Contre toute attente un couple de faucon pèlerin a niché sur la tour de la Bourse ce printemps malgré les travaux extérieurs en hauteur qui se déroulaient à 3 des 4 coins de l'édifice. Certes les faucons pèlerins nichaient sur cet édifice depuis plusieurs décennies grâce à des boites de nidification installées à leur intention sur certains des étages techniques mais ces boites de nidifications avaient été retirées à l'automne 2021, des filets avaient été installés pour leur bloquer l'accès à ces étages et aucun signe de nidification n'avait été observé sur l'édifice en 2022 et en 2023. Ma ''surveillance'' de cette nidification (je mets ''surveillance'' entre guillemet puisqu'il n'a jamais été dans mes intentions de faire une surveillance intensive d'un site en particulier) s'est faite avec la conviction que le nid était surveillé par des biologistes, d'abord par ceux d'Environnement Faucon qui était présent sur l'édifice les années précédentes puis possiblement par des biologistes du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs après mon signalement d'un nid probable. Ma compréhension après coup est que le nid n'était probablement pas activement surveillé (i.e., par des biologistes sur place), du moins par les biologistes des organisations juste mentionnées, jusqu'à mon signalement d'un dérangement le 19 juin. Ma surveillance aurait probablement été plus grande sans cette conviction; ceci dit j'assume l'entière responsabilité de ce malentendu.
Cet article couvre la nidification des faucons pèlerins à la Tour de la Bourse jusqu'au début de l'envol des 3 fauconneaux (les premiers vols feront l'objet d'un article à part). Il est basé en partie sur l'article ''Une tour et ses faucons'' publié le 28 juin 2024 sur le site du Comité de bon voisinage: cet article, qui sera référencé par la suite comme étant l'article [1], détaille en particulier les mesures prises pour protéger le nid en concertation avec l'entreprise Environnement Faucon et le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Faucon pèlerin surveillant son nid depuis le mat Est, 29 mai 12h36
L'article est organisé de la façon suivante. La première section adopte une approche chronologique: rapide rappel de l'histoire de la tour de la Bourse en matière de faucon pèlerin, début des travaux en hauteur actuels, première observation des faucons pèlerins sur la tour de la Bourse en 2024, accouplement, indices de l'existence d'un nid puis de la présence de fauconneaux, et pour finir le dérangement du 19 juin qui a apparemment provoqué l'envol d'un fauconneau. Les sections subséquentes traitent de points spécifiques. La section 2 traite de la surprenante apparente bonne cohabitation avec les travaux en cours (avec l'exception du 19 juin), en particulier l'absence de comportements agressifs ou d'alarme du couple de faucon qui détonne avec les observations passées. La 3ième section traite du nombre de fauconneaux, plusieurs vidéos montrant 3 fauconneaux y sont présentées. La section 4 aborde la question de comment les faucons ont pu nicher malgré les mesures mises en place pour les dissuader. Finalement la section 5 tente d'estimer les dates de ponte et d'éclosion.
Depuis le milieu des années 1980 jusqu'en 2021 un couple de faucon pèlerin a niché quasiment à chaque année sur l'un des étages techniques de la tour de la Bourse grâce à une boite de nidification installée à leur intention. Une boite de nidification pour faucon pèlerin est essentiellement une caisse remplie de petits cailloux dans laquelle ils peuvent creuser une cuvette où pondre leurs œufs.
À la mi-juin 2022 des travaux extérieurs d'envergure ont débuté sur la tour de la Bourse. D'après le site du Comité de bon voisinage il s'agit du ''remplacement des panneaux de béton qui recouvrent les colonnes d'angle du bâtiment''. D'après la même source, ces travaux devraient normalement s'achever à la fin de l'été 2027 mais l'échéancier est susceptible d'évoluer (source consultée le 28 septembre 2024). En prévision de ces travaux, les boites de nidification ont été retirées à l'automne 2021 (d'après Environnement Faucon) et des toiles visant à interdire l'accès des faucons à la partie des étages techniques où ils avaient l'habitude de nicher ont été installées (d'après l'article [1]).
1.2. Février / mars 2024: visite d'un couple de faucon pèlerin sur la tour de la Bourse et accouplement
Le 10 février à 11h49 j'observe un faucon pèlerin perché sur le nichoir de l'édifice de la Banque Royale (360 Saint-Jacques):
Ce nichoir, situé à environ 300 mètres de la tour de la Bourse, semble une alternative logique pour les faucons pèlerins lorsqu'il y a des travaux sur la tour de la Bourse, d'autant que les faucons pèlerins ont déjà alterné dans le passé entre ces 2 édifices (je proposerai dans un autre article des tentatives d'explication de pourquoi les faucons pèlerins semblent hésiter à adopter ce nichoir). Les faucons pèlerins sont régulièrement observés sur cet édifice (qui a notamment servi de poste de surveillance pour la nidification 2024 à la tour de la Bourse) mais ma dernière observation d'un faucon pèlerin à ce nichoir remontait au printemps 2021.
Le faucon s'envole du nichoir à 11h58, rejoint un autre faucon en vol et les 2 se perchent sur la tour de la Bourse pas très loin de l'endroit où se trouvait une boite de nidification.
2 faucons pèlerins sur la tour de la Bourse, 10 février 11h59
À midi, un des faucons s'est avancé sur l'étage et a cessé d'être visible pendant que l'autre s'envolait et allait se percher au sommet de l'édifice du 360 Saint-Jacques. À 13h les 2 faucons ont mangé sur la corniche située juste en-dessous du nichoir du 360 Saint-Jacques.
Cette observation du 10 février était ma première de l'année d'un faucon pèlerin sur la tour de la Bourse. Sylvain Cusson avait photographié un faucon pèlerin sur le 360 Saint-Jacques les 7 et 8 février, ce qui a possiblement motivé ma surveillance du 360 Saint-Jacques le 10 février.
Je revois un faucon pèlerin sur la tour de la Bourse les 9 et 11 mars. Puis le 14 mars à 17h16 je filme un accouplement sur le mat Est du chantier de la tour de la Bourse:
La dernière fois que j'avais observé un accouplement dans le secteur de la tour de la Bourse, c'était en 2019 (à noter qu'en 2020 et 2021 je n'ai pas fait de visites dans ce secteur durant la période des accouplements en raison de la Covid-19).
1.3 Observation de signes de nidification et signalement aux personnes responsables
Le 21 avril j'ai essentiellement exclu la possibilité d'une nidification dans le nichoir du 360 Saint-Jacques après avoir échoué à observer un relai en fin de journée et noté que la fenêtre la plus proche du nichoir était éclairée. À peu près au même moment, le 23 avril, Tom Gillen produisait un rapport eBird pour un faucon pèlerin pour le secteur de la Basilique Notre-Dame de Montréal dans lequel il écrivait ''Calling and on top of nearby building. Nesting?''. J'avais moi-même observé à plusieurs reprises dans le passé un faucon pèlerin à l'étage technique du palais de justice et cet endroit figurait donc dans ma liste des endroits possibles pour un nid. Le 1er mai en fin de journée, suite à d'autres observations de Sylvain Cusson, j'ai décidé de surveiller depuis l'intersection des rues McGill et Notre-Dame un faucon pèlerin perché au sommet du 360 Saint-Jacques. À 19h42 il s'est envolé vers la tour de la Bourse, une direction intéressante parce que ce n'était pas la direction habituelle à ce moment de la journée. S'il y avait une nidification, il y avait des chances que le faucon était la femelle et qu'elle s'était dirigée vers son nid pour y remplacer le mâle pour la nuit. Pensant que l'hypothétique nid pourrait être situé sur un toit de la résidence universitaire EVO qui est voisine de la tour de la Bourse (puisque dans mon esprit ce ne pouvait pas être sur la tour de la Bourse elle-même), je me suis posté le matin du 3 mai au pied de la tour de la Bourse entre le 360 Saint-Jacques et l'édifice EVO, donc sur le chemin que le faucon devrait logiquement emprunter. Le faucon qui était perché sur le 360 Saint-Jacques s'est envolé à 8h18 dans ma direction mais à ma grande surprise il s'est perché au-dessus de moi, sur la tour de la Bourse! De plus un 2ième faucon, possiblement parti de la tour de la Bourse, est allé se percher sur le 360 Saint-Jacques, ce qui suggérait un relai. Pour en avoir le cœur net, je suis revenu l'après-midi pour effectuer une vidéo-surveillance de l'étage où le faucon s'était rendu et en effet j'ai pu documenter un relai. Plus intéressant, le 6 mai je documente un relai pendant que les travaux sont en cours. J'ai partagé ces observations dans cette publication Facebook du 10 mai.
Pensant que les biologistes d'Environnement Faucon étaient présentes sur place, je leur ai communiqué au fur et à mesure mes observations (d'abord les relais puis l'apport de nourriture). Dans leur réponse datée du 13 mai, elles m'indiquent simplement qu'elles vont partager les informations avec les responsables de la gestion de l'édifice. Si Environnement Faucon était sous contrat avec les gestionnaires de l'édifice, il est évident qu'elles communiqueront avec eux mais il serait compréhensible qu'elles ne pouvaient pas m'en dire plus, étant donné le caractère sensible de la situation. Le 17 mai je les informe de mon intention d'alerter d'autres acteurs si je parvenais à documenter un apport de proie et que je n'obtenais pas d'assurance de leur part que le nid était protégé. Le 19 mai, comme indiqué plus haut, je parvenais à documenter un apport de proie. Le 21 mai je publiais un article de blogue titré ''Très probablement un nid de faucon pèlerin sur la tour de la Bourse malgré les travaux!'' qui rassemblait mes observations, avec copie à Nathalie Tessier, biologiste au Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs; au programme de Suivi des populations d’oiseaux en péril du Québec (SOS-POP) de Québec Oiseaux; et au groupe Petra, propriétaire de la tour de la Bourse. Je suis maintenant convaincu qu'Environnement Faucon n'était pas présent sur l'édifice durant cette période.
