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jeudi 20 juillet 2023

Université de Montréal: une nidification qui se termine mal pour les faucons pèlerins

Cet article a été publié le 4 décembre 2023 et a été daté du 20 juillet afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue. Le résultat de la nécropsie du fauconneau décédé le 4 juillet n'était pas connu en date du 4 décembre.

Mise à jour 18 décembre 2023: les principales conclusions du rapport de nécropsie de Ti-Pou ont été partagées par Faucons de l'UdeM: en bref, Ti-Pou était une femelle qui est décédée de lésions internes consécutives à sa chute, voir aussi mes commentaires.

Les centaines de personnes qui suivaient quotidiennement la nidification des faucons pèlerins via les caméras de Faucons de l'UdeM ont vécu de nombreux rebondissements dramatiques jusqu'à la conclusion finale: le décès du dernier fauconneau le 4 juillet. Après un suspens de plusieurs jours, 2 des 4 œufs pondus entre le 16 et le 23 avril éclosent le 28 mai. Malheureusement un des fauconneaux décède le 31 mai, très vraisemblablement des conséquences d'une infestation de mouches. Le 2 juin la dégradation de l'état de santé du fauconneau survivant, surnommé Ti-Pou, conduit Faucons de l'UdeM à intervenir au nid pour le traiter. Suite à cette intervention le fauconneau reprend du mieux. Une autre intervention est envisagée le 12 juin mais l'idée est abandonnée lorsque Ti-Pou recommence à manger par lui-même. Puis le 17 juin Faucons de l'UdeM annonce que Ti-Pou semble présenter une anomalie dans la croissance de ses plumes qui pourrait rendre son premier vol plus dangereux. Le matin du 4 juillet, comme toutes les autres fauconneaux avant lui, Ti-Pou semble rejoindre une corniche qui sert habituellement de point de départ pour le premier vol. Malheureusement son corps sans vie sera trouvé quelques heures plus tard 13 étages plus bas.

La saga de Ti Pou aura généré énormément d'émotions, au point que le clavardage a du être interrompu pendant quelques jours. Au centre des débats, le niveau d'intervention humaine à adopter lorsque la nidification semble ne pas se dérouler normalement. 

Photo de famille, 28 juin (crédit fauconsudem.com)
 

Notes sur les sources et crédit 
Cet article est basé largement sur les publications Facebook et Youtube de Faucons de l'UdeM (site principal, page Facebook, chaine Youtube) mais aussi sur des échanges avec Eve Belisle (qui a fondé Faucons de l'UdeM): merci beaucoup à elle. Merci également à Huguette Lenoir pour ses précisions concernant l'endroit où elle a trouvé le corps de Ti-Pou. En raison de l'intense activité sur le clavardage des caméras de Faucons de l'UdeM durant la période où des fauconneaux sont visibles, je n'ai pas essayé de sauvegarder les conversations, excepté partiellement certains jours. Quelques rares observations personnelles ont complété mes informations.


Chronologie

Des naissances qui se font attendre

Faucons de l'UdeM avait annoncé les éclosions vers le 23 mai approximativement mais ce n'est que le 28 mai que 2 fauconneaux ont réussi à s'extirper de leur coquille.  

Le matin du 25 mai Faucons de l'UdeM annonce qu'ils croient avoir vu un début d'éclosion sur un des œufs et prévient que le processus peut prendre jusqu'au 48 heures. Le 27 mai à 18h45 Faucons de l'UdeM annonce qu'au moins 2 œufs ont un trou. Le 28 mai à 5h25 Faucons de l'UdeM publie une vidéo où on voit Eve (la femelle faucon pèlerin) brasser un œuf qui a un trou dans lequel on voit bouger un fauconneau; de plus des cris de fauconneau sont perceptibles.
 
Un premier fauconneau s'extirpe de sa coquille le 28 mai peu après 7h30. À 7h39 Eve quitte et est remplacée auprès du fauconneau par M (le faucon pèlerin mâle). Celui-ci achève de dégager le fauconneau de la demi coquille qui lui servait de couvre-chef et la grignote. Eve reprend sa place à 7h44. Ces scènes sont montrées dans cette vidéo publiée par Faucons de l'UdeM et partagée sur Facebook à 9h30.

7 heures plus tard, à 16h31, Faucons de l'UdeM publie une vidéo Facebook montrant 2 fauconneaux sous les plumes d'Eve. Le 2ième fauconneau est né à 12h49 d'après les vidéos subséquentes de Faucons de l'UdeM.
 
En fin de soirée Faucons de l'UdeM partage sur Facebook une vidéo Youtube du premier repas des 2 fauconneaux qui a eu lieu à 20h46.

Les 2 autres œufs n'écloront pas (voir plus loin).

Comment expliquer la différence de 5 jours entre la date d'éclosion prévue et la date réelle ? Les éclosions ont-elles été difficiles ? L'incubation débute généralement après la ponte de l'avant-dernier œuf et dure de 32 à 35 jours (sources pour la durée de l'incubation: plan de rétablissement du faucon pèlerin au Québec - 2019-2029 du gouvernement du Québec et rapport du COSEPAC du gouvernement du Canada). Eve Belisle m'a indiqué avoir fait le calcul avec une durée de 33 jours. Il n'est pas clair comment cette durée a été choisie mais même s'il s'agissait de la durée la plus probable sur un grand ensemble de nids en Amérique du Nord, cette durée pourrait ne pas s'appliquer à Eve. Heureusement comme cette femelle niche depuis 2018 sous les caméras de Faucons de l'UdeM, des données sont disponibles pour évaluer sa durée d'incubation personnelle. Le tableau ci-dessous donne pour chaque année la date de ponte du 3ième œuf, la date d'éclosion du premier fauconneau et la durée entre ces 2 moments (lorsque la ponte ou la naissance a eu lieu durant la nuit et que le moment exact n'est pas connu, j'ai fixé arbitrairement ce moment; une étoile indique les durées pour lesquelles l'incertitude dépasse 1 heure).


Nombre d’œufs Incubation
Année pondus
éclos
Ponte 3ième œuf
1ière éclosion
Durée
2018 4
4
10 avril, 1h*
15 mai, 6h25
35 jours, 5h25*
2019
4
4
15 avril, 16h12
19 mai, 23h55
34 jours, 7h43
2020
3
3
14 avril, 0h37
23 mai, 8h19
39 jours, 7h42
2021
Données absentes - nidification à l'Oratoire Saint-Joseph
2022
4
3
21 avril, 4h26
26 mai, 0h*
34 jours, 19h34*
2023
4
2
20 avril, 22h30
28 mai, 7h41
37 jours, 9h11
 
Pour 2020 j'ai calculé la durée à partir de la ponte du 3ième œuf même si seulement 3 œufs ont été pondus. En calculant la durée à partir de la ponte de l'avant-dernier œuf (le 2ième, dans ce cas) on obtiendrait 42 jours et 22 heures. Rappelons qu'il y a eu des écarts inhabituellement longs entre la ponte des différents œufs, notamment un écart de 86 heures entre la ponte du 2ième œuf et celle du 3ième.  Cette nidification de 2020 a en fait été fortement perturbée par le remplacement du mâle la veille de la ponte du 1er œuf. Le nouveau mâle - Sphinx - a mis beaucoup de temps à s'impliquer dans la couvaison, ce qui s'est traduit par de longues périodes (parfois de plus de 2 heures) où les œufs n'étaient pas couvés, ce qui explique probablement en grande partie la durée inhabituellement longue de l'incubation. De façon surprenante tous les œufs avaient éclos mais un des fauconneaux est mort quelques heures après sa naissance. Pour plus de détails, voir cet article ainsi que celui-ci.

