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vendredi 27 décembre 2024

Nidification 2024 du faucon pèlerin au pont Jacques-Cartier: un seul fauconneau dans un nouveau nid

Cet article a été publié le 6 janvier 2025 et a été daté du 27 décembre 2024 afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue.

Après une saga en mars-avril où 2 couples de faucon pèlerin semblent avoir tenté de nicher au pont Jacques-Cartier (voir cet article), un couple s'est installé sur une corniche du pilier 26. Le pilier 26 du pont Jacques-Cartier est situé à Montréal, au milieu de voies de circulation automobile très achalandées. Le (nouveau) nid est relativement bien caché: dans le meilleur des cas, l'adulte présent au nid en position de couvaison n'est que très partiellement visible et il faut parfois attendre un mouvement pour être certain que ce qu'on voit n'est pas un débris. Un seul fauconneau sera observé, d'abord dans le nid puis autour lorsqu'il commencera à se promener. Le 26 juin il a été bagué au nid par Environnement Faucon. Son premier vol a eu lieu autour du 12 juillet. Il a été observé pour la dernière fois le 13 juillet dans les parties les plus hautes du pont Jacques-Cartier, prouvant non seulement que son envol s'est bien passé mais qu'il était capable de prendre de la hauteur. 

Le fauconneau le 10 juillet peu de temps avant son envol

Mes observations depuis Montréal ont été faites depuis le trottoir de la rue Notre-Dame du côté du port de Montréal: le pilier où se trouve le nid était de l'autre côté de 5 voies de circulation automobile. Des observations ont aussi été faites depuis l'ile Sainte-Hélène. 


Vers la fin avril: début de l'incubation

C'est le 26 avril que j'observe pour la première fois un faucon pèlerin au futur nid: 
Faucon pèlerin au nid, 26 avril 2024 18h34
 
Le 28 avril j'observe un faucon pèlerin sur le pilier 26 mais pas au nid. De plus d'autres endroits sont visités par le couple dans la structure du pont, voir cette vidéo, ce qui m'amène à conclure que les faucons n'ont pas encore fait leur choix. C'est donc avec une certaine surprise que j'apprends le 30 avril la confirmation par Environnement Faucon d'une nidification en cours sur le pilier 26. Mes observations des jours suivants ont bien entendu confirmé leur analyse.


5 juin 2024: première observation d'un fauconneau

Le 5 juin j'ai effectué une première surveillance vidéo dans le but de mettre en évidence la naissance d'un ou plusieurs fauconneaux, typiquement par l'apport d'une proie au nid par un adulte. L'objectif a été atteint au-delà de toute espérance: non seulement un fauconneau était visible mais il semblait vouloir partir explorer les alentours, forçant l'adulte à se redresser pour le gérer!

Ma visite précédente remontait au 2 juin entre 11h40 et 16h45. Je n'ai remarqué aucun signe suggérant un nourrissage mais en l'absence de surveillance vidéo je ne peux pas affirmer qu'il n'y en a pas eu.
 
 

10 juin 2024: apparence trompeuse de 2 fauconneaux

Cette vidéo à main levée enregistrée le 10 juin entre 17h20 et 17h30 semble montrer 2 fauconneaux. Il ne s'agit vraisemblablement que d'une illusion puisque non seulement le '2ième fauconneau' ne reçoit rien à manger lors de ce nourrissage mais il est toujours dans la même position le 16 juin! L'hypothèse la plus vraisemblable est qu'il s'agit d'un débris; la possibilité qu'il s'agit d'un fauconneau décédé est très peu probable puisque normalement les adultes évacuent rapidement les cadavres du nid.
 
 

12 juin 2024: un adulte m'avertit

Le 12 juin à 12h22 je m'approchais de mon point d'observation par le nord. Je devais être sur le trottoir de la rue Notre-Dame à la hauteur de la rue Fullum, du côté du port de Montréal, lorsque j'ai été survolé par un faucon pèlerin qui a brièvement alarmé. Le faucon volait à une altitude raisonnable et sans son cri je ne l'aurais pas remarqué. Le cri d'alarme me semblait destiné puisqu'il a été poussé alors qu'il passait au-dessus de moi. Si sa manœuvre avait pour but de me dissuader de m'approcher du nid, elle a eu l'effet contraire puisque comme j'ai craint qu'il s'était passé quelque chose au nid je me suis dépêché de m'en approcher... Alors que je m'approchais, un faucon (probablement l'autre) a quitté le nid. Peut-être qu'il venait d'y avoir un nourrissage. Il arrive souvent qu'on entende un adulte alarmer sans raison évidente lors d'un nourrissage et j'interprète ce comportement comme un avertissement aux prédateurs éventuels de ne pas interférer mais c'est la première fois que j'ai eu l'impression d'avoir eu droit à une mise en garde personnalisée, et en plus à distance du nid!
 
De façon générale les adultes semblaient réagir à mes présences: une fois le fauconneau suffisamment grand, l'adulte présent au nid s'envolait (sans alarmer) et semblait revenir seulement lorsqu'il ne me voyait plus: plus d'une fois j'ai vu l'adulte revenir au nid alors que, me dirigeant vers la station de métro Papineau pour rentrer chez moi, je venais de traverser la rue Notre-Dame, c'est-à-dire que je me trouvais de l'autre côté du pilier du nid. Conscient de cela, j'évitais de m'attarder.
 
 

26 juin 2024: baguage du fauconneau

Le 26 juin Environnement Faucon a procédé au baguage du fauconneau. L'annonce a été faite 2 jours plus tard sur leur page Facebook. Le fauconneau a été déterminé comme étant un mâle.
Engin photographié sous le nid le 27 juin probablement utilisé pour le baguage


28 juin au 11 juillet 2024: le fauconneau explore sa corniche

À partir du 28 juin le fauconneau est observé en dehors du nid mais toujours sur la corniche où se trouve le nid. Cette corniche fait le tour du pilier 26. Jusqu'au 11 juillet, date où il est observé pour la dernière fois sur le pilier, il visitera ainsi les 4 façades du pilier.
Fauconneau à gauche de son nid, 28 juin 8h54

Fauconneau explorant la corniche, 1er juillet 6h30

Le 2 juillet à 9h50 je filme depuis l'ile Sainte-Hélène un adulte qui visite le fauconneau. Un zoom plus puissant ne serait pas superflu mais il est tout de même possible de reconstituer avec une assez grande confiance ce qui s'est passé: l'adulte a apporté une proie à gauche du nid; le fauconneau s'est précipité pour s'en emparer et est retourné au nid; l'adulte l'a suivi, ce qui a entrainé une légère dispute. L'adulte a par la suite attendu que le fauconneau ait fini de manger puis a récupéré les restants et est reparti avec. Deux avantages de la surveillance depuis l'ile Sainte-Hélène sont qu'il n'y a aucun risque d'interférer avec le comportement des faucons (je ne suis pas sur que l'adulte aurait attendu à côté du nid que le fauconneau ait fini de manger si j'avais observé la scène depuis la rue Notre-Dame) et l'ile Sainte-Hélène est bien plus agréable que le long de la rue Notre-Dame.
   
Vidéo du 7 juillet

 
Le 10 juillet je le repère sur la façade opposée à celle du nid, au coin avec le petit côté de l'avenue De Lorimier.


Entre le 11 et le 13 juillet 2024: envol du fauconneau

La dernière observation du fauconneau sur le pilier 26 a été faite le jeudi soir 11 juillet vers 18h30 par Sylvain Cusson (merci à lui pour ses observations). Un feu d'artifice a été tiré ce soir-là depuis La Ronde, que de nombreux Montréalais regardaient depuis la rue Notre-Dame, un petit peu au nord du nid. À moins que quelqu'un ait remarqué le fauconneau et que la famille n'ait pas apprécié l'attention qui aurait pu en résulter, surtout à la tombée de la nuit, je n'ai pas de raison de penser que le feu d'artifice ou les spectateurs aient provoqué son envol.
 