1.4. 31 mai: longue alerte des adultes et première observation d'un fauconneau
À partir du 22 mai des travaux étaient en cours au coin Est de l'édifice mais étrangement les faucons ne semblaient montrer aucun signe évident d'irritation (pas d'alarme ni de vols rapides dirigés contre les travailleurs). Comme j'avais signalé aux autorités compétentes le nid ainsi que la présence de travailleurs à proximité, j'ai supposé que des biologistes veillaient à ce que tout se passe bien et par conséquent j'ai diminué ma surveillance durant les périodes où les biologistes étaient logiquement présent(e)s.
Le vendredi 31 mai était cependant une journée où j'ai observé pendant les heures de travail. Vers 9h30 les adultes ont commencé à alarmer et à faire des passages rapides. La menace semblait venir de l'étage du nid, au seul coin où il n'y avait aucun travail de réfection des colonnes, c'est-à-dire le coin Sud. Un faucon a passé un long moment à apparemment surveiller ce qui se passait sur cette partie de l'étage depuis l'extrémité gauche du tiers gauche de la façade Saint-Jacques, pendant que les cris d'alarme étaient entendus par intermittence. Ce faucon a quitté à 9h57 et ce départ semblait marquer la fin de l'alerte (vidéo). Sur le coup j'ai pensé que les biologistes avaient décidé de retirer les fauconneaux de l'édifice en raison des travaux; puis après avoir revu les fauconneaux sur l'étage j'ai pensé qu'ils avaient été bagués mais les photos prises par la suite n'ont montré aucune bague.
En fin de journée un adulte a de nouveau passé plus de 1 heure complètement à gauche de la façade, de 17h55 à 19h09: je ne me souviens pas les avoir revus à cet endroit par la suite. À 19h23 il y a eu un nourrissage dans la moitié droite de la façade qui a permis de voir pour la première fois un fauconneau (le fauconneau est le mieux visible à la fin de la vidéo):
Les 12, 15 et 19 juin je parviendrai à compter 3 fauconneaux, voir plus bas la section ''Combien de fauconneaux''.
1.5. 19 juin: dérangement par le passage d'une cabine et possible envol d'un fauconneau
Dans le passé, des fauconneaux s'étaient envolés de la tour de la Bourse un 19 juin. De plus une canicule rendait peu agréable les visites de fin de journée. Pour ces 2 raisons j'ai décidé de faire ce jour-là une visite tôt le matin. J'ai commencé à observer à 6h24.
Vers 6h42 j'observe 2 fauconneaux dans le tiers gauche de la façade Saint-Jacques, loin du mat Est où passe la cabine des travailleurs. Mais les fauconneaux se déplacent progressivement vers la droite et à 6h57 3 fauconneaux sont visibles tout près du mat Est. Les premiers cris d'alarme des adultes sont entendus à 7h31. À 7h36 je remarque un travailleur entrant dans la cabine en bas du mat Est: manifestement les travailleurs se préparent à monter au chantier en haut du coin Est de la tour. Les faucons ont possiblement remarqué ces préparatifs avant moi et ils avaient suffisamment observé les va-et-vient de la cabine pour savoir que cela impliquait probablement un prochain passage de la cabine près des fauconneaux mais le lien entre le début des préparatifs et le début de l'alarme reste spéculatif. J'ai commencé à filmer à 7h40. J'ai noté des cris d'alarme jusqu'à 7h58 au moins. Voici la vidéo que j'ai publié l'après-midi même (partage Facebook).
La cabine est passée à la hauteur des fauconneaux à 7h51 et a disparu du champ de la caméra à 7h53, poursuivant sa route vers le haut. Vers 7h55 un faucon pèlerin a volé plus bas que normalement et a tenté de se poser sans succès à une fenêtre de la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse, avant de finalement se percher sur le mat Est. Ce vol a coïncidé avec un accroissement de l'intensité des cris d'alarme perceptible dans la vidéo. J'ai arrêté de filmer à 7h57mn55 avec l'intention de le photographier mais il n'était plus visible sur le mat. À 7h57mn17 la surveillance vidéo a enregistré un vol qui pourrait être son départ. Ce vol est visible dans la vidéo à 17'39. Le faucon donne l'impression de voler verticalement vers le haut, ce qui est bien sur une illusion due à la perspective. Il est difficile d'être certain de sa trajectoire réelle mais il ne semble pas impossible qu'il était perché sur le mat plus bas et qu'il s'en éloignait à l'horizontale en direction approximativement de la verticale de la caméra.
Tôt le lendemain matin j'ai repéré un fauconneau sur un édifice voisin, juste en face du mat Est. L'explication la plus naturelle pour le faucon qui a tenté un atterrissage impossible sur la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse le matin du 19 juin est qu'il s'agissait d'un fauconneau, probablement celui observé le lendemain matin sur l'édifice Kocisko. Ce comportement est en effet typique d'un premier vol, le fauconneau n'étant pas encore capable d'apprécier correctement où il peut se poser et où il ne peut pas. Une des fonctions du cri d'alarme est d'avertir les prédateurs potentiels de rester loin, il serait donc logique que les cris d'alarme augmentent en intensité quand un fauconneau effectue son premier vol. L'absence de blanc sur le poitrail du faucon capté en vol par la caméra suggère que l'oiseau n'était pas un adulte mais il faut tenir compte de l'éclairage et des limites de la caméra. J'ai soumis à Eve Belisle de Faucons de l'UdeM une vidéo montrant le vol au ralenti et agrandi (en utilisant le zoom vidéo de VLC) pour lui demander son avis. Elle ne m'a pas répondu par rapport à la couleur mais plutôt par rapport à la silhouette, qui est d'après elle celle d'un fauconneau. Si c'était bien un fauconneau, il s'était vraisemblablement aventuré sur la façade Square Victoria et s'était retrouvé séparé du reste du groupe par le passage de la cabine. A cause des filets, le seul chemin possible pour rejoindre les autres était de passer quasiment sous la cabine. Il aurait plutôt choisi de s'envoler et aurait viré vers la façade Saint-Jacques où il aurait tenté de se poser mais comme il avait perdu de l'altitude l'atterrissage sur l'étage était impossible et il a du se rabattre sur le mat, qui heureusement offre de nombreux perchoirs. Un aspect étonnant est qu'il ne serait resté que peu de temps sur le mat, alors que généralement un fauconneau qui vient de faire son premier vol prend le temps de ''digérer'' cette nouvelle expérience et d'explorer son nouvel environnement. Une explication possible est que la cabine était encore en mouvement et que cela
induisait des vibrations sur le mat, rendant ce perchoir peu
accueillant. De 8h49 à 9h08 j'ai effectué une surveillance vidéo qui n'a permis de voir que 2 fauconneaux.
2 fauconneaux près du mat Est après le passage de la cabine, 19 juin 8h00
Les éléments ci-dessus pointent vers l'envol d'un fauconneau ce matin du 19 juin. Pour être complet, je mentionne maintenant une observation qui affaiblit légèrement l'hypothèse de l'envol d'un fauconneau: le 29 mai j'avais observé une autre tentative d'un faucon de se percher à un endroit impossible et ce ne pouvait alors pas être un fauconneau. D'après mes notes les travailleurs étaient actifs sur le mat Est et les faucons adultes bougeaient beaucoup avant l'incident qui s'est passé à 13h05, avec un très bref début de cri d'alarme sans explication à 11h44 et des cris d'alarme possiblement causés par des urubus à 12h20. J'ai immédiatement pensé à un faucon pèlerin intrus mais je n'ai pas vu de poursuite ni entendu les fortes protestations qui accompagnent généralement ce type d'intrusion. Moins de 2 minutes après l'incident, 2 faucons pèlerins tournaient dans le ciel, apparemment en harmonie.
Une certitude est que les fauconneaux ont commencé à voler le 19 ou le 20 juin: les premiers vols des fauconneaux feront l'objet d'un autre article.
2. Réactions des faucons aux passages d'une cabine sur les mats
2.1. Utilisation des mats comme perchoir
Les mats - particulièrement le mat Est - ont été beaucoup utilisé par les faucons pèlerins comme perchoir. C'est sur le mat Est qu'a été observé l'accouplement mentionné plus haut. Par la suite le mat Est a été beaucoup utilisé pour surveiller le nid, et probablement aussi les travailleurs.
La curiosité des faucons envers les activités des travailleurs est illustrée par cette observation du 6 mai: vers 7h45 un faucon pèlerin qui est probablement parti du sommet de l'édifice de la Banque Royale a volé en direction d'une cabine qui était en train de descendre sur le coin Nord et s'est perché brièvement sur le mat en-dessous de la cabine, c'est-à-dire essentiellement sur son chemin! Ce coin n'est pourtant pas situé sur la façade du nid.
