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vendredi 26 août 2022

Nidification de faucon pèlerin au pont Jacques-Cartier et feux d'artifice à La Ronde

Pour la première fois depuis au moins 10 ans, un couple de faucon pèlerin a amené des jeunes au stade de l'envol au pont Jacques-Cartier. Parallèlement l'International des Feux Loto-Québec, une compétition de feux d'artifice tirés à environ 1km du nichoir, reprenait ses activités après 2 ans de pause due à la Covid-19. Plusieurs personnes se sont inquiétées de l'impact possible de ces feux d'artifice sur les fauconneaux. De fait, 2 des 3 fauconneaux ont quitté prématurément le nichoir dans les 24 heures entourant le premier feu d'artifice de la saison le 25 juin. Il n'a pas été possible d'établir un lien entre ces départs et le feu d'artifice mais ces événements ont permis de prendre conscience d'une cause de dérangement potentiel important  indirectement lié au feu d'artifice, à savoir la présence d'un grand nombre de personnes sur le pont, donc au-dessus du nid. Des améliorations pourraient être apportées pour les prochaines années. Après la réintroduction de 2 juvéniles le 30 juin (une des juvéniles du couple et une juvénile provenant d'un autre nid) la famille reconstituée a choisi de rester au pont malgré les feux d'artifice qui se succédaient, suggérant que nidification de faucon pèlerin et feux d'artifice ne sont pas incompatibles.

J'ai délibérément choisi de ne pas discuter de ce sujet avec des spécialistes (Environnement Faucon, UQROP, ...) afin d'avoir une liberté totale dans ce que j'écrivais et aussi pour éviter tout risque de confusion entre les propos qui leur auraient été attribués et mon opinion. J'en profite pour préciser que je m'exprime en tant qu'observateur amateur des faucons pèlerins depuis 10 ans, sans formation académique pertinente dans ce domaine.

 

L'impact des feux d'artifice sur les oiseaux : considérations générales

Cette section est le résultat d'une rapide recherche sur internet, forcément non exhaustive. L'étude suivante, publiée en 2015 dans un ouvrage allemand, a examiné l'impact de 133 feux d'artifice sur 88 espèces d'oiseaux, principalement en Europe:
  • H. Stickroth: ''Auswirkungen von Feuerwerken auf Vögel – ein Überblick'' [titre anglais: ''Effects on fireworks on birds - a critical overview''], Berichte zum Vogelschutz 52 pages 115 -- 149 (2015). Texte intégral avec résumé en anglais, disponible dans ResearchGate.
    L'auteur a publié en 2019 une synthèse de 6 pages en anglais.
Il est facile de comprendre que les détonations et les flashs de lumière associés aux feux d'artifice effraient les oiseaux qui se trouvent à proximité. Les effets sont particulièrement dangereux pour les oiseaux qui se tiennent en grand groupe et qui sous l'effet de la panique peuvent s'envoler et entrer en collision entre eux ou avec des obstacles. Ce phénomène a ainsi provoqué des mortalités de masse à Rome le 1er janvier 2021 et expliquerait 90% des décès d'oiseau attribuables aux feux d'artifice selon l'étude mentionnée plus haut. Le phénomène de panique est encore augmenté lorsque les explosions proviennent simultanément de multiples endroits à la fois comme c'est typiquement le cas au nouvel an et à la fête nationale lorsque des particuliers lancent leurs propres engins, ce qui a conduit à la recommandation de se contenter du feu d'artifice organisé par les professionnels, qui de plus prennent généralement en considération les effets sur la faune. 
 
Un autre impact des feux d'artifice qui nous concerne davantage ici est sur la nidification. L'étude citée plus haut mentionne que dans les cas extrêmes des jeunes peuvent sauter du nid, en donnant comme exemple les cigognes et les hérons. Les feux d'artifice peuvent aussi avoir pour effet d'éloigner momentanément ou définitivement les parents, laissant les petits sans défense face aux prédateurs ou aux intempéries. Le danger est particulièrement important pour les oiseaux nichant en colonie. À certains endroits les feux d'artifice ont été annulés après la découverte après coup d'un grand nombre d’œufs et de poussins abandonnés (Californie en 2008, Oregon en 2012, France en 2022). Plus près de nous, l'été dernier Radio-Canada rapportait les inquiétudes d'un chercheur sur l'impact des feux d'artifice de Percé sur les colonies de fou de Bassan de l'île Bonaventure.  

Les oiseaux de proie sont apparemment moins sensibles que les oiseaux aquatiques au dérangement par les feux d'artifice (''Waterbirds apparently react more sensitively than birds of prey and mammals'', citation tirée de l'étude mentionnée plus haut) mais il existe au moins un cas où des aménagements ont été apportés à un feu d'artifice pour tenir compte d'un nid d'oiseau de proie proche (nid de pygargue à tête blanche près de Seattle en 2013). En passant, la recherche sur internet des effets des feux d'artifice sur les oiseaux de proie est compliquée par le fait que ''Bird of prey'' et ''Raptor'' sont des noms de fusée de feu d'artifice...


Y-a-t-il un lien entre l'interruption des feux d'artifice due à la Covid-19 et la reprise des nidifications du faucon pèlerin au pont Jacques-Cartier ?

Je n'ai pas la réponse à cette question mais voici quelques faits. Ces dernières années ont vu une forte progression de la population de faucon pèlerin, qui a ultimement conduit à retirer l'espèce de la liste des espèces menacées, voir par exemple cet article publié en 2015 par Radio-Canada. Étrangement malgré cette augmentation de la population et par conséquent la diminution du nombre de sites de nidification disponibles, le pont Jacques-Cartier était un des rares ponts dans la région de Montréal sans couple nicheur, et ce malgré la présence de plusieurs nichoirs installés à leur intention (la seule nidification récente de faucon pèlerin au pont Jacques-Cartier que je connais est celle de 2005, voir le 8ième inventaire quinquennal du faucon pèlerin au Québec). 
 
En 2018 un couple de faucon pèlerin est observé au pont Jacques-Cartier ainsi qu'en 2019 et en 2020 mais à ma connaissance aucune nidification n'a été documentée.

En mars 2020 la pandémie de Covid-19 met le Québec en pause, en particulier provoque l'annulation des feux d'artifice. L'année suivante le couple de faucon pèlerin s'installe pour nicher sous la bretelle d'accès à l'ile Sainte-Hélène, juste en face du parc d'attraction de La Ronde d'où sont tirés les feux d'artifice! Le couple a eu au moins un fauconneau comme le montre une photo prise le 2 juin, voir cet article. Malheureusement il s'est passé quelque chose dans les jours suivants qui a provoqué l'abandon du nid. Le couple de faucon pèlerin a ensuite déménagé dans les nichoirs installés sur les piliers de part et d'autre de la voie maritime (c'est un de ces nichoirs qui a été utilisé cette année). 
 
Parallèlement la saison 2021 de feu d'artifice était annulée pour une 2ième année de suite en raison de la Covid-19. En 2022 le couple de faucon pèlerin s'est installé dans un des nichoirs au bord de la voie maritime et a eu 3 fauconneaux (2 femelles ''P03'' et ''K57'' et 1 mâle ''E08'') qui se préparaient à leur premier vol au moment du 1er feu d'artifice de la saison le 25 juin.