J'étais passé le 11 juillet un peu avant Sylvain.  À 17h25 le fauconneau a soudain surgi à un coin du pilier, ailes ouvertes. Immédiatement des cris d'alarme d'un adulte se sont fait entendre. Je me suis éloigné puis je suis revenu 10 minutes plus tard sans provoquer d'autres alarmes. Si je n'ai aucun doute d'avoir été la cause de l'alarme, celle-ci était probablement davantage une injonction au fauconneau de ne pas tenter quelque chose qu'un avertissement envers moi. Des spectateurs commençaient déjà à arriver pour le feu d'artifice prévu 4 heures plus tard. Compte tenu de l'inconfort que je percevais de la part des adultes face à la présence d'observateur j'ai préféré ne pas prendre le risque d'attirer l'attention sur eux et j'ai donc quitté à 17h41. Lorsque Sylvain est passé environ 45 minutes plus tard, le fauconneau battait des ailes.

Le 12 juillet 2 visites de ma part (à midi et de 17h24 à 18h45) et 2 de Sylvain (à 15h45 et à 20h20) n'ont pas permis de localiser le fauconneau.

Le 13 juillet à 7h26 je repère ce qui semble être un faucon pèlerin sur une poutre du pont, bien au-dessus du tablier et donc au-dessus de la corniche du nid. Ce perchoir est plutôt inhabituel, ce qui m'a incité à filmer. L'oiseau a effectué plusieurs battements d'aile, ainsi que quelques petits vols, qui laissent peu de doute sur le fait qu'il s'agit d'un jeune faucon pèlerin venant récemment d'effectuer son premier vol et encore peu confiant en ses capacités.
Le fauconneau était malheureusement trop loin pour l'identifier par ses bagues; en théorie il pouvait donc s'agir d'un fauconneau provenant d'un autre nid, recueilli par l'UQROP puis relâché près du pont Jacques-Cartier en vue de son adoption par les adultes. Dans son partage sur Facebook de ma vidéo, la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée (PJCCI), qui aurait nécessairement été informée d'une telle relâche, exclut cette possibilité en écrivant ''Le jeune fauconneau né cette année sur le #pontJacquesCartier a réussi son premier envol!''.
 
Je n'ai pas réussi à revoir le fauconneau les jours suivants, ce qui n'est pas forcément inquiétant: le 13 juillet le fauconneau a essentiellement été identifié par ses battements d'aile mais ce comportement disparait très vite à mesure que les fauconneaux prennent confiance en leur capacité. Et le bruit de la circulation automobile rend quasiment impossible d'entendre les cris de juvénile. Cependant le comportement des adultes les jours suivants peut soulever des questions sur le sort du fauconneau.


18 et 20 juillet: un adulte passe beaucoup de temps au nid

Le 18 juillet en fin d'après-midi, et encore davantage le matin du 20 juillet, un faucon pèlerin - présumément la femelle - passait beaucoup de temps aux nids du pilier 26. Nids au pluriel puisque le 20 juillet il est apparu qu'il y avait un second nid à un autre coin de la corniche du pilier 26. Le 20 juillet l'autre adulte n'était pas loin, et il y a même eu une brève rencontre de couple au nid à 7h03 que je n'ai malheureusement pas réussi à documenter. Les visites aux nids ne duraient généralement que quelques minutes mais étaient fréquentes. Une description de ces visites est disponible dans la description de la vidéo ci-dessous.
Il est tentant de voir dans ces visites aux nids une sorte de mélancolie ou un signe que le faucon pense déjà à la prochaine nidification, ce qui peut poser des questions sur le sort du fauconneau. Il faut cependant se méfier des interprétations trop humaines.


23 juillet: beaucoup de mouvements d'un faucon pèlerin près d'une tour Eiffel

Le 23 juillet entre 6h29 et 7h12 j'ai filmé de nombreux mouvements d'un faucon pèlerin à une des ''tours Eiffel'' du pont Jacques-Cartier au-dessus du pilier 25 ainsi que sur une poutre voisine. Je n'ai pas été en mesure de déterminer hors de tout doute si c'était un adulte ou le fauconneau.
(une version longue de cette vidéo est disponible ici).

Plusieurs envols étaient des attaques ratées sur des proies potentielles. De 6h46 à 7h07 un 2ième faucon était visible sur la corniche du pilier 24 (disparition constatée à 7h12). À 7h35 2 faucons pèlerins étaient en vol dans le secteur du pilier 25. Les 2 sont partis vers l'est en suivant les voies ferrées.

 

Conclusion

Après le double échec du couple de faucon pèlerin du pont Honoré-Mercier (d'abord en tant que parents naturels puis en tant que parents adoptifs, voir par exemple cet article de The Gazette du 2 juillet) et l'apparent drame survenu au pont Jacques-Cartier avec le décès d'un couple de faucon pèlerin (voir cet article de mon blogue), ce couple de faucon pèlerin a sauvé la mise pour les ponts sous la responsabilité de la société PJCCI en menant à l'envol un fauconneau (le nouveau pont Champlain, qui a connu une nidification réussie en 2024, n'est plus sous la responsabilité de PJCCI). Le sort du fauconneau du pont Jacques-Cartier n'est pas connu mais en réussissant son envol puis en parvenant à prendre de la hauteur, il a franchi une étape importante dans sa survie. Comme ce fauconneau est muni de 2 bagues dont une qui est facilement lisible à distance, peut-être aurons-nous un jour la surprise d'avoir de ses nouvelles.
 
Le fait qu'il n'y a eu qu'un seul fauconneau est inhabituel et cela pourrait suggérer que la femelle est jeune et/ou inexpérimentée. Si c'est le cas on peut logiquement s'attendre à davantage de fauconneaux en 2025.
 
 


jeudi 20 juillet 2023

Université de Montréal: une nidification qui se termine mal pour les faucons pèlerins

Cet article a été publié le 4 décembre 2023 et a été daté du 20 juillet afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue. Le résultat de la nécropsie du fauconneau décédé le 4 juillet n'était pas connu en date du 4 décembre.

Mise à jour 18 décembre 2023: les principales conclusions du rapport de nécropsie de Ti-Pou ont été partagées par Faucons de l'UdeM: en bref, Ti-Pou était une femelle qui est décédée de lésions internes consécutives à sa chute, voir aussi mes commentaires.

Les centaines de personnes qui suivaient quotidiennement la nidification des faucons pèlerins via les caméras de Faucons de l'UdeM ont vécu de nombreux rebondissements dramatiques jusqu'à la conclusion finale: le décès du dernier fauconneau le 4 juillet. Après un suspens de plusieurs jours, 2 des 4 œufs pondus entre le 16 et le 23 avril éclosent le 28 mai. Malheureusement un des fauconneaux décède le 31 mai, très vraisemblablement des conséquences d'une infestation de mouches. Le 2 juin la dégradation de l'état de santé du fauconneau survivant, surnommé Ti-Pou, conduit Faucons de l'UdeM à intervenir au nid pour le traiter. Suite à cette intervention le fauconneau reprend du mieux. Une autre intervention est envisagée le 12 juin mais l'idée est abandonnée lorsque Ti-Pou recommence à manger par lui-même. Puis le 17 juin Faucons de l'UdeM annonce que Ti-Pou semble présenter une anomalie dans la croissance de ses plumes qui pourrait rendre son premier vol plus dangereux. Le matin du 4 juillet, comme toutes les autres fauconneaux avant lui, Ti-Pou semble rejoindre une corniche qui sert habituellement de point de départ pour le premier vol. Malheureusement son corps sans vie sera trouvé quelques heures plus tard 13 étages plus bas.

La saga de Ti Pou aura généré énormément d'émotions, au point que le clavardage a du être interrompu pendant quelques jours. Au centre des débats, le niveau d'intervention humaine à adopter lorsque la nidification semble ne pas se dérouler normalement. 