2.2. Départ d'un adulte du nid provoqué par la descente d'une cabine ?
Jusqu'à la semaine du 20 mai je n'avais pas remarqué de présence de travailleurs sur le mat Est (à l'exception du 22 avril). Le vendredi 17 mai j'avais remarqué de l'activité au pied du mat Est qui semblait suggérer que des travaux commenceraient la semaine suivante. Le lundi 20 mai était férié (fête des Patriotes). Ma première visite de la semaine a eu lieu le matin du mercredi 22 mai: j'ai constaté qu'en effet des travaux étaient en cours en haut du mat Est. À 12h05 une cabine a entamé sa descente. Immédiatement un faucon s'est envolé de la partie de l'étage où semble être situé le nid. Un faucon est retourné à 12h10 au nid présumé après que la cabine soit passée sous l'étage du nid:
Avec un seul incident documenté il pourrait s'agir d'une coïncidence mais ce serait compréhensible qu'un faucon réagisse de cette façon à la perception d'un mouvement au-dessus de lui: face à ce qui pourrait être le début d'une attaque du haut des airs, sa meilleure défense est de prendre l'air aussi. Cet incident a eu lieu alors que les fauconneaux pouvaient être laissés seuls sans risque pour eux. Si des absences du nid avaient eu lieu pendant la couvaison des œufs ou alors que les fauconneaux étaient trop jeunes pour réguler leur température, dépendamment de la durée de l'absence il y aurait pu y avoir des conséquences. Il n'est pas clair cependant si l'adulte aurait réagi de la même façon. Aussi, à moins peut-être que la cabine s'arrête en cours de route, on peut penser que les absences de l'adulte n'auraient pas été assez longues pour entrainer des dommages. Il est possible aussi qu'après quelques jours le faucon se soit habitué et ait cessé de réagir instinctivement.
Le 31 mai j'ai également observé l'inverse: à 7h50 les 2 adultes ont fait un passage éclair près du nid alors qu'une cabine s’apprêtait à passer au niveau du nid..
2.3. Apparente absence d'agressivité des adultes vis-à-vis de la cabine ou des travailleurs
Ma plus grande surprise a été l'apparente absence d'agressivité des faucons pèlerins vis-à-vis des travailleurs qui circulaient le long du mat Est dans une cabine, souvent ouverte. Le couple de faucon pèlerin qui nichait sur la tour de la Bourse avait pourtant la réputation d'être très territorial et d'attaquer les humains qui s'aventuraient proche de leur nid, aux dires des biologistes qui avaient visité le site les années précédentes. Ce comportement territorial a été spectaculairement illustré par cette vidéo filmée en mars 2022 par des grutiers travaillant sur un chantier voisin de la tour de la Bourse et qui montre 2 faucons pèlerins attaquant à répétition un laveur de vitre. Or en 2024, quand un faucon était perché sur le mat et qu'une cabine approchait, le faucon s'envolait tranquillement plutôt que d'effectuer des passages rapides près de la cabine et d'alarmer. Quelques exemples d'interaction sont montrés dans la vidéo suivante, filmée le matin du 23 mai.
Une possibilité est que le mat n'était pas considéré suffisamment proche du nid pour justifier une attaque. Il est aussi possible que les faucons ont été davantage agressifs quand les cabines ont commencé à circuler sur le mat Est (vraisemblablement le 21 mai) puis que, constatant que ça ne servait à rien, ils se soient assagis. Mais cet apparent changement de caractère par rapport aux années précédentes pourrait aussi signaler un changement dans la composition du couple, plus spécialement un changement de femelle. Un changement dans la composition du couple expliquerait aussi la reprise de la nidification après quelques années de pause, le nouveau couple ayant découvert une nouvelle façon de nicher, sans aide des humains.
3. Combien de fauconneaux ?
J'ai pu en compter 3 sur la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse: les fauconneaux étaient donc au moins 3. Cependant, compte tenu de la difficulté à les observer depuis le sol (malgré la présence des filets qui empêchaient les faucons de s'aventurer à l'intérieur de l'étage, il suffisait qu'un faucon recule un petit peu pour qu'il cesse d'être visible) et que ces décomptes ont été faits alors que les fauconneaux étaient déjà très mobiles et pouvaient donc se trouver loin les uns des autres, je ne peux pas garantir qu'il n'y en avait pas un 4ième. Le chiffre de 3 fauconneaux est également mentionné par l'article [1] qui indique en outre que ''leur croissance [celle des fauconneaux] a été suivie depuis le début [...]'' mais il n'est pas clair si un décompte a pu être fait avec la quasi-certitude que tous les fauconneaux ont été considérés (par exemple avant qu'ils ne quittent le nid ou après mais avec une vue sur tous les endroits où ils pourraient être).
Après l'observation d'un premier fauconneau le 31 mai (voir plus haut), j'ai filmé la façade où se trouvait le nid les 12, 15, 16 et 19 juin. À 3 de ces 4 occasions, un examen attentif des vidéos montre 3 fauconneaux.
12 juin 2024. La vidéo ci-dessous semble montrer 3 fauconneaux ainsi qu'un adulte. Comme les 3 fauconneaux ne sont pas vus simultanément, il existe une faible possibilité qu'un fauconneau se soit déplacé et ait été compté 2 fois.
À 18h38 on voit un adulte s'affairer dans le 3ième intervalle du tiers milieu de l'étage du nid et après son départ 2 têtes de fauconneau apparaissent: on peut penser qu'il y a eu un nourrissage. L'adulte se déplace ensuite dans le dernier intervalle du tiers gauche. À 18h51 il retourne vers la droite et s'affaire dans le 1er intervalle du tiers milieu. Quelques secondes plus tard on distingue difficilement 2 fauconneaux s'approcher de l'adulte par la droite, probablement les 2 fauconneaux aperçus précédemment. Au moins un des fauconneaux semble être nourri. À 18h52mn42 un fauconneau devient brièvement visible dans le dernier intervalle du tiers gauche. Il est peu probable que ce fauconneau était un des 2 qui se sont approchés de l'adulte par la droite puisque si on regarde attentivement le début du 2ième segment de la vidéo on remarque de brefs mouvements dans le dernier intervalle du tiers gauche après le départ de l'adulte qui suggère qu'un fauconneau y était déjà présent. Un aspect un peu intrigant est que l'adulte semblait déjà manipuler de la nourriture dans le 1er intervalle du tiers milieu avant que les 2 fauconneaux s'approchent par la droite: soit l'adulte se nourrissait, soit il nourrissait déjà un fauconneau (qui pourrait être dans ce cas un 4ième), soit il se préparait à nourrir les 2 fauconneaux mais cela serait un peu étonnant compte tenu que ces fauconneaux semblent avoir été nourris moins de 15 minutes plus tôt.
15 juin 2024. Vers 19h je parviens à filmer 3 fauconneaux sur la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse, tantôt côte-à-côte, tantôt un peu plus distants. En particulier un des fauconneaux disparait de vue à 19h02 et la caméra le retrouve à 19h09 plus loin en train de battre des ailes (à moins que c'était un 4ième fauconneau).
16 juin 2024 : entre 16h35 et 17h07 je n'ai réussi à filmer que 2 fauconneaux.
19 juin 2024: peu avant la montée de la cabine sur le mat Est j'ai filmé à 6h57 3 fauconneaux complètement à droite de la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse. Ces fauconneaux sont visibles au début de la vidéo présentée dans la section Récit chronologique plus haut dans cet article. Puisque 1 fauconneau a été repéré le lendemain matin sur un édifice voisin, le 19 juin était la dernière occasion d'observer l'ensemble des fauconneaux sur la tour de la Bourse.
4. Comment les faucons ont-ils pu nicher ?
Les boites de nidification que les faucons pèlerins avaient l'habitude d'utiliser pour nicher ont été retirés à l'automne 2021 et des filets ont été installés. Comment les faucons ont-ils pu nicher malgré ces mesures ? Étrangement, vu du sol, je ne voyais pas de différence avec les années où les boites de nidification étaient présentes, ce qui suggère que les faucons ont niché à peu près au même endroit.
Rappelons que contrairement à de nombreuses autres espèces d'oiseau, les faucons pèlerins ne construisent pas leur nid avec des matériaux qu'ils transportent. À la place ils creusent une cuvette dans un matériel meuble comme de la terre ou des cailloux. La cuvette sert à éviter que les œufs ne s'éparpillent au moindre contact, on peut donc imaginer que les faucons pourraient nicher à un endroit où ils ne peuvent pas creuser de cuvette à condition que quelque chose empêche les œufs de rouler.
Une photo publiée par Environnement Faucon sur sa page Facebook en 2021 montre le tiers gauche de l'étage technique supérieur de la façade Saint-Jacques de la tour de la Bourse, avec une des boites de nidification (ainsi que 2 faucons pèlerins). D'après l'article [1], des filets ont été placés pour empêcher l'accès des faucons à l'intérieur de l'étage mais en laissant accessible une bande d'une quarantaine de centimètres. Si on regarde rapidement la photo, on a l'impression que cette partie de l'étage a la forme d'un triangle. Mais si on examine plus attentivement la photo, on constate que la pointe du triangle donne en fait sur un étroit couloir qui vraisemblablement continue dans le tiers milieu de la façade. On peut spéculer que c'est ce couloir qui correspond à la bande d'une quarantaine de centimètres dont il est question dans l'article [1], et que le filet a été installé assez logiquement dans la prolongation du mur du tiers milieu. Le nid serait situé dans cet étroit couloir d'après l'article [1], qui mentionne que cette nidification a surpris les spécialistes.
5. Estimation des dates de ponte et d'éclosion
En supposant que le 1er vol a eu lieu le 19 juin et en prenant une durée de 40 jours entre l'éclosion et l'envol, on peut estimer le moment des éclosions autour du 10 mai. Selon la même source, l'incubation dure en moyenne de 32 à 35 jours, ce qui placerait le début de l'incubation approximativement entre le 5 et 8 avril. L'incubation commence typiquement après la ponte de l'avant-dernier œuf, et chaque ponte est séparée de la suivante par un peu plus de 2 jours. En supposant qu'il y avait 3 œufs, la ponte aurait commencé entre le 3 et le 5 avril. Ces estimations sont basées sur plusieurs hypothèses et approximations, et sont donc à prendre avec prudence.
Pour rappel, c'est le 3 mai que j'ai documenté pour la première fois un relai suggérant qu'une incubation était en cours, et c'est le 19 mai que j'ai documenté ce qui semblait être un nourrissage.