Les 3 faucons pèlerins juvéniles au matin du 25 juin 2022


Y-a-t-il un lien entre les déboires des fauconneaux et le feu d'artifice du 25 juin ?

Le samedi 25 juin à 22h un premier feu d'artifice était tiré après 2 ans d'interruption forcée due à la Covid-19. Le lendemain matin il apparaissait que 2 fauconneaux sur 3 avaient quitté le nichoir, plus tôt que prévu. Le 3ième fauconneau décédait quelques jours plus tard, vraisemblablement par collision avec un véhicule sur l'autoroute. Il n'y avait alors plus aucun signe de juvénile dans le secteur des nichoirs. Sur la disparition des fauconneaux entre le 25 et le 29 juin, voir cet article.

Précisons tout de suite qu'il n'a pas été possible d'établir hors de tout doute un lien direct entre les déboires des fauconneaux et le feu d'artifice. Voyons cependant ce que l'on peut dire, fauconneau par fauconneau:
 

Cas de la femelle P03. 

P03 a été recueillie au sol par un passant puis amenée à une animalerie de Longueuil ''en soirée'' le 25 juin. Quand j'ai insisté pour obtenir une heure approximative, il m'a été répondu que c'était avant 18h. Si cette réponse est exacte il n'y a aucun lien avec le feu d'artifice. D'autres raisons pourraient expliquer la chute de P03: elle a pu perdre l'équilibre en fin d'après-midi frappée par les ailes d'un congénère qui s’entrainait, ou bien lors d'une bousculade à l'occasion d'une livraison de repas; elle aurait même pu chuter sans aide. 
 

Cas du mâle E08

La façon dont E08 est arrivé sur la fixation de la canalisation verticale où je l'ai trouvé le matin du 26 juin (point D sur la photo ci-dessous) n'est pas claire. Soit il y est arrivé en tombant de la fixation supérieure située à gauche du nichoir où il se serait préalablement rendu, soit il est parti directement du nichoir. Le dernier scénario suppose de la clarté pour rejoindre la fixation, alors que la chute du 1er scénario aurait pu se produire aussi bien dans l'obscurité (c'est-à-dire approximativement au moment du feu d'artifice) que dans la clarté.
 

Cas de la femelle K57

K57 est la seule juvénile à ne pas avoir quitté le nichoir durant la période du feu d'artifice. Elle s'est envolée quelque part entre midi le 27 juin et le début d'après-midi du 29 juin et s'est tuée, vraisemblablement en entrant en collision avec un véhicule sur l'autoroute. Sa mort n'est clairement pas directement liée au feu d'artifice mais il y a une possibilité de lien indirect: K57 se retrouvait la seule de sa fratrie après la disparition de P03 et E08 dans un environnement possiblement associé à un stress important, ce qui aurait pu avoir comme effet de précipiter son envol, causant ainsi indirectement l'accident.   
 
Localisation du nid (A) et de La Ronde (B)

 


La présence d'un grand nombre de spectateurs sur le pont en cause ?

Lorsque des gens s'inquiétaient de l'impact des feux d'artifice sur la nidification des faucons pèlerins, implicitement leurs préoccupations étaient par rapport au bruit et à la lumière. Je ne partageais pas ces inquiétudes puisque d'une part un orage peut produire des effets similaires et d'autre part le nichoir est partiellement protégé des ondes sonores et lumineuses par le béton du pilier et le tablier du pont. Mais il y a une source potentielle de dérangement à laquelle je n'avais pas tout de suite pensé: la présence d'un grand nombre de personnes sur le pont, avec un comportement inhabituel (ils restent sur place plutôt que simplement passer) et à une heure inhabituelle.
 
Le pont Jacques-Cartier est en effet un endroit populaire pour admirer les feux d'artifice, qui sont tirés du parc d'attraction La Ronde juste au nord du pont. Les soirs de feu d'artifice ce pont appartient entièrement aux piétons. D'après la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée, plus de 177 000 personnes sont venus admirer les 9 feux d'artifice depuis le pont Jacques-Cartier en 2022. Or le nichoir est situé sous le pont.

Les faucons pèlerins sont certainement l'espèce la mieux placée pour apprécier l'avantage stratégique d'une position en hauteur sur un ennemi: c'est en effet en plongeant du haut du ciel sur leurs proies qu'ils atteignent leur vitesse de pointe qui fait leur renommée (le record actuel semble être de 389km/h). Cependant les faucons pèlerins comme beaucoup d'autres animaux sauvages, s’accommodent sans trop de difficultés d'humains qui passent près d'eux ou près de leur nid sans leur prêter attention. Mais le soir du 25 juin le changement de comportement des humains a certainement attiré l'attention des adultes: les humains étaient présents sur le pont en grand nombre, à une heure inhabituelle, et certains restaient sur place comme s'ils les avaient repéré ou préparaient une attaque. Circonstance aggravante: un peu plus de 2 semaines plus tôt, le 8 juin, une ''attaque'' (j'adopte ici bien sur le point de vue des faucons!) a été lancée sur le nichoir depuis la surface du pont par des humains! Je fais référence ici à l'opération qui a consisté à retirer momentanément les fauconneaux du nichoir afin de les baguer (une opération tout à fait légitime et autorisée et que je supporte, voir cet article pour plus de détails). Les adultes avaient commencé à s'énerver dès que l'équipe a adopté un comportement inhabituel, c'est-à-dire dès qu'ils sont descendus sous le tablier du pont. Après cette expérience négative et en supposant que les faucons pèlerins ont un minimum de mémoire, la présence d'un grand nombre de spectateurs sur le pont a pu à elle seule alarmer les faucons. Ce stress a pu être aggravé par des gestes  inciviques posés par certains spectateurs puis par les effets du feu d'artifice lui-même.

À titre d'illustration, sur une échelle plus modeste, le 27 juin vers midi j'ai involontairement provoqué l'envol d'un faucon pèlerin adulte que je tentais de photographier depuis le trottoir du pont Jacques-Cartier (côté nord) ainsi que l'envol d'un autre oiseau que je n'avais pas vu et qui était probablement aussi un faucon pèlerin. Les 2 oiseaux se trouvaient dans la structure du pont et sur un pilier, sous le niveau du tablier. C'est cet incident qui m'a fait réaliser que le vrai dérangement n'était peut-être pas causé par le bruit et la lumière du feu d'artifice mais plutôt par la présence d'un grand nombre de personnes sur le pont.

Les conséquences d'un dérangement important pourraient possiblement se faire sentir plusieurs jours après. En 2018 Eve, la femelle faucon pèlerin qui niche actuellement à l'Université de Montréal, vivait sa première opération de baguage. N'étant pas baguée elle-même, elle n'avait possiblement jamais été confrontée à un humain et l'expérience a semblé difficile pour elle, avec notamment des comportements bizarres observés dans l'heure suivante en lien avec la nourriture, voir cet article. 48 heures après cet évènement, tous les fauconneaux avaient évacué le nichoir et ils n'y ont plus remis les pattes même pour la nuit! (il faut savoir que ce nichoir semble subir des modifications pendant le baguage: planche placée à l'avant pour empêcher qu'un fauconneau saute dans le vide et ouverture d'une porte cachée à l'arrière pour retirer les fauconneaux). La famille s'était installée à quelques mètres du nichoir, du côté opposé à celui d'où étaient venus les humains lors de l'intervention (Eve a mieux toléré les baguages suivants et cette année aucun fauconneau n'avait quitté le nichoir - même pour une courte promenade - 1 semaine après le baguage). Si on admet que ce déménagement rapide était une réaction au stress, on peut se demander quel serait l'équivalent au pont Jacques-Cartier. Si la menace perçue par les faucons provient de façon diffuse d'une grande partie du pont au-dessus d'eux, la seule façon de fuir la menace est de s'éloigner du pont, ce qui n'est pas possible pour les juvéniles qui ne savent pas encore voler! Une possible conséquence est une pression ressentie par les fauconneaux pour effectuer leur premier vol au plus vite, avec des conséquences possiblement négatives. 
 