Photo de famille, 28 juin (crédit fauconsudem.com)
 

Notes sur les sources et crédit 
Cet article est basé largement sur les publications Facebook et Youtube de Faucons de l'UdeM (site principal, page Facebook, chaine Youtube) mais aussi sur des échanges avec Eve Belisle (qui a fondé Faucons de l'UdeM): merci beaucoup à elle. Merci également à Huguette Lenoir pour ses précisions concernant l'endroit où elle a trouvé le corps de Ti-Pou. En raison de l'intense activité sur le clavardage des caméras de Faucons de l'UdeM durant la période où des fauconneaux sont visibles, je n'ai pas essayé de sauvegarder les conversations, excepté partiellement certains jours. Quelques rares observations personnelles ont complété mes informations.


Chronologie

Des naissances qui se font attendre

Faucons de l'UdeM avait annoncé les éclosions vers le 23 mai approximativement mais ce n'est que le 28 mai que 2 fauconneaux ont réussi à s'extirper de leur coquille.  

Le matin du 25 mai Faucons de l'UdeM annonce qu'ils croient avoir vu un début d'éclosion sur un des œufs et prévient que le processus peut prendre jusqu'au 48 heures. Le 27 mai à 18h45 Faucons de l'UdeM annonce qu'au moins 2 œufs ont un trou. Le 28 mai à 5h25 Faucons de l'UdeM publie une vidéo où on voit Eve (la femelle faucon pèlerin) brasser un œuf qui a un trou dans lequel on voit bouger un fauconneau; de plus des cris de fauconneau sont perceptibles.
 
Un premier fauconneau s'extirpe de sa coquille le 28 mai peu après 7h30. À 7h39 Eve quitte et est remplacée auprès du fauconneau par M (le faucon pèlerin mâle). Celui-ci achève de dégager le fauconneau de la demi coquille qui lui servait de couvre-chef et la grignote. Eve reprend sa place à 7h44. Ces scènes sont montrées dans cette vidéo publiée par Faucons de l'UdeM et partagée sur Facebook à 9h30.

7 heures plus tard, à 16h31, Faucons de l'UdeM publie une vidéo Facebook montrant 2 fauconneaux sous les plumes d'Eve. Le 2ième fauconneau est né à 12h49 d'après les vidéos subséquentes de Faucons de l'UdeM.
 
En fin de soirée Faucons de l'UdeM partage sur Facebook une vidéo Youtube du premier repas des 2 fauconneaux qui a eu lieu à 20h46.

Les 2 autres œufs n'écloront pas (voir plus loin).

Comment expliquer la différence de 5 jours entre la date d'éclosion prévue et la date réelle ? Les éclosions ont-elles été difficiles ? L'incubation débute généralement après la ponte de l'avant-dernier œuf et dure de 32 à 35 jours (sources pour la durée de l'incubation: plan de rétablissement du faucon pèlerin au Québec - 2019-2029 du gouvernement du Québec et rapport du COSEPAC du gouvernement du Canada). Eve Belisle m'a indiqué avoir fait le calcul avec une durée de 33 jours. Il n'est pas clair comment cette durée a été choisie mais même s'il s'agissait de la durée la plus probable sur un grand ensemble de nids en Amérique du Nord, cette durée pourrait ne pas s'appliquer à Eve. Heureusement comme cette femelle niche depuis 2018 sous les caméras de Faucons de l'UdeM, des données sont disponibles pour évaluer sa durée d'incubation personnelle. Le tableau ci-dessous donne pour chaque année la date de ponte du 3ième œuf, la date d'éclosion du premier fauconneau et la durée entre ces 2 moments (lorsque la ponte ou la naissance a eu lieu durant la nuit et que le moment exact n'est pas connu, j'ai fixé arbitrairement ce moment; une étoile indique les durées pour lesquelles l'incertitude dépasse 1 heure).


Nombre d’œufs Incubation
Année pondus
éclos
Ponte 3ième œuf
1ière éclosion
Durée
2018 4
4
10 avril, 1h*
15 mai, 6h25
35 jours, 5h25*
2019
4
4
15 avril, 16h12
19 mai, 23h55
34 jours, 7h43
2020
3
3
14 avril, 0h37
23 mai, 8h19
39 jours, 7h42
2021
Données absentes - nidification à l'Oratoire Saint-Joseph
2022
4
3
21 avril, 4h26
26 mai, 0h*
34 jours, 19h34*
2023
4
2
20 avril, 22h30
28 mai, 7h41
37 jours, 9h11
 
Pour 2020 j'ai calculé la durée à partir de la ponte du 3ième œuf même si seulement 3 œufs ont été pondus. En calculant la durée à partir de la ponte de l'avant-dernier œuf (le 2ième, dans ce cas) on obtiendrait 42 jours et 22 heures. Rappelons qu'il y a eu des écarts inhabituellement longs entre la ponte des différents œufs, notamment un écart de 86 heures entre la ponte du 2ième œuf et celle du 3ième.  Cette nidification de 2020 a en fait été fortement perturbée par le remplacement du mâle la veille de la ponte du 1er œuf. Le nouveau mâle - Sphinx - a mis beaucoup de temps à s'impliquer dans la couvaison, ce qui s'est traduit par de longues périodes (parfois de plus de 2 heures) où les œufs n'étaient pas couvés, ce qui explique probablement en grande partie la durée inhabituellement longue de l'incubation. De façon surprenante tous les œufs avaient éclos mais un des fauconneaux est mort quelques heures après sa naissance. Pour plus de détails, voir cet article ainsi que celui-ci.

L'examen du tableau montre qu'en 2018, 2019 et 2022 la durée entre la ponte du 3ième œuf et la première éclosion est autour de 35 jours. Elle est nettement supérieure en 2020 pour les raisons juste expliquées mais elle est également supérieure de 2 jours en 2023. Pourtant il n'y a apparemment pas eu d'interruptions significatives de la couvaison en 2023 contrairement à 2020 (le 25 mai, en réponse à une question, Huguette Lenoir a indiqué sur le clavardage que la plus longue durée durant laquelle les œufs étaient laissés seuls était de 7 minutes). Ces 2 jours supplémentaires entre la ponte du 3ième œuf et les naissances sont possiblement le premier indice que quelque chose n'allait pas très bien.
 

Couverture des éclosions par les médias

Comme pour la ponte, de nombreux médias ont rapporté les éclosions. Voici la liste (merci de me communiquer les éventuels oublis).
Médias francophones
Médias anglophones

Pas de développement embryonnaire chez les 2 œufs non éclos

Le 5 juin Faucons de l'UdeM a annoncé sur Facebook le résultat de l'examen par la Clinique des oiseaux de proie des 2 œufs qui n'avaient pas éclos:  ''Les œufs non-éclos récoltés au nid étaient clairs: pas de développement embryonnaire''. L'examen a été fait par mirage. Comme le montre le tableau plus haut, c'est en 2022 que pour la première fois un œuf n'a pas éclos (il était prévu que l’œuf soit récupéré lors du baguage pour être analysé mais il a été oublié dans le nichoir). On ne peut pas exclure que déjà en 2021 à l'Oratoire Saint-Joseph un ou plusieurs œufs n'aient pas éclos: 2 fauconneaux ont été observés mais on ignore le nombre d’œufs pondus et combien ont éclos. 
 
Le résultat de l'analyse des 2 œufs semble en contradiction avec l'observation d'un trou sur un de ces œufs tel que mentionné sur le clavardage l'après-midi du 28 mai. Interrogée à ce sujet, Eve Belisle m'a indiqué qu'aucun des 2 œufs récupérés n'était endommagé et que l'observation d'un trou sur les images de la caméra était donc une erreur.