Cet article a été publié le 3 février 2025 et daté du 7 septembre 2024 afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue. L'article utilise des informations obtenues après le 7 septembre 2024 mais ces informations étaient probablement toutes disponibles à cette date.
À partir de 2021, un nid de balbuzard pêcheur est observé par différentes personnes au sommet d'un pylône électrique près de l'écluse Saint-Lambert. La nidification a été un succès en 2022 (3 ou 4 jeunes) et en 2023 (au moins 3 jeunes). Cependant, quelque part durant le mois de mai 2024, le nid a cessé d'être visible et seuls des adultes ont été aperçus.
Cet article est organisé de la façon suivante. Dans la première section je partage les observations sur la disparition apparente du nid alors que la 2ième section examine les causes possibles de cette disparition. Finalement la 3ième section donne un historique du nid, avec notamment des vidéos prouvant la réussite de la nidification en 2022 et en 2023.
Remerciements: je n'aurais vraisemblablement jamais remarqué ce nid sans les indications de Sylvain Cusson et Marc-André Bahl: un grand merci donc à eux. Merci aussi à Sylvain pour ses réponses à mes questions lors de l'écriture de cet article ainsi que ses observations (en particulier celle de l'attaque du nid). Cet article mentionne aussi plusieurs listes de eBird: merci donc à tous ceux et celles qui partagent leurs observations sur cette plateforme, en particulier ici Raymond Belhumeur (que je remercie également pour sa rapide réponse à mes demandes de précision) et Samuel Denault.
1. Disparition du nid
Le 20 avril 2024 le nid est visible, avec des branches qui dépassent; un oiseau est à l'intérieur du nid et un 2ième individu, apparemment occupé à manger, se trouve un peu plus loin:
Lors de ma visite suivante le 30 mai je ne parviens plus à voir le nid. Pas plus que le 11 juin. Même a supposer que le nid est encore présent mais qu'il n'y a plus de branches qui dépassent, je n’aperçois aucun balbuzard à l'endroit où le nid se trouvait, ou à proximité sur le pylône.
Je ne suis pas le seul à avoir remarqué qu'il est arrivé quelque chose au nid. Raymond Belhumeur note dans sa liste eBird du 26 mai: ''La majorité des branches du nid ont disparu. Le vent serait-il la cause?
Il y a encore un individu au sommet du pylône''. Dans cette liste eBird Raymond Belhumeur mentionne aussi un transport de branches vers le nid, ce qui suggère qu'il y a eu des tentatives de réparation ou de reconstruction.
Par ailleurs les observations de Raymond Belhumeur précisent la période où le nid a été endommagé ou détruit puisque ses listes eBird des 4, 11 et 18 mai comportent, pour le balbuzard pêcheur, la mention: ''Indice de nidification et de comportement: ON Nid occupé (Confirmé)''. Le nid aurait donc subi des dommages entre le 18 et le 26 mai.
Les adultes ont continué à être observé par intermittence sur le pylône après la disparition du nid (observations de Sylvain les 8 et 9 juillet 2024).
2. Causes possibles
2.1. Évènement météorologique
Le nid a pu être endommagé par de fortes rafales de vent. Raymond Belhumeur m'a mentionné qu'en effet il y a eu de forts vents les jours précédents. Une consultation des données horaires de la station météorologique MONTREAL/ST-HUBERT située à l'aéroport de Saint-Hubert montre que la valeur maximale de la vitesse du vent était respectivement de 43km/h,. 41km/h et 35km/h les 22, 23 et 24 mai 2024 (à noter que la mesure ''vitesse du vent'' est définie comme une moyenne et non comme une vitesse enregistrée à un moment précis; des rafales plus fortes ont donc certainement eu lieu). De plus le 22 mai la vitesse de 43km/h est associée à un orage. Il est tout à fait possible que le nid ait été frappé par des orages générant des rafales bien supérieures à 43km/h.
2.2. Intervention humaine
Les nids sur les pylônes posent plusieurs problèmes aux gestionnaires des lignes électriques. En particulier la présence d'un nid peut significativement compliquer une intervention sur le pylône en cas de panne; or compte tenu de l'importance du réseau électrique, les réparations ne peuvent pas attendre. En raison de ces inconvénients, Hydro-Québec a à plusieurs reprises procédé à la destruction de nids (balbuzard, cormoran, grand-héron, corbeau, ...) sur ses installations. Ces destructions se font typiquement en dehors de la période de nidification, ce qui rend peu probable qu'Hydro-Québec ou ses sous-traitants aient une responsabilité dans ce cas précis. Détruire le nid à un moment où le couple est présent serait choquant et probablement illégal (sans autorisation spéciale du ministère chargé de la faune); de plus, compte tenu de la localisation de ce nid, les chances auraient été grandes que quelqu'un documente la destruction et mette à mal l'image de l'entreprise.
Références
Relocalisation par Hydro-Québec de 2 nids de balbuzard pêcheur dans la région de Salaberry-de-Valleyfield en 2020: publication Facebook.
Publication d'Hydro-Québec TransÉnergie: Synthèse des connaissances environnementales pour les lignes et les postes • 1973-2013, section consacrée à la faune avienne: fichier .pdf .
2.3. Une bataille au nid
Le nid pourrait avoir été endommagé par une bataille contre un prédateur (grand-duc d'Amérique, pygargue à tête blanche, ...), voire même un autre balbuzard. Cette explication pourrait même être combinée à celle d'un évènement météorologique: les dommages auraient pu fragiliser le nid et le rendre plus vulnérable aux intempéries. Je dois indirectement cette hypothèse à Sylvain Cusson qui m'a raconté avoir observé une attaque du nid après le coucher du soleil une année précédente (possiblement en août 2023) par un oiseau qu'il a identifié comme étant un pygargue à tête blanche. Une attaque plus tôt en saison ne peut pas être totalement exclue. Il est intéressant de noter que le 27 avril 2024 Raymond Belhumeur a observé un pygargue passer à côté du nid de balbuzard (liste eBird) mais comme mentionné plus haut, d'autres espèces pourraient avoir causé une telle bagarre.
3. Un bref historique du nid
J'ai observé pour la première fois ce nid à la fin juillet 2022 après que Sylvain Cusson et Marc-André Bahl, rencontrés au pont Samuel de Champlain, m'aient indiqué avoir observé de jeunes balbuzards à leur nid un peu plus loin. Mais je me souviens que l'un d'eux m'avait déjà mentionné un nid de balbuzard dans ce secteur auparavant (sans doute en 2021), seulement je n'avais pas réussi à localiser le pylône.
Une première trace de ce nid sur eBird est due à Samuel Denault qui signale un nid de balbuzard sur un pylône dans ce secteur le 2 août 2021, avec la mention ''Indice de nidification et de comportement: ON Nid occupé (Confirmé)'' (liste eBird).
Observations de 2022
Le 1er août 2022, quelques jours après avoir été informé par Sylvain Cusson et Marc-André Bahl de la présence de jeunes balbuzards au nid, j'ai installé mon trépied le long de la piste cyclable de la voie maritime (donc de l'autre côté de la voie maritime par rapport au nid) pour effectuer une surveillance vidéo. Il en est ressorti 2 vidéos que j'ai publiées sur Youtube et Facebook.
La première vidéo montre un jeune tentant tant bien que mal de pratiquer la lévitation. Pendant une de ses pauses, un adulte - ou un jeune plus dégourdi - lui fait une démonstration.
La 2ième vidéo montre un balbuzard transportant un poisson qui fait une brève pause au nid dans lequel se trouvent déjà 4 individus.
Le 10 août 2022 (voir cette publication Facebook) et le 25 août 2022 j'observe 2 balbuzards au nid ou à proximité sur le pylône mais il m'est impossible de déterminer si ce sont des adultes ou des juvéniles.
Par contre le 1er septembre 2022 j'observe 3 balbuzards au nid:
Cette photo suggère qu'il reste au moins un juvénile. Mais une vidéo enregistrée à 14h47 va plus loin, elle suggère qu'il y a au moins 2 juvéniles. À ce moment-là 2 balbuzards sont dans le nid et un 3ième est perché sur le pylône tout près. Les 2 balbuzards dans le nid se mettent à battre des ailes en parfaite synchronisation puis l'un d'eux semble se mettre à manger:
Le 11 septembre 2022 (publication Facebook) je n'ai vu qu'un seul balbuzard au nid mais à en juger par les vocalisations il y en avait peut-être un autre pas loin.
Observations de 2023
Le couple de balbuzard est présent sur le pylône du nid le 13 avril 2023.lors de mon premier passage printanier. Un des individus a également été observé dans le nid.
2 balbuzards sur le pylône du nid, 13 avril 2023
Le 25 juillet 2023 je filme 3 balbuzards dans le nid, plus un 4ième perché dans la structure du pylône. Les 3 dans le nid - qui sont presque certainement tous des juvéniles - se livrent à diverses activités comme par exemple la manipulation de branches et des battements d'aile. Le 4ième individu qui semblait surveiller ceux du nid et qui n'a jamais exercé ses ailes est vraisemblablement un adulte.
Cet article a été publié le 27 juillet 2024 et a été daté du 30 mai 2024 afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue.
Le 3 mars j'observe un accouplement de faucon pèlerin sur l'édifice de la SunLife, un édifice que l'on sait depuis l'an dernier utilisé par le couple qui niche sur l'édifice GLOBE. Comme anticipé, un couple est actif les jours suivants à l'édifice GLOBE. Le 3 mai je suis témoin d'une sévère intrusion par un 3ième faucon pèlerin. Puis le 16 mai j'observe à nouveau des accouplements sur l'édifice SunLife, suivis une semaine plus tard par un accouplement à l'édifice GLOBE. La reprise des accouplements signale l'échec de cette première tentative de nidification. Je n'ai vu aucun fauconneau et je n'ai pas pu observer de signe clair d'apport de proie au nid.