 

Adaptation des faucons pèlerins aux feux d'artifice

Le 30 juin 2 faucons pèlerins juvéniles étaient relâchées à proximité du nichoir (l'une d'elle était P03, l'autre provenait d'un autre nid). Les 2 juvéniles ont semblé quitter les lieux après la relâche et les adultes n'ont pas été vus. Mais le 4 juillet Environnement Faucon a observé les 2 juvéniles près du nichoir sous la surveillance d'un adulte! Les 2 juvéniles ont continué à fréquenter le secteur des nichoirs jusqu'à au moins le 25 juillet, et une juvénile a même été revue le 14 août, c'est-à-dire après la fin de la saison des feux d'artifice le 6 août. Voir cet article pour plus de détails. Le maintien des juvéniles au pont malgré leur capacité à s'envoler ailleurs démontre qu'elles ont su s'adapter aux dérangements possibles causés par les feux d'artifice, qu'ils soient directs (bruits, lumière) ou indirects (présence de spectateurs sur le pont).   

 

Conclusion

L'adaptation des juvéniles aux feux d'artifice mentionnée dans la section précédente ne doit pas faire oublier une chose importante: ces juvéniles n'ont pas connu le stress du feu d'artifice du 25 juin alors que les juvéniles qui ont fait face à ce stress ont soit disparu (E08) ou ont été retrouvés morts (K57) (à noter que si P03 est arrivée à l'animalerie plus tard qu'admis, P03 aura vraisemblablement aussi connu ce stress et a possiblement échappé au sort des 2 autres grâce au passant qui l'a capturé au sol). 

Si le couple de faucon pèlerin niche de nouveau à un des 2 nichoirs en 2023, il est probable que le stress ressenti par les adultes lors du premier feu d'artifice sera moins grand. Mais des mesures pourraient quand même être prises pour que les feux d'artifice - et en particulier le premier de la saison - se passent le mieux possible pour les faucons. Voici quelques suggestions:
  1. Si possible retarder le début de la saison des feux d'artifice jusqu'à ce que les fauconneaux sachent voler.
  2. Si un feu d'artifice est tiré avant que les fauconneaux sachent tous voler:
  1. Considérer fermer la piste multifonctionnelle (côté sud) et le trottoir (côté nord), au-dessus de la voie maritime. C'est à ces endroits que les faucons peuvent voir les gens de leurs perchoirs sous le tablier du pont. À noter que bien que les nichoirs soient situés du côté sud du pont, c'est le côté nord qui est potentiellement le plus dérangeant pour les faucons puisqu'il permet une vue en oblique vers le sud sous le pont. Il peut paraitre dommage de fermer un côté du pont qui donne vers la Ronde d'où est tiré le feu d'artifice mais la section du trottoir passant au-dessus de la voie maritime n'est de toute façon pas le meilleur endroit pour regarder le feu d'artifice à cause de la structure métallique au-dessus du tablier du pont qui fait partiellement écran.
  2. Avoir un ou des observateur(trice)s sur place pour obtenir une meilleure idée de ce qui se passe ainsi que pour surveiller les réactions des faucons pèlerins.
  3. Planifier le feu d'artifice de façon à ce que le lendemain soit un jour ouvrable, afin de faciliter la gestion des éventuelles conséquences par des professionnels. Cette mesure aurait pu faire la différence pour E08, bien que je ne puisse pas préjuger de la décision d'Environnement Faucon si le juvénile était au sol à la fin de la période d'observation mais qu'aucun danger d'origine humaine n'était identifié.
  1. Considérer la possibilité d'atteindre le nichoir par le bas via une nacelle ou une plateforme élévatrice lors du baguage plutôt que par le haut, afin d'éviter que la présence de spectateurs sur le pont ravive le souvenir du baguage. Cette suggestion vaut surtout si la saison des feux d'artifice n'est pas retardée (suggestion 1) et que la perception par les faucons de la présence humaine n'est pas diminuée, par exemple en fermant certaines sections du pont (suggestion 2a).




vendredi 19 août 2022

Relâche de 2 faucons pèlerins juvéniles au pont Jacques-Cartier

Entre le 25 et le 29 juin 2022 le couple de faucon pèlerin qui nichait sous le pont Jacques-Cartier a progressivement perdu ses 3 fauconneaux, voir cet article. En réalité une des juvéniles (P03) avait été recueillie au sol par un passant, puis acheminée à l'UQROP (Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie) via une animalerie. Comme son état de santé était satisfaisant, la décision a été prise de la rendre à ses parents. Parallèlement une jeune femelle faucon pèlerin originaire de Varennes attendait à l'UQROP d'être relâchée. La décision a été prise de la relâcher avec P03 au pont Jacques-Cartier, en misant sur son adoption par le couple de faucon pèlerin. Cette jeune femelle a auparavant été baguée par Environnement Faucon, avec le code P04 sur sa bague de couleur. La relâche a été effectuée le 30 juin par Environnement Faucon en collaboration avec les équipes de PJCCI  (Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée) de la Clinique des oiseaux de proie du CHUV et de l’UQROP, Ces informations proviennent de la publication Facebook d'Environnement Faucon du 7 juillet (version anglaise) et de la publication de la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée du 3 août.

J'aimerais remercier Marilou Skelling et Sarah Gagnon d'Environnement Faucon pour les échanges d'information lors du suivi des juvéniles après leur relâche, ainsi que Sylvain Cusson pour ses photos des 25 et 27 juillet.


Relâche et rendez-vous apparemment raté avec les parents

Comme le couple avait perdu tous ses fauconneaux (P03 le 25 juin, E08 possiblement dès le 26 juin et K57 à un moment indéterminé avant le 29 juin avec le cadavre vraisemblablement visible par les parents), il y avait un risque que les adultes quittent le secteur. En 2021 après l'échec de leur nidification ils avaient ainsi quitté assez rapidement le secteur du nid sous la bretelle d'accès à l'ile Sainte-Hélène dans ce qui semblait une exploration de sites potentiels pour la nidification de 2022. Cependant la veille de la relâche le couple a été observé indépendamment par Environnement Faucon et par moi (à la mi-journée en ce qui me concerne).

Le 30 juin un peu avant 11h 2 convois de véhicules avec gyrophares sont apparus, l'un sur le pont, et l'autre sur la piste cyclable sous le pont, et ont stoppé à la hauteur du pilier du nichoir. C'est essentiellement tout ce que j'ai vu de la relâche qui a apparemment été faite sur une poutre juste sous le tablier du pont à en juger par cette photo publiée par Environnement Faucon. J'ai compris que la relâche était terminée en voyant les intervenants remonter sur le tablier du pont et rejoindre le 1er convoi. L'examen de l'enregistrement de ma surveillance vidéo de cette partie du pont montre ce qui semble être un envol d'une juvénile à 10h57.
 