31 mai: décès du premier fauconneau

Le 31 mai durant la matinée, un des fauconneaux décède.  Sur le clavardage quelqu'un a mentionné que les 2 fauconneaux semblaient corrects lors du nourrissage de la veille au matin mais qu'à 4h48 le fauconneau n'arrivait plus à se redresser. Des mouvements sont rapportés vers 7h45 et 8h33. À 9h48 une participante écrit qu'il ne semble plus avoir de respiration active mais à 9h56 un nouveau mouvement est observé. Plusieurs personnes notent les touchants efforts d'Eve pour le stimuler (notamment par pincement de sa patte). 2 personnes ont demandé pourquoi Eve ne semblait pas le nourrir la veille alors même qu'il dressait (difficilement) la tête (à noter que cela prendrait un examen de la vidéo du nourrissage pour conclure qu'Eve ne l'a pas nourri du tout mais il est possible que le fauconneau en meilleur santé ait raflé la plus grande partie du repas). Le décès est annoncé, apparemment un peu prématurément, à 8h30 par Faucons de l'UdeM dans cette publication Facebook. Cette publication mentionne que la veille le fauconneau semblait avoir de la difficulté à lever sa tête pour réclamer de la nourriture et propose 2 hypothèses: soit qu'il a dépensé trop d'énergie pour naitre, soit qu'il y ait de nouveau présence de mouches carnus. 
 
Le 1er juin vers 17h45 Eve saisit avec son bec le bec du fauconneau décédé et l'emporte hors du nichoir. Le mâle en profite pour tenter de nourrir le fauconneau survivant mais il en est empêché par le retour de la femelle à 17h48 (vidéo). 
 
Les mouches carnus sont identifiées par Faucons de l'UdeM comme la cause probable du décès et le fauconneau survivant en est aussi atteint: difficultés à se maintenir debout et tâches noires sous les ailes. La publication Facebook de Faucons de l'UdeM d'où ces informations sont tirées mentionne aussi que le fauconneau essaie de se débarrasser des mouches avec son bec.
 
Ce décès a eu des retombées inattendues mais très intéressantes. Parmi les spectateurs de cette nidification, on retrouvait plusieurs classes allant de la maternelle au secondaire, à qui l'enseignant(e) montrait la diffusion en direct. Le décès a permis à plusieurs enfants de s'exprimer sur un deuil qu'ils ont vécu (deuil d'un parent, d'un frère ou d'une sœur et même d'un bébé mort dans le ventre de leur mère). Au moins un CHSLD a également suivi la nidification via le poste de télé de la salle de repos (source: clavardage du 1er juin).


2 juin: intervention sur le fauconneau survivant

Après consultation d'experts (non nommés), Faucons de l'UdeM a décidé d'intervenir pour nettoyer le fauconneau de ses mouches, le nourrir et le réhydrater. Dans sa publication Facebook, ce qui a motivé l'intervention est ainsi expliqué: ''malheureusement après les premiers repas de la journée aujourd’hui, le petit semblait dépérir. Il a passé 2 repas pratiquement sur le dos en mangeant très peu, trop faible pour remonter sa tête''. La diffusion de la caméra 3 a été stoppée pendant l'intervention mais l'incrustation de l'image de la caméra 3 dans la diffusion de la caméra 2 a été laissée (apparemment par erreur), permettant d'avoir un aperçu de l'intervention:
  • 16h11: Eve, alors en position de couvaison, se redresse et alarme
  • 16h12mn55: début des tentatives d'éloigner Eve de son fauconneau
  • 16h15mn: le fauconneau est capturé pendant qu'Eve est tenue en respect.
  • De 16h15 à 16h27: des soins sont apportés au fauconneau hors de vue de la caméra
  • 16h27mn26: les 2 œufs non éclos sont récupérés.
  • 16h27mn50: le fauconneau est déposé dans le nichoir.
  • 16h28mn07: Eve rejoint le fauconneau. 
Il se trouve que j'étais sur place, au sol, ayant du quitter moi-même mon appartement pendant quelques heures suite à un traitement anti-insectes... Contrairement aux autres interventions à l'Université de Montréal que j'avais pu voir dans le passé, Eve avait accès à l'intérieur du nichoir pendant les tentatives de retirer le fauconneau, ce qui a allongé le temps nécessaire pour capturer le fauconneau et a possiblement augmenté son stress. L'image ci-dessous, qui a été enregistrée à 16h13 au début de l'opération, montre Eve les ailes ouvertes à l'entrée du nichoir.

L'absence de référence à la règlementation qui protège les nidifications en général et le faucon pèlerin en particulier dans la communication de Faucons de l'UdeM suggère que cette intervention ne respectait probablement pas ces règlementations (ou sinon cela aurait été une belle occasion de les rappeler). Ce non-respect expliquerait aussi que les experts consultés n'aient pas été nommés publiquement. Il est à souhaiter que cette intervention, qui a été suivie par un grand nombre de personnes en raison de la publicité faite par les médias quelques jours plus tôt, n'inspirera pas d'autres initiatives du même genre potentiellement plus dommageables. La nidification de nombreuses espèces d'oiseau est protégée par la loi fédérale sur la convention concernant les oiseaux migrateurs de 1994 et ses règlements, voir par exemple cette foire aux questions. Curieusement les oiseaux de proie (faucon, aigle, hibou, ...) ne sont pas protégés par cette loi mais le faucon pèlerin reste protégé au niveau provincial.
 

3 au 11 juin: le fauconneau se porte mieux

  • Le 3 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo sur Youtube (partagée sur Facebook) montrant un nourrissage à l'issue duquel le fauconneau tombe sur le dos sans parvenir à se relever. Le mâle le saisit alors délicatement par la peau du cou pour l'aider à se relever.
  • Le même jour Élise Deshaie et Huguette Lenoir observent le comportement des adultes depuis le sol. Leurs observations sont partagées le lendemain sur Facebook.
  • Le 6 juin Faucons de l'UdeM publie sur Youtube une vidéo du premier repas donné par le mâle (partage sur Facebook).
  • Le 10 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo Facebook montrant le mâle interagir avec le fauconneau avant de déguerpir au retour de la femelle.
  • Le 11 juin Faucons de l'UdeM publie une vidéo Youtube montrant le mâle et le fauconneau semblant se disputer une proie, avant que le mâle nourrisse le fauconneau (partage Facebook).

12 juin: détérioration passagère de l'état de santé du fauconneau

Le 12 juin à 13h Faucons de l'UdeM publie sur Facebook une mise à jour indiquant qu'une détérioration de l'état de santé du fauconneau a été constatée et qu'un transport à la Clinique des oiseaux de proie pour évaluer son état est envisagé. Dans un commentaire sur Facebook Milene Marengere décrit ainsi la situation ''[...] le fauconneau semble simplement avoir tombé sur le dos tôt le matin et il n'était pas capable de se relever, il était en détresse et je trouve qu'Eve ne semblait pas savoir comment le retourner, il a crié en vain et dépensé de l'énergie pendant des heures, Eve a même mangé un repas complet devant lui sans lui en donner et en l'appelant même s'il ne pouvait la rejoindre [...]''. Cette fois-ci Faucons de l'UdeM indique être en attente d'une autorisation du Ministère pour intervenir. En commentaires, Faucons de l'UdeM explique que l'intervention du 2 juin était une intervention rapide où on savait comment agir alors qu'ici ''son état requiert un examen, diagnostique, et plan d’action'' (comme indiqué plus haut, en principe l'intervention du 2 juin nécessitait aussi une autorisation du Ministère).

À 16h18 Faucons de l'UdeM indique sur Facebook n'avoir toujours pas reçu de réponse du Ministère mais qu'entre temps l'état du fauconneau s'est amélioré et qu'une intervention n'est plus nécessaire. En commentaires de la publication Facebook de 13h Sarah Desjardins écrit ''Il mange son deuxième repas en ce moment (15:40)!''. Certains sur Facebook ont proposé que c'était possiblement une patte de pigeon avalée entière la veille qui n'était pas bien passée.
 