De façon un peu inattendue, le 23 mai j'observe des signes suggérant qu'une nouvelle incubation est en cours. Cette deuxième tentative de nidification fera l'objet d'un autre article.
Faucon pèlerin au balcon 2 le 30 mars
1) 3 mars: un accouplement à SunLife
L'an dernier j'ai eu de très fortes indications que le couple de faucon pèlerin qui nichait à l'édifice GLOBE fréquentait l'édifice SunLife: direction de déplacement, présence d'un couple sur l'édifice et surtout présence d'un juvénile. Pendant l'hiver j'ai continué à observer régulièrement un faucon pèlerin sur SunLife.
Le matin du 3 mars, pour la première fois de la saison, le faucon que j'observe vocalise, ce qui pourrait indiquer la présence d'un 2ième individu. J'y retourne en après-midi. À 14h45 alors que j'approche de SunLife par la place Ville-Marie j'entends de nouveau des vocalises. Je finis par réaliser que ce n'est pas un faucon pèlerin que j'entends mais un manchot empereur! Une boite permettant de générer le cri de cet oiseau lorsqu'on tourne une manivelle avait été installée sur la place dans le cadre de l’œuvre Cercle Polaire... Arrivé près de SunLife je repère un faucon pèlerin au sommet de la tour CIBC puis un peu plus tard sur l'enseigne. À 16h46 je repère ce qui s'avérera être le mâle sur le toit de la maison Manuvie, puis à 16h51 la femelle sur l'édifice SunLife. À 16h57 la femelle se met à appeler, ce qui provoque presque immédiatement l'envol du mâle. Par chance il a effectué une boucle avant de venir s'accoupler, ce qui m'a donné le temps de démarrer mon appareil photo et de filmer l'accouplement:
Pour mesurer la portée de cette observation, rappelons que l'édifice SunLife est possiblement le premier gratte-ciel en Amérique du Nord à avoir abrité un nid de faucon pèlerin, c'était dans les années 1940-1950, voir par exemple cet article du blogue d'Eve Belisle. Si un faucon pèlerin a parfois été observé sur l'édifice SunLife depuis (voir par exemple ce rapport eBird), je n'ai pas connaissance d'activité liée à la nidification (nidification ou accouplement) sur cet édifice depuis 1953. J'ai rapporté ces observations du 3 mars dans deux publications Facebook: celle-ci et celle-ci.
2) Nidification à l'édifice GLOBE; incertitude sur le début de l'incubation
Comme lors des 2 dernières années (voir par exemple cet article pour 2022 et celui-ci pour 2023) le couple a niché sur un balcon de l'édifice GLOBE au 1350 rue Sherbrooke ouest à Montréal. Les façades de cet édifice sont nommées d'après les rues sur lesquelles elles donnent: De la Montagne, Sherbrooke, Crescent et Maisonneuve. Le nid est situé sur un des balcons de la façade De la Montagne. Ces balcons sont numérotés de 1 à 5, voir cet article pour plus de détails. L'accès au nid se fait par les balcons 2 à 4: ces balcons communiquent, ce qui permet aux faucons de passer de l'un à l'autre sans être vus depuis le sol.
2.1) Début de l'incubation vers le 22 mars ?
L'incubation pourrait avoir commencé aussi tôt que le 22 mars mais les faits qui appuient cette hypothèse sont assez légers.
Le 20 mars à 12h15 un faucon pèlerin est perché au bord du balcon 2 de la façade De la Montagne de l'édifice GLOBE. Il neige légèrement mais la neige s'intensifiera durant les prochaines minutes. À 12h21 le faucon descend en bas, là où semble se trouver le nid. Il réapparait à 13h36, après le gros de l'averse de neige. L'autre faucon a effectué plusieurs visites mais sans descendre au nid, en particulier il était perché sur le garde-fou du balcon 2 de 12h28 à 13h35. Il est possible qu'il y avait déjà des œufs à ce moment-là, que l'incubation n'avait pas encore commencé mais que le faucon (vraisemblablement la femelle) les ait protégé pendant le gros de l'averse de neige.
Le 22 mars à 18h38 un faucon pèlerin arrive au balcon 4 et vocalise. Il descend au balcon 3 à 18h43 et un faucon réapparait presque aussitôt et semble se mettre à manger (l'observation a été faite à l’œil nu). À 18h56 il s'envole vers le Château et revient bruyamment à 19h07 au coin des façades Maisonneuve et De la Montagne . Les vocalises intermittentes ont continué jusqu'à mon départ à 19h22 (coucher du soleil = 19h10). L'observation pourrait correspondre à l'apport d'une proie par le mâle, suivi d'un relai, et donc possiblement indiquer une incubation en cours.
2.2) 30 mars: 2 adultes à l'extérieur du nid pendant au moins 5 minutes
Quand je suis arrivé à 16h15 2 faucons pèlerins étaient visibles: l'un sur la cheminée du Château, l'autre sur le mur du balcon 2. À 16h20 celui de la cheminée a disparu (précisément entre 16h20mn08 et 16h20mn24) . Puis à 16h23 celui du balcon 2 s'est envolé. Il est possible que celui de la cheminée est allé au nid sans que je le remarque mais cela correspondrait quand même à une interruption de 5 minutes de la couvaison sans explication apparente, sans compter que j'ignore depuis combien de temps les 2 faucons étaient à l'extérieur du nid quand je suis arrivé. Une autre explication possible est que celui de la cheminée était un(e) intruse(e) et qu'il y avait un faucon au nid tout le long (des intrusions ont été observés par la suite, voir plus loin)
2.3) 31 mars: une surveillance vidéo semble confirmer des absences au nid
Pour tenter de comprendre ce qui se passait, j'ai surveillé les balcons 2 à 4 par vidéo de 10h34mn19 à 12h04mn35 le 31 mars, avec 2 interruptions de durée respective 3s et 6s. Voici les accès enregistrés:
À 10h47mn36 un faucon apparait sur le mur du balcon 2 puis s'envole à 10h47mn59.
À 11h00mn07 un faucon arrive par la voie des airs sur le mur du balcon 2 puis descend en bas à 11h00mn33.
À 11h40mn50 un faucon pèlerin apparait sur le mur du balcon 2 et s'envole à 11h41mn45.
Les interruptions de 3s (à partir de 11h06mn52) et de 6s (à partir de 11h40mn38) correspondent à un arrêt de la caméra suivi d'un redémarrage, de façon à ne pas avoir des fichiers trop gros. Typiquement je garde un œil sur les balcons pendant cette opération, il est donc peu probable qu'il y ait eu un accès pendant ces interruptions.
À supposer qu'aucun accès n'a eu lieu pendant ces courtes interruptions, il y a 2 possibilités:
Soit un 2ième faucon était présent sur les balcons à 10h47 et dans ce cas il n'y a possiblement eu aucune interruption de la couvaison. Le problème avec ce scénario est qu'il y aurait 2 faucons en bas des balcons pendant une longue période, ce qui serait un peu étonnant.
Soit il n'y avait pas de 2ième faucon sur les balcons et dans ce cas la surveillance montrerait 2 absences au nid: une de durée d'environ 13 minutes et une autre d'une durée d'au moins 23 minutes.
Ces apparentes absences au nid pourraient soit indiquer que l'incubation n'avait pas encore commencé, ou que le faucon au nid avait des choses plus importantes à faire, comme par exemple confronter un(e) intrus(e) aperçu(e) au loin. Comme on le verra plus loin, il y a effectivement eu des intrusions.
2.4) 29 avril et 1er mai: probables relais du mâle après livraison d'une proie
Excepté pour le 31 mars, je n'ai pas cherché à documenter des relais à ce site. En cherchant par contre à documenter un possible apport de proie au nid, j'ai observé un probable relai du mâle après une livraison de proie les 29 avril et 1er mai, voir la section suivante.
3) Tentatives de documenter un apport de proie au nid
À partir du 26 avril j'ai consacré plus de temps à ce site pour tenter d'observer l'apport d'une proie au nid, ce qui suggérerait la présence de fauconneau(x). Documenter un apport de proie à ce site comporte plusieurs difficultés. Premièrement il y a 3 balcons qui peuvent servir d'entrée au nid, ce qui complique la surveillance vidéo: soit un mode large est choisi pour surveiller les 3 balcons et dans ce cas on ne verra pas grand chose, en particulier on risque de ne pas voir la proie; soit un balcon ou une partie de balcon est privilégiée mais dans ce cas le risque est de rater une arrivée un peu plus loin. Une autre difficulté est que lorsque le mâle est détecté (généralement grâce aux cris de la femelle), il est vu de dos, ce qui rend difficile de voir s'il transporte quelque chose. Finalement il n'est pas exclu que le mâle apporte directement la proie en bas d'un balcon ou la laisse tomber en bas après s'être perché sur le mur, auquel cas on ne verra pas le transfert de la proie du mâle à la femelle. Et évidemment - mais cela est le cas pour tous les nids - il s'agit d'être présent au bon moment.
Ceci étant dit, les apports de proie aux balcons que j'ai observé semblaient tous destinés à la consommation de la femelle.
Le 26 avril lorsque j'arrive près du nid vers 9h50, je remarque beaucoup de mouvements sur un balcon. Je finis par comprendre que c'est le mâle qui se bat avec une proie encore vivante (possiblement un pic flamboyant)...Quelques secondes de cette lutte sont montrées dans cette vidéo. Quand enfin le mâle réussit à tuer sa proie les 2 oiseaux disparaissent de vue puis un faucon pèlerin réapparait avec la proie sur le mur du balcon, de toute évidence la femelle. Elle s'envole avec la proie sur une corniche de l'édifice du 1227 Sherbrooke ouest. J'espérais qu'elle préparait un repas pour des fauconneaux tout en mangeant une partie mais il s'agissait plus probablement de son repas à elle-seule puisque cela a duré près de 20 minutes avant qu'elle ne s'envole dans une direction assez différente de celle du nid et je n'ai pas remarqué d'arrivée au nid dans les instants qui ont suivi.