À 11h20 je repère une des juvéniles sur une poutre, qui s'est avérée être P04. C'est la seule que j'ai réussi à voir; d'après ce que j'ai compris P03 n'a pas été revue non plus par Environnement Faucon après son envol. P04 a effectué plusieurs vols et a été observé sur différents perchoirs. Elle a passé une partie du temps à appeler. Mais aucune trace des adultes ou de P03.  
 
P04 après sa relâche

Vers 14h40 je décide de traverser le pont pour jeter un coup d’œil aux secteurs fréquentés par les adultes en 2021. À 14h50 je passe sous le portique de signalisation où P04 est toujours perchée. D'après Sarah Gagnon elle s'est envolée vers 15h15 et a disparu derrière des édifices. De retour à 16h05 près de l'endroit de la relâche je ne vois aucun faucon. Je suis allé marcher dans le secteur où P04 avait disparu mais je n'ai pas réussi à la repérer. J'ai quitté à 18h40.

 

Suspension des observations pendant le long week-end du 1er juillet et heureuse surprise le lundi 4 juillet

Le 30 juin aucun adulte n'a été vu et les juvéniles avaient apparemment quitté le secteur. Compte tenu qu'aux yeux des faucons le secteur était potentiellement associé à du dérangement (du en particulier à la présence d'un grand nombre de personnes sur le pont pour regarder les feux d'artifice) et que les juvéniles savaient apparemment voler, je considérais peu probable que les adultes ramènent les juvéniles à cet endroit. Parallèlement, par souci entre autre d'économie, j'avais décidé de ne pas acheter la carte mensuelle de la STM pour le mois de juillet, qui depuis le 1er juillet ne pouvait d'ailleurs plus être utilisée pour se rendre à Longueuil, et donc de limiter mes déplacements vers cet endroit. Durant ce week-end j'ai reporté mes efforts sur le centre-ville et plus particulièrement sur le nid de faucon pèlerin de la rue Sherbrooke, profitant de l'accès gratuit aux stations de métro dans ce secteur durant les week-end de l'été.
 
C'est avec beaucoup de surprise et de joie, mêlés à une pointe de regret quant à ma décision,  que j'ai appris le 4 juillet qu'Environnement Faucon avait observé les 2 juvéniles près du nichoir, sous la surveillance de la femelle adulte. C'était le meilleur de tous les scénarios: P03 qui avait disparu aussitôt après sa relâche était revue, P04 aussi et les 2 juvéniles avaient connecté avec les adultes. Surtout cette observation signifiait que les adultes avaient adopté P04.
 
 

Observations subséquentes

Le samedi 9 juillet je suis pour la première fois retourné au pont Jacques-Cartier. Les juvéniles P03 et P04 étaient toujours dans le secteur des nichoirs. P03 s'est apparemment fait reprendre une proie par un adulte, qui l'a transféré à l'autre adulte qui l'a offert à P04! (mes photos ne montrent pas tout le processus mais seulement quelques moments; il est aussi possible qu'il y avait plus qu'une proie d'impliquée). Plus tard P04 a tenté de saisir en vol une proie dans les pattes d'un parent mais la proie est tombée au sol (ou dans la voie maritime). 

Le 13 juillet vers 13h30 j'observe depuis l'ile Notre-Dame un faucon pèlerin à l'un des nichoirs de la voie maritime. Puis à  18h04 je photographie un faucon pèlerin en vol sur l'ile Sainte-Hélène au-dessus du long parking qui borde le fleuve côté Montréal. Des urubus étaient également en vol à ce moment-là  mais je n'ai observé aucune interaction entre les 2 espèces.

Le 15 juillet en fin de journée je retourne observer du côté de Longueuil. À 20h22 j'assiste à une poursuite entre 2 faucons pèlerins avec cri de juvénile dont 1 qui avait une proie. À 20h30 une juvénile est perchée sur la fixation de la canalisation verticale à gauche du nichoir. À 20h42 elle reçoit la visite d'un autre individu que je crois dans un premier temps être un adulte mais les photos subséquentes montrent 2 juvéniles à cet endroit. Elles y étaient toujours à 20h58, il s'agissait donc possiblement de leur dortoir (ce dortoir ne semblait pas utilisé lors d'une vérification le 22 juillet ni le 10 août). Les 2 juvéniles étaient pratiquement impossible à voir simultanément, ce qui m'a obligé à alterner un grand nombre de fois entre les 2 côtés du pont pour me convaincre qu'elles étaient bien 2! Sur cette photo on devine cependant la tête de la première juvénile à gauche.

Le 22 juillet, à 18h19 j’aperçois un faucon pèlerin qui s'est apparemment perché sur le pont. Le temps de passer sous le pont pour examiner le côté où il se serait perché il est de nouveau en vol et il se perche cette fois-ci sur le toit d'un édifice. C'est un adulte.
L'adulte a-t-il volontairement attiré mon attention sur lui pour la détourner de sa juvénile ? Ma dernière photo de l'adulte date de 18h22mn46; à 18h23mn04 je me retourne et je commence à photographier P03 en train de manger sur le pont; à 18h24mn10 je remarque un faucon en vol et je constate la disparition de l'adulte sur le toit. À 18h34 alors que je suis en train de filmer P03 en gros plan elle adopte une position défensive, ce qui me fait réaliser la présence de l'adulte sur la poutre voisine.  La présence de l'adulte a possiblement mis de la pression sur la juvénile pour manger, puisque comme mentionné plus haut quelques jours plus tôt elle s'était apparemment fait voler une proie.  Elle s'est arrêtée de manger vers 19h30, ce qui en fait un repas de plus de 1 heure! La vidéo suivante montre des extraits de ce long repas.
Après son repas elle s'est rendue au 2ième nichoir. À 20h10 je remarque un adulte sur le pilier du 1er nichoir. À 20h19 la juvénile s'envole du 2ième nichoir et je constate que l'adulte a aussi disparu. J'ai quitté à 20h45 sans revoir de faucon, en particulier à l'endroit qui semblait avoir été utilisé comme dortoir par les 2 juvéniles le 15 juillet. À noter à 20h28 le bref passage d'un drone. Voir aussi cette publication Facebook

Le 25 juillet, de passage à vélo sur le pont, Sylvain Cusson photographie 2 juvéniles sur la surface d'un pilier, en contrebas. Les 2 juvéniles semblent s'embrasser (contact bec à bec)! Certaines de ses photos sont visibles ici. Le 27 juillet lors d'un autre passage, Sylvain Cusson photographie seulement 1 juvénile. Cette fois la bague est lisible: il s'agit de P04.
P04 sur une pile du pont le 27 juillet (crédit Sylvain Cusson)

 
Le 10 août entre 18h et 20h38 depuis Longueuil je n'observe aucun faucon dans le secteur des nichoirs. Mais le 14 août surprise: à 13h27 depuis l'ile Sainte-Hélène je remarque la silhouette d'un faucon sur le pilier du 2ième nichoir. En me rapprochant je découvre une juvénile qui fait la sieste sur un des perchoirs de ce nichoir!
Elle a disparu entre 17h03 et 17h15. J'ai quitté la piste cyclable à 19h10 et je suis passé au-dessus du nichoir à 19h58 sans voir d'autre faucon. Pour d'autres photos, voir cette publication Facebook.
  