Le 13 juin Faucons de l'UdeM donne des nouvelles encourageantes du fauconneau en prévenant de ne pas trop s'inquiéter si les repas se font plus rares car la pluie complique la chasse. Faucons de l'UdeM indique également que le clavardage a été temporairement fermé en raison de la forte émotivité des participants et explique la décision prise par les experts de ne finalement pas intervenir. Le 15 juin Faucons de l'UdeM annonce le retour du clavardage.


17 juin: problème de croissance des ailes

Le 17 juin Faucons de l'UdeM publie une mise à jour indiquant que le fauconneau souffre d'un problème de croissance des ailes. Le baguage prévu pour le 21 juin est remis en question. Faucons de l'UdeM écrit également ''Ici nous n'avons pas l'intention de retirer le fauconneau du nid pour l'hospitaliser; il ne semble pas souffrant ni en détresse. Nous préférons laisser les parents s'occuper de lui et le laisser vivre sa vie de faucon sauvage autant que possible''. 
 
Le 20 juin dans une nouvelle mise à jour Faucons de l'UdeM précise encore plus sa position: ''En ce moment, kidnapper le fauconneau pour le traiter en captivité pendant plusieurs jours (voir de façon permanente) signifierait provoquer un échec de la nidification pour les adultes, ce que nous avons toujours évité ici à l'UdeM. Je vous rappelle que les faucons pèlerins se portent bien maintenant au Québec, et que la sélection naturelle joue un rôle important chez les animaux sauvages. Il est encore possible que nous décidions de l'examiner et documenter sa condition, nous sommes en communication avec les différents intervenants à ce sujet. En ce moment, le fauconneau ne souffre pas, il est bien nourri et protégé par ses parents. Il dort beaucoup, mais commence aussi à se tenir debout sur ses pattes et découvrir tous les recoins du nichoir. Bref, il est "heureux" comme un fauconneau normal de son âge. Si la situation change alors nous réévaluerons notre plan d'action, merci de votre compréhension!''
 

20 juin: le fauconneau ''tombe'' du nichoir

Le 20 juin peu avant 17h le fauconneau fait une chute d'une vingtaine de centimètres (vidéo Facebook par Faucons de l'UdeM) et se retrouve sur la corniche de la tour de l'Université de Montréal sur laquelle le nichoir est placé. Plusieurs personnes inquiètes demandent que quelqu'un monte sur la tour pour le replacer dans le nichoir...

Le 22 juin peu avant 8h le fauconneau sort de sa ''prison'' en se glissant sous la perche du nichoir et commence à explorer les alentours (vidéo Youtube de Faucons de l'UdeM partagée sur Facebook). Le nom de ''Ti-Pou'' est pour la première fois utilisé par Faucons de l'UdeM (ce nom vraisemblablement apparu sur le clavardage est utilisé pour la première fois dans un commentaire d'une publications Facebook le 13 juin).
 
Ce même jour Faucons de l'UdeM publie une vidéo comique - mais qui peut aussi symboliser le mauvais karma de ce fauconneau - montrant Ti-Pou se faire déféquer dessus par un de ses parents perché sur le toit du nichoir!
 
 

25 juin au 3 juillet: la routine pour Ti-Pou

Durant cette période Ti-Pou explore les abords du nichoir et exerce ses ailes. Voici la liste des publications de Faucons de l'UdeM durant cette période.
  • 25 juin: montage de plusieurs arrivées d'un adulte sur la corniche suivies d'un nourrissage. Vidéo Youtube partagée sur Facebook
  • 27 juin: photo d'un adulte avec une proie destinée à Ti-Pou.
  • 28 juin: repas en famille + gros plans de Ti-Pou: vidéo Youtube partagée sur Facebook.
  • 28 juin: vidéo Facebook titrée ''Il y avait un deux pour un sur les pigeons à l'épicerie...'': vers 19h55 les 2 adultes apportent presque simultanément chacun un pigeon à Ti-Pou. Cilla Kinross a également publié une vidéo (ce qui ressemble à une erreur de date s'explique probablement par le fait que Cilla Kinross vit en Australie).
  • 29 juin: questions/réponses avec 3 photos: Ti-Pou est un mâle + explication du problème avec les plumes.
  • 1er juillet: Ti-Pou et le coucher du soleil. Vidéo Youtube partagée sur Facebook.

4 juillet: chute fatale de Ti-Pou

Le 4 juillet à 6h05, Ti-Pou semble faire ce que tous les fauconneaux ont fait avant lui, c'est-à-dire descendre sur ce qu'on appelle une corniche-prison située quelques mètres en-dessous du niveau du nichoir. Ces corniches se trouvent à chaque coin de la tour, ont une petite surface (d'où le qualificatif de ''prison'') et pour une raison mystérieuse ont servi de point d'envol à tous les fauconneaux.

Huguette Lenoir s'est rendue sur place pour surveiller Ti-Pou sur cette corniche-prison (les caméras ne permettent pas de voir la totalité de ces corniches) mais elle l'a plutôt trouvé sans vie au pied de la tour. Le cadavre de Ti-Pou a été acheminé à la Clinique des oiseaux de proie pour une nécropsie dont le résultat n'est pas connu au moment de publier cet article.
 
Voici l'annonce de la chute de Ti-Pou par Faucons de l'UdeM publiée à 7h10, l'annonce du décès publiée à 12h03 et des questions/réponses publiées à 15h21.
 

Un bruit mystérieux

Dans la vidéo captée par la caméra 3 de Faucons de l'UdeM (voici un enregistrement de la séquence) on voit Ti-Pou disparaitre après des exercices de battement d'aile puis presque immédiatement on entend un bruit bref. Le bref délai entre la chute et le bruit suggère de façon naturelle que ce bruit est causé par Ti-Pou heurtant une des corniches-prison. Mais il y a quelques éléments à considérer:
  • Les corniches-prison sont séparés du micro par le béton de la tour: ce béton ne devrait-il pas rendre le choc inaudible ? Pas nécessairement si on tient compte que le son se propage via une onde sphérique et non en ligne droite. On peut cependant se demander si le béton ne réduit pas l'intensité sonore captée par le micro.
  • Dans le système utilisé par Faucons de l'UdeM, les images et le son sont enregistrés par 2 capteurs différents puis combinés ensemble. Mais synchroniser parfaitement le son et l'image n'est pas une tâche facile et une désynchronisation a été observée à plusieurs reprises (typiquement on entend un faucon crier mais à l'image il a le bec fermé...). On ne peut donc pas se fier à l'intervalle de temps entre le moment où Ti-Pou disparait et le moment où on entend le bruit).
  • Le micro utilisé a été installé cette année, il n'y a donc pas de comparaison possible avec les descentes sur les corniches-prison des années antérieures.

Le fait qu'on ne peut pas nécessairement se fier au délai entre le moment où Ti-Pou disparait de l'image et le moment où on entend le bruit amène à se demander si le bruit ne pourrait pas correspondre plutôt au choc avec le 10ième étage. Si on néglige la résistance de l'air, il existe une relation très simple entre le temps de chute et la hauteur de la chute. J'ai estimé la hauteur de la chute à 37 mètres (pour arriver à ce chiffre, j'ai utilisé 53 mètres comme hauteur de la tour mesurée depuis le sommet du pavillon Roger Gaudry en me basant sur cette source qui fait apparemment référence à une page de l'Université de Montréal dont le lien est malheureusement brisé; d'autres sources indiquent une hauteur totale d'environ 80 mètres, un chiffre qui semble cohérent avec le 53 mètres si on ajoute la hauteur du pavillon Roger-Gaudry; finalement un calcul de proportion sur le plan de la tour conduit au résultat). Avec une hauteur de 37 mètres, le temps de chute libre est de 2,75 secondes. Ce temps pourrait être plus grand si le fauconneau a pu se maintenir horizontalement avec ses ailes ouvertes puisque la résistance de l'air ne pourrait alors plus être négligée. Il serait intéressant de savoir si le système de Faucons de l'UdeM a déjà expérimenté un décalage de plus de 3 secondes entre le son et l'image. Une autre question est si le micro pourrait capter des sons provenant d'aussi loin: il semble que la réponse à cette question soit positive puisque d'après Eve Belisle le micro a déjà capté des conversations qui semblaient provenir du sol.

