain vague. Entre chaque passage il se perchait quelques minutes sur un lampadaire. Il cherchait peut-être à surprendre des pluviers kildir que j'avais vus la veille. Mais ce qui est intrigant, c'est que ces 3 passages ont été faits au même endroit et je n'ai jamais entendu ou vu d'oiseaux s'envoler. Problème de vision?
  • L'incident du 28 juillet où le faucon a volé vers moi en alarmant est également suspect. D'abord par son caractère inhabituel pour la saison. Ensuite parce que je me suis demandé s'il n'avait pas agi ainsi parce qu'il ne m'avait pas reconnu à 200 mètres.
  • Jusqu'à présent je n'ai jamais vu le faucon manger ou attraper quelque chose (depuis que j'ai écrit ces lignes,  Richard Dupuis a documenté un repas). 

Conclusion

Un faucon pèlerin fréquente sur une base régulière l'ancienne tour à eau d'Éricsson depuis au moins le 26 juillet, ce qui en fait le 2ième faucon pèlerin observé à cet endroit en quelques jours après le sauvetage de Spirit. Ce faucon semble réagir à la présence humaine en vocalisant ou en alarmant, un comportement qui est plutôt inhabituel à cette période de l'année. Si vous observez ce faucon - ou si vous avez observé un faucon pèlerin à cet endroit ou dans les environs dans le passé - je serais très heureux de prendre connaissance de votre observation. Vous pouvez partager votre observation de 3 façons différentes:
  • En m'envoyant un courriel à l'adresse falcoUrbanis@gmail.com;
  • En laissant un message sur ma page Facebook
  • Ou en commentant cet article. 

jeudi 27 juillet 2017

Spirit retrouvée vivante!

Spirit, la femelle faucon pèlerin qui nichait à l'Université de Montréal depuis 2009 et pour laquelle on craignait le pire après qu'elle eut été chassée par une autre femelle en juin, a été retrouvée en piteux état mais vivante ce 24 juillet. Elle a été acheminée à la clinique des oiseaux de proie de Sainte-Hyacinthe où elle est présentement soignée.

Spirit à la Clinique des Oiseaux de Proie (crédit: Christian Fritschi)

Localisation de Spirit et acheminement à la Clinique des Oiseaux de Proie

C'est un camionneur qui a découvert le faucon pèlerin au sol près des quais de chargement à l'arrière du 8600 Décarie, pas très loin de la Métropolitaine. Cet endroit est situé à environ 4 kilomètres à l'ouest de l'Université de Montréal. Le camionneur a eu le bon réflexe de signaler le faucon (peu de gens le savent mais c'est une obligation légale de signaler un faucon pèlerin trouvé blessé ou mort, - tout comme d'ailleurs n'importe quel autre oiseau de proie; je vous réfère à cette page de l'UQROP pour les numéros de téléphone). Le signalement a été reçu par l'UQROP (Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie), soit directement, soit via un intermédiaire. L'UQROP a alors confié à un de ses bénévoles, Christian Fritschi, la mission de capturer puis d'apporter l'oiseau à Sainte-Hyacinthe. Cela a été fait entre 11h45 et 13h le 24 juillet, tel qu'indiqué dans ce message de Christian sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM. Le faucon était perché sur une palette de bois à son arrivée sur place:

Spirit juste avant sa capture (crédit: Christian Fritschi)

Grâce aux indications très précises de Christian (merci Christian!) j'ai facilement retrouvé l'endroit le lendemain matin. J'ai ainsi découvert que le faucon avait été trouvé au pied d'une ancienne tour à eau qui semblait faire un excellent perchoir pour faucon pèlerin:
Ancienne tour à eau d'Ericsson vue du boulevard Décarie


Spirit avait-elle chuté? Ou bien a-t-elle été 'descendue', par exemple par un autre faucon pèlerin? Le lendemain matin j'observais en effet un autre faucon pèlerin perché sur la tour... Cette partie de l'histoire fera l'objet d'un article séparé, je me contenterai juste ici de donner le lien vers l'annonce que j'ai faite sur ma page Facebook de la découverte de ce faucon.


État de santé de Spirit

Faucons de l'UdeM a relayé les premières constatations du docteur Guy Fitzgerald quelques heures après l'admission du faucon à la clinique: on apprend que Spirit a plusieurs plaies autour du bec ainsi que de l'arthrite à l'aile droite et qu'elle est très maigre. Le docteur Fitzgerald pense pouvoir la sauver mais ne peut pas encore se prononcer sur sa capacité à voler de nouveau un jour. Une radiographie a révélé le lendemain qu'elle a également souffert d'une fracture à la hanche droite qui a cependant guéri toute seule.


Comment aider l'UQROP

Un des rôles de la Clinique des Oiseaux de Proie est de former les étudiants et à ce titre elle est financée en partie par l'Université de Montréal. Pour la réhabilitation des oiseaux en revanche, qui suppose des soins quotidiens pendant une période plus ou moins longue, l'UQROP ne reçoit aucun financement récurrent. Si vous le souhaitez et que vous en avez la possibilité, vous pouvez aider l'UQROP en faisant un don. Un autre moyen de contribuer aux efforts de l'UQROP est d'aller visiter le centre d'interprétation Chouette à voir.  Pour connaitre d'autres moyens d'aider (membership, parrainage d'un oiseau, ...), cliquez successivement sur les onglets "A propos de nous" puis "Comment nous aider" sur la page d'accueil de l'UQROP.