 

Conclusions

La relâche rapide de 2 faucons pèlerins juvéniles par PJCCI et Environnement Faucon près du nid a transformé, du point de vue du couple de faucon pèlerin, un nouvel échec en une réussite. Ceci a pour effet d'augmenter substantiellement les chances que le couple s'installe durablement à ce pont. Bravo à ces 2 organisations ainsi qu'à l'UQROP et à la Clinique des oiseaux de proie!
 
Par ailleurs, le fait que les juvéniles aient choisi de rester sous le pont en dépit de plusieurs feux d'artifice tirés à proximité illustre leur adaptation et leur tolérance à cet évènement potentiellement dérangeant. J'aborderai la relation entre faucon pèlerin et feux d'artifice - et comment possiblement faciliter la cohabitation - dans un prochain article.
 



  

mercredi 3 août 2022

Disparition des 3 faucons pèlerins juvéniles du pont Jacques-Cartier - 25 au 29 juin 2022

Cet article a été publié le 3 août et avait été daté du 30 juillet afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue. Après avoir été informé le 4 août que la société PJCCI avait publié un article sur les faucons pèlerins du pont Jacques-Cartier le 3 août je suis revenu à la vraie date pour mon article. J'ai également inclus une référence à l'article de PJCCI dans la section sur la mort de ce fauconneau.

Entre le matin du samedi 25 juin et le matin du dimanche 26 juin, 2 des 3 jeunes faucons pèlerins du pont Jacques-Cartier ont chuté ou ont effectué un premier vol, devançant les prédictions d'Environnement Faucon qui indiquait le mercredi 22 juin que les juvéniles ''seront bientôt prêts à prendre leur envol, possiblement dès la semaine prochaine''.  La femelle P03 (les noms correspondent au code à 3 caractères inscrit sur la bague de couleur) a été rescapée au sol à un moment non déterminé du 25 juin puis acheminée à l'UQROP via une animalerie, elle a été depuis relâchée; l'autre juvénile fugueur est le mâle E08: il n'a plus été revu depuis qu'il a été photographié au sol en début d'après-midi le 26 juin. Seule la femelle K57 était encore au nichoir le 26 juin; elle a été retrouvée sans vie au bord de l'autoroute quelques jours plus tard.  La raison du départ plus tôt qu'anticipé de 2 des 3 juvéniles n'est pas claire. Il pourrait s'agir de 2 chutes accidentelles sans cause particulière mais il est difficile de ne pas penser au feu d'artifice qui a été tiré tout près de là à la Ronde le soir du 25 juin.

Il reste beaucoup de zones d'ombre dans ce qui s'est passé durant cette période du 25 au 29 juin. Si vous avez des informations pertinentes (par exemple si vous avez photographié les juvéniles au nichoir durant la journée du samedi ou si vous avez observé quelque chose avant ou pendant le feu d'artifice qui pourrait éclairer ce qui s'est passé, n'hésitez pas à communiquer avec moi.Il va de soi que je ne mentionnerai pas publiquement votre nom sans votre accord.   

Pour écrire cet article j'ai communiqué avec les organismes suivants: Environnement Faucon, l'UQROP, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs,  la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain incorporée et l'animalerie de Longueuil où P03 a été apporté. Tous m'ont répondu même s'ils n'étaient pas tous en mesure de m'aider. Merci à eux, plus particulièrement Marilou Skelling et Sarah Gagnon d'Environnement Faucon, ainsi qu'Eve Belisle, Élise Deshaies, Sylvain Cusson et Marc-André Bahl.


Les 3 juvéniles toujours au nichoir le matin du 25 juin

Pour la première fois depuis plus d'une décennie un couple de faucon pèlerin a choisi de nicher dans un des nichoirs installés sur les piliers de part et d'autre de la voie maritime. L'information a été rendue publique à l'occasion du baguage le 8 juin des 3 fauconneaux. Dans sa publication Facebook du 22 juin qui annonçait la nouvelle, Environnement Faucon écrivait ''Ces petits grandissent vite et seront bientôt prêts à prendre leur envol, possiblement dès la semaine prochaine''. Par analogie avec ce que l'on observe à l'Université de Montréal on pouvait s'attendre à ce que les juvéniles commencent par explorer leur environnement en se déplaçant ''à pattes'' avant de tenter de voler. Ces juvéniles avaient en effet accès à un vaste territoire de jeu accessibles uniquement par de petits sauts: depuis le toit du nichoir ils pouvaient facilement accéder à la surface du pilier puis de là, aux poutres métalliques qui relient 2 piliers voisins; essentiellement l'ensemble du pont leur était ainsi accessible.

Le 25 juin à 6h49, en chemin vers le pont Champlain, je constate que les 3 juvéniles sont encore au nichoir:



25 juin en soirée: P03 est amenée à une animalerie

Peu de chose est publiquement connu sur le sauvetage de P03; seule la date est mentionnée dans cette publication d'Environnement Faucon. Compte tenu de l'afflux important (et inhabituel pour les faucons) de gens sur le pont Jacques-Cartier en fin de journée pour regarder le feu d'artifice de la Ronde il est intéressant de tenter de déterminer quand précisément le sauvetage a été effectué afin d'évaluer s'il pourrait y avoir un lien avec la présence des spectateurs. À défaut de pouvoir parler à la personne qui a capturé le faucon, le moment où le faucon a été amené à l'animalerie pouvait donner une indication. Dans mes demandes d'information initiales j'avais simplement demandé le jour où le faucon a été apporté (25 ou 26 juin?) en faisant le raisonnement incorrect suivant: s'il a été apporté le 25 juin, sachant que l'animalerie ferme à 17h, cela impliquerait que l'incident ne peut pas avoir été causé par la présence de gens venus voir le feu d'artifice. Ce raisonnement est incorrect puisqu'il exclut la possibilité que le faucon ait été apporté après la fermeture de l'animalerie. Comment cela pourrait-il se produire ? Il y a plusieurs possibilité, dont une est qu'une personne ayant la clé ait été contactée et a accepté de revenir à l'animalerie pour accueillir le faucon. Mais si c'est ça qui s'est passé, on peut imaginer plusieurs raisons pour lesquelles les personnes impliquées pourraient ne pas souhaiter donner de détails (zone grise via-à-vis de l'employeur, vie privée, etc). Le 29 juillet j'ai eu une conversation téléphonique avec l'employée qui a reçu le faucon, d'où il est apparu que le faucon est effectivement arrivé à l'animalerie en soirée, donc après la fermeture; mais lorsque j'ai demandé de préciser l'heure elle m'a répondu que c'était avant 18h, à un moment où elle n'avait pas encore quitté. J'en ai profité pour lui demander quelle explication la personne qui avait ramassé le faucon avait donné: d'après elle, la personne marchait sur la piste cyclable quand elle a vu le faucon au sol. Après l'avoir observé pendant quelques minutes et comme il ne s'envolait pas elle a conclu qu'il devait être blessé et l'a capturé puis amené à l'animalerie (la personne aurait donc fait l'erreur classique avec un jeune oiseau de proie, à savoir qu'un non-envol signifie nécessairement que l'oiseau est blessé mais personnellement dans ce cas-là je pense que c'était la bonne chose à faire que de le capturer!). Merci à l'employée et à ses collègues qui m'ont mis en contact avec elle. 