L'examen du tableau montre qu'en 2018, 2019 et 2022 la durée entre la ponte du 3ième œuf et la première éclosion est autour de 35 jours. Elle est nettement supérieure en 2020 pour les raisons juste expliquées mais elle est également supérieure de 2 jours en 2023. Pourtant il n'y a apparemment pas eu d'interruptions significatives de la couvaison en 2023 contrairement à 2020 (le 25 mai, en réponse à une question, Huguette Lenoir a indiqué sur le clavardage que la plus longue durée durant laquelle les œufs étaient laissés seuls était de 7 minutes). Ces 2 jours supplémentaires entre la ponte du 3ième œuf et les naissances sont possiblement le premier indice que quelque chose n'allait pas très bien.
 

Couverture des éclosions par les médias

Comme pour la ponte, de nombreux médias ont rapporté les éclosions. Voici la liste (merci de me communiquer les éventuels oublis).
Médias francophones
Médias anglophones

Pas de développement embryonnaire chez les 2 œufs non éclos

Le 5 juin Faucons de l'UdeM a annoncé sur Facebook le résultat de l'examen par la Clinique des oiseaux de proie des 2 œufs qui n'avaient pas éclos:  ''Les œufs non-éclos récoltés au nid étaient clairs: pas de développement embryonnaire''. L'examen a été fait par mirage. Comme le montre le tableau plus haut, c'est en 2022 que pour la première fois un œuf n'a pas éclos (il était prévu que l’œuf soit récupéré lors du baguage pour être analysé mais il a été oublié dans le nichoir). On ne peut pas exclure que déjà en 2021 à l'Oratoire Saint-Joseph un ou plusieurs œufs n'aient pas éclos: 2 fauconneaux ont été observés mais on ignore le nombre d’œufs pondus et combien ont éclos. 
 
Le résultat de l'analyse des 2 œufs semble en contradiction avec l'observation d'un trou sur un de ces œufs tel que mentionné sur le clavardage l'après-midi du 28 mai. Interrogée à ce sujet, Eve Belisle m'a indiqué qu'aucun des 2 œufs récupérés n'était endommagé et que l'observation d'un trou sur les images de la caméra était donc une erreur.

31 mai: décès du premier fauconneau

Le 31 mai durant la matinée, un des fauconneaux décède.  Sur le clavardage quelqu'un a mentionné que les 2 fauconneaux semblaient corrects lors du nourrissage de la veille au matin mais qu'à 4h48 le fauconneau n'arrivait plus à se redresser. Des mouvements sont rapportés vers 7h45 et 8h33. À 9h48 une participante écrit qu'il ne semble plus avoir de respiration active mais à 9h56 un nouveau mouvement est observé. Plusieurs personnes notent les touchants efforts d'Eve pour le stimuler (notamment par pincement de sa patte). 2 personnes ont demandé pourquoi Eve ne semblait pas le nourrir la veille alors même qu'il dressait (difficilement) la tête (à noter que cela prendrait un examen de la vidéo du nourrissage pour conclure qu'Eve ne l'a pas nourri du tout mais il est possible que le fauconneau en meilleur santé ait raflé la plus grande partie du repas). Le décès est annoncé, apparemment un peu prématurément, à 8h30 par Faucons de l'UdeM dans cette publication Facebook. Cette publication mentionne que la veille le fauconneau semblait avoir de la difficulté à lever sa tête pour réclamer de la nourriture et propose 2 hypothèses: soit qu'il a dépensé trop d'énergie pour naitre, soit qu'il y ait de nouveau présence de mouches carnus
 
Le 1er juin vers 17h45 Eve saisit avec son bec le bec du fauconneau décédé et l'emporte hors du nichoir. Le mâle en profite pour tenter de nourrir le fauconneau survivant mais il en est empêché par le retour de la femelle à 17h48 (vidéo). 
 
Les mouches carnus sont identifiées par Faucons de l'UdeM comme la cause probable du décès et le fauconneau survivant en est aussi atteint: difficultés à se maintenir debout et tâches noires sous les ailes. La publication Facebook de Faucons de l'UdeM d'où ces informations sont tirées mentionne aussi que le fauconneau essaie de se débarrasser des mouches avec son bec.
 
Ce décès a eu des retombées inattendues mais très intéressantes. Parmi les spectateurs de cette nidification, on retrouvait plusieurs classes allant de la maternelle au secondaire, à qui l'enseignant(e) montrait la diffusion en direct. Le décès a permis à plusieurs enfants de s'exprimer sur un deuil qu'ils ont vécu (deuil d'un parent, d'un frère ou d'une sœur et même d'un bébé mort dans le ventre de leur mère). Au moins un CHSLD a également suivi la nidification via le poste de télé de la salle de repos (source: clavardage du 1er juin).


2 juin: intervention sur le fauconneau survivant

Après consultation d'experts (non nommés), Faucons de l'UdeM a décidé d'intervenir pour nettoyer le fauconneau de ses mouches, le nourrir et le réhydrater. Dans sa publication Facebook, ce qui a motivé l'intervention est ainsi expliqué: ''malheureusement après les premiers repas de la journée aujourd’hui, le petit semblait dépérir. Il a passé 2 repas pratiquement sur le dos en mangeant très peu, trop faible pour remonter sa tête''. La diffusion de la caméra 3 a été stoppée pendant l'intervention mais l'incrustation de l'image de la caméra 3 dans la diffusion de la caméra 2 a été laissée (apparemment par erreur), permettant d'avoir un aperçu de l'intervention:
  • 16h11: Eve, alors en position de couvaison, se redresse et alarme
  • 16h12mn55: début des tentatives d'éloigner Eve de son fauconneau
  • 16h15mn: le fauconneau est capturé pendant qu'Eve est tenue en respect.
  • De 16h15 à 16h27: des soins sont apportés au fauconneau hors de vue de la caméra
  • 16h27mn26: les 2 œufs non éclos sont récupérés.
  • 16h27mn50: le fauconneau est déposé dans le nichoir.
  • 16h28mn07: Eve rejoint le fauconneau. 
Il se trouve que j'étais sur place, au sol, ayant du quitter moi-même mon appartement pendant quelques heures suite à un traitement anti-insectes... Contrairement aux autres interventions à l'Université de Montréal que j'avais pu voir dans le passé, Eve avait accès à l'intérieur du nichoir pendant les tentatives de retirer le fauconneau, ce qui a allongé le temps nécessaire pour capturer le fauconneau et a possiblement augmenté son stress. L'image ci-dessous, qui a été enregistrée à 16h13 au début de l'opération, montre Eve les ailes ouvertes à l'entrée du nichoir.