À noter que plusieurs enfants et petits-enfants de Spirit ont déjà été soignés par l'UQROP dans le passé:
  • Eve, un des fauconneaux de Spirit de 2010, a été transférée à l'UQROP alors qu'elle était âgée d'un peu plus de 1 mois. Elle n'a malheureusement pas survécu à sa maladie (ce faucon ne doit pas être confondu avec la compagne non baguée d'Éole, également appelée Eve).
  • Achille en juin 2015 après un accident à son 2ième jour de vol. Les parents d'Achille sont Algo et Polly,  tous deux nés en 2009 à l'Université de Montréal de l'union de Spirit et Roger. Achille a pu être relâché 2 semaines plus tard.
  • Un fauconneau d'Éole en juillet 2015 (église Saint-Marc). Le fauconneau avait été embarqué par la police après avoir été trouvé sur le trottoir à 1 heure du matin... Il a passé un examen médical à l'UQROP, qui n'a révélé qu'une plume brisée. Le fauconneau a rejoint ses 3 frères et sœurs ainsi que ses parents quelques jours plus tard. Éole est un fils de Spirit, né en 2011 à l'Université de Montréal.
  • Un fauconneau d'Éole en 2016 (incinérateur des Carrières). Le fauconneau a été transféré à l'UQROP le 28 juillet après s'être blessé en chutant du nid. Après avoir été soigné, le fauconneau a été confié en adoption à un couple de faucons pèlerins de l'UQROP qui lui ont appris à voler.  Le fauconneau a finalement été relâché le 25 août près de l'incinérateur des Carrières. Tel qu'indiqué plus haut, Eole est un fils de Spirit.


Cet article a été publié le 2 août 2017.


 

mardi 18 juillet 2017

De l'action et des émotions à l'Oratoire Saint-Joseph ce week-end

Un faucon pèlerin qui utilise un perchoir de Spirit après le coucher du soleil, un autre qui a des comportements de juvénile et qui se perche là où se perchait un juvénile en 2014, une âpre dispute à propos d'une proie entre 2 faucons pèlerins: les faucons pèlerins m'ont fait passer par toute une gamme d'émotions à l'Oratoire Saint-Joseph ce week-end! Mais il m'a bien fallu revenir sur terre: il semble bien que les faucons pèlerins n'étaient autre qu'Éole et la nouvelle femelle de l'Université de Montréal, qui ont pris un peu de distance avec l'université. Particulièrement Éole puisque la femelle continue de fréquenter l'université.

Un faucon pèlerin au comportement de juvénile

Dimanche 16 juillet un faucon pèlerin a semblé tenter à plusieurs reprises de se poser sur la surface du dôme de l'Oratoire, une entreprise très difficile voire impossible. Ce genre de comportement est souvent observé chez les fauconneaux, qui n'ont par encore acquis assez d'expérience pour juger correctement de ce qui est possible ou non. Mais dans ce cas il est très vite apparu que le faucon était un adulte et non un juvénile:
Le faucon qui semblait vouloir se poser sur le dôme
L'observation a été faite une heure avant le coucher du soleil. Une possibilité est qu'il tentait d'attraper des insectes.

Un autre comportement intrigant d'un faucon - probablement le même - est l'utilisation du lanterneau comme perchoir:

Ce comportement a été observé à plusieurs reprises samedi et dimanche en fin de journée. En fait c'est l'observation aux jumelles depuis l'université d'un faucon qui volait au niveau de la coupole et qui s'est apparemment perché sur le lanterneau qui m'a conduit à l'Oratoire samedi vers 19h45. Et effectivement à mon arrivée le faucon était bien sur le lanterneau. Dimanche soir il était présent sur ce type de perchoir jusqu'à 20h38. Ce qui est particulier avec ce perchoir, c'est que je ne me souviens pas avoir jamais vu un adulte l'utiliser. En revanche l'endroit était utilisé en 2014 par un fauconneau: 
Fauconneau sur le lanterneau - 20 septembre 2014

Un faucon sur un perchoir de Spirit après le coucher du soleil

À 20h24 le samedi 15 juillet, 2 faucons pèlerins sont présents à l'Oratoire: un en vol au niveau du dôme et l'autre dans la partie droite du toit de la façade avant de l'Oratoire. Ce dernier faucon s'est envolé à 20h30 vers la façade donnant sur le parking supérieur où il s'est perché sur l'ornement central.

 
Mon excitation augmentait au fur et à  mesure que le temps passait. Ce perchoir a en effet été utilisé plusieurs fois par Spirit avant qu'elle rejoigne son perchoir de nuit sur la façade avant. Le soleil s'est couché à 20h40 d'après le Conseil National de Recherche du Canada. À 21h le faucon était toujours là... Le faucon s'est finalement envolé à 21h10, est parti tout droit et a effectué une boucle qui l'a amené à passer du côté de la façade avant... À ce stade-là un faucon sur un des perchoirs de nuit de la façade avant aurait été une sérieuse indication du retour de Spirit. Mais malheureusement ces perchoirs étaient vides.

Voici une photo du faucon alors qu'il était encore sous le toit:
Il pourrait s'agir d'Éole.

Une proie âprement disputée

Chaque année il y a un moment que les femelles faucon pèlerin détestent: c'est lorsque leur mâle cesse de les approvisionner en nourriture! Ce moment est apparemment arrivé pour la femelle de l'université de Montréal. Il faut dire que la frustration de la femelle était d'autant plus compréhensible que les 2 faucons ont attaqué ensemble la proie...