La femelle et sa proie sur une corniche du 1227 Sherbrooke ouest
27 avril. À 12h33 le mâle arrive au balcon 3 avec une proie, la femelle en prend immédiatement possession et s'envole avec sur la tourelle du Château au coin des rues Sherbrooke et De la Montagne. Elle a quitté à 12h58, possiblement avec un restant et possiblement vers le nid (j'avais du m'éloigner beaucoup pour la voir sur la tourelle). Encore là, la durée (25 minutes) rend plutôt improbable qu'il s'agissait de la préparation d'un repas pour des fauconneaux.
29 avril. Lorsque j'arrive à 12h41 je trouve les 2 faucons ensemble au 3ième balcon. Un des faucons s'envole et va au nid. L'autre faucon se met à manger puis s'envole à 12h51 avec la proie, apparemment dérangé par les mouvements d'une grue, voir plus loin. Il s'agissait vraisemblablement d'une livraison de proie par le mâle, suivie d'un repas de la femelle. J'étais présent de 12h41 à 14h57.
1er mai. À 18h25mn06 un faucon arrive en vol au 3ième balcon. Il descend à 18h25mn21. 7 secondes plus tard un faucon (sans doute la femelle) resurgit et se met à manger. Elle s'envole à 18h31mn08. J'étais présent de 17h15 à 18h45.
4) Des intrusions
Le 3 mai j'obtiens la meilleure preuve de la présence d'un(e) intrus(e) en observant simultanément 3 faucons pèlerins alors que de fortes vocalises se faisaient entendre. Dans ce qui suit, par souci de simplicité, je vais utiliser le féminin par défaut pour l'intrus(e) et je vais parler de mâle et de femelle pour le couple mais il est possible que je me trompe sur les genres. Tout a commencé à 16h13 par des interactions en vol entre le mâle et l'intruse. L'intruse s'est perchée un moment au sommet de l'édifice Standard Life. Il y a eu aussi un petit accrochage entre les 2, apparemment à l'initiative de l'intruse. À 16h14mn32 le mâle, qui semblait avoir perdu le contrôle, est allé se percher au balcon 2 de la façade du nid pendant que l'intruse tournait au-dessus de l'édifice. La femelle se trouvait alors sur le 3ième balcon. À 16h14mn54 le mâle est descendu au nid. La femelle s'est envolée vers le Château à 16h15mn08. L'intruse n'était alors plus visible et on n'entendait plus de cris. J'ai fait le tour du Château via l'avenue du Musée, l'avenue du docteur Penfield et la rue de la Montagne mais je n'ai plus rien vu ni entendu. Une partie de la scène est montrée dans cette vidéo.
La première mention d'un possible faucon intrus dans mes notes date du 28 avril. À 12h29 quand je débute ma surveillance vidéo des balcons, un faucon pèlerin est perché sur la structure grillagée un étage au-dessus du balcon 4. Il s'envole à 12h54 et se perche sur une des barres horizontales du balcon 2. À 13h09 je zoome sur le balcon 2, une décision qui possiblement m'empêchera de prouver la présence de 3 faucons. À 13h13 de fortes vocalises se font entendre et simultanément j’aperçois un faucon pèlerin survoler l'édifice du nid et disparaitre au-dessus de l'édifice Standard Life. Le faucon sur la barre qui tournait le dos à la scène se retourne et finit par s'envoler à 13h15. Un faucon revient au balcon 2 13 secondes plus tard et descend immédiatement au nid. La scène est montrée par cette vidéo. Logiquement un faucon devait se trouver au nid, en plus de celui sur la barre, au moins jusqu'à 13h09 car sinon il y aurait une absence au nid de plus de 40 minutes, une absence incompréhensible compte tenu que le faucon sur la barre était disponible. Le retour au nid n'a pas été suivi d'un départ capté par la caméra (fin de la surveillance à 13h25). La décision de zoomer sur le balcon 2 a eu 2 conséquences regrettables: d'abord elle laisse ouverte la possibilité d'un départ du faucon au nid par un des autres balcons entre 13h09 et 13h13 et que c'était ce faucon que j'ai vu en vol (scénario peu probable à mon avis); ensuite elle a probablement empêché que soit documenté un départ d'un des balcons après la détection de l'intrus(e) qui aurait pu prouver qu'il y avait bien 3 faucons.
Le 11 mars à 17h46 il y avait des vocalises inhabituellement fortes alors qu'un faucon était en vol.
Je mentionne ici, à défaut de trouver un meilleur endroit pour le faire, une autre sorte d'intrusion qui à mon avis a eu peu d'impact sur la nidification. Des travaux se déroulaient sur l'édifice voisin de l'édifice GLOBE qui ont nécessité le 11 mai (et peut-être d'autres jours) l'utilisation d'un camion-grue. Comme le montre cette vidéo, les manœuvres de cette grue ont provoqué l'envol d'un faucon du balcon 4 mais un faucon est revenu sur le balcon 2 peu après alors que la grue était encore présente. La grue n'était présente que pendant quelques heures, le temps de hisser des matériaux sur le toit de l'édifice voisin. Je n'ai pas entendu de cris d'alarme. Le 29 avril il y avait déjà eu utilisation d'une grue plus petite. La femelle qui mangeait à un des balcon a préféré continuer son repas au Château quand la grue a manœuvré mais là encore, pas de cris d'alarme et les faucons ont accédé au nid en présence de la grue.
5) Un changement dans la composition du couple ?
Après une intrusion comme celle du 3 mai, une question naturelle est si l'intrus(e) a réussi à prendre la place d'un des membres du couple. Plus précisément, comme j'avais l'impression qu'il s'agissait d'une intruse femelle, la question est si elle avait chassé la femelle nicheuse. Je n'ai pas de réponse définitive à cette question. Les observations faites les jours suivants ne sont pas incompatibles avec l'apprivoisement de 2 faucons étrangers puis la formation d'un nouveau couple, mais d'autres interprétations de ces observations sont possibles. L'argument le plus fort en faveur d'un changement d'un changement de femelle est possiblement l'apparente ponte réussie de nouveaux œufs (voir plus loin). Cet argument prendrait encore plus de poids si cette 2ième tentative produisait des fauconneaux.
Le 4 mai, après l'intrusion très nette du 3 mai, j'ai effectué une surveillance vidéo des balcons de 13h06 à 16h12 pour tenter de vérifier que la nidification suivait toujours son cours. À 13h06, peu après le début de la surveillance vidéo, je remarque un faucon pèlerin perché sur le balcon au coin des façades De la Montagne et Maisonneuve. Je déplace la caméra pour le surveiller. Il disparait à 13h07, sans qu'il soit clair s'il s'est déplacé sur la façade Maisonneuve ou s'il s'est envolé dans cette direction (ce comportement sortait un peu de l'ordinaire). Malheureusement, en replaçant la caméra pour surveiller les balcons 2 à 4, une partie du balcon 4 se retrouve en dehors du champ de la caméra. À 13h08 un faucon arrive en vol au balcon 3, se déplace vers la gauche puis descend au balcon 2 où se trouve apparemment le nid. Des vocalises sont entendues à 13h33, 13h44 et 13h56 et un faucon est passé en vol au-dessus de l'édifice Standard Life à 14h02. À 14h14 un faucon apparait sur le bord du balcon 2 puis s'envole. La surveillance vidéo - qui couvre la totalité des 3 balcons 2,3 et 4 seulement à partir de 14h25 - ne montre aucun accès jusqu'à l'arrêt de la surveillance à 16h12. Le fait que la totalité du balcon 4 n'était pas surveillée par la caméra au moment de l'envol de 14h14 laisse ouvert la possibilité que l'autre faucon soit arrivé au nid par ce balcon à peu près à ce moment-là pour prendre le relai (l'absence de relai n'indiquerait cependant pas nécessairement l'absence d'un des membres du couple puisque les fauconneaux pourraient être suffisamment grands pour être laissés seuls quelques temps).
Le 6 mai à 17h37 un faucon pèlerin se pose au balcon 4. Entre 17h37 et 18h19 il descend à 4 reprises en bas du balcon 4, apparemment pour discuter avec l'autre faucon (vocalises audibles). À 18h19 il est de nouveau sur le bord du balcon 4 quand le 2ième faucon apparait à son tour sur le bord du balcon 2. Celui du balcon 4 s'envole à 18h20 en direction approximativement de SunLife, suivi de celui du balcon 2 à 18h28. Comme je n'ai pas effectué de surveillance vidéo, je ne peux pas garantir qu'il n'y a pas eu de retour. J'ai quitté à 18h52. Peu après 19h j'ai observé un faucon pèlerin en vol près de SunLife qui vocalisait et un 2ième oiseau s'est envolé de SunLife, probablement un autre faucon pèlerin.
Le 7 mai je fais une observation que j'ai interprété dans un premier temps comme une indication d'un possible apport de proie en bas d'un balcon, voir cette publication Facebook. À 16h29 la femelle apparait sur le mur du balcon 2 (le nid se trouve sur le sol du balcon) et attend pendant presque 3 heures. À 19h28 elle descend en bas, 15 secondes plus tard le mâle arrive au balcon 4. Je n’ai pas vu s’il avait une proie mais ce n'est pas impossible. Il est immédiatement descendu. Un faucon est réapparu au balcon 4 à 19h32. La vidéo suivante montre la scène.