Un quasi-accident en 2013

En 2013 j'ai été témoin d'une chute d'un fauconneau à peu près à l'endroit où Ti-Pou a disparu de la corniche (c'était en réalité sur une autre façade mais la géométrie est la même). Le fauconneau se trouvait sur la corniche-prison supérieure depuis quelque temps et tentait de rejoindre l'étage du nid. Malheureusement, alors qu'il avait presque réussi, il est entré en collision avec un de ses frères qui observait de trop près ses efforts, ce qui a provoqué sa chute (cette collision est montrée par cette vidéo). Le fauconneau est tombé dans une sorte d'étroit couloir vertical ouvert sur seulement un côté (marqué en jaune sur la photo ci-dessous, l'étoile bleue désignant la position approximative de Ti-Pou au moment où il disparait de l'image). 
Cet accident nécessitait beaucoup de sang-froid de la part du fauconneau - et peut-être de chance - pour s'orienter dans l'unique direction dans laquelle il pouvait voler. Le fauconneau a chuté verticalement sur environ 2/3 de la hauteur avant de trouver la sortie et de filer vers la tour verte où je l'ai ensuite retrouvé. Si Ti-Pou était tombé dans cet étroit couloir vertical, il aurait pu avoir moins de succès que son congénère 10 ans plus tôt, et son décès dans ce cas n'aurait peut-être même pas été lié à son problème de plumes. J'ai demandé à Huguette Lenoir si par hasard c'est au pied de ce couloir qu'elle l'avait trouvé.  Elle était trop sous le choc au moment de sa découverte pour avoir enregistré précisément sa position mais elle est en mesure de dire qu'elle l'a trouvé loin des murs, ce qui exclut qu'il ait été trouvé en bas du couloir. Ceci n'exclut pas totalement que ce couloir ait joué un rôle: s'il a trouvé la sortie au dernier moment, il aurait pu ne pas être capable de redresser suffisamment sa trajectoire et heurter le 10ième étage plus loin, avec un angle.  
 

Qu'est-il arrivé à Ti-Pou ? 

Compte tenu de son problème de plume, il aurait été très étonnant que Ti-Pou ne se retrouve pas au sol à la suite de son premier vol. Mais se retrouver au sol est une étape habituelle pour un fauconneau qui ne sait pas encore voler et personne je crois n'avait anticipé qu'il se tuerait. Alors qu'est-il arrivé ? Plusieurs possibilités:
  • La portance de ses ailes était finalement trop faible pour amortir sa descente.
  • Perte de conscience consécutive à un choc avec une des corniches-prison.
  • Chute dans le couloir vertical avec impossibilité de s'orienter suffisamment rapidement.  

Il est regrettable que le résultat de la nécropsie ne soit toujours pas connu mais je doute qu'on en apprenne beaucoup sur la cause de la mort. J'ai pu voir une photo de Ti-Pou prise peu après sa découverte et il semblait normal, couché sur le ventre.

En bref:

  • Cause possible du bruit: collision de Ti-Pou avec une des corniches-prison, collision avec le 10ième étage ou bien bruit sans rapport avec l'accident.
  • Les scénarios: a) chute directe au 10ème étage, b) chute au 10ième étage après un contact avec une des corniches-prison, c) descente contrôlée sur une corniche-prison suivie un peu plus tard par une chute au 10ième étage (généralement un fauconneau qui arrive sur une corniche-prison y reste pendant un certain temps, parfois plusieurs jours, ce scénario d'un départ très rapide de Ti-Pou de la corniche-prison apparait donc comme peu probable). Une variante de ces scénarios est qu'il soit tombé dans le couloir vertical.   
  • Comparé aux autres fauconneaux d'Eve à l'Université de Montréal, Ti-Pou a quitté la corniche du nichoir un peu plus tôt qu'habituellement, soit 36 jours et 22h45 après la première éclosion. Les autres chiffres sont 39 jours et 4h35 en 2018, 35 jours et 8h05 en 2019 (probablement une chute accidentelle parce que ce fauconneau n'a volé que 5 jours plus tard; le 2ième fauconneau est descendu à 36 jours et 6h et a volé le lendemain), 38 jours et 7h41 en 2020, et 37 jours et 18h45 en 2022. Ce délai plus court combiné à son problème de croissance des plumes pourrait suggérer que sa descente n'était pas volontaire.


Différents problèmes de santé: plusieurs causes ou une cause unique?

Rappelons les différentes anomalies observées durant cette nidification:
  • Incubation plus longue de 2 jours.
  • Non-éclosion de 2 œufs sur 4. Aucun signe d'embryon dans ces œufs.
  • Infestation de mouches suceuses de sang.
  • Anomalie de croissance des plumes.

Le prélèvement de sang par les mouches cause une anémie, avec des conséquences d'autant plus sévère que les fauconneaux sont tout petits et ne contiennent donc pas une grande quantité de sang. L'anémie peut avoir diverses conséquences, en particulier entrainer des problèmes de croissance. L'anomalie de croissance des plumes pourrait donc potentiellement être une conséquence de l'infestation de mouches.

Les mouches pourraient-elles aussi affecter le développement des fauconneaux dans l’œuf ? Il semble que oui mais indirectement. Dans leur article ''Ectoparasite Activity During Incubation Increases Microbial Growth on Avian Eggs'' paru en 2018 dans le journal Microbial Ecology, des chercheurs ont montré que les déjections des mouches sur des œufs d'étourneaux étaient propices au développement de toutes sortes de bactéries, bactéries qui peuvent entrer dans l’œuf (puisque l’œuf est poreux) et provoquer la mort de l'embryon. On peut imaginer que les bactéries pourraient aussi avoir un impact sur le développement de l'embryon sans nécessairement le tuer, ce qui pourrait avoir pour effet de retarder l'éclosion. 

Dans la mesure où aucun signe d'embryon n'a été décelé dans les œufs non éclos, il semble plus difficile d'attribuer cette anomalie à des bactéries (on pourrait bien sur imaginer qu'elles aient agi à un stade très précoce mais on se retrouverait alors face à 2 extrêmes: d'un côté 2 embryons tués très tôt et de l'autre 2 oisillons viables, ce qui serait étonnant). Une autre explication qui a été avancée pour expliquer les anomalies de cette nidification est l'âge de la femelle. Eve a été observée pour la première fois en 2014 et a donc probablement au moins 11 ans et peut-être bien plus. Il est intéressant de noter que les œufs pondus par Spirit lors de sa dernière nidification en 2017 - alors qu'elle était âgée de 13 ans - étaient tous infertiles, et que l'année précédente déjà 1 œuf sur 4 n'était pas fertile. Cependant le stress causé par ses confrontations avec Eve pourrait possiblement expliquer à la fois le désordre dans la ponte de Spirit en 2017 (seulement 2 œufs avec un écart inhabituellement long de 88h, suivi d'un 3ième œuf près d'un mois plus tard) et leur infertilité.

Bien entendu il n'y aucune raison de soupçonner uniquement la femelle: le mâle dont on ignore tout de l'age pourrait aussi avoir une responsabilité (on note en particulier que la nidification s'était mieux passée l'année précédente, avec un autre mâle).