P03 a par la suite été acheminée à la Clinique des oiseaux de proie pour un examen puis a été relâchée sous le pont Jacques-Cartier le 30 juin (article à venir). Il est très probable qu'elle était l'une des 2 juvéniles photographiées par Sylvain Cusson au pont Jacques-Cartier le 25 juillet.
 

 

Soir du 25 juin: premier feu d'artifice 2022 de la Ronde

Après 2 ans d'interruption due à la Covid-19,  l’International des Feux Loto-Québec (une compétition pyrotechnique de renommée internationale) reprenait ses activités avec un premier feu d'artifice. Prévu pour débuter à 22h et d'une durée de 30 minutes, le feu d'artifice était précédé à 21h45 d'un spectacle de drones d'après cet article du journal Métro. Le feu d'artifice est tiré du parc d'attraction La Ronde, située à 500 mètres du nichoir (cette distance est la distance au point le plus proche de la Ronde; comme j'ignore d'où exactement les fusées sont tirées, la distance réelle au feu d'artifice est quelque part entre 500m et 1km). Le pont Jacques-Cartier sous lequel se trouve le nid est réservé aux piétons pour l'occasion (le pont est fermé aux automobiles à partir de 20h30).
 
Quelques personnes avaient exprimé leur inquiétude face à l'impact de ces feux sur les faucons pèlerins. Bien que ne partageant pas leur inquiétude j'avais annoncé que je passerai le lendemain matin m'assurer que tout était en ordre.

 

Matin du 26 juin: E08 sur une canalisation puis au sol

Plus qu'un juvénile au nichoir

Lorsque j'arrive à 8h50 un seul juvénile est visible au nichoir:
Ce n'est pas inquiétant en soi: les 2 autres sont peut-être couchés au fond du nichoir, ou en exploration sur le pilier. Mais ce qui devait être une rapide visite de vérification promet d'être un peu plus long: je décide d'attendre qu'un adulte amène un repas.  
 

E08 sur une canalisation

À 9h27 je remarque des battements d'aile plus bas:
 
Cette fois plus de doute: au moins un juvénile a quitté le nichoir! Il apparaitra plus tard que c'est le jeune mâle E08. La photo ci-dessous montre sa localisation ainsi que celle de sa sœur K57.
 
À 9h30 un adulte vient visiter K57 au nichoir, probablement avec de la nourriture. K57 disparait au fond du nichoir mais aucun signe de P03. Ignorant à ce moment-là qu'elle a été ramassée au sol la veille je décide de traverser de l'autre côté de l'autoroute pour vérifier si elle n'est pas au sol. Il n'est évidemment pas possible de traverser directement l'autoroute, il faut se rendre jusqu'à une passerelle. D'après Google Map la distance à parcourir est de 3,7kms, essentiellement en plein soleil (la température maximale ce jour-là a été de 32,4C, avec un humidex excédant 40). Arrivé de l'autre côté je ne trouve évidemment pas P03 mais plutôt un bébé-moufette enlaçant un rongeur, tous les deux morts! Je décide dans un premier temps de surveiller E08 sur sa canalisation depuis le pilier opposé. À 11h17 un adulte se rend sous la structure du pont, possiblement à une cache de nourriture. E08 l'appelle mais l'adulte ne le rejoint pas. Vers 11h45, craignant que l'adulte n'irait pas nourrir E08 puisqu'un prédateur était visiblement aux aguets (moi!) j'ai décidé de quitter. Ma décision était basée sur 2 autres facteurs: d'une part je craignais d'attirer l'attention sur E08, avec comme conséquence que certains des nombreux cyclistes s'arrêtent pour l'observer/photographier d'encore plus près, ce qui aurait encore plus réduit les chances d'une intervention des parents; et d'autre part je n'étais pas préparé pour rester longtemps sous la chaleur (peu d'eau; pas de lunch). Voici quelques extraits vidéos de E08 sur la canalisation:
 
 
De retour de l'autre côté de l'autoroute je constate que E08 n'est plus visible sur la canalisation! Pire encore, un adulte est perché plus bas. C'est une indication claire que E08 a quitté l'endroit où il était précédemment puisque l'adulte ne prendrait pas le risque de l'attirer plus bas. Il est 12h47. Il n'est pas question pour moi d'un autre 7,4kms en plein soleil, je quitte donc en espérant que le juvénile ait réussi à trouver un autre perchoir en hauteur ou qu'il le fasse d'ici la fin de la journée.
Adulte bas sur la canalisation

E08 photographié au sol

Aux alentours de 13h Pierre Wery a trouvé E08 au sol sous le pont. 
E08 au sol (crédit Pierre Wery)

Les 2 adultes étaient présents, dont 1 tenant ostensiblement une proie. Cette publication Facebook de Pierre Wery montre plusieurs photos de cet adulte avec la proie, en vol ou perché. En regardant ces photos on devine que l'adulte a tenté d'inciter E08 à voler mais en ce beau dimanche le trafic sur la piste cyclable était sans doute trop élevé pour donner la marge de manœuvre nécessaire aux faucons (il faut garder à l'esprit que E08 ne sait pas encore voler correctement). L'observation de Pierre Wery est la dernière observation connue de E08 malgré des recherches le lendemain matin.

E08 non vu entre 15h30 et 16h15

Entre 15h30 et 16h15 Marc-André Bahl et Sylvain Cusson, alertés par moi, ont bien voulu passer en vélo pour vérifier si un fauconneau se trouvait au sol (je n'étais alors pas au courant de l'observation de Pierre Wery). Ils ont vu K57 au nichoir ainsi que les 2 adultes mais pas E08, voir le commentaire de Marc-André Bahl de cette publication Facebook. A posteriori on peut penser que E08 était caché non loin puisque les 2 adultes étaient présents.

Les limites du ''laisser faire la nature''

Je tiens d'abord à souligner que je n'ai aucune reproche à faire à Pierre Wery. J'ignore s'il a signalé la présence du juvénile au sol aux agents de la faune mais ce n'était pas une situation à déclaration obligatoire puisque E08 n'était ni blessé ni mort. A supposer même qu'un signalement ait été fait, je doute qu'il y aurait eu une intervention en ce dimanche après-midi. Étant donné que E08 n'était pas blessé la recommandation aurait probablement été de s'éloigner et de laisser faire la nature. On peut aussi remarquer que Pierre Wery a partagé presque immédiatement son observation sur sa page Facebook (dès 13h59 pour être plus précis; d'après les commentaires la publication a été remarquée seulement vers 18h par quelqu'un proche de Faucons de l'UdeM (Élise Deshaies) à un moment où le mauvais temps avait déjà commencé; pour ma part je n'ai eu connaissance de la publication qu'après 23h).
 
Je suis généralement assez partisan du laisser faire la nature. Le faucon pèlerin n'est plus une espèce menacée et si un renard ou un raton-laveur avait attrapé le juvénile, cela aurait peut-être fait le bonheur de ses petits à lui! (Je mentionne le raton-laveur à cause de ceci même si la situation n'est pas tout à fait comparable). Mais dans ce cas-ci l'humain était très présent et sa présence défavorisait le jeune faucon pèlerin, ce qui à mon avis justifiait un petit coup de main. Dans le secteur où E08 était, la piste cyclable est située entre l'autoroute et la voie maritime et le seul espace dégagé est essentiellement la piste cyclable (excepté une surface directement sous le pont mais qui est utilisé par les cyclistes pour faire une halte). Le reste du terrain est composé de hautes herbes d'où un faucon pèlerin qui ne sait pas encore voler pourrait difficilement s'extirper. Et malheureusement pour le faucon pèlerin le trafic sur la piste cyclable était assez soutenu en ce beau dimanche après-midi.
 