L'absence de référence à la règlementation qui protège les nidifications en général et le faucon pèlerin en particulier dans la communication de Faucons de l'UdeM suggère que cette intervention ne respectait probablement pas ces règlementations (ou sinon cela aurait été une belle occasion de les rappeler). Ce non-respect expliquerait aussi que les experts consultés n'aient pas été nommés publiquement. Il est à souhaiter que cette intervention, qui a été suivie par un grand nombre de personnes en raison de la publicité faite par les médias quelques jours plus tôt, n'inspirera pas d'autres initiatives du même genre potentiellement plus dommageables. La nidification de nombreuses espèces d'oiseau est protégée par la loi fédérale sur la convention concernant les oiseaux migrateurs de 1994 et ses règlements, voir par exemple cette foire aux questions. Curieusement les oiseaux de proie (faucon, aigle, hibou, ...) ne sont pas protégés par cette loi mais le faucon pèlerin reste protégé au niveau provincial.
 

3 au 11 juin: le fauconneau se porte mieux

  • Le 3 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo sur Youtube (partagée sur Facebook) montrant un nourrissage à l'issue duquel le fauconneau tombe sur le dos sans parvenir à se relever. Le mâle le saisit alors délicatement par la peau du cou pour l'aider à se relever.
  • Le même jour Élise Deshaie et Huguette Lenoir observent le comportement des adultes depuis le sol. Leurs observations sont partagées le lendemain sur Facebook.
  • Le 6 juin Faucons de l'UdeM publie sur Youtube une vidéo du premier repas donné par le mâle (partage sur Facebook).
  • Le 10 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo Facebook montrant le mâle interagir avec le fauconneau avant de déguerpir au retour de la femelle.
  • Le 11 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo Youtube montrant le mâle et le fauconneau semblant se disputer une proie, avant que le mâle nourrisse le fauconneau (partage Facebook).

12 juin: détérioration passagère de l'état de santé du fauconneau

Le 12 juin à 13h Faucons de l'UdeM publie sur Facebook une mise à jour indiquant qu'une détérioration de l'état de santé du fauconneau a été constatée et qu'un transport à la Clinique des oiseaux de proie pour évaluer son état est envisagé. Dans un commentaire sur Facebook Milene Marengere décrit ainsi la situation ''[...] le fauconneau semble simplement avoir tombé sur le dos tôt le matin et il n'était pas capable de se relever, il était en détresse et je trouve qu'Eve ne semblait pas savoir comment le retourner, il a crié en vain et dépensé de l'énergie pendant des heures, Eve a même mangé un repas complet devant lui sans lui en donner et en l'appelant même s'il ne pouvait la rejoindre [...]''. Cette fois-ci Faucons de l'UdeM indique être en attente d'une autorisation du Ministère pour intervenir. En commentaires, Faucons de l'UdeM explique que l'intervention du 2 juin était une intervention rapide où on savait comment agir alors qu'ici ''son état requiert un examen, diagnostique, et plan d’action'' (comme indiqué plus haut, en principe l'intervention du 2 juin nécessitait aussi une autorisation du Ministère).

À 16h18 Faucons de l'UdeM indique sur Facebook n'avoir toujours pas reçu de réponse du Ministère mais qu'entre temps l'état du fauconneau s'est amélioré et qu'une intervention n'est plus nécessaire. En commentaires de la publication Facebook de 13h Sarah Desjardins écrit ''Il mange son deuxième repas en ce moment (15:40)!''. Certains sur Facebook ont proposé que c'était possiblement une patte de pigeon avalée entière la veille qui n'était pas bien passée.
 
Le 13 juin Faucons de l'UdeM donne des nouvelles encourageantes du fauconneau en prévenant de ne pas trop s'inquiéter si les repas se font plus rares car la pluie complique la chasse. Faucons de l'UdeM indique également que le clavardage a été temporairement fermé en raison de la forte émotivité des participants et explique la décision prise par les experts de ne finalement pas intervenir. Le 15 juin Faucons de l'UdeM annonce le retour du clavardage.


17 juin: problème de croissance des ailes

Le 17 juin Faucons de l'UdeM publie une mise à jour indiquant que le fauconneau souffre d'un problème de croissance des ailes. Le baguage prévu pour le 21 juin est remis en question. Faucons de l'UdeM écrit également ''Ici nous n'avons pas l'intention de retirer le fauconneau du nid pour l'hospitaliser; il ne semble pas souffrant ni en détresse. Nous préférons laisser les parents s'occuper de lui et le laisser vivre sa vie de faucon sauvage autant que possible''. 
 
Le 20 juin dans une nouvelle mise à jour Faucons de l'UdeM précise encore plus sa position: ''En ce moment, kidnapper le fauconneau pour le traiter en captivité pendant plusieurs jours (voir de façon permanente) signifierait provoquer un échec de la nidification pour les adultes, ce que nous avons toujours évité ici à l'UdeM. Je vous rappelle que les faucons pèlerins se portent bien maintenant au Québec, et que la sélection naturelle joue un rôle important chez les animaux sauvages. Il est encore possible que nous décidions de l'examiner et documenter sa condition, nous sommes en communication avec les différents intervenants à ce sujet. En ce moment, le fauconneau ne souffre pas, il est bien nourri et protégé par ses parents. Il dort beaucoup, mais commence aussi à se tenir debout sur ses pattes et découvrir tous les recoins du nichoir. Bref, il est "heureux" comme un fauconneau normal de son âge. Si la situation change alors nous réévaluerons notre plan d'action, merci de votre compréhension!''
 

20 juin: le fauconneau ''tombe'' du nichoir

Le 20 juin peu avant 17h le fauconneau fait une chute d'une vingtaine de centimètres (vidéo Facebook par Faucons de l'UdeM) et se retrouve sur la corniche de la tour de l'Université de Montréal sur laquelle le nichoir est placé. Plusieurs personnes inquiètes demandent que quelqu'un monte sur la tour pour le replacer dans le nichoir...

Le 22 juin peu avant 8h le fauconneau sort de sa ''prison'' en se glissant sous la perche du nichoir et commence à explorer les alentours (vidéo Youtube de Faucons de l'UdeM partagée sur Facebook). Le nom de ''Ti-Pou'' est pour la première fois utilisé par Faucons de l'UdeM (ce nom vraisemblablement apparu sur le clavardage est utilisé pour la première fois dans un commentaire d'une publications Facebook le 13 juin).
 
Ce même jour Faucons de l'UdeM publie une vidéo comique - mais qui peut aussi symboliser le mauvais karma de ce fauconneau - montrant Ti-Pou se faire déféquer dessus par un de ses parents perché sur le toit du nichoir!
 
 

25 juin au 3 juillet: la routine pour Ti-Pou

Durant cette période Ti-Pou explore les abords du nichoir et exerce ses ailes. Voici la liste des publications de Faucons de l'UdeM durant cette période.
  • 25 juin: montage de plusieurs arrivées d'un adulte sur la corniche suivies d'un nourrissage. Vidéo Youtube partagée sur Facebook
  • 27 juin: photo d'un adulte avec une proie destinée à Ti-Pou.
  • 28 juin: repas en famille + gros plans de Ti-Pou: vidéo Youtube partagée sur Facebook.
  • 28 juin: vidéo Facebook titrée ''Il y avait un deux pour un sur les pigeons à l'épicerie...'': vers 19h55 les 2 adultes apportent presque simultanément chacun un pigeon à Ti-Pou. Cilla Kinross a également publié une vidéo (ce qui ressemble à une erreur de date s'explique probablement par le fait que Cilla Kinross vit en Australie).
  • 29 juin: questions/réponses avec 3 photos: Ti-Pou est un mâle + explication du problème avec les plumes.
  • 1er juillet: Ti-Pou et le coucher du soleil. Vidéo Youtube partagée sur Facebook.