Ça s'est passé à 6h du matin le dimanche 16 juillet à l'Oratoire. Je venais juste d'arriver devant l'Oratoire quand j'ai vu un faucon s'envoler vers le boisé du côté de la maison des Petits Chanteurs du Mont-Royal. Quelques instants plus tard 2 oiseaux ont émergé sur une trajectoire différente: le faucon et sa proie: la proie avait donc échappé au faucon. Malheureusement pour la proie, elle n'a eu aucune chance avec le 2ième faucon qui suivait immédiatement après!

Le faucon qui a capturé la proie l'a amené à l'Oratoire mais le premier faucon exigeait sa part. Cette situation a conduit à au moins 6 déplacements de la proie, et ce nombre est probablement bien supérieur puisque j'ai perdu à plusieurs reprises les faucons de vue. Un faucon a même tenté de s'emparer de la proie en vol!

Comme je ne peux pas totalement exclure que les faucons ont changé de rôle à certains moments, je vais référer aux 2 faucons par les lettres A (le 1er faucon) et B (le 2ième faucon) et raconter ce qui s'est passé en supposant qu'il n'y a pas eu échange de rôle. Je donnerai ensuite des arguments en faveur de l'hypothèse que le mâle était constamment celui avec la proie (donc B).

Voici un timeline approximatif, basé sur mes enregistrements:
  • 6h02mn30s: moment de la capture. B a ensuite amené la proie dans la partie droite du toit de la façade avant, aussitôt rejoint par A.
  • (1) 6h04mn14: B quitte le toit avec la proie, manifestement peu à l'aise avec la présence de A. Ce n'est que le premier d'une longue série de déplacements de la proie!
  • 6h06mn42:  B ramène la proie dans la partie droite du toit, immédiatement suivi par A. Auparavant la proie avait été soit promenée dans le ciel, soit amenée sur une corniche à la base du dôme.
  • (2) 6h06mn54: B repart avec la proie.
  • 6h07mn38: B a amené la proie sur une sculpture sous le sommet du toit.
  • 6h08 à 6h17: répit pour B qui plume la proie et mange; A est perché à la base du toit et se plaint par intermittence.
  • (3) 6h17mn43: A rejoint B qui s'envole immédiatement avec la proie. 
  • 6h18mn04: A quitte à son tour.
  • 6h18mn55: B revient au même endroit avec la proie.
  • (4) 6h22mn16: A le rejoint; B décolle aussitôt avec la proie.
  • (5) 6h22mn35: B a amené la proie dans la partie gauche du toit, immédiatement suivi par A. Se passe alors quelque chose qui est désormais en bonne place parmi les moments spéciaux que les faucons m'ont fait vivre. B redécolle avec la proie mais A a mis sa patte dessus et ne lâche pas! Déséquilibrés, les faucons perdent rapidement de l'altitude tout en se dirigeant droit vers moi... A finit par lâcher et B me survole avec la proie. Quelques secondes de pures émotions!  J'ai perdu de vue les 2 faucons par la suite.
  • 6h28mn44: B revient sous le sommet du toit avec la proie.  
  • (6) 6h29mn26: B amène la proie sous la partie droite du toit après avoir été rejoint par A. A ne semble pas bagué à la patte droite.
  • 6h33mn58: B est de retour sous le sommet du toit. Il ne sera plus dérangé.
  • 6h42mn56: A est dans la partie gauche du toit. Il n'est pas bagué.
  • 6h44mn10: A s'est envolé. Comme j'anticipais un nouveau dérangement de celui qui mangeait, j'ai redirigé la caméra vers le sommet du toit, ce qui m'a empêché de voir où A est allé.
  • 6h45mn14: B s'est envolé à son tour, cette fois-ci sans la proie. Je l'ai perdu de vue au-dessus de l'université de Montréal. 

Repas mouvementé pour un faucon pèlerin à l'Oratoire Saint-Joseph - 16 juillet 2017

Qui étaient les faucons? Une certitude: à la toute fin, le faucon qui n'avait pas la proie n'était pas bagué à la patte droite, ce qui suggère à tout le moins que la femelle de l'université de Montréal était impliquée:
Faucon non bagué à la patte droite à 6h43
Ceci n'est pas suffisant pour prouver que la femelle n'avait jamais le contrôle de la proie puisqu'elle a pu la laisser au mâle après avoir suffisamment mangé. Un autre indice est que l'on retrouve la femelle à 4'41'' dans la vidéo (6h29) au moment où l'autre faucon part avec la proie.  Mais ce n'est pas non plus une preuve puisque c'était peut-être justement le moment où la femelle a laissé la proie au mâle. On remarque cependant qu'il y a eu un autre transport de la proie par après puisque le faucon est revenu manger la proie sous le sommet du toit.  Finalement une dernière indication que la femelle n'avait pas mangé - ou peu - est que je l'ai retrouvée un peu plus tard sur un toit de l'université de Montréal en train de... manger.
 

Tentative d'identification des faucons

Compte tenu de la présence d'au moins un faucon pèlerin juvénile dans le secteur de l'université de Montréal ces derniers jours et de la disparition de Spirit le 10 juin (articles à venir) - sans compter de la toujours possible visite d'un ancien rejeton de Spirit - l'identification des faucons étaient particulièrement importantes.

J'ai déjà mentionné dans la section précédente qu'au matin du 16 juillet un des faucons impliqués dans le non-partage de la proie était non bagué à la patte droite, ce qui suggère que c'était la nouvelle femelle de l'université de Montréal.

Dans la soirée du 16 juillet, un des faucons était bagué à la manière des fauconneaux de l'Université de Montréal et était vraisemblablement Éole:

Faucon bagué à la patte droite - 16 juillet 2017, 19h51

Le même faucon est aussi bagué à la patte gauche - 16 juillet, 19h53
Dans la 2ième photo on croit reconnaitre un "3" comme dernier chiffre inférieur, or la bague d'Éole est E83.