Il y a ensuite eu plusieurs allers-retours d'un faucon (pas nécessairement le même) entre le mur du balcon 4 et le sol du balcon (non visible), avant qu'un faucon s'envole à 20h06. Au moment d'arrêter la surveillance vidéo à 20h09 (coucher du soleil = 20h10), un des faucons n'avait pas quitté les balcons. S'il y a eu un changement de femelle, la scène pourrait aussi correspondre à une rencontre de couple au (futur) nid.
6) Reprise des accouplements
6.1) 16 mai: 4 accouplements à SunLife
Le 16 mai j'observe 4 accouplements de faucon pèlerin sur l'édifice SunLife! J'ai repéré la femelle sur une corniche de l'édifice SunLife à 8h11. Le premier accouplement observé (accouplement #1) a eu lieu à 8h29 suivi d'un autre à 8h38 (accouplement #2). La femelle est restée immobile sur son perchoir jusqu'à 9h27, moment où elle a couru sur la corniche manifestement pour prendre possession d'une proie livrée par le mâle puisque je l'ai retrouvé en train de manger un petit peu plus loin. À 9h45, profitant que les 2 faucons étaient perchés et inactifs, j'ai décidé d'aller jeter un coup d’œil à l'édifice GLOBE: de 9h56 à 10h43 je n'y ai rien vu. À mon retour à l'édifice SunLife à 10h53 la femelle était perchée au même endroit. Deux accouplements ont suivi: un à 11h et l'autre à 11h09 (accouplements #3 et #4). L'accouplement #3 est montré par la vidéo ci-dessous:
4 minutes après l'accouplement #4, la femelle s'est envolée en direction approximativement de l'édifice GLOBE, suivie par le mâle. Je suis évidemment allé à l'édifice GLOBE. Le premier coup d’œil sur la façade du nid à 11h24 n'a rien donné mais après avoir examiné les autres façades et être revenu devant celle du nid, j'ai repéré un faucon au balcon 2. Il y était toujours quand j'ai quitté à 12h25. Avant de rentrer chez moi je suis repassé dans le secteur de SunLife où j'ai trouvé un faucon pèlerin perché sur l'enseigne de la CIBC à 12h42. Voir aussi cette publication Facebook du 16 mai.
6.2) 23 mai: accouplement à l'édifice GLOBE
À 18h53 j'ai la surprise de découvrir un faucon pèlerin perché sur la grande cheminée du Château, quelque chose que je n'avais plus vu depuis le 24 avril (cette cheminée sert entre autres de point d'attente à la femelle pour les relais). À 19h48 le faucon y était toujours et j'ai commencé à envisager la possibilité qu'il y aurait un relai: j'ai donc commencé à filmer la façade du nid. À 19h51 la femelle arrive au balcon 3 en provenance du Château. À 20h02 le mâle apparait sur le mur du balcon 2 (il était donc sur ce balcon - et donc vraisemblablement au nid - depuis au moins 19h48), s'envole et se perche à côté de la femelle qui avait entrepris son déplacement vers le balcon 2. Elle s'arrête et l'accouplement a lieu. La femelle se rend ensuite directement au balcon 2. La scène est montrée par la vidéo suivante.
Cette observation est intéressante à plusieurs titres. D'abord elle semble confirmer que les accouplements observés une semaine plus tôt sur l'édifice SunLife étaient ceux du couple de l'édifice GLOBE. Ensuite, même dans le cas plutôt improbable où les accouplements de SunLife impliquaient un autre couple, l'accouplement à l'édifice GLOBE suggère fortement que la nidification à cet édifice a échoué. Et finalement le fait que le mâle se trouvait pendant près de 15 minutes au balcon 2 où se trouve le nid suggère fortement un relai entre les 2 faucons, et donc la présence d’œuf(s). Cette dernière implication est une surprise pour moi parce que je ne pensais pas que la femelle serait capable de pondre à nouveau si tard après la première ponte (chez les oiseaux les organes reproducteurs régressent après la ponte jusqu'au début de la saison suivante, pour des raisons évidentes d'économie de poids en vol). Une possibilité qu'on ne peut pas écarter a priori est qu'il y a eu un changement de femelle suite aux intrusions (voir plus haut), auquel cas cette tentative de nidification serait la première pour la nouvelle femelle. Voir aussi cette publication Facebook du 23 mai.
6.3) Quand la première nidification à l'édifice GLOBE a-t-elle échoué ?
Je ne peux pas répondre à cette question mais je rapporterai ici quelques observations qui pourraient jeter un éclairage sur cette question.
Commençons par remarquer que la constatation de l'échec de la nidification par le couple précède sans doute de peu la reprise des accouplements. Malheureusement on ignore quand exactement les faucons ont recommencé à s'accoupler, les accouplements observés à SunLife le 16 mai n'étant pas nécessairement les premiers. De plus cette remarque ne vaut que si la composition du couple n'a pas changé: s'il y a eu changement dans la composition du couple, il n'y a a priori aucun lien entre l'échec du 1er couple et les accouplements du 2ième couple.
Voici quelques observations à SunLife qui pourraient jeter un éclairage sur la question. L'édifice SunLife joue manifestement un rôle important pour ce couple et il n'est donc pas surprenant a priori d'y observer un individu. Il peut s'agir par exemple de l'individu qui n'est pas en charge de surveiller les œufs ou les fauconneaux. N'ayant pas surveillé cet endroit de façon régulière, je ne peux pas dire si les observations ci-dessous sortaient de l'ordinaire.
Le 4 mai vers 16h30 j'entends un cri de faucon pèlerin près de SunLife puis je l’aperçois en vol (et possiblement par la suite perché sur l'édifice). Il y avait aussi plusieurs urubus en vol, ce qui pourrait expliquer son cri. Le 6 mai j'observe un faucon pèlerin lors de mes passages à 11h30 et à 19h: dans les 2 cas le faucon vocalisait en vol puis s'est perché (le matin sur Sunlife, l'après-midi sur l'enseigne de CIBC; l'après-midi il y en avait probablement un 2ième). Le 7 mai un faucon pèlerin était perché sur l'enseigne de CIBC à 15h41.
Faucon pèlerin sur l'enseigne de la tour CIBC - 6 mai
Plus étonnant, le 10 mai, j'observe un faucon pèlerin attaquer à plusieurs reprises des urubus près de l'édifice SunLife. Détail intéressant: ces attaques semblaient silencieuses, en contraste avec ce qui est généralement observé quand les faucons pèlerins tentent de faire respecter une zone d'exclusion autour d'un nid. Les attaques étaient peut-être plutôt de l'ordre du défoulement ou du jeu. Dans une des situations, 2 urubus et le faucon décrivaient en planant le même cercle dans le ciel, avec le faucon et les urubus la plupart du temps diamétralement opposés. À certains moments, le faucon se mettait à battre des ailes, traversait le cercle et allait embêter un des urubus puis les oiseaux reprenaient leur position. La scène s'est répétée à au moins 2 reprises. Ces interactions avec les urubus étaient d'autant plus surprenantes qu'à plusieurs reprises des urubus ont pu passer relativement proche de l'édifice GLOBE sans être inquiétés.
Depuis un peu plus de 2 semaines j'ai progressivement acquis la conviction que contre toute attente un couple de faucon pèlerin niche à nouveau sur la tour de la Bourse, malgré le retrait des boites de nidification et les travaux extérieurs actuellement en cours. De plus ce nid - qui n'est pas visible depuis le sol - contient très probablement des fauconneaux. La présence de ce nid - s'il est confirmé - pourrait possiblement avoir un impact sur les travaux en cours sur l'édifice, le faucon pèlerin bénéficiant toujours d'un statut de protection particulier au Québec (statut d'espèce vulnérable). Un couple de faucon pèlerin a niché avec succès pendant de nombreuses années sur cet édifice en utilisant les boites de nidification (une simple caisse remplie de petits cailloux) mises à sa disposition. À ma connaissance, la dernière nidification réussie date de 2019, voir cet article pour un survol des nidifications de 2014 à 2019 et pour des informations sur ce qui s'est passé en 2020 et 2021. Les boites de nidification ont été retirées à l'automne 2021 en prévision de travaux extérieurs prévus sur l'édifice, de toute évidence ceux en cours actuellement (merci à Marilou Skelling d'Environnement Faucon pour l'information sur le moment du retrait des boites de nidification).
Dernière heure: alors que j'écrivais cet article, 2 personnes travaillant à la tour de la Bourse ont publié des commentaires sur cette publication Facebook qui appuient la théorie de l'existence d'un nid avec présence de fauconneau. Merci à elles.
Cet article est organisé comme suit. Dans la première section je mentionne les observations suggérant une occupation quasi-permanente d'un secteur de la tour de la Bourse début mai, avec relais entre les 2 adultes. La 2ième section est consacrée à une période plus récente où les adultes sont davantage visibles (i.e., ne seraient plus constamment au nid présumé) mais où il y a arrivée de nourriture près du nid présumé. Dans la 3ième section je mentionne quelques autres aspects de la nidification: perchoirs de surveillance, défense territoriale. Finalement dans la dernière section j'aborde brièvement le possible conflit avec les travaux en cours.
Dans ce qui suit, par souci de concision j'omettrai l'adjectif ''présumé'' lorsque je parle du nid. L'existence du nid reste à confirmer hors de tout doute (par des biologistes ou des personnes autorisées).
1. Localisation approximative du nid, présence quasi-permanente des faucons pèlerins avec relais
Localisation du nid
Le nid semble situé à peu près au même endroit que lorsque les faucons pèlerins nichaient sur l'édifice il y a quelques années, sur l'étage technique supérieur, sur la façade donnant sur la rue Saint-Jacques, voir la photo ci-dessous.