4 juillet: chute fatale de Ti-Pou

Le 4 juillet à 6h05, Ti-Pou semble faire ce que tous les fauconneaux ont fait avant lui, c'est-à-dire descendre sur ce qu'on appelle une corniche-prison située quelques mètres en-dessous du niveau du nichoir. Ces corniches se trouvent à chaque coin de la tour, ont une petite surface (d'où le qualificatif de ''prison'') et pour une raison mystérieuse ont servi de point d'envol à tous les fauconneaux.

Huguette Lenoir s'est rendue sur place pour surveiller Ti-Pou sur cette corniche-prison (les caméras ne permettent pas de voir la totalité de ces corniches) mais elle l'a plutôt trouvé sans vie au pied de la tour. Le cadavre de Ti-Pou a été acheminé à la Clinique des oiseaux de proie pour une nécropsie dont le résultat n'est pas connu au moment de publier cet article.
 
Voici l'annonce de la chute de Ti-Pou par Faucons de l'UdeM publiée à 7h10, l'annonce du décès publiée à 12h03 et des questions/réponses publiées à 15h21.
 

Un bruit mystérieux

Dans la vidéo captée par la caméra 3 de Faucons de l'UdeM (voici un enregistrement de la séquence) on voit Ti-Pou disparaitre après des exercices de battement d'aile puis presque immédiatement on entend un bruit bref. Le bref délai entre la chute et le bruit suggère de façon naturelle que ce bruit est causé par Ti-Pou heurtant une des corniches-prison. Mais il y a quelques éléments à considérer:
  • Les corniches-prison sont séparés du micro par le béton de la tour: ce béton ne devrait-il pas rendre le choc inaudible ? Pas nécessairement si on tient compte que le son se propage via une onde sphérique et non en ligne droite. On peut cependant se demander si le béton ne réduit pas l'intensité sonore captée par le micro.
  • Dans le système utilisé par Faucons de l'UdeM, les images et le son sont enregistrés par 2 capteurs différents puis combinés ensemble. Mais synchroniser parfaitement le son et l'image n'est pas une tâche facile et une désynchronisation a été observée à plusieurs reprises (typiquement on entend un faucon crier mais à l'image il a le bec fermé...). On ne peut donc pas se fier à l'intervalle de temps entre le moment où Ti-Pou disparait et le moment où on entend le bruit).
  • Le micro utilisé a été installé cette année, il n'y a donc pas de comparaison possible avec les descentes sur les corniches-prison des années antérieures.

Le fait qu'on ne peut pas nécessairement se fier au délai entre le moment où Ti-Pou disparait de l'image et le moment où on entend le bruit amène à se demander si le bruit ne pourrait pas correspondre plutôt au choc avec le 10ième étage. Si on néglige la résistance de l'air, il existe une relation très simple entre le temps de chute et la hauteur de la chute. J'ai estimé la hauteur de la chute à 37 mètres (pour arriver à ce chiffre, j'ai utilisé 53 mètres comme hauteur de la tour mesurée depuis le sommet du pavillon Roger Gaudry en me basant sur cette source qui fait apparemment référence à une page de l'Université de Montréal dont le lien est malheureusement brisé; d'autres sources indiquent une hauteur totale d'environ 80 mètres, un chiffre qui semble cohérent avec le 53 mètres si on ajoute la hauteur du pavillon Roger-Gaudry; finalement un calcul de proportion sur le plan de la tour conduit au résultat). Avec une hauteur de 37 mètres, le temps de chute libre est de 2,75 secondes. Ce temps pourrait être plus grand si le fauconneau a pu se maintenir horizontalement avec ses ailes ouvertes puisque la résistance de l'air ne pourrait alors plus être négligée. Il serait intéressant de savoir si le système de Faucons de l'UdeM a déjà expérimenté un décalage de plus de 3 secondes entre le son et l'image. Une autre question est si le micro pourrait capter des sons provenant d'aussi loin: il semble que la réponse à cette question soit positive puisque d'après Eve Belisle le micro a déjà capté des conversations qui semblaient provenir du sol.

Un quasi-accident en 2013

En 2013 j'ai été témoin d'une chute d'un fauconneau à peu près à l'endroit où Ti-Pou a disparu de la corniche (c'était en réalité sur une autre façade mais la géométrie est la même). Le fauconneau se trouvait sur la corniche-prison supérieure depuis quelque temps et tentait de rejoindre l'étage du nid. Malheureusement, alors qu'il avait presque réussi, il est entré en collision avec un de ses frères qui observait de trop près ses efforts, ce qui a provoqué sa chute (cette collision est montrée par cette vidéo). Le fauconneau est tombé dans une sorte d'étroit couloir vertical ouvert sur seulement un côté (marqué en jaune sur la photo ci-dessous, l'étoile bleue désignant la position approximative de Ti-Pou au moment où il disparait de l'image). 
Cet accident nécessitait beaucoup de sang-froid de la part du fauconneau - et peut-être de chance - pour s'orienter dans l'unique direction dans laquelle il pouvait voler. Le fauconneau a chuté verticalement sur environ 2/3 de la hauteur avant de trouver la sortie et de filer vers la tour verte où je l'ai ensuite retrouvé. Si Ti-Pou était tombé dans cet étroit couloir vertical, il aurait pu avoir moins de succès que son congénère 10 ans plus tôt, et son décès dans ce cas n'aurait peut-être même pas été lié à son problème de plumes. J'ai demandé à Huguette Lenoir si par hasard c'est au pied de ce couloir qu'elle l'avait trouvé.  Elle était trop sous le choc au moment de sa découverte pour avoir enregistré précisément sa position mais elle est en mesure de dire qu'elle l'a trouvé loin des murs, ce qui exclut qu'il ait été trouvé en bas du couloir. Ceci n'exclut pas totalement que ce couloir ait joué un rôle: s'il a trouvé la sortie au dernier moment, il aurait pu ne pas être capable de redresser suffisamment sa trajectoire et heurter le 10ième étage plus loin, avec un angle.  
 

Qu'est-il arrivé à Ti-Pou ? 

Compte tenu de son problème de plume, il aurait été très étonnant que Ti-Pou ne se retrouve pas au sol à la suite de son premier vol. Mais se retrouver au sol est une étape habituelle pour un fauconneau qui ne sait pas encore voler et personne je crois n'avait anticipé qu'il se tuerait. Alors qu'est-il arrivé ? Plusieurs possibilités:
  • La portance de ses ailes était finalement trop faible pour amortir sa descente.
  • Perte de conscience consécutive à un choc avec une des corniches-prison.
  • Chute dans le couloir vertical avec impossibilité de s'orienter suffisamment rapidement.  

Il est regrettable que le résultat de la nécropsie ne soit toujours pas connu mais je doute qu'on en apprenne beaucoup sur la cause de la mort. J'ai pu voir une photo de Ti-Pou prise peu après sa découverte et il semblait normal, couché sur le ventre.