 

Décès de K57

En début d'après-midi du 29 juin Environnement Faucon est informé par Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée de la découverte du cadavre de K57 sur l'accotement de la 132 tout près du pont. La nouvelle a été annoncée dans cet article de la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée. On ignore quand l'accident a eu lieu.

Dernières observations vivantes

À midi le 27 juin, à la fin d'une séance d'observation d'Environnement Faucon, K57 exerçait ses ailes sur la surface du pilier derrière le nichoir. Je l'avais photographié à 11h sur la perche supérieure du nichoir, probablement juste avant qu'elle ne passe sur le pilier.

Observations subséquentes

Environnement Faucon n'a pas réussi à voir K57 le matin du 28 juin. 
 
À 17h ce même jour j'observe un adulte voler bas au-dessus de l'autoroute et se percher sur un lampadaire du terre-plein central  (je ne me souviens pas avoir vu ce perchoir utilisé auparavant). Le faucon a crié pendant quelques instants puis s'est envolé. Cela a duré trop peu de temps pour que je m’inquiète réellement. 

J'ai décidé de passer de l'autre côté de l'autoroute. Là j'ai pu constater que les 2 adultes étaient présents, de l'autre côté de la voie maritime. La photo ci-dessous montre leur position.
 
La voie maritime passe juste devant. La position du plus bas m'a intrigué. 
Adulte sur le bord de la voie maritime

Ça ne me semblait pas une place où attirer un juvénile ne sachant pas encore très bien voler ni surtout atterrir. De plus de l'autre côté de la voie maritime j'avais vu un adulte se percher bas sur la canalisation seulement après le départ de E08 de cette même canalisation: quelque chose de similaire s'est-il passé avec un autre juvénile ? J'avais même imaginé qu'un juvénile était peut-être parti en cargo... Mais d'après Environnement Faucon ce n'était pas la première fois que ce perchoir était utilisé. La découverte du cadavre de K57 au bord de l'autoroute a mis fin à toute spéculation qu'elle était tombée à l'eau ou ait été emportée par un cargo. Le mystère reste cependant entier pour E08.
 
 



dimanche 31 juillet 2022

Premiers vols du faucon pèlerin juvénile du nid de la rue Sherbrooke

Cet article a été publié le 20 septembre 2022 et daté du 31 juillet 2022 afin de le placer à l'endroit voulu dans le blogue.  Au moment de publier l'article les adultes continuaient à fréquenter le site mais aucun juvénile n'a été vu.

Le 29 juin le faucon pèlerin juvénile du nid du 1350 rue Sherbrooke ouest a effectué un premier vol qui l'a amené au complexe d'appartements Le Château de l'autre côté de la rue. Il a effectué un autre vol le 30 juin depuis ce lieu mais je ne l'ai plus revu par la suite.

Rappel 

J'ai découvert ce site le 16 avril. Le nid se trouve sur un balcon de l'édifice GLOBE situé au 1350 rue Sherbrooke ouest et n'est donc pas visible du sol. Il n'y avait aucun espoir d'apercevoir un fauconneau avant que celui-ci soit assez grand pour être capable de sauter sur le mur du balcon. C'est ce qui est arrivé le 24 juin. Pour une description de la découverte du nid et du suivi de la nidification jusqu'à l'apparition du fauconneau, voir cet article.
Première apparition d'un juvénile (à gauche) - 24 juin

25 au 28 juin: exploration des différents balcons

Du 25 au 28 juin le fauconneau s'est promené sur le mur des balcons, explorant différentes façades de l'édifice (la seule façade où je ne l'ai pas vu est celle donnant sur la rue Crescent). Il a également exploré plusieurs balcons en sautant en bas. 
 
La vidéo ci-dessous montre le mâle qui livre une proie à la femelle en fin de journée le 27 juin, puis le juvénile qui accourt pour recevoir ce qui était sans doute son dernier repas de la journée.
 
Une dernière petite collation pour le juvénile le soir du 27 juin


Mercredi 29 juin: 1er vol

Lorsque j'arrive à 8h le juvénile est sur l'édifice du nid au coin des façades ''De la Montagne'' et ''Maisonneuve'' (les façades sont nommées d'après les rues vers lesquelles elles donnent; le nid se trouve sur la façade ''De la Montagne''). La photo ci-dessous prise depuis l'intersection de la rue Crescent et du boulevard de Maisonneuve montre la position du juvénile à cet endroit à 9h05, ainsi que les édifices Le Château et Manuvie qui sont occasionnellement utilisés par les adultes.
 


À 9h21 le juvénile disparait de vue, réapparait à 9h34 au coin des façades ''De la Montagne'' et ''Sherbrooke'' puis continue sa progression sur la façade ''Sherbrooke''. La photo ci-dessous le montre sur la façade ''Sherbrooke'' à 9h40.
 
Quelques secondes plus tard il s'envolait, traversait la rue Sherbrooke et disparaissait dans le complexe d'appartements Le Château. Un adulte qui se trouvait lui aussi sur la façade ''Sherbrooke'' n'a pas réagi. Je suis allé jeter un rapide coup d’œil dans la propriété. Je ne l'ai pas vu mais l'endroit paraissait très sécuritaire (un grand nombre de perchoirs, peu de circulation automobile, pas de chien visible).  À 10h18 un adulte a quitté le Château et a rejoint l'autre adulte sur l'édifice du nid. J'ai quitté vers midi sans revoir le juvénile.

Il est intéressant de noter que la veille un adulte était perché sur une cheminée du Château entre 7h et 9h (le Château avait aussi été utilisé comme perchoir les jours précédents mais a priori pour de plus courtes périodes). J'avais alors pensé soit qu'il y avait déjà un fauconneau là-bas soit que c'était la cible pour le 1er vol de celui que j'observais et j'avais avisé un employé du Château de la possible prochaine présence de fauconneaux sur la propriété en lui demandant de me prévenir en cas de problème (il n'était pas au courant de l'existence du nid, un possible indice que ce site n'est pas utilisé depuis longtemps). À l'inverse j'ai très rarement vu un adulte perché du côté opposé vers le boulevard de Maisonneuve. Également, lorsque le juvénile était du côté du boulevard de Maisonneuve vers 8h, un adulte semblait l'attirer vers la rue Sherbrooke par le choix de ses perchoirs sur l'édifice du nid. Il est donc tout à fait possible que les adultes ont manœuvré pour que le 1er vol se fasse vers Le Château.
 

 

Jeudi 30 juin: autre vol du juvénile

À 8h15 je commence par repérer un adulte sur une cheminée du Château avant de localiser le juvénile sur la tourelle du Château qui surplombe le coin des rues De la Montagne et Sherbrooke à 8h23. Par moments le juvénile battait vigoureusement des ailes et à d'autres moments il cessait d'être visible.  À 9h17 j'avais cessé de le voir depuis un moment quand j'ai quitté pour le pont Jacques-Cartier où 2 fauconneaux devaient être relâchés. J'ai découvert après coup, en examinant mes vidéos, que le juvénile s'était envolé de la tourelle à 8h41. C'est la dernière fois que je l'ai vu.
 