Conclusion

L'Université de Montréal a pendant longtemps été épargnée par les drames qui affectaient les autres sites: mortalité de fauconneaux au nid (seulement 2 décès, tous en 2010 et  attribués au comportement perturbateur d'une jeune de l'année précédente) ou fauconneau qui se tue lors de ses premiers vols (aucun cas). Depuis 2020 les fauconneaux sont affectés, apparemment chaque année (il y a une incertitude pour 2021, année où ils ont niché à l'Oratoire Saint-Joseph) -  par des mouches suceuses de sang qui ont causé un premier décès en 2020 et un deuxième en 2023. L'intervention de 2020 pour traiter les fauconneaux survivants a été suivie l'année suivante d'un déménagement du couple à l'Oratoire Saint-Joseph. Par une chance inouïe, des travaux étaient planifiés en 2022 sur la façade de l'Oratoire Saint-Joseph où a eu lieu la nidification, travaux qui nécessitait l'enlèvement du nid de corbeau utilisé par les faucons pèlerins. Ces travaux ont en quelque sorte forcé le retour des faucons pèlerins à l'Université de Montréal en 2022.  Comment réagiront les faucons pèlerins en 2024 face à l'intervention de 2023 ? Il faudra attendre le printemps prochain pour connaitre la réponse mais on peut noter 2 différences avec 2020/2021: a) la possibilité pour les faucons de choisir entre 2 nichoirs sur la tour de l'Université de Montréal et b) le fait qu'aucun fauconneau n'a été retiré du nid en 2023 par les humains, ce que les faucons pèlerins pourraient interpréter comme une défense réussie du nid.

Si le couple de faucon pèlerin reniche sur la tour de l'Université de Montréal en 2024 on peut craindre malheureusement que les mouches seront elles aussi de nouveau présentes. Il faudra alors se questionner sur la pertinence d'intervenir à nouveau au nid. On peut comprendre facilement qu'on secoure un oiseau qui s'est blessé en frappant une vitre ou un câble parce que l'humain a sa part de responsabilité. On peut comprendre aussi qu'on secoure un juvénile trouvé au sol blessé après son premier vol. Mais intervenir de façon récurrente au nid alors que les 2 adultes s'occupent au mieux de leurs petits me parait moins facilement défendable, compte tenu du stress important pour les parents que cela implique. Surtout que les actions qui ont été posées (enlèvement mécanique des mouches et nourrissage) auraient essentiellement pu être faites par les faucons adultes. À condition que ceux-ci comprennent que les mouches sont le problème. Or à chaque fois qu'un fauconneau est mort à cause des mouches, un prédateur 1000 fois plus grand (une mouche carnus mesure environ 1,5mm) a fait irruption au nichoir. On pourrait comprendre que les faucons peinent à comprendre que ce sont les mouches qui posent problème!

vendredi 10 juin 2022

Naissance de 3 jeunes faucons pèlerins sur la tour de l'Université de Montréal

Du 25 au 27 mai 3 fauconneaux sont nés dans un des nichoirs installés sur la tour de l'Université de Montréal. Un 4ième fauconneau est décédé durant le processus d'éclosion. Les 4 œufs avaient été pondus entre le 16 et le 23 avril.

2 juin 10h30 (crédit: fauconsudem.com)

Remerciements et sources
Cet article est basé entièrement sur les images diffusées par les caméras de Faucons de l'UdeM (fauconsudem.com), mes remerciements vont donc d'abord à Eve Belisle pour avoir fait installer le nichoir en 2008 et pour maintenir au fil des ans le système de caméras. Merci également aux opératrices et opérateurs de la caméra du nichoir (par ordre alphabétique): Eve Belisle, Paul Brunelle, Élise Deshaies et Richard Dupuis. En plus de la diffusion en direct (pour la caméra du nichoir), les images des caméras sont disponibles sous les formes suivantes:

Merci à tous ceux/celles qui ont produit ces publications.


Signes avant-coureurs d'éclosion

En fin de matinée le 23 mai Faucons de l'UdeM indique dans sa publication Facebook que ''des observateurs aguerris ont décelé ce qui est possiblement le début d'une petite cassure sur un des œufs''. La publication explique le processus d'éclosion qui peut prendre jusqu'à 72 heures à partir de la première brèche dans la coquille (''pip'').
 
À 7h44 le 25 mai Faucons de l'UdeM publie une vidéo montrant que le processus d'éclosion est amorcé sur au moins 2 œufs. De plus on entend des piaillements de fauconneau.
 
 

Nuit du 25 au 26 mai: naissance de 2 fauconneaux

Le 26 mai à 7h36 Faucons de l'UdeM annonce sur Facebook que 2 fauconneaux sont nés durant la nuit, vidéo à l'appui. 

Les 2 fauconneaux ont reçu leur premier repas à 8h15 comme le montre cette vidéo Youtube de Faucons de l'UdeM partagée sur Facebook. La proie est apportée par Miro (le mâle). Eve (la femelle) en prend possession et nourrit patiemment ses 2 petits. Des signes d'éclosion sont visibles sur les 2 œufs restants.
 
Premier repas des 2 premiers fauconneaux (crédit: fauconsudem.com)
 

Soir du 27 mai: naissance d'un 3ième fauconneau

Le 3ième fauconneau est né peu après 20h le 27 mai. À 20h05mn57 sur cette vidéo publiée par Faucons de l'UdeM on voit Eve croquer une demi-coquille d’œuf. Puis une vingtaine de secondes plus tard on découvre le fauconneau encore tout humide. À 20h07mn48, Eve ramène le bébé sous ses plumes. Il faudra attendre le lendemain pour voir clairement le nouveau-né ainsi que ses frères et sœurs:
 
Nourrissage des 3 fauconneaux, 28 mai 6h29 (crédit: fauconsudem.com)

 

Échec de l'éclosion du 4ième œuf

Décès du fauconneau et comportement d'Eve

Le processus d'éclosion était amorcé sur le 4ième œuf mais malheureusement le fauconneau n'a pas réussi à compléter le processus. Il a été par la suite partiellement mangé par la femelle, qui s'est ensuite débarrassé des restes.

Dans l'après-midi du 28 mai, Eve Belisle écrit sur le chat de la caméra ''[...] pour le moment pas de mouvement alors ce n'est pas très positif [...]''. Le message est repris à 20h30 dans une publication Facebook. Dans cette publication, Faucons de l'UdeM avertit que l’œuf pourrait être mangé par les adultes.
 
Le sort de l’œuf n'a pas fait l'objet d'une publication en tant que tel sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM. Ce qui suit provient d'extraits du chat de la caméra et d'un commentaire de Faucons de l'UdeM sur Facebook:
  • Le 29 mai, quelqu'un écrit sur le chat de la caméra: ''j'ai jeté un coup d’œil plus tôt ce matin et j'avais l'impression qu'Eve était en train de manger le 4ième œuf. Je me trompe ?''. Une des modératrices (H. Lenoir) confirme. Eve Belisle ajoute que c'est souhaitable puisque ça évitera d'attirer les mouches.
  • Le 1er juin, quelqu'un écrit sur le chat de la caméra avoir vu Eve manger le cadavre. H. Lenoir écrit ensuite: ''Eve a mangé et s'est débarrassé de l’œuf entre 15h30 et 16h hier'' (l'intervalle de temps est légèrement incorrect: les archives photo contiennent une photo datée du 31 mai, 16h13 et montrant Eve avec l’œuf, suivie de 2 photos de paysage qui suggèrent qu'il y a eu un envol) . Faucons de l'UdeM a confirmé le 4 juin en commentaire d'une publication Facebook : ''[...] Eve a mangé l'intérieur et a évacué la coquille hors du nid''.
  • Lise Vaillancourt a publié sur Facebook 2 photos prises par la caméra le 31 mai montrant Eve en train de nettoyer l’œuf (une à 15h34, l'autre à 15h44). Les archives photos contiennent plusieurs autres photos montrant Eve en train de manger quelque chose provenant de l’œuf, à quelques centimètres d'un fauconneau vivant...
 

Un précédent à l'UdeM

Depuis que les caméras permettent de voir ce qui se passe dans le nichoir, il est arrivé à quelques reprises qu'un œuf n'éclose pas mais à ma connaissance c'est la première fois qu'un œuf est mangé après que l'éclosion ait commencé. Cela a été vu en revanche à d'autres sites (le comble de l'horreur était une femelle à Pittsburgh qui tuait volontairement une partie de ses fauconneaux lors de l'éclosion et qui en nourrissait les autres fauconneaux... Heureusement ce comportement extrême est tout à fait exceptionnel, voir par exemple cette publication).
 