Dans mon esprit il ne fait pas de doute que le couple de faucon pèlerin de l'université de Montréal était présent à l'Oratoire Saint-Joseph ce week-end. Y avait-il d'autres faucons? À cela je ne peux pas répondre. 


La femelle toujours partiellement à l'Université de Montréal

Durant les 2 jours j'ai pu observer également la femelle à l'Université de Montréal. En revanche elle était seule.

Le 15 juillet, je suis arrivé à 17h50 à l'Université de Montréal. Un faucon est arrivée 4 minutes plus tard en provenance du cimetière et s'est perché sur la colonne la plus à droite de la façade de la tour donnant vers ce même cimetière. À 18h04 il s'est mis à vocaliser sans que j'arrive à trouver une raison valable. Il s'est envolé 1 minute plus tard, a fait une escale d'une quarantaine de secondes à gauche du nichoir avant de partir vers le pavillon André-Eisenstadt et de virer ensuite vers le cimetière. La femelle (une photo montre que le faucon n'est pas bagué)  est revenue se percher sur la tour à 18h21 qu'elle a quitté silencieusement à 18h37 en direction approximativement de l'Oratoire. C'est en scrutant l'Oratoire aux jumelles à la suite de ce départ que j'ai aperçu un faucon volant au niveau du dôme de l'Oratoire.

Le lendemain matin je me suis rendu à l'Université de Montréal après avoir suivi depuis l'Oratoire un faucon aux jumelles jusqu'à l'Oratoire. J'ai trouvé la femelle à 7h44 perchée sur le toit d'un bâtiment de l'université de Montréal:
Faucon sur un toit de l'université (nouveau perchoir) - 16 juillet, 7h44
Elle s'est mise à manger puis s'est envolée à 7h54. (En la recherchant j'ai photographié l'Oratoire Saint-Joseph  sans m'apercevoir à ce moment-là qu'il y avait un faucon perché sur l'ornement de droite de la façade avant...). Je l'ai retrouvée à 8h28 sur le même toit de l'université.  Elle s'est presque immédiatement envolée et s'est perchée sur un toit du bâtiment pyramidal.  À 8h31 elle a quitté ce toit pour aller se percher sur la tour de l'université de Montréal, sur la façade donnant vers le pavillon André-Eisenstadt, où elle était encore à 9h quand j'ai quitté.


Conclusion

Ces observations laissent plusieurs questions en suspens, qui je l'espère seront répondues par d'autres observations, en particulier:
  • Qui est le faucon qui se perche sur le lanterneau?
  • Que signifie le comportement ressemblant à une tentative de se poser sur le dôme?
  • Les faucons sont-ils aussi présents à l'Oratoire en journée?
  • Un des faucons dort-il à l'Oratoire?




lundi 17 juillet 2017

Un faucon pèlerin juvénile trouvé mort à l'Université de Montréal!

Les restes d'un faucon pèlerin juvénile ont été trouvés le 12 juillet par Christian Trudeau sur le toit du pavillon Marcelle Coutu de l'Université de Montréal. D'après le docteur Guy Fitzgerald qui a identifié l'oiseau il s'agirait d'un jeune de cette année (propos rapportés par Faucons de l'UdeM). A priori rien de très étonnant à trouver un fauconneau mort sur le campus de l'Université de Montréal puisqu'il est bien connu que la tour de l'université abrite un couple nicheur depuis plusieurs années et que le taux de mortalité des faucons pèlerins est particulièrement élevé lors de leur première année (50 à 75% d'après cette fiche du ministère de la faune). Il y a juste un petit hic: aucun fauconneau n'est né à l'Université de Montréal cette année (ni l'année dernière d'ailleurs)!! Triste ironie: comme si ce n'était pas déjà assez triste de ne pas voir de naissance à l'université de Montréal, il a fallu en plus qu'un fauconneau né ailleurs vienne y mourir!

La découverte

Le matin du 12 juillet Christian Trudeau a remarqué des plumes qui tombaient du toit du pavillon Marcelle Coutu. Intrigué il est monté sur le toit et a ainsi découvert les restes d'un oiseau, qui malgré l'absence de pièces cruciales comme le bec ou les pattes, lui semblait être un faucon. La photo ci-dessous montre l'endroit où les restes ont été trouvés (merci à Christian Trudeau pour m'avoir précisé cet endroit et pour avoir répondu à mes autres questions):
Pavillon Marcelle Coutu avec indication de l'endroit où les restes ont été trouvés

 D'après l'état des restes, la mort remontait à plusieurs jours selon Christian Trudeau.

Morceau de l'oiseau (crédit: Christian Trudeau)

Un autre morceau (crédit: Christian Trudeau)
Pensant qu'il s'agissait de Spirit - qui a été chassée par une autre femelle le 11 juin et qui n'a plus été revue depuis - Christian Trudeau a posté un message sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM avec une photo, à 10h03. Ironiquement, au même moment, Faucons de l'UdeM procédait au retrait des 3 œufs de Spirit et Éole, marquant ainsi officiellement l'échec de la saison 2017 de nidification du faucon pèlerin à l'Université de Montréal.

Les 3 œufs et les restes de l'oiseau ont été acheminés le lendemain à la clinique des oiseaux de proie de Sainte-Hyacinthe par Eve Belisle. De leur examen par le docteur Guy Fitzgerald, il est ressorti que les œufs étaient infertiles et que l'oiseau mort était un faucon pèlerin juvénile de cette année (à noter que la série de 5 photos publiées par Faucons de l'UdeM contient  cette intéressante photo de l'ensemble des restes du fauconneau).