 

Samedi 2 juillet: puissante invitation à venir manger de la part de la femelle ?

Dans ce secteur avec de nombreux hauts édifices proches les uns des autres, il est difficile et peut-être même impossible de localiser depuis le sol un fauconneau perché au sommet d'un édifice. Ma stratégie était d'attendre qu'il sache voler correctement (pour le voir en vol) et/ou qu'il retourne sur l'édifice du nid. Il n'était pas question par contre d'attendre sur place pendant de nombreuses heures sans que rien ne se passe, j'optais donc plutôt pour des visites de plus ou moins longue durée.
 
Le 1er juillet, entre 11h et 13h les adultes étaient visibles sur l'édifice du nid mais aucune trace du juvénile.
 
Le 2 juillet lorsque j'arrive aux abords du nid vers 8h je suis accueilli par les puissants appels de la femelle. 
La femelle à 7h55 le 2 juillet

Au bout d'un moment, pensant que les appels s'adressaient au juvénile qui se trouverait au Château j'entre brièvement dans la propriété pour tenter de le localiser. J’aperçois alors un faucon en vol qui se dirige vers l'édifice du nid. Je me dépêche de ressortir (il n'y a aucune visibilité sur l'édifice du nid depuis l'intérieur du Château) et je trouve le mâle perché au milieu de la façade ''Sherbrooke'', un niveau au-dessus des balcons. La femelle est toujours au coin des façades ''De la Montagne'' et ''Sherbrooke'' et est maintenant occupée à plumer une proie (qu'elle semblait déjà avoir avant l'arrivée du mâle). À 8h38 elle s'envole avec le repas et se pose sur un toit du Château et attend. 
Femelle faucon pèlerin adulte sur un toit du Château avec une proie
 
Avant de s'envoler avec la proie vers la rue Sherbrooke à 8h47 elle est restée un bon moment les ailes ouvertes, signe de son hésitation. J'étais monté assez haut sur la rue De la Montagne et je l'ai donc perdue presque immédiatement de vue.  À 8h49 je constate qu'il n'y aucun faucon visible sur l'édifice du nid. À 8h59 je repère un faucon pèlerin sur le toit de l'hôtel Four Season au coin de la rue De la Montagne et du boulevard De Maisonneuve. Il quitte à 9h11 en direction de la station de métro Guy-Concordia. Il s'agissait possiblement du mâle, en tout cas je n'ai pas vu de proie.  J'ai marché un peu dans le secteur sans parvenir à localiser de faucon pèlerin, avant de quitter à 9h51.  De 17h à 18h48 j'ai vu un adulte arriver à 17h24 sur l'édifice du nid et disparaitre pendant une quinzaine de minutes sur le balcon où se trouve le nid.
 
Le comportement de la femelle ce samedi matin suggère que le juvénile était très récemment encore au Château mais qu'il n'y était plus et qu'elle ne savait pas où il était (sinon elle serait probablement aller directement à son nouvel endroit pour le nourrir). Il est possible par exemple que le juvénile ait fait un autre vol plus tôt le matin. Au cas où il revenait j'ai avisé la direction du Château qui m'a rapidement répondu qu'elle allait sensibiliser les employés à la possible présence des faucons et demander qu'ils ne soient pas dérangés: je les en remercie.

 
 

Autres observations

Le 3 juillet à 7h43 un faucon pèlerin est venu se percher brièvement sur l'édifice Manuvie; il venait d'en bas de la rue Sherbrooke. Après son départ (qui a malheureusement eu lieu pendant que je traversais la rue Sherbrooke pour mieux le surveiller donc je n'ai pas vu dans quelle direction il est parti) j'ai attendu 1 heure puis j'ai marché jusqu'à Allez Up. Je soupçonne en effet qu'Allez Up fait partie des endroits fréquentés par au moins un des adultes et l'adulte que j'avais vu arriver provenait approximativement de cette direction. Je n'ai rien vu à Allez Up ni en chemin. J'étais de retour près du nid à 10h42 et j'ai quitté à midi sans revoir aucun faucon.
 
Mes autres visites (6, 8, 9, 10, 17 et 23 juillet) n'ont montré que les adultes, parfois seulement 1, parfois les 2. Le 31 juillet je n'ai vu aucun faucon entre 17h18 et 20h05.


Conclusion

Ce qui est arrivé au juvénile n'est pas clair. La difficulté d'observation due aux nombreux édifices qui cachent la vue et le temps d'observation limité ne permettent pas de conclure qu'il est arrivé un malheur au juvénile. On se souviendra qu'en 2015 Amazone, une des juvéniles de l'Échangeur Turcot, avait disparu 3 jours après son premier vol avant d'être finalement retrouvée au parc Georges-Saint-Pierre à plus de 850m du nid. Les adultes la nourrissaient à cet endroit. La retrouver n'avait pas été facile même en ayant une bonne idée de la direction de déplacement des adultes. Dans le secteur de la rue Sherbrooke il reste encore à trouver un endroit d'où l'on peut suivre un faucon en vol suffisamment longtemps pour obtenir une information exploitable.
 
Une autre difficulté est qu'il n'y avait apparemment qu'un seul juvénile. Plus il y a de juvéniles, plus il y a des chances d'en voir au moins un, ce qui a pour effet d'augmenter le temps d'observation (ce n'est en effet pas très motivant de ne rien voir quand il se passe des choses plus intéressantes ailleurs!). De plus les juvéniles ont tendance à interagir entre eux donc l'observation d'un juvénile permet souvent de localiser les autres.
 
La possibilité qu'il y avait plus que 1 fauconneau ne peut cependant pas être totalement exclue. Il existe en effet quelques indices en faveur d'un 2ième fauconneau. D'abord un automobiliste m'a fait comprendre depuis sa voiture en mouvement qu'il avait aussi remarqué les faucons en mimant des battements d'aile et le chiffre de 2: il était très facile de voir 2 faucons pèlerins et même 3 mais si ses signes indiquent qu'il a vu 2 faucons battre des ailes il est très possible qu'il a vu 2 juvéniles. Ensuite un faucon pèlerin adulte est descendu à quelques reprises en bas d'un balcon, apparemment avec de la nourriture, alors qu'un juvénile était visible sur un mur.

Pour un premier suivi de nidification à cet endroit le résultat est somme toute assez intéressant: au moins un fauconneau est né, a atteint le stade de l'envol et a volé pendant au moins 2 jours. Le couple de faucon pèlerin aura certainement gagné en expérience, particulièrement si c'était la première nidification à cet endroit: il sera donc intéressant de suivre ce qui se passera l'an prochain si le couple décide de renicher à cet endroit.

2 informations en vrac pour finir:
  • En plus d'un signalement aux agents de la faune j'ai signalé le nid également à l'UQROP au cas où un juvénile leur était apporté en provenance de ce secteur. Je n'ai pas eu de nouvelle d'eux, ce qui suggère qu'il n'y a pas eu de sauvetage.
  • Ce site de nidification ne figurait pas dans la base de données SOS-POP du programme de suivi des populations d'oiseau en péril du Québec, en tout cas le site était qualifié de ''nouveau'' dans une demande d'information supplémentaire que j'ai reçue . Il reste possible que le site était utilisé depuis plusieurs années mais qu'il n'avait pas été apporté à la connaissance des biologistes.