En 2009 et en 2013, aucune caméra n'était présente. Respectivement 2 et 3 fauconneaux ont fini par être visibles depuis le sol ces 2 années-là. On ignore combien d’œufs ont été pondus et donc si l'un d'eux a pu être mangé.

En 2010 un des 4 œufs n'a pas éclos. D'après un commentaire d'Eve Belisle dans cet article de son blogue l’œuf a été accidentellement brisé le 18 mai par Spirit qui l'a par la suite mangé. L’œuf ne contenait pas de poussin, seulement du jaune.
 
En 2015 un des 4 œufs n'a pas éclos. L’œuf a été oublié au moment du baguage le 15 juin puisque ce n'est qu'en novembre au moment du nettoyage du nichoir qu'il est constaté que l’œuf est troué et contient manifestement un fauconneau qui n'a pas réussi à sortir de sa coquille. 2 remarques: le fauconneau n'a pas été mangé; et il s'est passé à mon avis trop de temps pour être certain que les trous dans la coquille ont été faits par le fauconneau.
 
Aucun œuf n'a éclos en 2016 et 2017 en raison d'importantes perturbations dues à des guerres territoriales entre faucons pèlerins. Les œufs ont été retirés à la fin de la saison par Eve Belisle puis examinés à la Clinique des oiseaux de proie.  Voici le résultat pour 2016 (merci à Eve Belisle pour avoir attiré mon attention sur cette publication). En 2017 aucun des œufs n'était fertile (soit Spirit était trop vieille, soit le stress du aux attaques d'Eve qui avaient sans doute déjà commencé hors caméra en est la cause).

En 2018, 2019 et 2020 sous le règne d'Eve tous les œufs ont éclos. Cependant il s'en est fallu de peu pour que le dernier fauconneau de 2020 n'arrive pas à sortir de sa coquille, voir cet article (le petit miraculé n'a malheureusement pas résisté aux attaques des mouches et est décédé quelques jours plus tard, voir cet article).  En 2021 Eve a niché à l'Oratoire Saint-Joseph et on ignore donc le nombre d’œufs pondus. Cependant le petit nombre de fauconneaux (2) cette année-là rend tout à fait possible qu'un ou plusieurs œufs n'ont pas éclos et/ou qu'un ou plusieurs fauconneaux sont morts durant les premiers jours. Si Eve niche de nouveau sous les caméras en 2023 il sera donc intéressant de voir si tous ses œufs éclosent.
 

 

Autres informations

Traitement médiatique

Contrairement à d'autres années, les naissances des jeunes faucons pèlerins sur la tour de l'Université de Montréal ne semblent avoir été rapportées par aucun média.  Possiblement parce que l'Université de Montréal elle-même n'a pas partagé la nouvelle: d'après l'outil de recherche de UdeMNouvelles la dernière publication concernant les faucons pèlerins date du 26 avril 2022 (incidemment cette publication vaut le détour: il s'agit d'un enregistrement d'une description des faucons pèlerins de l'Université de Montréal à la radio Française); par ailleurs un examen rapide de la page Facebook et du compte Twitter de l'université pour la période du 25 mai au 4 juin ne donne aucun résultat.
 

Publications Facebook et Youtube

Voici la liste complète des publications de la page Facebook de Faucons de l'UdeM  pour la période du 23 mai au 4 juin:

Publications de Faucons de l'UdeM:
  • 23 mai, 11h23: mentionne que des ''observateurs aguerris ont décelé ce qui est possiblement le début d'une petite cassure sur un des œufs'' et explique le processus de l'éclosion.
  • 25 mai, 7h44: vidéo montrant un œuf avec un gros trou et une craquelure sur un 2ième œuf. De plus depuis la veille on entend un fauconneau piailler de plus en plus fort.
  • 26 mai, 7h36: vidéo montrant 2 fauconneaux qui sont nés durant la nuit.
  • 26 mai, 8h57: vidéo du premier repas, les autres œufs montrent des signes d'éclosion.
  • 27 mai, 6h32 : partage d'une publication de l'UQROP sur un article paru dans La Presse sur les grimpeurs et les faucons.
  • 27 mai, 13h26: photo ''Petite pattes roses sur celle de maman...''.
  • 27 mai, 23h11: vidéo montrant le 3ième fauconneau quelques instants après sa naissance vers 20h. 
  • 28 mai, 20h30:  quelques photos de la journée et absence de progrès pour le 4ième œuf.
  • 29 mai, 19h45: vidéo d'un repas. 
  • 30 mai, 11h16: changement de la photo de couverture. 
  • 31 mai, 18h51: vidéo montrant Miro qui nourrit les fauconneaux pour la première fois. 
  • 4 juin, 9h46: 2 photos; la veille les fauconneaux ont reçu 10 repas, ce qui constitue un nouveau record.

Section Communauté
  • 23 mai, 10h06 par Lise Vaillancourt.
  • 23 mai, 13h11 par Lise Vaillancourt.
  • 25 mai, 4h58 par Lise Vaillancourt: mentionne les cris d'un fauconneau
  • 25 mai, 6h10 par Lise Vaillancourt.
  • 25 mai, 7h10 par Lise Vaillancourt ''Un petit trou dans l’œuf et un 2ième œuf fissuré''.
  • 25 mai, 10h14 par Lise Vaillancourt.
  • 25 mai, 11h28 par Lise Vaillancourt ''On voit le petit bec du fauconneau pousser la coquille à un moment''.
  • 25 mai, 13h30 par Lise Vaillancourt.
  • 25 mai 13h51 par Lise Vaillancourt ''on voit maintenant le bec, le duvet et la patte à gauche''. 
  • 25 mai, 16h34 par Lise Vaillancourt.
  • 25 mai, 16h46 par Lise Vaillancourt.
  • 27 mai, 15h22 par Lise Vaillancourt ''Nourrissage d'après-midi des deux nés. Les 2 autres œufs sont en progression''.
  • 27 mai, 15h27 par Lise Vaillancourt ''Le beau Miro tout trempé qui couve pour la première fois''.
  • 27 mai, 16h16 par Lise Vaillancourt.
  • 28 mai, 0h33 par Lise Vaillancourt ''Naissance d'un 3ième fauconneau''.
  • 28 mai, 9h40 par Lise Vaillancourt ''Deuxième [repas] de la journée mais première bouchée au troisième fauconneau né hier soir''.
  • 28 mai, 10h03 par Lise Vaillancourt ''Miro arrive pour surveiller les petits''.
  • 28 mai, 10h08 par Lise Vaillancourt.
  • 28 mai, 10h17 par Lise Vaillancourt.
  • 29 mai, 10h46 par Lise Vaillancourt ''Photo de famille''. 
  • 29 mai, 11h54 par Lise Vaillancourt ''Miro s'évente les ailes sur le dessus du nichoir 2''.
  • 29 mai, 13h30 par Lise Vaillancourt Photos de 4 repas.
  • 31 mai, 14h01 par Lise Vaillancourt ''Série coquasse''.
  • 31 mai, 15h56 par Lise Vaillancourt ''Ève nettoie une partie de l’œuf qui restait au nid''.
  • 31 mai, 17h42 par Lise Vaillancourt ''Premier repas que papa donne''. 
  • 4 juin, 9h58 par Lise Vaillancourt.

Et voici les liens vers les vidéos Youtube publiées par Faucons de l'UdeM pour la même période:

 

Précédentes naissances dans le secteur de l'Université de Montréal 

À titre de comparaison, voici les liens vers les articles sur les naissances à l'Université de Montréal depuis la création de ce blogue: 2014 - 2015 - 2018 - 2019 - 2020 - 2021 (à l'Oratoire Saint-Joseph). En 2014 et 2015 la femelle était Spirit; il n'y a pas eu de naissance en 2016 et 2017 en raison de batailles territoriales; et la femelle est Eve depuis 2018.