Localisation approximative du nid présumé
Terminologie: l'étage technique est divisé horizontalement en 3
parties que j'appelle tiers gauche, tiers milieu et tiers droit (le nid serait donc situé près de la jonction entre le tiers gauche et le
tiers milieu). Chacun des 3 tiers de l'étage technique est divisé en intervalles par les cadres des fenêtres. Ces intervalles sont numérotés à partir de 1, par exemple ''2ième intervalle du tiers milieu''. Au niveau de l'étage technique j'appelle tiret la petite excroissance qui sépare 2 intervalles; ces tirets sont numérotés à partir de 1. L'extrémité d'un tiers n'est pas considérée comme un tiret, ainsi par exemple le 1er tiret du tiers milieu correspond à l'extrémité droite du 1er intervalle de ce tiers.
Comme indiqué dans cette publication Facebook le 1er mai j'avais observé en fin de journée un faucon pèlerin s'envoler du sommet de l'édifice de la Banque Royale en direction de la tour de la Bourse. S'il s'agissait de la femelle et qu'il y avait une nidification, il y avait des chances qu'elle se rendait à son nid puisque la femelle typiquement remplace le mâle au nid à ce moment de la journée pour assurer le quart de nuit. Convaincu que les faucons pèlerins ne pouvaient pas nicher sur la tour de la Bourse (retrait des boites de nidification, travaux, etc) j'ai pensé que le nid pourrait possiblement se trouver sur le toit de l'édifice EVO voisin. Mais le matin du 3 mai j'ai plutôt observé un faucon se rendre sur la tour de la Bourse à l'endroit identifié plus haut...
Surveillance vidéo du 3 mai
De 17h15 à 20h06 j'ai effectué depuis la rue Saint-Paul (située à environ 300 mètres de la tour de la Bourse d'après Google Maps) une surveillance vidéo de l'étage technique de la tour de la Bourse où serait situé le nid. L'enregistrement est typiquement interrompu puis redémarré toutes les 30 minutes environ pour éviter d'avoir des fichiers vidéo trop gros, ce qui résulte en de petits trous dans la surveillance d'une durée variant entre 2 et 7 secondes. Une plus longue interruption de 1mn13 a aussi été nécessaire pour changer la batterie. Les faucons pourraient théoriquement se déplacer sur l'étage technique sans être vus puis quitter l'édifice (ou y arriver) hors de vue de la caméra mais il n'y a aucune raison pour qu'ils se compliquent ainsi la vie. Les vidéos ont été examinées à vitesse x4 pour déterminer les arrivées ou départs. Ces précisions étant faites, la surveillance vidéo suggère une occupation permanente du secteur du nid pendant toute la durée de la surveillance. Voici les mouvements qui ont été observés:
À 17h59mn40 un oiseau devient visible sur le 1er tiret du tiers milieu puis disparait à 18h02mn32. Ce segment de la surveillance a démarré à17h45mn20 et s'est terminé à 18h14mn01 et aucun vol d'arrivée ou de départ n'a été enregistré, ce qui suggère que l'oiseau provient de l'étage.
À 19h47mn06 un oiseau arrive en vol et se perche dans le 8ième intervalle du tiers milieu. À 19h48mn05 il commence à se déplacer vers la gauche. À 19h48mn10 un 2ième individu devient visible au premier intervalle du tiers milieu et s'envole 4 secondes plus tard. À 19h48mn24 le 1er individu reprend sa marche vers la gauche et disparait à 19h48mn28 au niveau du 3ième intervalle. Voir la vidéo ci-dessous. Ce segment a commencé à 19h31mn07 et s'est terminé à 19h58mn34.
Surveillance vidéo du 6 mai
J'ai effectué une autre surveillance vidéo le lundi 6 mai de 8h00mn25 à 11h16mn40, mais cette fois-ci depuis la rue Saint-Jacques un peu au sud de la tour. L'objectif était de vérifier si l'occupation quasi-permanente pouvait aussi être constatée quand les travailleurs étaient présents. Le même protocole que le 3 mai a été utilisé (en particulier segmentation des vidéos entrainant une interruption de quelques secondes de la surveillance). Voici les mouvements observés:
A 8h35mn58 un faucon pèlerin se perche en-dessous de la plateforme de chantier sur le coin Est de la tour; simultanément un faucon quitte le 1er intervalle du tiers milieu. À 8h38mn54 le faucon perché sur le mât s'envole puis à 8h39mn04 un faucon (probablement le même) arrive en vol et se perche dans le 5ième intervalle du tiers milieu. Cet individu disparait de vue à 8h39mn11. Voir la vidéo ci-dessous. Ce segment a commencé à 8h32mn18 et s'est terminé à 8h59mn55.
Surveillance vidéo du 10 mai
L'objectif de cette surveillance vidéo, effectuée depuis la rue Saint-Paul de 19h13mn25 à 20h11mn59, était de m'assurer que les faucons continuaient à être présents près du nid avant de partager sur Facebook mes observations des 3 et 6 mai. Cette surveillance vidéo a enregistré beaucoup de mouvements de 2 oiseaux, ce qui pourrait suggérer qu'une présence quasi-constante d'un adulte au nid n'était plus nécessaire.
2. Livraison de nourriture
Le 16 mai, après avoir observé le matin 4 accouplements de faucon pèlerin sur l'édifice SunLife situé à environ 700 mètres de la tour de la Bourse, j'ai décidé d'effectuer une autre surveillance vidéo de la tour de la Bourse depuis la rue Saint-Paul, de 18h36mn58 à 20h41mn25. Les faucons pèlerins continuaient à être présents près du nid - ce qui semblait exclure que c'était ce couple qui a été vu s'accouplant sur l'édifice SunLife - mais les faucons semblaient trop visibles pour qu'il y ait présence quasi-continuelle d'un adulte au nid. Dans un premier temps j'ai pensé que les biologistes avaient stoppé la nidification à cet endroit (comme cela a été fait au pont Laviolette récemment, voir par exemple cet article de Radio-Canada) en raison des travaux en cours. Puis j'ai réalisé que cela pouvait aussi signifier que le nid contenait maintenant des fauconneaux suffisamment âgés pour ne plus avoir besoin constamment de la présence d'un parent. Pour tester l'hypothèse de la présence de fauconneau il fallait que je documente l'arrivée de nourriture près du nid.
Après plusieurs tentatives infructueuses les 17 et 18 mai, c'est finalement le 19 mai vers 13h que j'ai réussi à documenter une livraison de nourriture en me postant à l'intersection des rues Notre-Dame et Gauvin. La proie a été apportée par le mâle au 2ième intervalle du tiers milieu, la femelle est aussitôt apparue au 1er intervalle et s'est emparée de la proie avant de disparaitre de vue. À 13h12mn19 elle redevient visible et s'envole en emportant quelque chose avec elle, probablement les restants d'un repas. Sur place, pendant le présumé nourrissage j'ai perçu de faibles cris qui pourraient correspondre aux cris poussés par la femelle lors du nourrissage.
3. Autres indices de nidification
En plus de se rendre régulièrement au nid, les faucons pèlerins utilisent des perchoirs d'où ils peuvent surveiller les abords du nid ou pour attendre leur tour de garde au nid. Ces endroits incluent le sommet de l'édifice de la Banque Royale, le sommet du 622 Saint-Jacques et le mat de l’élévateur de chantier du coin Est.
J'ai également été témoin de comportements territoriaux: plusieurs alarmes apparemment provoquées par des passages d'urubus et au moins une série d'attaques contre ceux-ci, attaque d'un goéland passant trop proche du nid par un faucon pèlerin perché sur le mât du coin Est.
4. Les faucons pèlerins et les travaux
Lorsque j'étais présent, les travaux en hauteur sur la tour de la Bourse semblaient en apparence peu dérangeants pour les faucons pèlerins: les travailleurs se déplacent dans une cabine fermée jusqu'à la plateforme de travail située presque tout en haut de la tour; de plus cette plateforme de travail est largement fermée elle aussi. Il y a présentement une telle plateforme à 3 des 4 coins de l'édifice: les coins Nord, Est et Ouest. Un site web a été mis en place avec de nombreuses informations sur les travaux.
Parmi les 3 coins de l'édifice où il y a des travaux, seul le coin Est appartient à la façade où se trouverait le nid. Lors de mes présences je n'ai pas eu l'occasion de voir de cabine monter le long du coin Est donc j'ignore quelle sera la réaction des faucons pèlerins mais je serais étonné s'ils ne réagissaient pas. La structure le long de la laquelle circulerait la cabine est par ailleurs utilisée par les adultes pour surveiller leur nid:
Faucon pèlerin surveillant de haut son nid, 17 mai
Les cabines qui circulent sur les coins Nord et Ouest ne devraient pas déranger significativement les faucons pèlerins mais ceux-ci les surveillent. Le 6 mai vers 7h45 un faucon pèlerin provenant possiblement du sommet de l'édifice de la Banque Royale a volé en direction d'une cabine qui était en train de descendre sur le coin Nord et s'est perché brièvement sur la structure en-dessous de la cabine, c'est-à-dire sur son chemin!
Les années où les faucons pèlerins nichaient sur la tour de la Bourse, les fauconneaux exploraient d'autres façades de la tour que celle où ils sont nés, avant d'effectuer leur premier vol. On peut imaginer qu'ils apprendront par eux-mêmes ou de leurs parents à ne pas s'approcher des coins sur lesquels il y a des travaux, en particulier les coins Nord et Ouest. Mais idéalement il serait souhaitable que les fauconneaux ne soient pas dérangés sur la façade où se trouve le nid lorsqu'ils commenceront à se promener et à exercer leurs ailes, de façon à éviter tout risque d'envol prématuré, source d'accident et de mortalité. Ceci pourrait se traduire par exemple par la mise sur pause des travaux sur le coin Est pendant une certaine période, le temps que les fauconneaux apprennent à voler, mais d'autres mesures pourraient être prises.