Que s'est-il passé? Quelques observations possiblement liés - ou pas

Le fauconneau a de toute évidence été mangé par un autre oiseau. La fragmentation des restes n'est pas caractéristique de l’œuvre d'un faucon pèlerin ni d'un épervier à ma connaissance. L'hypothèse d'un grand duc d'Amérique a été avancée par Eve Belisle et Richard Dupuis de Faucons de l'UdeM. Un grand-duc est régulièrement observé dans les cimetières qui jouxtent l'université de Montréal (rapport eBird du 31 mars 2017) ou dans le parc du Mont-Royal (interaction entre 2 faucons pèlerins et un grand duc, novembre 2012). Le fait qu'une partie de la proie ait été emporté semble éliminer l'urubu. Il faut aussi tenir compte que le prédateur a pu agir sur le territoire des faucons pèlerins, ce qui suggère un prédateur nocturne.

Une autre question sans réponse est si le prédateur a attrapé un fauconneau en pleine santé ou s'il a profité d'une maladie ou d'un accident du fauconneau. Il est difficile d'ignorer ici que le fauconneau a été trouvé sur le territoire d'un couple de faucon pèlerin. J'examinerai en particulier l'implication possible de la nouvelle femelle dans la prochaine section mais un scénario possible - parmi d'autres - est qu'il y ait eu une poursuite qui s'est terminée par une collision du fauconneau avec l'édifice, ou même une bataille qui a entrainé des blessures ou la mort du fauconneau. Le fauconneau aurait alors été une proie facile pour un prédateur.

Dans ce qui suit, j'évoque des observations qui pourraient avoir un lien (ou pas) avec ce qui s'est passé.
  • Cris d'alarme. Le 8 juillet via la caméra et le matin du 9 juillet sur place, j'ai pu entendre un faucon pèlerin alarmer. Le 9 juillet à 11h31 j'ai pu constater qu'il s'agissait de la nouvelle femelle. Je n'ai pas réussi à identifier la cause de l'alarme mais comme j'étais adossé au pavillon Armand Bombardier de l'École Polytechnique mon champ de vision était sérieusement limité. Cependant 5 minutes plus tard, alors que je m'étais déplacé pour avoir une meilleure vue, un urubu est apparu au-dessus du pavillon Armand Bombardier à une altitude relativement basse et s'est dirigé vers la tour. Arrivé au-dessus de la route il a bifurqué vers le cimetière. Le faucon n'a pas réagi cette fois-là. Se pourrait-il que l'urubu avait déjà fait une manœuvre similaire 5 minutes plus tôt et que le faucon pèlerin l'ait averti? Ou bien les cris d'alarmes étaient-ils causés par autre chose?
  • Le 11 juillet vers midi, Eve Belisle a observé 2 faucons pèlerins qui se déplaçaient lentement en décrivant des cercles en direction de l'Oratoire Saint-Joseph et a entendu ce qui semblait être des cris de juvénile (elle m'avait parlé de ça lorsqu'elle m'avait montré les œufs le 12 juillet lors d'une discussion sur les cris de la nouvelle femelle). Il semble donc qu'au moins 1 - et probablement 2 - juvénile ait survolé le campus la veille de la découverte des restes. Il se pourrait que le fauconneau mort soit un autre individu que celui observé par Eve Belisle, ou bien il s'est passé quelque chose durant l'après-midi ou la nuit.
  • Le 15 juillet, à ma grande surprise, j'observe de nouveau un faucon pèlerin juvénile sur la Tour de la Bourse. Cela faisait 2 semaines que je n'avais pas vu clairement un juvénile dans ce secteur (ce que je voyais durant cette période semblait être un adulte). Le nid de la Tour de la Bourse est une origine possible pour le fauconneau mort. Comme tous les adolescents, les fauconneaux ont hâte de s'éloigner de la maison et de vivre leurs propres expériences. Et quand les choses tournent mal (nourriture difficile à attraper, rencontre avec d'autres oiseaux de proie, ...) ils reviennent près du nid, réalisant qu'ils ont encore des choses à apprendre de leurs parents...    


La femelle faucon pèlerin de l'Université de Montréal a-t-elle pu jouer un rôle dans la mort du fauconneau?

Les faucons pèlerins sont généralement tolérants face à des juvéniles, même s'ils ne sont pas d'eux, au point parfois de les adopter et de les nourrir. Cela avait d'ailleurs été mis à profit en juillet 2015 lorsqu'une jeune femelle trouvée blessée à Trois-Rivières avait été relâchée à l'Université de Montréal après avoir été soignée à l'UQROP. La jeune femelle avait été assez rapidement adoptée par la famille de faucon pèlerin de l'université de Montréal, famille qui était alors composée de 2 adultes et de 3 fauconneaux femelles. Mais le contexte de cette année est totalement différent: non seulement la femelle actuelle n'a pas eu de bébé mais elle a conquis durement le territoire de l'université de Montréal au cours des dernières semaines, en chassant l'ancienne femelle (Spirit) le 10 juin et en repoussant une contre-offensive le 11 juin. C'est par ailleurs possiblement la même femelle qui s'est battue avec Spirit dans le nichoir le 26 avril. Dans ce contexte, se pourrait-il que la réaction de la femelle soit un petit peu moins accueillante? J'ai posé la question sur le forum Bird Cams Around the World.