En bref:

  • Cause possible du bruit: collision de Ti-Pou avec une des corniches-prison, collision avec le 10ième étage ou bien bruit sans rapport avec l'accident.
  • Les scénarios: a) chute directe au 10ème étage, b) chute au 10ième étage après un contact avec une des corniches-prison, c) descente contrôlée sur une corniche-prison suivie un peu plus tard par une chute au 10ième étage (généralement un fauconneau qui arrive sur une corniche-prison y reste pendant un certain temps, parfois plusieurs jours, ce scénario d'un départ très rapide de Ti-Pou de la corniche-prison apparait donc comme peu probable). Une variante de ces scénarios est qu'il soit tombé dans le couloir vertical.   
  • Comparé aux autres fauconneaux d'Eve à l'Université de Montréal, Ti-Pou a quitté la corniche du nichoir un peu plus tôt qu'habituellement, soit 36 jours et 22h45 après la première éclosion. Les autres chiffres sont 39 jours et 4h35 en 2018, 35 jours et 8h05 en 2019 (probablement une chute accidentelle parce que ce fauconneau n'a volé que 5 jours plus tard; le 2ième fauconneau est descendu à 36 jours et 6h et a volé le lendemain), 38 jours et 7h41 en 2020, et 37 jours et 18h45 en 2022. Ce délai plus court combiné à son problème de croissance des plumes pourrait suggérer que sa descente n'était pas volontaire.


Différents problèmes de santé: plusieurs causes ou une cause unique?

Rappelons les différentes anomalies observées durant cette nidification:
  • Incubation plus longue de 2 jours.
  • Non-éclosion de 2 œufs sur 4. Aucun signe d'embryon dans ces œufs.
  • Infestation de mouches suceuses de sang.
  • Anomalie de croissance des plumes.

Le prélèvement de sang par les mouches cause une anémie, avec des conséquences d'autant plus sévère que les fauconneaux sont tout petits et ne contiennent donc pas une grande quantité de sang. L'anémie peut avoir diverses conséquences, en particulier entrainer des problèmes de croissance. L'anomalie de croissance des plumes pourrait donc potentiellement être une conséquence de l'infestation de mouches.

Les mouches pourraient-elles aussi affecter le développement des fauconneaux dans l’œuf ? Il semble que oui mais indirectement. Dans leur article ''Ectoparasite Activity During Incubation Increases Microbial Growth on Avian Eggs'' paru en 2018 dans le journal Microbial Ecology, des chercheurs ont montré que les déjections des mouches sur des œufs d'étourneaux étaient propices au développement de toutes sortes de bactéries, bactéries qui peuvent entrer dans l’œuf (puisque l’œuf est poreux) et provoquer la mort de l'embryon. On peut imaginer que les bactéries pourraient aussi avoir un impact sur le développement de l'embryon sans nécessairement le tuer, ce qui pourrait avoir pour effet de retarder l'éclosion. 

Dans la mesure où aucun signe d'embryon n'a été décelé dans les œufs non éclos, il semble plus difficile d'attribuer cette anomalie à des bactéries (on pourrait bien sur imaginer qu'elles aient agi à un stade très précoce mais on se retrouverait alors face à 2 extrêmes: d'un côté 2 embryons tués très tôt et de l'autre 2 oisillons viables, ce qui serait étonnant). Une autre explication qui a été avancée pour expliquer les anomalies de cette nidification est l'âge de la femelle. Eve a été observée pour la première fois en 2014 et a donc probablement au moins 11 ans et peut-être bien plus. Il est intéressant de noter que les œufs pondus par Spirit lors de sa dernière nidification en 2017 - alors qu'elle était âgée de 13 ans - étaient tous infertiles, et que l'année précédente déjà 1 œuf sur 4 n'était pas fertile. Cependant le stress causé par ses confrontations avec Eve pourrait possiblement expliquer à la fois le désordre dans la ponte de Spirit en 2017 (seulement 2 œufs avec un écart inhabituellement long de 88h, suivi d'un 3ième œuf près d'un mois plus tard) et leur infertilité.

Bien entendu il n'y aucune raison de soupçonner uniquement la femelle: le mâle dont on ignore tout de l'age pourrait aussi avoir une responsabilité (on note en particulier que la nidification s'était mieux passée l'année précédente, avec un autre mâle).


Conclusion

L'Université de Montréal a pendant longtemps été épargnée par les drames qui affectaient les autres sites: mortalité de fauconneaux au nid (seulement 2 décès, tous en 2010 et  attribués au comportement perturbateur d'une jeune de l'année précédente) ou fauconneau qui se tue lors de ses premiers vols (aucun cas). Depuis 2020 les fauconneaux sont affectés, apparemment chaque année (il y a une incertitude pour 2021, année où ils ont niché à l'Oratoire Saint-Joseph) -  par des mouches suceuses de sang qui ont causé un premier décès en 2020 et un deuxième en 2023. L'intervention de 2020 pour traiter les fauconneaux survivants a été suivie l'année suivante d'un déménagement du couple à l'Oratoire Saint-Joseph. Par une chance inouïe, des travaux étaient planifiés en 2022 sur la façade de l'Oratoire Saint-Joseph où a eu lieu la nidification, travaux qui nécessitait l'enlèvement du nid de corbeau utilisé par les faucons pèlerins. Ces travaux ont en quelque sorte forcé le retour des faucons pèlerins à l'Université de Montréal en 2022.  Comment réagiront les faucons pèlerins en 2024 face à l'intervention de 2023 ? Il faudra attendre le printemps prochain pour connaitre la réponse mais on peut noter 2 différences avec 2020/2021: a) la possibilité pour les faucons de choisir entre 2 nichoirs sur la tour de l'Université de Montréal et b) le fait qu'aucun fauconneau n'a été retiré du nid en 2023 par les humains, ce que les faucons pèlerins pourraient interpréter comme une défense réussie du nid.

Si le couple de faucon pèlerin reniche sur la tour de l'Université de Montréal en 2024 on peut craindre malheureusement que les mouches seront elles aussi de nouveau présentes. Il faudra alors se questionner sur la pertinence d'intervenir à nouveau au nid. On peut comprendre facilement qu'on secoure un oiseau qui s'est blessé en frappant une vitre ou un câble parce que l'humain a sa part de responsabilité. On peut comprendre aussi qu'on secoure un juvénile trouvé au sol blessé après son premier vol. Mais intervenir de façon récurrente au nid alors que les 2 adultes s'occupent au mieux de leurs petits me parait moins facilement défendable, compte tenu du stress important pour les parents que cela implique. Surtout que les actions qui ont été posées (enlèvement mécanique des mouches et nourrissage) auraient essentiellement pu être faites par les faucons adultes. À condition que ceux-ci comprennent que les mouches sont le problème. Or à chaque fois qu'un fauconneau est mort à cause des mouches, un prédateur 1000 fois plus grand (une mouche carnus mesure environ 1,5mm) a fait irruption au nichoir. On pourrait comprendre que les faucons peinent à comprendre que ce sont les mouches qui posent problème!

vendredi 30 juin 2023

Envol d'au moins 2 jeunes faucons pèlerins du nid de l'édifice GLOBE

Cet article a été publié le 9 août 2023 mais a été daté du 30 juin afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue. La période couverte par cet article s'arrête au 27 juin.
 