L'une des conceptrices du site - "Skygirlblue" - a répondu " I think most of us assume that newly fledged youngsters are given a pass by non-parental birds, but there is documentation that this isn't always true". Puis elle a illustré son propos avec 2 cas que je développe ci-dessous. Elle pense cependant - ainsi qu'une autre intervenante ("Bev") - que l'hypothèse la plus probable pour la mort du fauconneau est une collision avec le bâtiment.

Pour être complet, je mentionne que ce n'est pas la première fois qu'un oiseau de proie est retrouvé mort sur le territoire des faucons pèlerins: en effet le 20 mai 2014 une buse à queue rousse juvénile avait été retrouvée morte sur le campus mais il n'y avait alors pas eu de prédation et il s'agissait probablement d'une défense de territoire normale de la part des faucons en pleine période de nidification.

Norwich (Grande-Bretagne), 2016 - attaque des fauconneaux de la femelle précédente

Ce qui suit est essentiellement basé sur cet article. En résumé une nouvelle femelle chasse la femelle résidente qui a alors 4 fauconneaux. Tous les fauconneaux ont été attaqués lors de leur premier vol ou juste avant: 2 sont morts sur place tandis qu'un 3ième est décédé en réhabilitation. Il est à noter que les fauconneaux n'auraient peut-être pas survécu longtemps de toute façon puisqu'ils étaient tous infestés par un ver, possiblement le résultat des efforts désespérés du mâle pour nourrir seul tous ses rejetons et qui a rapporté un oiseau malade.Voici plus de détails.

Le 15 mai 2016 la femelle résidente disparait après une altercation avec une autre femelle. Le couple avait alors 4 fauconneaux. Le 9 juin le premier fauconneau s'envole. Après que son premier vol l'ait amené près du sol il est replacé en hauteur pour faciliter son nourrissage par le mâle. Quelques minutes à peine plus tard le fauconneau est attaqué par la nouvelle femelle. Plusieurs autres attaques sont observées durant la journée. À la fin de la journée le fauconneau est retrouvé mort.

Le lendemain un 2ième fauconneau effectue son premier vol. Lui aussi fait face aux attaques de la femelle. Il est trouvé au sol le lendemain avec une plaie ouverte à l'aile et est placé en réhabilitation. Il est décédé quelques semaines plus tard, de cause inconnue.
 
Le 13 juin une jeune femelle s'élance à son tour. La juvénile se retrouve à plusieurs reprises au sol. À chaque fois qu'elle est replacée en hauteur elle devient la cible de la nouvelle femelle. La décision est alors prise de retirer le fauconneau du secteur par précaution. C'est la seule qui a survécu.

Quant au dernier fauconneau je comprends qu'il a été attaqué alors qu'il était encore au nid. Il est lui aussi décédé.

L'article mentionne que les experts ont été étonnés par le comportement de cette femelle puisque les attaques sur des juvéniles sont très rares: "The behaviour of the new female has baffled  not only the Trust but also peregrine experts, it was widely known that adult female peregrines  and male will attack each other over territories but for adults to attack fledglings in juvenile plumage is very rare".

Mississauga (Ontario), 2012 - le mâle protège son unique fille survivante des attaques d'une nouvelle femelle

Ce qui suit est tiré du communiqué du 26 juin 2012 de Tracy Simpsons. Après avoir provoqué l'envol prématuré et la mort de 2 fauconneaux et envoyé leur mère en réhabilitation, une nouvelle femelle s'est mise à attaquer Janet, le seul fauconneau survivant. Le mâle est intervenu pour protéger sa fille. En fin de compte il l'a amené à un endroit situé à distance du nid où il se rendait secrètement la nourrir pendant que la nouvelle femelle était occupée à manger la proie qu'il venait de lui offrir!



Conclusion

On ne saura jamais ce qui s'est vraiment passé. Une chose est sure: un fauconneau est entré dans le territoire des faucons pèlerins de l'université de Montréal peu après un conflit majeur entre faucons pèlerins.

Cette histoire montre aussi comment un faucon pèlerin peut disparaitre en laissant très peu de traces, même très près de l'université (ce faucon n'était pas bagué mais s'il avait été bagué cela n'aurait rien changé puisque les pattes n'ont pas été retrouvées). À ce propos un grand coup de chapeau à Christian Trudeau pour avoir su reconnaitre ces traces et permettre ainsi à cette histoire d'être connue!



Cet article a été publié le 28 août 2017.





vendredi 14 juillet 2017

Arrêt de la couvaison et retrait des oeufs pour les faucons pèlerins de l'Université de Montréal

Le faucon pèlerin mâle de l'Université de Montréal, Eole, a finalement baissé les ailes ce 8 juillet en arrêtant de couver des œufs. Quelques jours plus tard, les œufs ont été retirés et acheminés à la Clinique des Oiseaux de Proie de Sainte-Hyacinthe pour être examinés. Verdict: les 3 œufs étaient infertiles. Les derniers jours de couvaison des œufs ont donné lieu à une surprise: la nouvelle femelle a couvé pendant une dizaine de minutes les œufs de sa rivale!

Une surprise lors des derniers jours de couvaison

Après sa prise de contrôle du nichoir le 10 juin, la nouvelle femelle n'a montré aucun intérêt à couver les 3 œufs pondus par Spirit. La couvaison était assurée à temps partiel par le mâle, qui typiquement quittait le nichoir et les œufs dès que la femelle se présentait. La femelle passait un temps plus ou moins long dans le nichoir, sans couver, puis quittait. Quelques temps après, Eole revenait couver.