Cette saison au moins 2 jeunes faucons pèlerins ont quitté leur nid situé sur un balcon de l'édifice GLOBE sur la rue Sherbrooke à Montréal.  L'an dernier, année de la découverte de ce nid, je n'en avais documenté que 1 de façon certaine. Ces chiffres sont probablement sous-estimés pour les raisons suivantes:
  • Le nid est situé sur le sol d'un balcon, non visible de la rue. Les fauconneaux ne deviennent visibles que lorsqu'ils sont capables de sauter sur le mur du balcon.
  • Il s'écoule environ 5 jours entre le moment où ils sautent sur le mur et le moment de l'envol.
  • Les juvéniles n'acquièrent pas nécessairement en même temps la capacité à sauter sur le mur. Les raisons sont multiples: il peut y avoir 1 ou 2 jours d’écart entre des naissances, les femelles typiquement effectuent leur premier vol plus tard que les mâles et on peut penser qu'il en est de même pour les sauts, des individus peuvent être plus aventureux que d'autres,...
  • Même si 2 juvéniles sont capables de sauter sur le mur, ils ne le feront pas nécessairement en même temps (ni sur la même façade).
  • Une fois un envol réalisé, la densité de hauts édifices (l'édifice GLOBE, l’hôtel Ritz-Carlton, le Château, l'édifice Standard Life, ...) limite fortement le champ de vision, ce qui complique la localisaton des juvéniles après l'envol et rend quasiment impossible leur observation simultanée.

2 faucons pèlerins juvéniles sur l'édifice GLOBE le 22 juin 2023

Remerciements: merci à ceux/celles qui m'ont communiqué des informations, en particulier le responsable d'un édifice voisin de celui du nid qui en plus de me fournir des informations m'a aussi invité à monter au dernier étage qui offre une superbe vue de haut sur l'édifice GLOBE, Sylvain Cusson et Marc-André Bahl pour leurs observations, Eve Belisle pour des informations en provenance de l'UQROP. Merci également à ceux/celles qui sont venus en aide aux juvéniles, que ce soit en signalant un juvénile en difficulté, en intervenant ou en accordant l'accès à un toit pour la relâche.

Le nid

Le nid se trouve sur un balcon aveugle (i.e., sans fenêtre) de l'édifice GLOBE, situé au 1350 rue Sherbrooke Ouest, sur la façade donnant vers la rue De la Montagne. Dans le reste de cet article, les balcons de cette façade sont numérotés tels que montré sur la photo ci-dessous, prise depuis le sommet d'un édifice voisin. 
 
Le nid est présumé être près de la jonction entre les balcons 2 et 3. Les balcons 2, 3 et 4 communiquent entre eux et sont accessibles par une porte située au balcon 2. Par contre ces 3 balcons ne semblent pas communiquer avec les balcons 1 et 5, du moins pour un humain mais le comportement des faucons pèlerins suggère qu'il pourrait y avoir une ouverture près du sol par laquelle ils peuvent traverser (possiblement une ouverture destinée à laisser passer l'eau résultant de la pluie ou de la neige). 
 
J'ai découvert le nid un peu par hasard  au printemps 2022, voir cet article de mon blogue. Le nid était inconnu des biologistes responsables du suivi des faucons pèlerins au Québec.Au moins un fauconneau s'était envolé du nid cette année-là.

Des urubus effrontés

Le 10 mai 2023 vers 19h 2 urubus se dirigent droit vers l'édifice Standard Life (l'édifice au coin des rues Sherbrooke et De la Montagne avec l'enseigne de Manuvie) sur le toit duquel un faucon pèlerin est en train de manger. Le faucon pèlerin se met à alarmer mais les urubus n'en tiennent pas compte. Le faucon n'est pas tombé dans le piège des urubus et a poursuivi son repas tout en faisant savoir bien fort son mécontentement.
 
Le 12 mai, 2 urubus entrent dans la zone de défense du nid. Un faucon pèlerin alarme, puis décolle et attaque. Mais il ne peut pas attaquer les 2 en même temps... Pendant qu'un urubu attire le faucon au-dessus de l'hôtel Ritz-Carlton, l'autre urubu s'approche du toit de l'édifice abritant le nid. Il est proche de se poser sur le toit (où se trouvent possiblement des restes de repas) lorsque le faucon pèlerin délaisse le premier urubu pour revenir en trombe attaquer cet urubu. L'urubu est descendu vers le sol mais le faucon a fait mouche à plusieurs reprises pas très haut au-dessus de la rue Sherbrooke.


Probables éclosions vers le 13 mai 

  • À partir du 11 mai des petits cris provenant du nid sont perceptibles, possiblement l'adulte qui communique avec les fauconneaux qui commencent à s'activer, sans doute encore dans leurs coquilles. 
  • Le 12 mai à 12h50 un adulte arrive sur le bord du balcon 2 avec une proie, hésite pendant un moment puis repart vers le Château avec la proie. Le faucon revient à 12h58 puis descend au nid à 12h59, Un faucon réapparait au balcon 3 environ 15 secondes plus tard puis s'envole et disparait de l'autre côté de l'édifice. À 13h03 un faucon arrive et descend au nid. 33 secondes plus tard un faucon réapparait sur le balcon, qu'il quitte 5 minutes plus tard pour attaquer 2 urubus. Il est possible que tout ceci correspond à une courte pause de la femelle en dehors du nid de 12h59 à 13h03. Je n'ai pas pu voir si le faucon qui a quitté à 12h59 transportait des restants.
  • Le 14 mai à 7h24 un faucon descend avec une proie sur le balcon puis repart (ou c'est l'autre faucon qui a quitté) . Un nourrissage a probablement suivi même si je n'ai pas vu d'évacuation de restants: soit tout a été mangé, soit les restants ont été entreposés sur un balcon voisin.

 

13 juin: un premier fauconneau aperçu

Le 12 juin un adulte semblait appeler les fauconneaux depuis des endroits situés en-dehors de l'édifice du nid: l'édifice Standard Life et la cheminée du Château. À un certain moment il s'est rendu au bord du balcon 2 et a poussé les mêmes cris.
 
Le 13 juin à 18h19 je repère un fauconneau sur le bord du balcon 1, voir aussi cette publication Facebook.

Le juvénile est de nouveau observé les jours suivants.
Adulte et juvénile, 14 juin 2023

Un juvénile exerce ses ailes - 15 juin

Le 16 juin j'observe ce qui ressemble à un tour de passe-passe (fauconneau qui disparait à un balcon et qui réapparait à un autre plus loin) qui suggère qu'ils sont au moins 2, voir cette publication Facebook
 
Le 17 juin Marc-André Bahl signale en commentaire de la publication Facebook précédente et en joignant 2 vidéos et 1 photo,  avoir observé 3 fauconneaux dont un qui aurait volé et se serait perché sur le Château. Je me suis concentré plus particulièrement sur celui qui aurait volé puisqu'il ferait presque certainement passer le compte des juvéniles à 3 (dans la mesure où j'ai moi-même observé le lendemain 2 juvéniles sur l'édifice du nid qui ne semblaient pas avoir encore volé). Malheureusement je ne peux pas exclure la possibilité que ce 3ième faucon était en fait un adulte: la photo ne permet pas à mon avis de conclure à un juvénile;  l'oiseau n'a pas battu des ailes avant son envol à la manière d'un juvénile et son atterrissage sur le Château était parfait; finalement un adulte a utilisé des perchoirs très voisins les jours suivants sur la façade du Château donnant sur la rue Sherbrooke comme pour montrer le chemin aux juvéniles. Mon décompte reste donc à 2 juvéniles mais comme mentionné en début d'article je soupçonne qu'il y en avait davantage.
 