Le 30 juin vers 13h je travaillais sur mon ordinateur avec la caméra de Faucons de l'UdeM en arrière-plan. À un certain moment je note l'arrivée de ce qui semble être la femelle dans le nichoir. Rien de surprenant, je continue donc à vaquer à mes occupations. Mais quelques instants plus tard, lors d'un nouveau coup d’œil, surprise: un faucon est en train de couver! Je me dis que soit j'avais mal identifié le faucon précédemment, soit Éole avait remplacé la femelle dans le nichoir pendant que je ne regardais pas. Intrigué je décide de suivre ce qui va se passer. Quelques minutes plus tard le faucon a cessé de couver et il était clair, quand il a quitté, que c'était la femelle! Après vérification dans les archives photo ainsi qu'en revenant en arrière dans la vidéo, il est apparu que celle-ci a couvé de 12h54 à 13h03, soit pendant une dizaine de minutes.

Femelle sur les œufs, 30 juin 2017 à 12h58 (crédit: Faucons de l'UdeM, https://www.facebook.com/fauconsudem)

Il semble qu'il y a eu au moins un autre évènement similaire, le 1er juillet à partir de 8h40. Les archives montrent ce qui semble être la femelle en position de couvaison de 8h40 à 8h47 (la femelle a été identifiée dans le nichoir juste avant et juste après).
Femelle sur les œufs, 1 juillet 2017 à 8h44 (crédit: Faucons de l'UdeM, https://www.facebook.com/fauconsudem)
Les photos prises isolément sont moins fiables pour conclure que la femelle couvait puisqu'elle était peut-être en train de creuser une cuvette à l'endroit où se trouvaient les œufs, ce qu'elle avait déjà fait dans le passé. Mais le fait que la caméra montre ce type d'images pendant 7 minutes d'affilée suggère qu'elle était effectivement en train de couver.

Je n'ai pas été capable de trouver d'autres évènements de ce type par la suite. D'après les archives photo, les œufs ont été couvés une dernière fois par Éole le 8 juillet.

On peut se demander si la femelle avait déjà commencé à couver avant le 30 juin? Je n'ai malheureusement pas eu le temps de réexaminer toutes les archives pour tenter de répondre à cette question. J'ai trouvé 2 autres occurrences potentielles dans les jours qui précédaient mais de durée beaucoup plus petite: 2 minutes le 29 juin à partir de 14h05 et 1 minute le 28 juin à 8h46. Ces durées me semblent cependant trop courtes pour conclure qu'elle a couvé pour la raison mentionnée plus haut.


Retrait des œufs le 12 juillet

Suite à l'arrêt de la couvaison, et après consultation avec les experts, Faucons de l'UdeM a décidé de retirer les œufs du nichoir. L'opération a été planifiée pour le 12 juillet vers 10h15. C'était l'occasion idéale de se faire une première idée du caractère de la nouvelle femelle face à une intrusion humaine au nid. Je suis donc arrivé à l'avance pour tenter de localiser les faucons.

Je commençais à penser que l'opération se déroulerait en leur absence lorsqu'un faucon est arrivé à 10h03 et s'est perché sur la façade de la tour qui donne vers le pavillon André-Eisenstadt (une façade voisine de celle du nichoir). Lorsque j'ai relevé les yeux après voir envoyé  un texto à Eve Belisle pour la prévenir, le faucon n'était plus visible...

L'opération de retrait des œufs a commencé vers 10h09 et s'est terminée à 10h16 (tout au moins la partie de l'opération visible depuis l'extérieur). Aucun faucon pèlerin n'est intervenu. Voici l'annonce par Faucons de l'UdeM du retrait des œufs.

3 minutes après la fin de l'opération, un faucon pèlerin s'est envolé de l'endroit où je l'avais vu se poser 16 minutes plus tôt. Il semble donc bien que le faucon - qui semblait être la femelle - était présent sur la tour pendant l'opération. Soit elle n'a rien entendu, soit elle ne se sentait pas concernée par ce qui se passait.

La femelle était de retour à 10h24 sur une corniche-prison de la tour. D'après la caméra du bureau d'Eve Belisle que celle-ci avait braqué sur le faucon, elle a quitté ce perchoir à 11h37.

Eole, suivi peu après par la femelle, a constaté la disparition des œufs à 12h09 comme le montre cette vidéo publiée par Faucons de l'UdeM.

Analyse des œufs: aucun œuf n'était fertile

Eve Belisle a apporté les œufs à la Clinique des oiseaux de proie pour être analysés. Le résultat a été rendu public le lendemain sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM: aucun des 3 œufs n'était fertile...

Rappelons que les 2 premiers œufs avaient été pondus les 12 et 16 avril, alors que le 3ième œuf avait été pondu le 17 mai. Les 2 premiers œufs n'avaient pratiquement pas été couvés par Spirit, manifestement dérangée par les intrusions répétées d'une rivale sur son territoire. Le 3ième œuf au contraire a été couvé par Spirit, du moins jusqu'au retour de la femelle intruse début juin et de la prise de contrôle du territoire par cette dernière le 10 juin.   Déjà l'an dernier aucun œuf n'avait éclos suite à une guerre territoriale, mais contrairement à cette année 3 des 4 œufs étaient viables.

Personnellement je trouve ce résultat extrêmement triste. Il suggère que Spirit a été battue par un ennemi encore plus implacable que la plus combattive des femelles: l'âge... Et contre cet ennemi elle ne pourra  sans doute rien faire. Je pense aussi à toutes ses souffrances inutiles lors des batailles de cette saison.  Mais ainsi va la vie.


Cet article a été publié le 1er août 2017.







jeudi 6 juillet 2017

Un faucon pèlerin au Château d'eau de Colmar - juin 2017

Cet article a été publié le 26 avril 2020, avec une pensée pour mon père emporté par la Covid-19 à Colmar il y a exactement un mois. L'article a été antidaté au 6 juillet 2017 afin  de l'insérer à l'endroit approprié dans le blogue.

C'est après plus d'une semaine à observer les faucons crécerelles, en particulier ceux de la Collégiale qui partageaient l'église avec une famille de cigognes, que j'ai aperçu mon premier faucon pèlerin à Colmar, d'abord sur l'antenne d'un édifice de l'avenue Jean de Lattre de Tassigny puis au Château d'eau. Ces observations ont adouci un peu ma frustration de ne pas être à Montréal pour suivre les évènements de la prise de contrôle par une autre femelle faucon pèlerin du territoire de Spirit, voir cet article.

21 juin: un faucon pèlerin sur l'antenne d'un édifice de l'avenue Jean de Lattre de Tassigny

Après avoir observé pendant plusieurs jours la famille de faucon crécerelle (au moins 5 individus) à la Collégiale Saint-Martin ainsi que leurs voisins (une famille de cigognes), j'ai décidé de faire une observation de fin de soirée à l'église Saint-Joseph que je savais occupée par un autre couple de faucon crécerelle. Depuis l'autre côté des voies ferrées la tour de l'avenue Jean de Lattre de Tassigny avec son antenne (numéro civique 35) se découpait très bien dans le ciel Colmarien. Je me suis dit que ça ferait un bon perchoir pour un faucon pèlerin mais bien entendu il n'y en avait pas. Quelques minutes plus tard je regarde à nouveau l'édifice et il était là!

Faucon pèlerin sur l'antenne de l'édifice de l'avenue de Lattre de Tassigny
Il était alors 20h10.  Il s'est envolé à plusieurs reprises mais revenait très vite sur son antenne. Lors d'un départ un peu plus long à 20h50 j'ai décidé de continuer vers l'église Saint-Joseph où j'ai pu constater la présence d'un couple de faucon crécerelle mais apparemment sans rejetons. Au retour à 21h28 j'ai revu le faucon pèlerin se percher sur son antenne. Il a quitté à 21h38 en direction de la préfecture. J'étais bien décidé à en savoir plus sur lui!


22 juin : un faucon pèlerin au Château d'eau

Approximativement dans la direction où le faucon pèlerin avait quitté au coucher du soleil la veille il y avait le Château d'eau. Comme je disposais de peu de temps et que je ne logeais pas très loin, j'y ai fait un saut rapide vers 11h30. Les chances étaient très faibles de voir quelque chose, particulièrement compte tenu de l'heure (si le faucon pèlerin dormait là, il n'y avait aucune raison qu'il y soit encore). Aussi ma surprise a été grande d'apercevoir un faucon pèlerin perché à une des fenêtres!

 
Il s'est envolé presque aussitôt.

Je suis revenu après le diner, puis à nouveau après le souper, mais je ne l'ai pas revu. En revanche l'édifice abritait au moins un faucon crécerelle. Quelques tentatives de revoir le faucon pèlerin sur l'antenne de l'avenue Jean de Lattre de Tassigny ont aussi échoué ce jour-là.

23 juin: un faucon pèlerin aux 2 endroits

À 6h30 rien au Château d'eau mais à 6h37 j'ai repéré un faucon pèlerin sur l'antenne de l'avenue Jean de Lattre de Tassigny. Il s'est envolé à 7h10, était de retour sur l'antenne à 7h14 puis a disparu.

Faucon pèlerin sur l'antenne à 7h09

À 10h un faucon pèlerin était de retour à la fenêtre du Château d'eau.
À 10h46 un faucon est passé en vol devant lui sans qu'il ne bronche. Il s'agissait probablement d'un faucon crécerelle puisque je n'ai jamais réussir à établir clairement la présence de 2 faucons pèlerins.


À 13h55 le faucon pèlerin avait disparu du Château d'eau mais un faucon crécerelle se tenait à la fenêtre voisine:
Faucon crécerelle au Château d'eau

24 juin: faucon pèlerin au Château d'eau après le coucher du soleil

À 21h15 je repère le faucon pèlerin sur l'antenne de l'édifice de l'avenue de Lattre de Tassigny. Il s'est envolé à 2 reprises, revenant à chaque fois sur l'antenne. À 21h26 il s'est envolé en direction du Château d'eau.

Je l'ai retrouvé à 21h33 sur le toit du Château d'eau, apparemment en train de manger.
Faucon pèlerin sur le toit du Château d'eau après un court repas, 21h36
Il a fait un court vol à 21h54 puis à 22h01 il a rejoint une première fenêtre. Il a changé de fenêtre 2 minutes plus tard.
Faucon pèlerin à une fenêtre du Château d'eau, 22h07


25 et 26 juin: faucon pèlerin présent en matinée au Château d'eau

Le 25 juin j'ai retrouvé le faucon pèlerin à une fenêtre du Château d'eau à 10h10. À 10h40 il s'est envolé en direction de la gare. J'ai vérifié à quelques reprises l'antenne de l'avenue de Lattre de Tassigny entre 10h46 et midi mais je ne l'y ai pas trouvé.

Faucon pèlerin au Château d'eau le 25 juin, 10h31

Le 26 juin le faucon pèlerin était à une fenêtre du Château d'eau à 11h08 et il y était toujours à 11h47 quand j'ai quitté.

Quelques photos des faucons crécerelles de la Collégiale

En plus d'un nid de cigogne avec 4 cigogneaux, la Collégiale Saint-Martin abritait une famille de faucons crécerelles avec au moins 3 fauconneaux. Voici quelques photos:




Et voici une photo de la famille de cigognes.