Le 18 juin de 7h49 à 11h30, puis lors d'une seconde visite de 17h à 19h30, j'observe à mon tour 2 juvéniles sur le mur des balcons:

 
 

19 juin: un juvénile hors de l'édifice GLOBE

Le 19 juin à 10h30 j'obtiens la première preuve qu'un juvénile a volé en en observant un sur le clocher de l'ancienne église Erskine and American United qui fait maintenant partie du pavillon Claire et Marcel Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal.
 

Comme on peut le voir sur la 2ième photo, l'accès à l'ancien compartiment des cloches est interdit aux oiseaux par un grillage.  Je l'ai photographié la dernière fois sur ce clocher à 11h13. À 11h18 il n'était plus visible, ce qui implique qu'il a fait un autre vol (puisqu'il ne pouvait pas se rendre à l'intérieur). Un autre juvénile était simultanément visible sur l'édifice GLOBE, voir aussi cette publication Facebook.

J'ai quitté à 13h25. À mon retour à 17h je repère un juvénile à une fenêtre d'un appartement du Château, sans doute le même que celui du matin. 
La fenêtre se trouve au 6ième étage et donne sur la rue Sherbrooke. Le juvénile est surveillé par un adulte depuis l'édifice Standard Life. Cette fois j'assiste au départ du juvénile: à 18h08 il s'envole, traverse la rue Sherbrooke, passe devant son nid puis disparait en direction du boulevard de Maisonneuve. 

Sa recherche n'a pas été trop difficile puisqu'il criait à plein poumon! Je l'ai trouvé perché sur un toit du 2160 rue de la Montagne, juste en face de l'édifice GLOBE.
juvénile sur un toit du 2160 rue de la Montagne et édifice GLOBE

Juvénile sur un toit du 2160 rue de la Montagne
Étonnamment son cri était le cri d'alarme de l'espèce et il le maitrisait parfaitement. Mais ça n'a pas eu l'air d'émouvoir les adultes perchés sur la cheminée du Château et sur l'édifice Standard Life! Il faut dire que l'oiseau qui tournait parfois au-dessus de lui n'était rien d'autre qu'un pigeon... J'ai perdu de vue le juvénile vers 18h35. A en juger par les cris qui variaient en intensité, il s'est envolé dans la direction opposée à la rue de la Montagne où je me trouvais, donc vers l'édifice GLOBE mais rien n'indique qu'il a réussi à remonter au nid: un seul juvénile était visible sur l'édifice GLOBE qui a été nourri vers 19h45. Voir aussi cette publication Facebook.
Nourrissage d'un juvénile sur l'édifice GLOBE le 19 juin à 19h47

Le lendemain matin 20 juin à 6h30 je repère un juvénile sur un autre édifice, le pavillon Henry F. Hall de l'Université Concordia. Un autre juvénile est toujours sur l'édifice GLOBE. Il est intéressant de noter que le pavillon de l'Université Concordia se trouve dans la direction où le juvénile était logiquement parti la veille et que j'y avais observé un adulte le 18 juin: un adulte a donc possiblement guidé le juvénile vers cet endroit. J'ai photographié pour la dernière fois le juvénile à cet endroit à 7h10.

Vers 7h les adultes se font remarquer par l'utilisation de perchoirs nouveaux. Si la tourelle du Château au coin des rues Sherbrooke et De la Montagne avait déjà été utilisée à plusieurs reprises auparavant, à 6h59 ce sont les 2 tourelles de coin situées sur la rue Sherbrooke qui sont occupées chacune par un adulte. Pas pour longtemps puisqu'un des adultes part se percher brièvement sur un mur du Musée des Beaux-Arts sur l'avenue du Musée. Puis à 7h08 je repère un adulte sur une des pointes du clocher de l'ancienne église Erskine and American United.
Adulte sur une pointe du clocher de l'ancienne église Erskine and American

 
À 7h14 l'adulte s'envole de cette pointe en direction du pavillon de l'Université Concordia. Il a possiblement ramené à sa suite le juvénile qui s'y trouvait puisqu'à 7h15 je repère non pas 1 mais 2 juvéniles au coin Crescent/Maisonneuve de l'édifice GLOBE! (je n'avais auparavant jamais observé de juvénile à cet endroit, même si on pouvait se douter que les juvéniles feraient un jour le tour de l'édifice via le mur des balcons). Un des juvéniles a par la suite plusieurs fois montré sa capacité à voler. À 7h27 par exemple il part se percher sur la façade du Château donnant sur la rue Sherbrooke:
Juvénile sur un ornement du Château, 20 juin 7h27

Puis rejoint un adulte sur la cheminée:
Adulte et juvénile sur la cheminée du Château, 20 juin 7h54

Le juvénile est revenu sur l'édifice GLOBE à 8h20 après qu'un adulte y ait apparemment apporté une proie.
 
 

21 juin: un fauconneau au sol ?

À 7h09 2 juvéniles sont visibles aux balcons de l'édifice GLOBE, dont un qui montre à plusieurs reprises sa capacité à voler.  Une vidéo, que j'ai publiée pour montrer que les juvéniles sont apparemment capables de passer discrètement du balcon 4 au balcon 5. les montre entre 7h30 et 7h45. 
 
À 8h33 les 2 adultes sont sur la cheminée du Château et sur l'édifice Standard Life. Vers 8h53 je suis positionné près de l'intersection de l'avenue du Musée et de la rue Sherbrooke. Du coin de l’œil je remarque un mouvement au coin De la Montagne/Sherbrooke puis plus rien. Il pouvait s'agir simplement du juvénile n'ayant pas encore volé qui s'est déplacé sur la façade De la Montagne. Sauf que dans les instants qui ont suivi 2 faucons pèlerins venant apparemment du Château ont traversé en trombe la rue Sherbrooke et ont continué dans l'axe de la rue de la Montagne en direction du boulevard de Maisonneuve. Se pourrait-il que le juvénile ait chuté ou se soit envolé et que les adultes se soient précipités pour le guider ou pour voir où il irait ? Quelques instants plus tard, du coin de l'œil je perçois un mouvement sur la façade Crescent, un étage au-dessus des balcons, comme si un faucon y avait atterri ou avait tenté d'y atterrir. Je n'ai pas été capable de repérer immédiatement de faucon à cet endroit mais à 9h19 un juvénile était visible un étage au-dessus des balcons.  Pour compliquer les choses, il y avait présence d'un urubu à 8h55 qui a causé des cris d'alarme d'un adulte en vol: s'il était déjà là à 8h53, il pourrait expliquer le passage rapide des 2 faucons dans l'axe de la rue de la Montagne (cependant je ne me souviens pas avoir entendu de cris d'alarme à 8h53). Une autre explication possible est que les 2 faucons vus à 8h53 étaient un juvénile pourchassant un adulte et que c'est ce juvénile que j'ai vu se percher sur la façade Crescent.

Un autre élément est un signalement eBird d'un faucon pèlerin à 9h49 sur la rue Sherbrooke. La précision ajoutée par l'auteure ''Au pied du building rue Sherbrooke côté ouest du musée'' suggère fortement que le faucon était au sol (une explication alternative plutôt improbable mais qui ne peut pas être totalement écartée est que l'observatrice précisait sa propre position au moment de l'observation). Mes tentatives de contacter l'auteure pour obtenir plus de précisions ont été pour l'instant infructueuses. 2 juvéniles étaient présents sur l'édifice GLOBE avant et après 9h49 mais l'un d'eux a volé entre 9h47 et 9h53 donc on ne peut pas exclure un court passage au sol. 
 
En fin d'après-midi il y avait toujours un juvénile aux balcons de l'édifice GLOBE qui ne semblait pas encore avoir volé et un 2ième juvénile sachant voler. En particulier, ce que je pensais être un premier vol vers 8h53 n'en était probablement pas un. À moins qu'il y avait 2 juvéniles n'ayant pas encore volé ce matin-là et que l'un d'eux se soit élancé.
 
 

23 juin: présence confirmée au sol d'un juvénile et relâche sur un toit

Après avoir surveillé les faucons pèlerins du pont Jacques-Cartier de 7h à 12h30, j'ai fait un rapide passage dans le secteur du Musée des Beaux-Arts entre 13h30 et 14h qui m'a permis de constater que le fauconneau qui n'avait pas encore volé était toujours aux balcons de l'édifice GLOBE. À 13h46 un adulte s'est perché sur la façade du Château donnant sur la rue Sherbrooke, possiblement dans l'espoir d'inciter le juvénile à s'élancer, À 14h quand j'ai quitté le juvénile était au balcon 4. À 14h20 d'après les informations d'Eve Belisle l'UQROP a reçu un signalement pour un juvénile au sol sur la rue Drummond, non loin du Château et de l'édifice de la Standard Life. Une bénévole de l'UQROP est allée évaluer la situation et comme il ne semblait pas blessé l'a capturé et grâce à la générosité des employés du Château a pu le relâcher sur un toit de cet édifice. Voir aussi cette publication Facebook.
 
Je n'ai pas réussi à voir ce juvénile lors de mon passage entre 19h35 et 20h35 (j'ai vu uniquement celui qui savait voler). Par contre dès le lendemain (24 juin) je voyais de nouveau 2 juvéniles: un qui semblait ne pas vouloir quitter le Château (donc probablement le relâché) et un autre qui alternait entre le Château et l'édifice GLOBE.

Le 25 juin les 2 juvéniles sont vus à bonne distance du Château.  J'en repère d'abord un sur le toit de l'hôtel Four Seasons.à 7h36. Puis un autre en vol au-dessus du boulevard de Maisonneuve entre les rues Mackay et Bishop, reconnaissable à ses cris alors qu'il suivait un adulte. Les 2 faucons venaient de la direction du métro Guy-Concordia et ont viré vers l'édifice GLOBE. Le juvénile qui était perché sur l'hôtel Four Seasons est parti à leur suite. 
 
À 10h54 les 2 adultes apportent une proie à un juvénile sur la cheminée du Château comme le montre cette vidéo. Voir aussi cette publication Facebook.  Ce même jour un adulte utilise un perchoir original au Château: sous les mâchoires d'une gargouille!

La photo ci-dessus ainsi qu'une autre ont été partagées dans cette publication Facebook. Peut-être parce que je concentrais mon attention sur les juvéniles je n'ai pas remarqué l'utilisation de ce perchoir avant le 25 juin; je ne l'ai pas remarqué non plus après le 25 juin malgré une attention plus grande.


Un dortoir à une fenêtre d'appartement!

Un juvénile a apparemment choisi de dormir à une fenêtre d'un appartement de l'édifice Port-Royal! En tout cas je l'y ai observé en fin de journée les 25, 27 et 28 juin. L'édifice Port-Royal est situé au 1455 rue Sherbrooke Ouest et a été pendant longtemps le gratte-ciel résidentiel le plus haut de Montréal avec ses 33 étages. La fenêtre choisie par le juvénile était à chaque fois différente et l'étage variait entre le 14ième et le 16ième. Ce choix de dortoir était potentiellement problématique: si l'occupant de l'appartement surprend le juvénile après la tombée de la nuit, celui-ci risque de s'envoler; même si la nuit est loin d'être noire à Montréal, la pénombre risque d'augmenter les dangers pour un oiseau qui vient fraichement d'apprendre à voler.
 
Voici plus de détails: Le 25 juin à 19h56 je suis des yeux un faucon en vol au-dessus de la rue Sherbrooke depuis les abords de l'édifice GLOBE quand à ma grande surprise il vire au niveau de l'édifice Port-Royal et semble s'y percher. Même si je savais qu'il y avait probablement un faucon sur la façade je mets plusieurs minutes à le repérer au bord d'une petite fenêtre au 16ième étage:
Localisation du juvénile sur l'édifice Port-Royal le 25 juin

Il y était toujours à 20h36 quand j'ai quitté (coucher du soleil = 20h48).

Le 26 juin je n'ai pas fait d'observation dans ce secteur. Le 27 juin à 19h37 je repère de nouveau un juvénile à une fenêtre: même façade, même étage mais la fenêtre est différente (possiblement d'un autre appartement). Il y est toujours à 20h36.
Juvénile à une fenêtre de l'édifice Port-Royal, 27 juin 19h43

Le 28 juin vers 19h30 un juvénile tente à au moins 3 reprises de se percher à une fenêtre de l'édifice Port-Royal. Après avoir observé un juvénile sur l'édifice Standard Life du côté de la rue Drummond qui s'est envolé à 19h54, je repère un juvénile à une fenêtre de l'édifice Port-Royal à 20h07, cette fois-ci au 14ième étage.
Juvénile à une fenêtre de l'édifice Port-Royal, 28 juin


Liste des édifices fréquentés par un juvénile

Les édifices sur lesquels un faucon pèlerin juvénile a été photographié entre le 18 et le 28 juin sont compris dans un périmètre délimité par la rue Drummond, l'avenue du Docteur-Penfield, la rue Guy et le boulevard de Maisonneuve.
Par comparaison  en 2022 je n'avais observé un juvénile qu'à 2 endroits: l'édifice GLOBE et le Château, voir cet article. Il est possible que l'expérience que j'ai acquise l'an dernier, en particulier sur les endroits fréquentés par les adultes, m'ait aidé à mieux repérer les juvéniles. La chance a pu jouer un rôle également. Mais le facteur le plus important est sans doute un plus grand nombre de juvéniles cette année, ce qui à la fois augmente les chances d'en voir un et incite à consacrer plus de temps à ce site.  
 
Un endroit de marque où je n'ai pas réussi à documenter la présence d'un juvénile est l'hôtel Ritz-Carlton, pourtant proche de l'édifice GLOBE; un adulte s'y était cependant perché le 25 juin. Aussi je n'ai pas réussi à observer de juvénile aller plus haut que le Château dans la direction de l'avenue du Docteur-Penfield, un échec qui s'explique probablement par le choix des endroits d'où j'observais.